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31 juillet 2010

CANAL+ et ses prestataires... entre réalité et légalité!

Après la grave crise de 2003, les prestataires ont prix une place importante dans le paysage social et économique du nouveau périmètre de CANAL+.

Que s'est il passé?
L'externalisation d'activités autrefois gérées en interne apporte une première réponse. Atos pour l'informatique, Dalkia pour les services généraux en sont les sociétés les plus visibles, mais il en existe bien d'autres.

Là où le bat blesse, c'est lorsque la part prise par les prestataires vient combler, détourner, un impossible recrutement.

Depuis 2003, B. Méheut a décidé de bloquer le recrutement de salariés.

Il s'effectue depuis au compte goutte...
Conséquence, hors épisode intégration TPS, une diminution des effectifs qui se poursuit encore. Dès lors, comment faire lorsqu'il faut assumer la gestion du quotidien tout en préparant l'avenir par le développement de projets dévoreurs de moyens humains et financiers?

Les patrons de business ont intelligemment trouvé la parade en adoptant une attitude bien compréhensible!
"Je ne peux pas recruter?" Et bien réfléchissons à un projet hypothétique, écrivons une lettre de mission, puis une FED, une fiche d'engagement de dépenses, et hop le tour est joué. Des centaines de prestataires ont ainsi été engagés depuis 2003 pour répondre à des besoins opérationnels permanents sans avoir à passer par la phase recrutement, totalement figée.

Cette situation a perduré jusqu'en 2007, sans trop de contraintes et avec pour conséquences une présence tellement importante que les CDI en venaient à se compter...

Un coût prohibitif!
Les conséquences financières de cette situation sont loin d’être négligeables. Un prestataire de bon niveau, c'est 3, 4 ou 5 fois le coût d'un CDI. Lorsque des prestataires sont présents sur des durées de 5 à 10 ans, cela donne le tournis en termes de dépenses... C'est particuliérement contradictoire avec la politique d'économies drastiques poursuivies depuis quelques années.

Contradiction totale!
Lorsque nous demandons à B. Méheut pourquoi nous engageons autant de prestataires, la réponse est claire, "hors les services permanents, informatique ou moyens généraux, le prestataire est là pour travailler... sur du projet!" ..."Si le prestataire travaille sur de la production, la transformation du poste en un emploi pérenne est logique !"
Répondant à l'une de nos questions, notre président a encore confirmé dernièrement ce principe.

Que constate-t-on?
Que le discours et la réalité sont bien éloignés! Des centaines de prestataires continuent d'occuper des postes qui devraient être occupés par des CDI!

Et le social dans tout cela?
L'encadrement juridique des prestataires est limpide. Les conditions d'emploi, de présence dans l’entreprise, de relations professionnelles avec les salariés permanents sont parfaitement détaillées par le code du travail et la jurisprudence.

Hors, depuis 2003, CANAL+, s'en est affranchie !
Conséquence, des dépenses colossales alors que l'on aurait pu recruter des salariés, économiser des budgets importants, favoriser un meilleur fonctionnement des business, bénéficier d’une qualité de service bien plus grande, respecter la législation sociale et le code du travail, etc.
D'ailleurs, pour faire respecter un minimum le droit en la matière, l’inspection du Travail est intervenue en 2008.

Nous étions alors dans l'illégalité ! Nous sommes encore et toujours border line!
Aujourd'hui, la DR(H) de CANAL+ essaie de minimiser la présence de prestataires travaillant en interne, non pas sur des projets, ceux là ont toute leur place, mais bien sur des missions pérennes, et toujours pour combler des manques de personnels et détourner ainsi l'impossibilité de recruter.

Travaille-t-on mieux ainsi?
La réponse est peut être simple. Les choses sont plus complexes lorsque l'on veut analyser la situation.

Et finalement...
"Nous en avons pour notre argent" C'est ce que les salariés estiment quant ils ont affaire à des prestataires.


Car si l'investissement est conséquent, les budgets sont malgré tout contraints!
Conséquence les prestataires répondent aux sollicitations de CANAL+ dans la limite du budget alloué... Logique non?

