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30 octobre 2012

Négociations salariales 2012, coup d’envoi le 30 octobre !

Déjà ?
Oui pour la première fois, les négociations salariales s’engagent fin octobre en pleines vacances scolaires. Comme si notre DRH souhaitait en finir au plus vite avec cette "formalité obligatoire" encadrée par le code du travail, rien de plus. Car comme nous le communiquions dans un post en date du 22 octobre l’épilogue semble déjà écrit.

Une négociation difficile!
D’ores et déjà, la négociation s’annonce tendue, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’annonce de Bertrand Meheut lors de son dernier petit dej où il répondait à la question d’un salarié sur le sujet, il renvoya sur le benchmark salarial du secteur audiovisuel…

On sait ce que cela veut dire, "… de quoi vous  plaignez- vous, vous êtes rémunérés largement au-dessus de la moyenne des autres entreprises du secteur…" Analyses que nous contestons globalement tant elle est circonscrite et incomplète.

D’autres éléments inquiétants dans l’environnement social...
Tout d’abord la politique d’économies drastiques menées depuis 3 ou 4 ans et qui impactent la masse salariale et les rémunérations individuelles. Selon nos informations, de nouvelles coupes budgétaires supplémentaires seraient opérées d’ici à la fin de l’année, et les budgets 2013 s’annoncent encore plus serrés…

Le contexte social ensuite, trop tendu pour permettre une discussion ouverte et responsable. Le dernier CE en fut un nouvel exemple malheureux. Malgré la bonne volonté de quelques cadres de la DRH, les décisions semblent déjà prises, nous allons encore une fois nous retrouver à discuter de poncifs pour justifier des budgets d’augmentations salariales réduits au minimum.

Pourtant, malgré les discours quelque peu alarmistes, l’entreprise se porte fort bien financièrement, et même très bien. Mais voilà, dans ce contexte morose, conserver les marges bénéficiaires impose toujours plus d’économies. Là où le business est à la peine, c'est en resserant les coûts que l'on arrive encore tant bien que mal à maintenir une rentabilité élevée.

C’est pourquoi notre syndicat revendique l’ouverture d’une véritable négociation. Pas une simple discussion de bon aloi sur la crise, les entreprises qui licencient, les difficultés nées d’un environnement économique difficile. Oui, nous savons tout cela, mais quelle justification à ce discours doloriste pour les milliers de salariés de CANAL, d'autant que nous ne demandons pas la lune, mais la justice.
 
CANAL+ va encore dégager cette année des profits nets exceptionnellement élevés. La répartition de cette valeur ajoutée doit être équitable. Souvenons nous du discours d’un ancien Président de la République qui proposait un partage équilibré de la rentabilité par tiers, 1/3 pour l’investissement, 1/3 pour la rémunération du capital, 1/3 pour les salaires… Mais c’était il y a si longtemps…

Nous voulons que cette négociation porte sur les salaires bien sûr, mais également sur ses accessoires, primes, plan épargne, bonus, avantages en natures…

Sur tous ces sujets depuis des années, la DRH de Canal+ a décidé de rogner systématiquement et plus encore ces deniers mois. Remise en question du remboursement partiel des frais de transports pour de nombreux salariés, reprise des véhicules de service pour les JRI de Paris… et chacun a autour de soi, un exemple à produire sur cette politique contre productive d’économies tous azimuts.  

Souvenons-nous de toutes ces petites misères faites à l’encadrement pour rogner ici un avantage, là une promotion, ailleurs un avancement… Cette politique sociale ne fait qu’accroitre le ressentiment. D’abord parce que la majorité des salariés ne dispose pas de salaires mirobolants contrairement à ce qui est colporté ici ou là, ensuite parce que cette politique d’économies est improductive et génère énormément de frustration

Ce n’est pas une bonne politique sociale, il faut en changer. Il faut récompenser les salariés et ils sont nombreux, ceux qui ont souvent trimé comme des soudards pour que tourne les infractructures de cette entreprise. Si le niveau de productivité a continué de progresser ces dernières années, le niveau de récompense n’a cessé lui, dans le même temps de chuter.

Des salariés travaillant dans des conditions toujours plus difficile, des salariés en charge de projets précipités, des salariés à qui l’on impose des rythmes de travail époustouflants, avec à l’arrivée, des équipes épuisées, et pour certains collaborateurs, le burn-out tout proche ou l'accident cardiaque révélé!

L'organisation, un autre sujet à aborder... De ce point de vue, par manque de moyens, la dégradation des conditions de travail et la désorganisation consécutive au départ de nombreuses compétences accroissent la tension, perturbent les équipes, empêchent le travail qualitatif.

