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07 décembre 2014

Fracture ou déprime sociale ?

Cette période est à la négociation! A CANAL+ c’est en effet en fin d’année que se négocient les augmentations salariales pour l’année à venir, cette fameuse NAO ou Négociation Annuelle Obligatoire. C’est un peu à contre-courant de ce qui se passe dans les autres grands groupes Français, qui engagent plutôt leurs négociations à partir du début de l’année suivante. Un avantage lorsque les résultats définitifs de l’année écoulée sont connus. Mais à CANAL+, c’est l’originalité qui prime!

Touchant à l’essentiel, la rémunération, cette négociation est également un point d’orgue pour faire le point sur l’environnement social de l’entreprise, son organisation, échanger sur l’état des troupes et le moral des collaborateurs. C’est un bon moment pour relever le thermomètre social et d’en tirer les conséquences afin d'agir pour tenter de corriger les dérives et d'apporter des réponses aux inquiétudes individuelles ou collectives

Malgré cette fin d'année occultée par les festivités du 30eme anniversaire, CANAL+ vit un moment d’attente, un temps suspendu aux décisions de notre nouvel actionnaire le tout dans un contexte social en tension!

Cet environnement dégradé est bien sur la conséquence de la situation économique que subit notre pays, avec 3,4 millions de chômeurs recensés, une population certainement plus proche de 5 millions de Français vivant avec un revenu très faible, pour ceux-là l’abonnement devient un luxe inaccessible. C’est une explication majeure, ce n’est pas la seule, la technologie et le développement de la consommation sur Internet ou les tensions générées par la présence d’une nouvelle concurrence participent de cette crise et de la nécessité de repenser notre business-model!

Mais ce ne sont pas les seules raisons, le contexte social de l’entreprise plombe également un peu plus chaque jour nos activités et notre business! 

Le choix n’est plus celui de la concertation ou du dialogue! La critique est malvenue, le droit du travail un frein insupportable et certains dirigeants ont décidé depuis longtemps de sélectionner celles et ceux qui sont à même de représenter le personnel, de négocier, ou de prendre la parole dans les enceintes mêmes de la représentation du personnel, ces lieux qui devraient être sanctuarisés pour permettre des échanges constructifs et féconds, passant par-dessus bord les résultats des élections professionnelles de juin 2013. Les incidents et les réprimandes se multiplient, l’aventure sociale de CANAL+ dérape…

La mutation 2.0 pose problème ! Nous sommes dans l’incapacité de repenser notre modèle social à l’aune de la révolution Internet. 

Si la révolution technologique transforme, bouleverse notre business, nous continuons de penser le social avec le regard focalisé dans le rétroviseur. "Je contrôlais bien les représentants du personnel auparavant, pourquoi n’en serait-il pas ainsi encore aujourd’hui ?" Il n’y aurait donc aucune raison que les choses changent, le pouvoir de l’entreprise est monolithique, le reste est accessoire, les obligations légales? Encombrant! Faisons le minimum…

Une contradiction de plus alors que les récents accords nationaux négociés par les partenaires sociaux ces 2 dernières années tendent à modifier radicalement en France la position des salariés dans les instances sociales de l’entreprise. Cela passe d’abord par une meilleure documentation des élus qui devraient accéder à une somme conséquente d’informations sur l’environnement économique de l’entreprise afin de mieux en comprendre les enjeux, d’anticiper et de préparer les mutations, de mesurer et d'agir sur les effets sociaux collatéraux http://bit.ly/1yolLdt 

Paradoxe à CANAL, l’information se raréfie, diminue… un comble! "ailleurs c’est ailleurs, chez nous c’est ainsi" fermez le ban !