Avec un prestataire, tout devient long, il faut 3 semaines de délai là ou 3 jour auraient suffit en interne. La perte de qualité est souvent flagrante, les salariés permanents s’essoufflent à rattraper des situations impossibles…
Les prestataires peuvent s'affranchir des règles internes, prendre des libertés… avec bien souvent pour les permanents, la nécessité de reprendre tout ou partie des éléments livrés…

Cette situation génère de la frustration, fait perdre du temps, de la qualité, engendre des relations difficiles...

Parfois, après 3 ans, on en vient à sélectionner 2 ou 3 prestataires en se disant "On les vire... ils n'ont pas répondu à notre cahier des charges..." Mais si, ils y ont répondus, mais avec le niveau de budget alloué par CANAL+!

Une fois viré, on repart de zéro, et on en reprend au minimum pour 3 ans, en se disant que les choses vont nécessairement s'améliorer! Un nouveau qui arrive va mettre les bouchées doubles la première année, puis après avoir été pressuré, lévera le pied... comme tous!
C'est une utopie que de croire en une améliorarion par le renouvellement, les mêmes causes produiront les mêmes effets! L'illusion sera totale!

Pendant ce temps des dizaines de millions d'Euros auront été dépensés pour le grand bonheur de grandes ou petites sociétés externes ! Désabusés, les salariés accepteront avec résignation cette situation. Et ainsi passe le temps...

Nous revendiquons un véritable audit économique et social sur ce sujet !
Pas un reporting établi sur un coin de table, mais une véritable analyse et une mise en perspective avec les projets du Groupe. Evoquer également la responsabilité sociale de nos entreprises dans le développeement de l'emploi pérenne.

Les règles de droit social doivent également être appliquées et respectées. Il faut que cesse cette communication hypocrite qui consiste à dire "regarder, CANAL+, c'est 4000 salariés quand il en faut 10 000 au service public pour faire moins et moins bien..." Aujourd’hui, en rassemblant les prestataires et les permanents, nous devons dépasser allégrement les 10 000 salariés concernés par nos activités!


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28 juillet 2010

Renouveau du dialogue social : Agir sur l'organisation du travail!

Une négociation est ouverte à CANAL+ portant sur le stress et le bien être au travail. Le législateur a en effet imposé cette négociation dans les entreprises de plus de 1000 salariés après les drames survenus dans de nombreuses entreprises françaises.

Plus que le stress, nous préférons utiliser la notion de risques psycho-sociaux qui répond selon nous, bien plus précisément aux problématiques posées par les évolutions de nos organisations du travail.

Cette notion est issue de la réflexion d'un organisme très sérieux, la DARES ou Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques qui dépend conjointement du Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi et du Ministère du Travail, des Relations sociales.


Cette administration a réalisé une série d'enquête dans les entreprises Françaises et mis en lumière une augmentation des contraintes organisationnelles dans la majorité d’entres elles.

Pour exemple sont cités : le travail dans l'urgence permanente, le travail morcelé, le rythme de travail perturbé par des demandes à satisfaire immédiatement, etc...

Ces enquêtes démontrent également que 24% des salariés interrogés déclarent être souvent obligés de se débrouiller seul dans des situations difficiles, avec un sentiment de responsabilité qui s’accroit, et 35% déclarent recevoir des ordres ou indications contradictoires.

Parce que l’employeur à une responsabilité de résultat, l’organisation du travail doit protéger la santé physique et mentale des salariés.

CANAL+ n’échappe pas à cet état de fait, consécutif de l’évolution des modes d’organisation, du travail posté, chacun derrière son PC, de l’urgence à réaliser des tâches, des ordres souvent contradictoires….

Nous proposons :
Tout d’abord de lancer une étude indépendante sur nos modes d’organisation et de fonctionnement à la fois par des interviews de terrain mais aussi par une analyse des processus de décision et de management, puis de l’organisation de nos business.