Ou plutôt la désorganisation, par l'absence de recrutements de salariés en CDI. Des vides comblés par des stagiaires, des contrats précaires, des CDD, CDDU et autres consultants, qui occupent pour certains des postes essentiels, parfois depuis des mois, ou pire depuis des années… Combien de "permaconsultants", combien de prestataires travaillent pour nous en interne ? Des centaines pour des budgets colossaux et une efficacité douteuse sur le long terme.

Ce que nous revendiquons c’est le juste retour des choses avec la récompense pour toutes celles et ceux qui se sont investis sans compter cette année. Prime, demi-mois supplémentaire, augmentations salariales conséquentes, beaucoup de salariés le mérite… mais nous risquons encore d’être fortement déçus.

Autre chantier de la NAO, le temps de travail…  nous sommes depuis des mois au milieu du gué… Pourtant, sur ces sujets, le Droit du Travail évolue vite et les derniers arrêts de la Cour de Cassation devraient encourager notre Direction à réfléchir et écouter nos revendications portées depuis 3 ans. En donnant raison à certains Cadres de grandes entreprises, la Cour de Cassation permet un juste retour des choses lorsque la charge de travail de ces collaborateurs est devenue très importante, peu contrôlée, pas rémunérée à sa juste valeur. Le risque est grand pour nos entreprises car chaque salarié peut contester sa rémunération sur les 5 dernières années… et obtenir un dédommagement conséquent !

L’encadrement du forfait jour et de la durée du travail des cadres autonomes devient une obligation légale... Nous avions revendiqué et obtenu l'ouverture de ce chantier il y a un an, mais depuis plus rien, pas de réunion syndicale, pas d’information, le flou le plus total...

Cette nouvelle disposition légale pose plus précisement la question de l’encadrement du temps de travail. Le Cadre Autonome n’est pas un Cadre à disposition permanente de l’entreprise. Tout salarié peut noter ses dépassements d’horaires quotidiens ou hebdomadaires. Le respect des 11h consécutives de repos quotidien et de 24h le WE sont incontournables.
 
Les salariés de CANAL+ ne déclarent pas d’heures supplémentaires. C’est une erreur. Le paiement ou la récupération du temps de travail effectué hors cadre doit être effectif. Il appartient au salarié d’effectuer une déclaration auprès de son hiérarchique ou de sa RH.

Ce ne sont là que quelques éléments qui viendront à discussion lors du prochain round de négociations qui commence aujourd'hui. Nous verrons si les marges de manœuvre existent, si l’on peut déjà réaliser le minimum en maintenant par exemple le pouvoir d’achat, si l’on peut y ajouter le traitement de certaines inégalités, comme la discrimination hommes/femmes, si l’on peut aussi traiter les conséquences de la réduction de certaines primes comme le remboursement des frais de transport, ou l’arrêt de la prise en charge des véhicules de fonction pour les JRI de i>TELE… Il ne s'agit là que de quelques exemples.  

Chaque année, ces discussions et négociations salariales deviennent plus conflictuelles. Parce que notre Direction refuse de prendre en considération la dégradation des conditions de travail, l’incroyable progression de la productivité individuelle et collective, le resserrement des rémunérations et la perte de pouvoir d’achat de nombreux salariés lorsque des avantages acquis sont brusquement supprimés sous prétexte que des efforts collectifs doivent être accomplis..!  

Pendant ce temps, les dépenses inconsidérées et surtout improductives continuent d’alimenter les discussions dans le landerneau des couloirs ou de la cafeteria du siège et des autres établissements… Des exemples ? Relisez nos derniers posts… Ils sont légions.  
 
Cette année, on ne pourra pas se contenter de l'équivalent d'un carambar supplémentaire par jour...
 
A suivre dans nos prochains posts et News Letters.
 
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24 octobre 2012

La refondation sociale : vitale et nécessaire

A l’heure ou Bertrand Meheut passe la main sur une partie de son pouvoir opérationnel, nous sommes tentés de dresser un premier demi bilan, ...en demi-teinte…

Sur le plan économique, pas mal…
Au regard de l’état du Groupe il y a 11 ans, on peut dire que le travail a été fait et bien fait. De 5 milliards d’euros de dettes, le groupe a dégagé l’an dernier 700M€ de bénéfices nets… pas mal du tout! Nous revenons de loin, en  2002, le pire était tout proche. Si l’activité centrale de CANAL+ comme soutien aux industries culturelles Françaises avait été de moindre importance, il n’est pas sûr que le Groupe serait sorti de cette impasse aussi simplement.

C’est en effet toute l’industrie cinématographique qui aurait été bouleversée et au-delà l’ensemble de l’industrie audiovisuelle. Pire, le seul champion Européen de la TV en crypté aurait pu sombrer, laissant le champ libre aux intérêts  étrangers et notamment Anglo-Saxons…

Mais, pour sauver le soldat CANAL, les options étaient multiples. Dans le cas présent, Bertrand Meheut fut totalement soutenu par son actionnaire Vivendi Universal.

