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21 novembre 2008

Expression partagée...

Il y a quelques semaines encore, on nous serinait de croissance, de marchés, de concurrence. On pointait du doigt la ringardise du combat collectif à l’heure de la réussite individuelle. Aujourd’hui, on dénonce pêle-mêle la dérégulation, l’individualisme, l’inconscience de certains patrons ou de traders fous. Aujourd’hui, des milliers de salariés sont désemparés devant l’annonce de leur licenciement brutal et appellent au secours : «toi, le syndicaliste, sauve-moi !».

Cela serait donc ça, le syndicalisme ? Une bouée de sauvetage ?


La CFE-CGC se bat pour changer le regard de ceux qui nous toisent. Il n’y a pas, d’un côté, les patrons employeurs et de l’autre, les salariés victimes. Pour un syndicat responsable, l’intérêt général se décline concrètement dans sa participation à la mise en œuvre de règles normatives qui font l’objet de négociations dans et hors de l’entreprise. L’a-t-on oublié !

Oublié, le syndicalisme qui a mis sur pied et qui entretient notre système de protection sociale. Oublié, le syndicaliste administrateur qui déploie des trésors d’abnégation pour assurer le fonctionnement d’institutions que tout le monde considère comme étant «de droit» : AGIRC, ARRCO, APEC, maladie, famille, logement... Oublié, le militant qui prend sur son temps de travail pour animer un comité d’entreprise bien souvent garant de la pérennité de l’entreprise elle-même. Oublié, le conseiller du salarié qui éclaire l’employé sur la meilleure façon d’aborder une difficulté professionnelle. Oublié le conciliateur qui sauve la tête de celui qui se trouve désarmé devant la machine à broyer les faibles, ou le conseiller prud’homal qui dit le droit avec son expertise et sa connaissance de l’entreprise.

La CFE-CGC fonde son action d’abord sur les valeurs «piliers» de toute démocratie sociale : humanisme, éthique, sens des responsabilités, dialogue constructif. C’est tout le motif de son engagement pour défendre les intérêts de celles et ceux qu’elle représente, mais aussi pour conserver aux notions de solidarité collective tout leur sens. Mais aujourd’hui, qui profite de cette implication ? Dans neuf entreprises sur dix ce sont près de douze millions de personnes qui n’ont pas accès à une représentation du personnel... alors que, comble de l’incohérence, une loi dite de démocratie sociale vient de réduire au seul niveau de l’entreprise toute l’expression des salariés. Une absurdité entretenue par ceux qui nous gouvernent.

Il existe une régulation naturelle dans notre économie : le syndicalisme. Bien pensé, responsable, il est le meilleur outil d’anticipation et d’adaptation pour nos entreprises. Il est temps de lui donner les moyens de sa vocation : nous devons passer d’un droit au militantisme reconnu à contre cœur, à l’établissement d’un véritable contrat d’engagement social. Notre économie ne s’en portera que mieux.

Bernard Van CRAEYNEST

05 février 2008

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