Ensuite de diffuser, d’expliquer et d’appliquer les textes internes : Convention Collective, accord sur la durée du travail, chartes internes… qui contiennent des dispositions relatives à l’organisation du travail. Malheureusement appliquées en partie ou détournées, ces dispositifs légaux ne permettent plus de réguler l’activité interne. Cet arsenal est pourtant à disposition, il suffirait d’un peu de volonté pour le faire appliquer en totalité, ce qui contribuerait, nous en sommes persuadés, à détendre l’atmosphère dans certains secteurs de l’entreprise.

D’améliorer la communication à l’intérieur des business, de repenser nos modes d’échanges et de discussion en laissant le temps de l’expression individuelle et collective sur le travail et sur l’organisation.

De fixer des objectifs business qui ne soient pas seulement d’ordre financiers, mais en relation directe avec nos activités de production et de diffusion.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais elle permet d’envisager une organisation du travail plus respectueuse des salariés dans un environnement de travail plus détendu…


Voilà quelques pistes d’actions et de réflexions portées par la CFE-CGC de CANAL+ car, plus que de bien être au travail, il s’agit pour nous de circonscrire les risques de dégradation de l’environnement, ou de proposer des modes opératoires pour que les environnements dégradés s’amenuisent et disparaissent!




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26 juillet 2010

CANAL+ ragaillardie...


L'été est là, et comme nous l’évoquions dans notre message d'hier, cette période est propice aux réorganisations, ou à tout le moins, aux préparatifs des réorganisations de la rentrée.

Malgré les affirmations de notre Président, Bertrand Meheut, lors d'un dernier Comité d'Entreprise, nous restons dubitatifs sur les restructurations à venir des périmètres de nos business.

En effet, à la question que nous avons posée "des réorganisations sont elles envisagées d'ici à la fin de l'année 2010" la réponse fut "... "Rien d'important, des réorganisations à la marge, mais rien de fondamental..."

Quant on circule dans les couloirs, il flotte pourtant comme un parfum d'attentisme, un parfum de "...il va se passer quelque chose..."

Direction Commerciale, Studio, Direction Technique, Services Supports, périmètre du Groupe, SFR, développement international, sans oublier i>TELE où certains responsables se voient déjà de retour dans le service public attendant avec impatience la prochaine désignation de la nouvelle direction de France télévision avec laquelle ils seraient en proximité... celle qui serait issue d'Europe 1 en tout cas...
Tout concoure à faire de ce 2ième semestre 2010 et de l’année 2011 une période de bouleversements.

Des réorganisations...nécessaires …
au regard du contexte économique qui va continuer de se tendre ces prochains mois, des évolutions techniques et du développement des offres sur l'internet ou le mobile, de l’environnement commercial enfin avec la fin de la prédominance du réseau physique de distribution et la montée des ventes en réseau.


Pour répondre à ces enjeux majeurs, personne ne conteste que des adaptations de nos organisations soient indispensables. En revanche, nous contestons la méthode actuelle faite de contraintes, d'irrespect envers un nombre croissant de salariés afin de les pousser au départ, de pratiquer le "bougisme" permanent, de déstructurer les services, de créer en certains endroits un climat délétère... Ces méthodes sont détestables et condamnables.

Comme nous l’avions prévu depuis de nombreux mois, ces méthodes atteignent maintenant la rive droite de la Seine, les pressions s'accroissent dans de nombreux services de l'Edition.

Que des évolutions soient indispensables, personne ne le nie.

Mais pas en s'attaquant aux valeurs essentielles de la relation humaine et d'abord à la première d'entre elles : le respect.


CANAL+ ragaillardie, CANAL+ en mutation, CANAL+ hors des frontières, mérite mieux. Il y faut peu de chose pour que ça change! Patience, mais que de dégâts humains entre temps!

13 juillet 2010

CANAL+ l'été... ses stagiaires...