3 éléments fondamentaux expliquent le redressement du Groupe !
Le premier et le plus important d’entre eux, c’est la recapitalisation par notre Actionnaire Vivendi à hauteur de 3 Milliards d'€… ! Le chèque signé par vivendi permettra à Canal de se sortir de cette très mauvaise passe, alors que le déficit atteignait le chiffre d’affaire…

Le second élément fut la vente d’actifs importants et l’externalisation de nombreuses activités. Parmi ces actifs C+ Technologies, un des fleurons mondiaux de la haute technologie. CANAL+ Technologies employait à l’époque + de 700 Ingénieurs et Techniciens. Dans cette entreprise de haute technologie, on fabriquait les systèmes de contrôle d’accès et les systèmes d’interactivité nécessaires à la commercialisation de nos décodeurs. Les marchés étaient mondiaux, l'Europe, l'Inde, la Chine et peut être l'Amérique... 
C+ Technologies fut bradée à Thomson, dépecée… un drame technologique, humain, financier !

Autre actif bradé, mais pouvait on résister à l’époque … notre filiale Italienne Telepiu ! La vente à notre ennemi d’alors, Rupert Murdoch avec lequel nous étions en procés aux USA... Une filiale Italienne qui venait d’être enfin redressée grâce aux efforts colossaux de centaines de salariés Français, alors que cette entreprise commençait à dégager des bénéfices, et puis patatras, une vente au rabais, là aussi un gâchis économique et humain…

De très nombreuses filiales étrangères furent ainsi vendues, nous coupant irrémédiablement d’un développement international bien engagé, un positionnement que nous n'avons jamais depuis réussi à retrouver.

Des activités internes furent à cette époque externalisées, de l’informatique, on en mesure encore les dégâts aujourd’hui, ou encore des activités de production...
Sans oublier la vente du Siège de la société, le bel immeuble blanc du quai André Citroën, voulu par André Rousselet et dessiné par Richard Meier, un grand architecte Américain. La Caisse des dépôts racheta le bâtiment pour y installer une annexe… du ministère de la justice ! De ces externalisations datent dans certains secteurs, la désorganisation chronique du Groupe que nous ressrntons encore aujourd'hui, notamment côté Distribution.

Reconnaissons dans cette action stratégique, une constante de notre PDG…
En répondant à l’une de nos questions en 2002, concernant sa vision du Groupe, « … je le vois bien adossé à un pôle en clair… »… Lui ne s’en souvient pas ou fait semblant, nous oui. ! Déjà, à l'époque, n’est-ce pas normal pour un Breton Barreur de prévoir le gros temps et de connaitre le port d’arrivée ? Un classique pour un patron de business, mais enfin... Et puis le rachat de TPS, la simplification administrative du Groupe, l'achat des chaînes Bolloré, le développement en Pologne, le développement du Studio Canal...

Nous pouvons aisément parier que Xavier Couture, le prédécesseur de Bertrand Meheut après le départ de Pierre Lescure, n’aurait pas mieux fait…
 
 
Malgrè cela, un certain nombre de choix stratégiques ou d'organisations restent incompris. Distribution, Technique, Service Clients, des décisions qui ont parfois incontestablement affaibli la superstrucure. 
L'une d'entre elles concerne notre relation complexe avec les autres activités opérationnelles du Groupe Vivendi. Nous faisons aujourd'hui plus de business avec Free qu'avec notre cousine SFR! Un comble quand Free devient le concurrent violent de SFR... Mais il est des secrets et des rancoeurs qui dépassent la logique industrielle...  

Après l'économique et le stratégique, le social, et là... ça coince! Un bilan en demi-teinte...
Incompréhensible pour beaucoup. Comment et pourquoi Bertrand Meheut, ce Breton modéré bon teint, a-t-il laissé dériver une politique sociale aussi contraignante ?

Etait-il nécessaire pour redresser le groupe, de sortir le fouet? Il y a sur cette question une incompréhension qui parcoure verticalement et horizontalement toutes les couches sociales de l’entreprise, et l'une d'entre elles en particulier, la représentation du personnel.

Que de dégâts, que de chasse aux sorcières, que d’invectives, d’incompréhensions, de blocages inconsidérés…!

Nous sommes évidemment persuadés qu’une autre politique sociale était possible. Mais Bertrand Meheut a certainement considéré qu’il fallait "remettre l’entreprise au travail" et pour se faire, seule la manière forte le permettrait. Ce fut, à notre sens, une funeste erreur, car les drames individuels et collectifs n’ont cessé de se développer dans de nombreux secteurs du Groupe, essentiellement rive gauche de la Seine. Nous y sommes encore!  