CANAL a donc hérité de cette forme de Thatchérisme à la Française, un «doux» mélange de libéralisme exacerbé et de négation du débat social, s’inscrivant parfaitement dans l’air du temps, "...le code du travail, faites le passer de 3 à 1 kg, réduisez nos obligations sociales et tout ira mieux !...de toute façon, nous le lisons pas"

C’est dans ce contexte particulier que nous abordons les négociations de fin d’année. Notre syndicat participe activement comme chaque année aux débats et échanges pour tenter de sauver l’essentiel dans l’intérêt des salariés et du business. Car il ne sortira rien de bon de la stigmatisation individuelle ou collective de telle ou telle représentation sociale ou de la volonté absurde d’attiser les divergences syndicales. Question méthode encore, comme si aucun moyen n’existait pour favoriser le dialogue social par la concertation, l’échange, la négociation!

Imaginons l’avenir! Qu’est-ce aujourd’hui qu’une bonne politique sociale dans une entreprise du 21eme siècle? Question génération et formation certainement, il est difficile ou impossible pour certains dirigeants de s’inscrire dans cette révolution en cours, mais rien ne sera plus comme avant! 

Les entreprises qui réussissent sont celles qui savent conjuguer modernité du dialogue social et adaptation aux révolutions technologiques! CANAL+, à l’heure de son redéploiement, doit intégrer définitivement cette nouvelle donne. Nous devons combler le fossé qui se creuse entre révolution technologique et archaïsme social. Dans le cas contraire, la tension sociale ne cessera de progresser. 

C’est sur le chemin du dialogue et du respect que nous devons nous engager pour 2015, sans contraintes ou pressions inappropriées. La NAO de cette fin d'année nous donnera déjà quelques indications sur une volonté réciproque d'ouvrir ce nouveau chemin! Nous saurons très rapidement si 2015 sera le clone de 2014 ou bien l'année du renouveau! 

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25 novembre 2014

54 ans, et encore capable d'exploits...?!

Qu’on se le dise, la réussite est aussi affaire de persévérance et de maturité! 

Loïck Peyron vient de nous le prouver ! En remportant à 54 ans, la Route du Rhum qui relie Saint-Malo à la Guadeloupe, il réalise un exploit assez extraordinaire, en un peu plus de 7 jours, seul sur un énorme trimaran de 31m

Une belle aventure qui vient annihiler et mettre à bas un certain modèle RH qui ne voit l'avenir de nos grandes entreprises Françaises que par le jeunisme, le court terme et le moindre coût notamment sur le plan salarial! 

Ces choix, nous les contestons parce que nous les savons contre-productif et destructeur de valeurs, sur le plan humain comme pour le business! 

Ces politiques sociales devront être révisées! Nos entreprises souffrent de ce mal du nouveau siècle. Certains dirigeants de grands groupes n’hésitant pas à  surfer sur le sous-emploi pour engager des jeunes recrues hyper formées en leur proposant des postes inadaptés et sous payé.  

Nous ne recrutons qu’à Bac+5… Pourquoi s’étonner dès lors des dysfonctionnements majeurs et du mal être grandissant qui affectent nos organisations et par ricochet le business ? 

CANAL+ n’échappe pas à cette mode alors que nous devrions être à l’avant-garde pour un changement radical de posture. Plutôt que de sauvegarder les savoirs et les compétences, nos DRH préfèrent s’en séparer, arguant du manque de turnover, mais plus benoîtement des coûts salariaux des plus anciens ou encore d’une supposée incapacité pour ces salariés à évoluer dans un monde 2.0!

Faites ce que je dis… ne faites pas ce que je fais… Bien sûr, celles et ceux qui mettent en œuvre ces politiques ont pour la plupart allègrement franchi le cap de la cinquantaine avec parfois 10 ou 12 ans d’ancienneté dans notre belle entreprise!  

Notre syndicat considère que la réussite d’une entreprise repose sur la diversité sociale qu’elle est capable d’intégrer, de manager et de développer! Une réussite qui repose également sur une certaine stabilité de son organisation, l’exemple Allemand est là pour nous le rappeler. Le turnover dans les entreprises d’Outre Rhin est faible et la capacité offerte à de nombreux salariés de faire carrière parfois du bas au haut de l’échelle, génère des succès fulgurants et pérennes!

