L’inquiétude
de notre syndicat pour les 2 années à venir, c’est l’emploi! C’est
pourquoi nous en avons fait un thème central de notre bataille pour la NAO
2013.
Alors que
SFR prépare son plan de licenciement, CANAL+ ne cesse de trouver des artifices pour
contenir, et cette année réduire le nombre de salariés avec les conséquences que l’on sait sur les organisations. Quand on ne peut
plus recruter que font les patrons de business? Ils enchaînent les contrats de prestations
ou de consultants, multiplient les stages détournent de leur finalité les contrats
de professionnalisation. On ne peut leur en vouloir, car les missions doivent
être accomplies les objectifs atteints. Mais les économies
que l’on nous présente d’un côté plombent les budgets de l’autre.
Un collaborateur externe n’est-il pas normalement "de passage". En vérité, beaucoup d’entre eux passent des années sur notre territoire et mériteraient d’être cédéisés. Les dysfonctionnements que nous constatons dans nos organisations proviennent en partie de là. On ne sait plus qui est qui. Des prestataires donnent des consignes à des CDI, des stagiaires encadrent des projets, c’est parfois un grand cafouillage qui contribue à renforcer l’inefficacité des organisations et le ressentiment des salariés, mais ils finissent par se résigner.
Inutile de s’appesantir sur les conséquences financières absurdes de ces choix contraints, lorsque l’un de ces collaborateurs externe est présent 2, 3 4 ans ou plus dans l’entreprise. C'est assez commun dans les grands groupes. Plus étonnant, les audits internes semblent ignorer ces points de frictions
Une dérégulation
en développement constant depuis des années et CANAL+ comme laboratoire! Distribution
ou Technique même combat. Les conséquences de ces choix ne sont pas qu’improductives
financièrement, elles plombent et fragilisent également les organisations et déstabilisent
les relations sociales.
Ce gaspillage
à grande échelle cache en fait une bombe à retardement qui pourrait exploser au
plus mauvais moment! Cette situation n’est pas à l’œuvre qu’à CANAL+, de très
nombreuses entreprises y ont recours. Flexibilité maximum des organisations,
affaiblissement des corps intermédiaires internes, mise en place d’une
organisation sous tension permanente, c’est la réponse managériale simpliste d’aujourd’hui
à une problématique complexe. Mais, entre-temps, que de pertes en ligne, que de dégâts humains, que de gâchis financiers !
Les entreprises
qui pratiquent à grande échelle ces modèles de management prennent le risque d’un
affaiblissement important de leur infrastructure. Tout le monde sait que ce modèle doit évoluer car il produit trop de souffrance.
Décembre, une période favorable pour réfléchir... sur l'avenir! Profitons des
négociations de fin d’année pour réfléchir, construire, développer un modèle respectueux
des femmes et des hommes qui vivent et travaillent dans l’Entreprise et
contribuent à sa réussite.
L’enjeu
c'est donc aussi la sauvegarde des emplois alors que la
crise se développe en France et que le Groupe n’est pas à l’abri de soubresauts. Le contexte Vivendi nous oblige également à une vigilance redoublée.
L’emploi ne doit pas être la variable d’ajustement. Si notre inquiétude grandit,
c’est bien parce que le mécanisme est déjà en route. Nous avons dépassé
le seuil d’alerte pour des licenciements en tous genres. Le nombre de ruptures
de contrats de travail a tendance à progresser de façon inquiétante, et nos dernières
analyses nous laissent penser que 2013 ne devrait pas être un chemin de tout
repos sur le front de l’emploi.
Crise en France,
ralentissement de l’activité, arrivée des salariés de Bolloré, peut être une réduction
de périmètre dans certains secteurs, tous les voyants sur l’emploi s’allument à
l’orange en cette fin d’année 2012.
Un
indicateur nous sert de vigie, le nombre de salariés reçus par nos élus pour un
conseil, un renseignement, un accompagnement, cet indicateur suit une tendance à la hausse. Un
autre indicateur concerne les entretiens annuels. Ces moments sont toujours
propices pour fragiliser une position, justifier une mutation, organiser une
sortie définitive. Soyons persuadés que, comme l’an dernier, l’insuffisance professionnelle va
resurgir comme motif de sanction pour des dizaines de salariés qui ne s’y attendent
pas. http://bit.ly/H13Awr
Trouver des
alternatives, en urgence !
D’abord en clarifiant
et scannant les organisations pour y rechercher les points de déséquilibres, pour
remettre du lien, du liant indispensable aux réussites collectives et à la
défense de nos intérêts. Il faut ensuite que cesse la saignée dans les
compétences. C’est avec des troupes
fragilisées que nous allons aborder des vents mauvais. Il faut aussi stopper les
licenciements injustifiés, qui ne reposent que sur bien peu de chose. Notre
système ne peut fonctionner à l’oukase et par l’isolement progressif des
salariés. Cette fabrique de souffrance est contreproductive, à CANAL comme
ailleurs, elle produit les mêmes effets délétères.

CANAL+ a
vécu des crises beaucoup plus graves que celles qui s’annoncent... alors?! En 1985, l’entreprise
a failli disparaitre sous les coups de boutoirs d’ambitieux ou de jaloux. Elle a
survécu grâce à 2 éléments, un patron stratège et visionnaire, une collectivité
des salariés soudée à l’extrême pour la défense d’une entreprise attaquée de
toute part. A l’époque, certains hebdos titraient "…au moins, sur le Titanic, on coulait
en chantant…" Tous ces oiseaux de malheurs ont vite déchanté grâce à la
mobilisation collective. Et si demain c’était hier, que se passerait-il?
Dans cette situation, ne pas rire,
ne pas pleurer mais comprendre et agir ! Et pour
cela, l'indispensable dialogue social restauré, des partenaires sociaux écoutés
et respectés, des salariés encouragés.
Ces réflexions, ces actions, nous ne pouvons les mener efficacement qu'avec vous, prenez contact, venez échanger avec nous, ne restez pas seul!
Tout un programme, mais il pourrait prendre forme dès la fin de cette année si, comme nous le pensons l'intelligence et l'ouverture l'emportent sur des considérations obsolètes ou des jugements absurdes.
2012, c’est
bientôt fini, vivement 2013 !