Il y avait moyen de faire autrement !
Il est temps. C’est pourquoi nous appelons de nos vœux une politique de refondation sociale que nous allons accompagner avec volonté et détermination. Nous pensons qu’il est d’un intérêt vital pour l’entreprise de redonner du souffle au 4 000 salariés alors que certains n’en peuvent plus, sont fatigués, s’en vont ou se désespèrent. L’explosion du mal être est en partie issu de cette indéniable dégradation de la relation sociale et managériale. C’est incompréhensible de laisser ainsi dériver le paquebot alors que le groupe se porte bien. Les conséquences sur les salariés sont visibles et parfois inquiétantes, il est urgent de redresser la barre sur ce terrain.  

La politique sociale d’un Groupe comme le nôtre, une entreprise résolument tournée vers la modernité, ne peut s’appuyer sur des concepts erronés fussent-ils à première vue de bon augure. Car au cœur de cette stratégie se trouve un mal qui ronge sans bruit la superstructure. Il n'est pas visible à l’œil nu ou au premier venu. Mais certains collaborateurs, et parmi eux les représentants du personnel savent à quel point certains business sont atteints dans leur chair…

Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…
Ce n’est pas faute d’alerter, mais rien n’y fait. Pour notre syndicat, c’est un échec de n’avoir su convaincre. Pourtant nos actions ont été tout au long de ces 7 dernières années, souvent curatives alors que nous privilégions le préventif. Aurions-nous du laisser filer des situations individuelles dramatiques pour une prise de conscience plus rapide? Nous ne le pouvions pas, et nous ne le ferons jamais.

C’est donc la face la plus grise de l’action de ces 10 dernières années, un résultat irrémédiablement décevant, souvent un gâchis humain, une perte de compétences trop importante...

Est-il trop tard ? Espèrons que non, mais il est temps, il est urgent d’ouvrir ce chantier.

Hardi les gars, vire au guindeau...


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22 octobre 2012

L’automne, les p'titsdéj de BM, les négociations salariales, le benchmark…

L’automne et avec lui les éternelles négociations de fin d’année…

Mais aussi ces petits déjeuners organisés autour de grands patrons du Groupe… la semaine dernière avec le premier d’entre eux, Bertrand Meheut en personne.

Le patron de l’entreprise face à quelques salariés et, en cette période l’inévitable et courageuse question sur les augmentations salariales. La réponse est toujours la même, récurrente : "… à CANAL+, on a de bons salaires par rapport aux autres entreprises du secteur…" Le benchmark toujours et partout!
 
Si nous devinons que les négociations salariales à venir sont déjà "pliées", il en va autrement de cette argument en forme de conclusion lapidaire, d’explication un peu courte sur la rémunération des salariés de l’audiovisuel en France. Nous n’évoquerons là que les grandes entreprises auxquelles CANAL+ peut encore se comparer. …

A ce stade de l’analyse, vu de l’extérieur et sans réelle connaissance des niveaux de rémunérations au sein du Groupe, on peut effectivement penser que les salariés de CANAL+ sont certainement des privilégiés au regard de leurs collègues des autres entreprises, TF1, M6, France Télévision…

Oui mais… il faut y regarder de plus près, avec un impact très variable selon le niveau hiérarchique…

Une fois n'est pas coutume, commençons par le plus haut niveau. Banco pour notre patron, Bertrand Meheut. Pour lui, le benchmark est irrémédiablement en faveur de CANAL+… En 2011, sa rémunération globale atteindra les 3,3 millions d’Euros quand ses collègues plafonnent à 2,05 M€ pour le patron de TF1 Nonce Paolini ou à 1,9 M€ pour le patron de M6 Nicolas de Tavernost. Sans parler du salaire de Remy Pflimlin, qui oscillerait entre 400 000 et 450 000€… Une supposition car le salaire du patron de France Télé n’est pas public contrairement aux salaires des patrons d’entreprises privées.

Côté augmentations salariales, ce n'est pas triste non plus! De ce point de vue, les augmentations salariales dont ont bénéficié ces mêmes patrons en 2011 oscillent fortement d’une entreprise à l’autre.

Pour M6, le salaire de Nicolas de Tavernost a augmenté de 8% tandis que celui de Nonce Paolini, le patron de TF1… a baissé de 11% la même année. Il est "tombé" à 2,05 M€ contre2,30 millions un an auparavant. Cette baisse sensible s'explique toutefois par le fait que Nonce Paolini avait été chargé en 2009 par Bouygues (le principal actionnaire de TF1), d'une mission sur la convergence entre TV, internet et mobile, pour laquelle il avait perçu 290.000 euros en 2010.