45 ans et déjà senior, c’est en 2014 à CANAL+! A cet âge "bien avancé", l’heure de la sortie pourrait alors sonner sans crier gare, convocation, mobilité obligée, postes vidés de leurs missions… tout est bon pour montrer au salarié qu’il est temps "de se bouger"… «…c’est pour ton bien… nous allons t’accompagner…» «…le CV de CANAL est une très belle référence sur le marché, tu verras aucune inquiétude…»

C’est ainsi depuis des années et la cible, ce sont ces « seniors » qui dérangent un ordre social que l’on voudrait voir disparaître au besoin par la contrainte !

Bataille dans les couloirs… ! Embauchez 50 Bac+5, faites leur imaginer une belle carrière dans une pépinière de talents, laissez mariner, ouvrez le couvercle 12 mois plus tard et recasez les survivants ! Caricatural direz-vous ? Malheureusement banal d’une politique qui dont on ne sait même plus qui l’a imaginé et théorisé !

Laboratoire social… Nous pourrions comparer en France des entreprises comme les nôtres qui n’ont pour ambition que le renouvellement constant de leur base sociale et la déstabilisation des organisations avec d’autres entreprises aux choix sociaux plus stables

Il ne s’agit pas bien évidemment de refuser le renouvellement des générations ou le recrutement de jeunes diplômés, ce serait absurde et le remède serait pire que le mal! Il s’agit d'abord de réfuter globalement un modèle social obsolète qui a pour première conséquence de jeter dans les bras de pôle emploi des dizaines de salariés et de faire progresser l’angoisse du lendemain dans le même nombre de familles concernées tout en déstabilisant le business

CANAL, qu’a tu fais de ton passé ? Nous venons de fêter les 30 ans de CANAL+. Souvenons-nous toujours que l’aventure voulue par André Rousselet n’était pas que télévisuelle, elle était aussi dès l’origine fortement teintée d’une ambition sociale. La reconnaissance du travail accompli par chacun et le partage de la richesse produite par le groupe du haut en bas de l’échelle sociale incarnait alors ce modèle des années 90. CANAL était une entreprise moderne aussi dans sa gestion sociale. C’est ce modèle là que les fondateurs de CANAL+ ont essayé de préserver et qui a aujourd’hui explosé!

Déjà à l’époque une diversité dans le recrutement avec des salariés plus âgés aux postes clés, de jeunes voire de très jeunes recrues qui ont pu démontrer leur capacité d’adaptation et progresser pour atteindre des postes à fortes responsabilités quelques années plus tard !

Aujourd’hui, ce cheminement est impensable ! Recruté autour de 25 ans, souvent après une longue période de stage, le jeune salarié bien formé est aussitôt aspiré par la machine, essorage de première classe afin de retirer le meilleur du suc pendant quelques années pour enfin tester sa résistance et sa capacité d’adaptation notamment aux réorganisations permanentes…  

Certains exclus auront la chance d’être  « recyclés » dans une autre société du Groupe. Dans un autre environnement plus ouvert et respectueux, ils démontreront leurs capacités à réaliser de grandes œuvres. Exemplarité de Canal+ Overseas qui réussit ses développements en partie grâce… aux compétences exclues du CANAL historique !

Dans ce contexte, l’exploit de Loïck Peyron vient nous rappeler que les conceptions managériales de nos entreprises sont aujourd'hui erronées et dépassées ! On se trompe de stratégie, on fabrique du malaise et du mal être, on détruit de la valeur business, du savoir faire, des ambitions. 

Aucun dirigeant n’est encore parvenu à démontrer l’efficacité de ces politiques sociales. Pire, lorsqu’elle est remise en question, par des salariés courageux ou par des représentants du personnel, ces expressions sont qualifiées de « rhétorique ». "...Nous savons nous ce qui est bien pour vous et pour l’entreprise ! Laissez-nous faire..."