Les sagas de l’été 2010…

CANAL et ses stagiaires…
Le nombre de stagiaires progresse régulièrement depuis de nombreux mois, pour ne pas dire des années. Quoi de plus naturel alors que les recrutements sont toujours contraints pendant que le business lui se développe. Les patrons de business trouvent toutes les parades pour contourner cette impossibilité de recruter : prestataires, CDD, et … stagiaires…

Mais selon que l’on est stagiaire à l’Edition, à i>TELE, à la Distribution, à la technique, on est traité différemment !

Des questions...
Nous nous sommes inquiétés de cette situation au dernier Comité d'Entreprise, notamment des disparités de rémunération des stagiaires.

Réponse : "c’est normal, il n’y a pas de grille de rémunération et selon les business, les demandes sont variables."


Faux ! Une grille existe à CANAL, mais on refuse de l’appliquer à tous. Cette grille n’est pas contractuelle, effectivement, mais elle a pour avantage de fixer à minima des niveaux de rémunérations qui vont de 416€ pour les stages de moins de 3 mois à 815€ pour les stages de durées supérieures.

Dans le même temps, le siège de Vivendi rémunère ses stagiaires entre 1000 et 1357,07€. Cerise sur le gâteau, ils ont accès aux tickets restaurant, à la cafétéria, etc.

Ainsi donc, ce qui possible avenue de Friedland serait impossible Place du Spectacle...

Les plus maltraités ce pourraient être les Journalistes!
Les Journalistes devront d'abord accepter de stagiairiser pour quelques centaines d’Euros, sans pour autant être persuadé d’effectuer un stage de… Journaliste…

C’est le cas à CANAL+ en ce moment, où certains occupent des emplois de CDI, effectuant parfois des stages n'ayant qu'un lointain rapport avec leur formation, et viennent surtout combler les défauts de recrutements ou de remplacements de postes laissés vacants…

A CANAL, quand la demande est forte, les prix baissent !
C’est ainsi à CANAL+ aujourd’hui, sur le marché du travail du stagiaire, c’est l’offre et la demande qui fixe les prix !


C’est la réponse apportée à cette différence de traitement pour les stagiaires Journalistes "…la demande est telle que nous pouvons les rémunérer faiblement…" dans ces conditions, poussons le raisonnement et demandons leur de payer leur venue à CANAL… après tout, il faut bien que quelqu’un signe la convention de stage, que quelqu’un les accueille, que quelqu’un les suive, que quelqu’un valide leur rapport de stage… et ce n'est pas... normalement... un stagiaire qui se charge de ces tâches...!

Grande avancée sociale, tout à l’honneur de notre belle entreprise, alors que le sujet fait l’objet de récriminations au niveau Européen (cf : rapport au parlement Européen du 14-06-2010, extraits en fin d'article)


Déjà, il y a quelques années, des alertes... et le retour du naturel!
C’est pourquoi notre syndicat revendique une clarification de la politique stagiaire au sein du Groupe CANAL+, la rédaction d'une charte et la publication d'une grille de rémunération applicable à tous, dans tous les secteurs de l'entreprise, la publication régulière d'un reporting sur la durée, le nombre, la rémunération, les emplois occupés...

De nombreuses réflexions existent sur le sujet, au plan national comme international. En s'appuyant sur ces données, CANAL+ et le Groupe Vivendi s'honorerait en montrant l'exemple!

Extrait du rapport de la Commission européenne en date du 14 juin 2010 et portant sur la promotion de l'accès aux jeunes au marché du travail, le renforcement du statut des stagiaires, du stage et de l'apprenti

Les rapporteurs du texte considèrent
« ... que les jeunes intègrent principalement le marché du travail via des emplois atypiques, très flexibles, incertains et précaires (temps partiel marginal, emploi temporaire ou a durée déterminée, etc.), et que la probabilité qu'il s'agisse d'un tremplin vers un emploi permanent est faible… »

« …que les stages semblent être de plus en plus fréquemment utilisés par les
employeurs pour remplacer l'emploi régulier, en exploitant les obstacles a l'intégration sur le marche du travail auxquels les jeunes font face… »

Prochain article... mouvements browniens... même l'été à CANAL+

10 juillet 2010

SFR, UMG, CANAL+, Activision Blizzard, Holding Vivendi, année après année, les mêmes constats...