Dans la même période, le salaire du patron de CANAL+ a progressé de… 25%, passant de 2.616.064€ à 3.292.451€ entre 2010 et 2011 !

Pourtant, en 2011, la majorité des salariés du Groupe CANAL+ ont vu leur salaire progresser en moyenne de 2% ! C’est une moyenne dans laquelle il faut inclure les augmentations "naturelles", liées aux changements d’échelons pour les employés ou au financement des promotions internes. Des augmentations salariales qui sont injustement incluses dans le périmètre de la NAO, ce que nous dénonçons depuis des années. Il est en effet anormal que ces promotions soient financées sur le budget des augmentations annuelles, impactant ainsi ce budget pour l'ensemble des salariés. 

Poursuivons cette analyse et prenons maintenant quelques salaires parmi les plus bas de l’échelle à CANAL+.
Au hasard, une catégorie de personnels un peu bousculée en ce moment, le JRI, Journaliste Reporter d'Image. Celui-ci touche en moyenne entre 30.000€ et 50.000€ de salaire brut par an. A ce tarif, pas sûr que les JRI de TF1, France Télé ou de BFM soient moins payés !
Pourtant, certains JRI de CANAL+ sont visiblement encore trop privilégiés, la DRH vient en effet de leur retirer une faveur, la voiture de service, de fonction, ne restera plus à leur disposition en permanence. Pour certains, un drame financier, une galère personnelle! Ceux-là vont voir l’an prochain leur rémunération globale fortement impactée par ces mesures décidées unilatéralement, un beau matin de retour de congés… A force de chercher dans les moindres recoins ce que l'on peut encore économiser...le puit est sans fond!

Il est d’autres catégories de personnel pénalisés ces derniers mois…

Par exemple ces salariés qui avaient droit à la prise en charge à 50% de leurs frais de transport. Il y a quelques mois, certains d'entre eux se sont vu notifier la fin de cette prise en charge pour cause de réinterprétation de la circulaire en vigueur. Là encore, sans aucune concertation ou analyse des cas individuels et des conséquences sur la vie professionnelle et personnelle des collaborateurs concernés. Il n’y a pas de petites économies…

Certains commerciaux aussi sont touchés par cette politique affligeante d’économies… Les voitures, les téléphones professionnels, et même les crayons sont aujourd’hui comptés, certains salariés s'achetant eux même leurs petites fournitures, plutôt que d’attendre une commande hypothétique…

Pendant ce temps, le nombre de Lexus, ces voitures luxueuses mises à disposition des cadres dirigeants du Groupe n’a cessé de progresser.

Pourquoi cette politique d'économies sur les véhicules de fonction ne concernerait-elle que ces salariés, en bas de l'échelle? Hormis les membres les plus éminents du CODIR, 4, 5 personnes… pourquoi l’ensemble de ce cénacle bénéficie-t-il de voitures mises à disposition toute l’année? Pourquoi les cartes essence sont-elles open ici, et le remboursement des frais de transports, limités ailleurs? Comment justifier que certains membres du CODIR, qui n’utilisent leur véhicule pour le seul trajet domicile bureau, bénéficient d’une voiture en permanence toute l’année, WE et vacances compris. Notre syndicat revendique l’équité, créons un Pool "voitures de fonction dirigeants". Que chacun laisse son véhicule de fonction le vendredi soir à CANAL et le reprenne le lundi matin...

Plus sérieusement, sur le fond de l'analyse, en matière salariale, comment effectuer un benchmark sérieux sur un marché du travail aussi divers qu’éclaté ?
Un contrôleur de gestion de France Télé travaille-t-il autant que son collègue de CANAL+ ? Le technicien de TF1 accomplit-il les mêmes missions que le technicien de CANAL ? Sur quelles analyses s’appuie-t-on pour porter ainsi ces jugements relatifs aux rémunérations des salariés de CANAL+?

Un message lapidaire et inexact n'effacera pas la tension salariale que vivent des centaines de salariés en interne. Ceux-là ne voient plus depuis des années l’ombre d’une augmentation, ils constatent en revanche que leur pouvoir d’achat est amputé année après année.

Mais la NAO de fin d'année n'est pas seulement centrée sur la rémunération, c’est aussi le moment des questionnements sur l’organisation des business, sur le temps de travail, sur les recrutements...
Sur ces sujets, des entreprises comme TF1, M6 ou France Télé disposent d’accords sociaux beaucoup plus étendus que les nôtres, par exemple sur les astreintes. Côté TF1, on est particulièrement attentif au respect des règles légales et du code du travail. Rien de cela chez nous… Sur les astreintes par exemple, notre système se rapproche du bricolage institutionnalisé, ce qui évite finalement, de traiter au fond cette problématique... Mais naviguer à vue risque toujours de provoquer des sorties de route.

Sur le temps de travail…
Parions que les salariés de BFM, M6 ou TF1 ne travaillent jamais 14, 16 ou parfois 17h par jour comme certaines catégories de personnels à CANAL+. Il serait également étonnant de constater que ces salariés travaillent systématiquement le WE ou reviennent pendant leurs congés pour éponger les déficits en recrutement.
C’est non seulement prohibé par la loi, mais ce serait la preuve d’une indéniable désorganisation.

A CANAL+, c’est assez courant. L’encadrement travaille beaucoup, parfois beaucoup trop, et ce sans compensation financière ou en temps de repos supplémentaire…

On le sait depuis 7 ans, la Direction des Ressources Humaines n’a pas pour premier objectif la progression de la masse salariale ou le recrutement de CDI. On peut dire sans se tromper que c’est même l’inverse qui est prôné!

Dans ces conditions, si des efforts doivent être faits, pourquoi seraient ils réservés à une catégorie de personnels ? Pourquoi l’exemple ne viendrait pas de plus haut ? Une mesure démagogique ? Pas si sûr quand sa rémunération progresse de 25% !

Au-delà de ces faits, c’est l’ensemble de la politique salariale et de rémunération qui devra faire l’objet d’une revue de détail. Car il est certain que l’insatisfaction progresse face à une politique salariale qui apparait chaque année plus déséquilibrée et injuste. Des salariés qui travaillent beaucoup, un manque de moyens flagrant, des rémunérations qui au final stagnent ou baissent…

Non, décidemment, nous ne sommes plus les privilégiés de l’audiovisuel en France! En matière de rémunération, ce temps est révolu depuis longtemps! C'est un de ces chantiers qu'il nous faudra ouvrir dans les prochains mois, d'abord pour panser les plaies d'une politique parfois désastreuse, ensuite pour construire une nouvelle politique de rémunération digne d'un grand groupe Européen de l'audiovisuel.

Pour cette année, les messages de notre Direction laissent à penser que la politique salariale de 2012 va fortement ressembler à celle de 2011 ! Pourquoi changer... Le renouveau est en marche, patience!
 
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Oswaldo… l’un des emblèmes de la séniorité de CANAL+ quitte le navire…

… et pas volontairement !
 
Oswaldo Wilhelm, toutes celles et ceux qui pratiquent ou ont pratiqué la technique côté Lumière le connaisse. D'abord par sa capacité reconnue à rapprocher, à rassembler, à motiver des compétences diverses sur de multiples projets techniques, parfois très complexes.
Ces dernières années, il a su avec d'autres mettre en oeuvre des solutions technologiques novatrices, des développements essentiels pour le succès de nos activités.
 
Attaché au travail d'équipe, il sait l'importance de l'espace collaboratif où chacun apporte sa pierre à l'édifice commun. Pour ces raisons, Oswald est une personalité appréciée et respectée dans son environnement.
 
 
Pourtant, il quitte le navire à "l’insu de son plein gré"…
Mais pourquoi donc, alors que de nombreux projets bénéficieraient encore de ses compétences, alors que l’évolution des technologies et des systèmes d’informations nécessitent de concevoir, d’inventer des solutions intelligentes à des problèmes qui apparaissent insolubles ou complexes pour d’autres… toutes choses dans lesquelles il excelle, prend plaisir, rend un réel service.
 
Peut-être parce qu’il fait partie de ces salariés qui ont dépassé l’âge canonique des 55 ans ou plus. Un âge devenu un critère discriminant à CANAL+. Ces cinquantenaires qui semblent devenir si encombrant à une DRH dans l’incapacité de gérer les carrières sur le long terme, il faut s’en séparer.
 
Pourquoi évoquer ce cas parmi tant d’autres? Parce qu’il est emblématique et révélateur d’une situation qui se dégrade sur ce terrain-là aussi. Parce que la fin d’année approche et avec elle les entretiens annuels qui verront encore fleurir les "insuffisances professionnelles", prémices à court terme d’une relégation, d’une forme de bannissement qui se termine malheureusement, généralement par une éviction.

Ainsi, chaque année, des dizaines de salariés sont concernés par cette forme de discrimination silencieuse. Elle consiste à leur retirer progressivement des responsabilités, à les cantonner dans des missions ou des tâches qui se dévalorisent au fil du temps, à encourager des détachements aux contours plus ou moins flous, quitte à favoriser le découragement, ou pire la faute. Alors la sanction, base de toute séparation contrainte, peut tomber.
 
Plutôt que d’utiliser les compétences historiques et solides de ces salariés, plutôt que de favoriser la transmission des savoirs vers de plus jeunes recrues, plutôt que d’accompagner correctement vers une fin de carrière qui le mérite amplement, CANAL+ a décidé d’utiliser d’autres méthodes.
 