Les membres du Comité de Groupe Vivendi réunis en séance plénière le 1° juillet 2010 en présence du Président du directoire du Groupe, Jean Bernard Levy, ont adoptée unanimement la motion ci-dessous :

Le Comité de Groupe Vivendi est une instance de dialogue social regroupant des Représentants des alariés des entreprises du Groupe Vivendi implantées en France: SFR, CANAL+, Universal Music Group, Activision Blizzard, Holding Vivendi


Juillet 2010 - Le Comité de Groupe Vivendi communique :

Les membres du Comité de Groupe Vivendi (*) réunis en séance plénière le 1° juillet 2010 en présence du Président du directoire du Groupe, ont adoptée unanimement la motion ci-dessous :

VIVENDI

Les élus du comité de Groupe Vivendi constatent que malgré d’excellents résultats et en dépit d’alertes déjà exprimées par cette instance, le poids des impératifs financiers dans la gestion du Groupe est toujours aussi excessif. Il se traduit par une pression sur les coûts au profit des actionnaires et au détriment de l'emploi direct et des conditions de travail.
Les dividendes distribués, au nom d'une politique de soutien du cours de bourse qui se révèle inefficace depuis plusieurs années, atteignent ainsi des sommets.

Cette pression sur les coûts se concrétise sur le terrain, certes par des gains de productivité mais en corollaire par un accroissement significatif de la charge de travail des salariés et par une montée inquiétante du stress.

Les élus constatent également et le déplorent que, hors acquisition, la croissance des activités du groupe ne génère pas de création d’emplois en interne.
La politique de sous-traitance, dont l’efficacité économique est souvent douteuse, est de fait érigée en dogme: les emplois nécessaires à l’accompagnement de la croissance sont créés à l’extérieur du Groupe.

Les élus du Comité de groupe considèrent donc qu’en n’assurant pas directement la gestion des emplois nécessaires à l’activité, les dirigeants de Vivendi, grande entreprise très profitable, n’assument pas pleinement leur responsabilité vis-à-vis de la société civile.

C’est au nom de cette Responsabilité Sociale que les élus du Comité de Groupe demandent l’application d’une politique de recrutement en interne ambitieuse et pérenne afin d’accompagner la croissance des activités et de réduire la charge de travail dans les secteurs où elle atteint des sommets inacceptables.


Contact : Geoffroy de Vienne, Secrétaire du Comité de Groupe -

Tel : 06 09 18 00 48

(*)
Vivendi en Quelques chiffres - 2009 -
15 400 salariés en France 49 000 dans le monde, 27,1 Milliards d’€ de chiffre d’affaire, un EBITDA de 5,4 Milliards d’€, un résultat net de 2,6 Milliards d’€

05 juillet 2010

L'échec des Bleus? Une belle leçon de management... à méditer!


L'échec de l'Equipe de France en Afrique du Sud nous permet de tirer quelques leçons... de management applicables à CANAL+ en cette période sociale troublée...

Si Aimé Jacquet servait d'exemple il y a encore quelques années dans les écoles de commerce, Raymond Domenech apparait maintenant comme le parfait contre exemple...
Il nous a donné en direct la démonstration éclatante que les stars ne sont pas nécessairement les meilleures recrues pour former une équipe gagnante!

Recruter des individus au profil soi disant de haut niveau, favoriser les antagonismes au sein même du groupe en imaginant qu'ils serviront d’aiguillon pour le dépassement collectif, tenter de manipuler les médias en distillant quelques informations pour essayer de créer un électrochoc… et surtout se dédouaner de ses responsabilitéstous ces choix se sont révélés au final catastrophique.

1ière leçon : on ne peut pas fabriquer une équipe gagnante quant elle est composée exclusivement des "meilleurs" de leur spécialité.

Pour gagner il faut un bon coach, un leader et une équipe "normale", de niveau moyen! Croire un seul instant que le recrutement exclusif de "l'excellence" permettra de gagner est une absurdité...managériale! Merci Raymond de nous l’avoir démontré!