Pendant ce temps, les organisations syndicales sont invitées à renégocier un accord "Seniors", un accord imposé par la loi pour justement favoriser... l’emploi des personnes au-delà de 60 ans!
Ce texte signé il y a trois ans, est aujourd’hui caduque. La Direction de CANAL+ propose de le prolonger dans l’attente de la mise en œuvre d’un nouveau dispositif gouvernemental qui concernera cette fois l’emploi, mais toutes générations confondues.
Désappointés, les syndicats de CANAL+ refusent même de s’engager sur cette voie provisoire, considérant que dans cette affaire, une fois encore, l’effet d’image l’emporte sur la réalité opérationnelle et la volonté politique.
 
Comment un groupe comme CANAL+, employant plus de 4000 salariés, est-il dans l’incapacité de mettre en œuvre des politiques novatrices et volontaires dans ce domaine? Plusieurs explications viennent à l’esprit. Tout d’abord cette volonté absurde d’un turnover obligé, souvenez-vous des 3 ans dans un poste, 5 ans dans l’entreprise, antienne un peu oubliée mais qui résonne encore comme un leitmotiv pour la gestion des ressources humaines.
 
Pointons également les dérives d’une organisation où chacun ne fait plus exactement ce pourquoi il est engagé. Quand dans les entreprises, les DRH sont en charge de définir l'organisation des business, de décider de stratégie ou même d'orientations financiaires, le temps dévolu à la gestion des ressources humaines diminue naturellement. Ce n'est pas spécifique à l'entreprise CANAL+, le constat peut être partagé dans d'autres grands groupes.  
 
Mais, ce phénomène est plus complexe.
Il allie une absence de volontarisme dans le traitement et la gestion des carrières, une volonté de maintenir un niveau de "jeunisme" élevé, et de faire partir des salariés qui, malgré tout, bénéficient d’une rémunération plus élevée puisque, après tant d’années le salaire devrait avoir progressé.
 
EREUR !
La réussite future de l’entreprise se vérifiera aussi dans sa capacité à maintenir en son sein une grande diversité d’origine. CANAL+ devrait être à l’image des clients que nous servons. Des plus jeunes, bien sûr, mais aussi des plus vieux, des femmes, des hommes de toutes origines...
 
 
Le corps social de l’entreprise devrait refléter cette diversité. Il est certainement avéré qu’un service marketing composé de membres aussi divers verrait paradoxalement sa capacité créative augmenter. Chiche, Maxime, on tente l’aventure ? Inutile de faire appel à McKinsey ou à Bain pour vérifier ce postulat, nous sommes persuadés de sa pertinence !
 
Sur le cas qui nous occupe, comme sur les dizaines d’autres, nous ne lirons aucun message de remerciements sur l’Intranet du Groupe. C’est pourquoi nous voulons remercier Oswaldo, et au travers lui, tous ces quinquas que l’entreprise relègue, pour leur investissement, leur implication, chacun dans leur business, pour leur engagement au service des intérêts de l’entreprise.
 
Bon vent!

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21 octobre 2012

La tension sociale monte d’un cran…

Centre de Relations Clients, Distribution, Studio Canal, i>TELE, Direction Informatique, partout en ce début d’automne ça se tend, ça se fissure, ça craque.  

Personne ou presque n’en parle, mais la bataille qui se déroule en coulisse sur le front social révèle les tensions extrêmes générées par une gestion anachronique des relations sociales. Dans ce contexte, certains font porter aux seuls représentants du personnel la responsabilité de cette dégradation du climat social. Nous pensons plutôt qu’à force de vouloir contraindre, le fil ténu qui nous relie tous pourrait bien rompre…

Question de méthode ?
Nous avions prévenu bien avant l’été que la rentrée serait chaude, que 2013 ne serait pas un long fleuve tranquille. Nous y sommes.

Mais pourquoi donc cette montée brutale de la tension sociale en cette rentrée? C’est tout d’abord  le résultat d’une politique sociale contraignante qui a cours  depuis plusieurs années. Certains de nos dirigeants considèrent encore que les salariés de CANAL+ ne travaillent pas assez, que la file d’attente à la cafeteria serait un indicateur suffisant pour démontrer que la charge de travail n’est pas aussi importante que nous le prétendons, qu’il reste du "gras", de la marge en productivité…

C’est aussi la négation de ces fameux corps intermédiaires, ces représentants du personnel, ces élus au Comité d’Entreprise ou au CHSCT, qui tentent tant bien que mal de remplir leur tâches dans des conditions de plus en plus difficile. Ils ne cessent de batailler depuis des mois pour que le droit social soit à minima appliqué, pour que les salariés soient respectés, pour que le dialogue  l’emporte sur l’oukase ou la contrainte, pour que les business internes qui souffrent par manque de moyens bénéficient d’une attention particulière…

Pour compléter ce tableau un peu sombre, il faut y ajouter la touche de clientélisme indispensable à la réalisation d’objectifs sociaux très éloignés des pratiques vertueuses, celles qui favorisent le débat, et privilégient le collectif sur l’individuel.

Ce sont là quelques éléments explicatifs de cette tension qui prend de l’ampleur. Mais il ne faudrait pas oublier ceux nés de l’apparition d’un challenger aux poches si profondes qu’il peut se permettre de vendre à perte sans contrainte. Sans oublier les incertitudes sur le management de l’entreprise nées de la possible dislocation du Groupe Vivendi, notre actionnaire.

Lorsque les représentants du personnel alertent sur la dégradation de l’environnement social interne, au plus haut niveau de l’entreprise, on considère que ce ne sont là que jérémiades de salariés nombrilistes et éloignés du contexte économique environnant. Pourtant, les représentants des salariés savent combien le burn-out devient réalité dans de nombreux services. Cadre moyen ou supérieur, tout un pan du management est aujourd’hui confronté à cette réalité que nous n’imaginions pas vivre.

Dans ce contexte, plutôt que de favoriser un dialogue social constructif et serein, certains de nos dirigeants ont décidé de l’annihiler. En menant tambour battant les restructurations de nombreux services sans passer par la case échange et dialogue, ils contribuent à déstabiliser les structures sociales internes.

Erreur majeure!
Dans un contexte économique tendu qui retentit sur nos business, il ne saurait y avoir de négation d’un dialogue social respectueux, ouvert et constructif, celui-là même que nous appelons de nos vœux depuis des mois. Contrairement à certaines idées véhiculées ici ou là, les représentants du personnel, ne sont pas des empêcheurs de tourner en rond, mais des contributeurs volontaires à la construction d’un modèle vertueux, basé sur quelques valeurs essentielles comme l’écoute, le respect, l’ouverture au dialogue… au-delà du simple respect des règles sociales fixées par le code du travail ou nos textes internes.

Au lieu de cela, c’est un modèle contraint qui s’affiche avec de plus en plus de fermeté! "Circulez, nous savons ce qui est bon pour tous !"  

Il faut y ajouter un semblant de plan social qui ne dit pas son nom…
Cette tension s’explique aussi par la volonté de maintenir une pression sur les organisations, de recruter avec parcimonie malgré le développement de certaines activités. Pendant que, dans le même temps, ce sont des dizaines de salariés qui quittent l’entreprise, plus de 130 depuis le début de l’année peut être 200 en incluant les CDD.

Etonnant pour CANAL+ de vivre en ce moment une crise sociale de cette ampleur. L’entreprise se porte bien, elle n’a jamais été aussi rentable. Les chiffres, malgré la crise, résistent, l’avenir s’éclairci avec l’arrivée des chaînes de Bolloré… alors… allez comprendre…

Notre syndicat ne comprend pas cette politique. Aborder en toute sérénité cette question du dialogue social est un préalable au retour d’un fonctionnement normalisé et apaisé des instances représentatives du personnel.

Imaginer que les grands, les énormes chantiers sociaux qui nous attendent pourraient se passer d’un dialogue social constructif, c’est tout simplement prendre le risque d’une radicalisation dans l’expression de salariés.

Apple… la référence…
Certains de nos dirigeants, voyageant à l’étranger, découvrent avec beaucoup d’admiration les prouesses réalisées par de grands groupes et les résultats qu’ils engendrent sans soubressauts sociaux apparents. Ces dirigeants sont aujourd’hui persuadés que c’est le modèle social à la française qui cloche. Mais que savent-ils exactement de ce modèle social à l’américaine? Est-il transposable, serait-il plus vertueux, et si oui pour qui…

Chiche…
Invitons dans nos débats collectifs l’un de ces dirigeants pour qu’il nous explique comment l’on peut concilier réussite économique et management contemporain. Nous pourrions alors juger sur pièce.

En attendant, c’est bien la méthode qui dérape… Car des moments de crise, CANAL+ en a déjà vécu. Mais le dialogue n’a jamais été rompu. En 2003, le redressement de CANAL+ s’est opéré grâce à cette alchimie qui a conjugué recapitalisation ET respect des partenaires sociaux. Prétendre affronter les vents mauvais d’aujourd’hui par la contrainte serait une erreur majeure. C’est ensemble que nous gagnerons les futures batailles!

Pour que l’entreprise retrouve un minimum de sérénité, il faut changer de méthode.

 










 
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