2ième leçon : Instiller le venin de la division et des antagonismes favoriserait le dépassement individuel et donc le succès final!
Erreur funeste! Nous le vivons tous les jours à CANAL+. La montée des antagonismes individuels et collectifs fragilise le corps social de l'entreprise. Au lieu de la mener à l'efficacité, cette vision managériale l'emmène sur des chemins hasardeux... pour l'instant, sans conséquence humaine majeure... mais que de dégâts en 4 ans!

3ième leçon, l'individualisme conduit à l'échec collectif!
Banalité? Idée simpliste? il suffit d'ouvrir les yeux pour comprendre les dégâts provoqués par cette montée de l'individualisme.


Gâchis humain...
Jamais les salariés n'ont été aussi refermés sur eux mêmes, attendant pour certains l'inéluctable discours "...t'as pas encore bougé..." "...sois proactif, allons fais ton marché...va frapper aux portes" "...tu vas pas t'endormir, il est temps que tu prennes ta carrière en main..."

Discours d'une bêtise totale ayant pour seul objectif de faire croitre le nouveau sésame de la gestion du personnel de CANAL+ : "LE TURN OVER"!

4ième leçon : de la nécessité d'un objectif fédérateur...
Lorsque les objectifs sont clairement fixés, la troupe peut se mettre en action dans le meilleur ordre pour les atteindre.
Dans le cas contraire, c'est à nouveau l'individualisme et ses travers qui l'emporteront. Un objectif qui ne mobilise pas fragilise, et tue le collectif au profit de l’individualisme.

Où est le projet collectif de CANAL+?
Quelle télévision pour demain, comment allons nous adapter aux nouveaux défis technologiques... le seul développement international ne saurait servir de sésame lorsque le coeur du réacteur restera alimenté pour longtemps encore par les activités françaises...

Toutes ces questions restent en suspend.... favorisant l'éclosion d'objectifs spécifiques dans chaque business, renforçant les silos que l'on veut abattre depuis des lustres...

5ième leçon : gérer les conflits individuels sans les exploiter collectivement !
Plutôt que de traiter individuellement le cas d'un joueur qui «pète un câble», le coach s'en sert pour mettre en cause l'ensemble de l'équipe. Résultat, l'esprit d'équipe s'est vite reformée pour dénoncer la manipulation médiatique de cette affaire et mettre au jour les incompétences managériales...

Dans cette affaire, depuis le début, un contre pouvoir efficace aurait peut être permis de pointer les manques et les faiblesses collectives, les dérives et les incompréhensions.

Mais ici comme dans l'entreprise, ce contre pouvoir est indésirable.
Seule la voix du leader, fut-il en second, doit être écoutée! Il sera bien assez tôt pour analyser les échecs... alors que les personnes qui en auront porté la responsabilité seront bien loin de leurs forfaits à l’heure de vérité... Cela vous renvoi à quelques exemples vécus ou à venir à CANAL+...?!

N'attendons pas que la situation se dégrade trop au point où elle pourrait provoquer des ruptures irrémédiables! L'alerte est lancée depuis de nombreux mois... faut-il se contenter des résultats chiffrés pour comprendre ce qu’ils contiennent en souffrance et en germes de révolte ? La réussite économique ne saurait masquer indéfiniment les manques et les faiblesses sociales de nos organisations.

Un équilibre est possible ! Le social n'est pas l'ennemi de l'économique. Tant que rien ne casse… poursuivez… il sera bien temps de sanctionner lorsque la rupture provoquera quelques catastrophes… bien visibles...

Un brin d'écoute, la réaffirmation de quelques valeurs fondamentales comme le respect, la transparence ou la probité, l'arrêt des dénigrements individuels, des objectifs expliqués et partagés... finalement, une équipe ressoudée, voilà ce que nous pourrions tirer comme leçons de management après l'échec retentissant de l'équipe de France en Afrique du Sud! Applicables chez nous? sans aucun doute!



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