Invitons Loïck Peyron à CANAL+ ! Qu’il vienne lui-même nous dire comment l’âge ne contrarie pas la réussite et l'atteinte d'objectifs ambitieux bien au contraire! 

Nos dirigeants ont quel âge? Ce n'est pas privilégier une vision nostalgique et régressive que d'imaginer pour demain le social autrement à CANAL+, respect, diversité, place de toutes les générations, les clés des succès se trouvent dans cette nouvelle approche sociale !  

Il faut avoir l'ambition d'inventer un écosystème social fait d'intelligence et de performance, permettant de concilier les ambitions d'un business exigeant et complexe avec le développement professionnel mais aussi personnel de chaque collaborateur!

Pour CANAL+, une belle leçon dans cette période particulière de forte houle et de dépressions à venir !


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11 novembre 2014

La fête est finie et maintenant ?

Déjà le temps des photos, des vidéos, des souvenirs est venu, et maintenant what happens ?
 
Une partie de la réponse se trouvait sur scène en ce jeudi 6 novembre. Non pas du côté de « M » le fils de Louis, on aime ou pas, mais reconnaissons la capacité du fils de L. Chedid de mettre de l’ambiance. La réponse sur le proche avenir nous a été transmise en partie  par les premiers montés sur scène de cette soirée, les talentueux salariés de CANAL, capables de maîtriser la technique audiovisuelle et la guitare basse, la gestion d’un service clients et la chanson rock, le management d’un pôle Edition et la guitare, franchement du travail de pro ! Bravo, chapeau bas!

Parmi ceux-là, certains sont en partance, d’autres plus ou moins sur la sellette, dans le collimateur d’une vaste réorganisation qui ne veut pas dire son nom ! Démissions, ruptures conventionnelles ou licenciements, les organisations de CANAL bougent à marche forcée en cette fin d’année 2014!

Des lendemains plus ou moins rock and roll selon la position que l’on adopte ! Car nul doute que ce qui se passe en cette fin 2014, annonce une année 2015 mouvante, notamment sur le plan social. Ce que nous mesurons difficilement, c’est le degré d’acceptabilité de ces restructurations plus que de leur efficacité. De ce point de vue, les chiffres parlent d’eux-mêmes et les choix réalisés depuis plusieurs mois, voire depuis plusieurs années dans certains secteurs comme celui de la Distribution, ne donnent pas loin de là, les résultats escomptés. La crise a parfois bon dos et il ne suffit pas de remplacer des « vieux » par des « jeunes » pour que ça marche !  C’est dans un cocktail subtil de mélanges de compétences, d’âges, de mobilité intelligente, de recrutements judicieux que la mayonnaise peut prendre et le business resplendir!   

Les causes de cette politique contre-productive sont connues. Elles ne concernent pas que CANAL mais toutes les entreprises moyennes ou grandes qui ont pour premier objectif un niveau minimal de rentabilité, 20 ou 30% c’est selon, un chiffre en dessous duquel l’entreprise n’est pas assez rentable… d’abord  pour ses actionnaires! Là comme ailleurs, la crise aidant, il faut dégager des marges même lorsque le business est à la peine. Parmi ces marges, il en existe une, simple à mettre en œuvre car malléable,  le social… les salariés ! Ajoutons une volonté de forcer le renouvellement des générations et nous avons là les ingrédients classiques et malheureusement banals de la vie de nos entreprises Françaises, calqué sur un modèle mondialisé mais destructeur de valeurs, de business et surtout d’emplois !

Un modèle pas seulement destructeur de valeurs et d’emplois, mais aussi de créativité !
Tout un pan déjà dissout de la créativité du CANAL+ historique est parti. Il en reste quelques oripeaux mais qui sont maintenant dans le collimateur, la cible idéale, plus âgés, chers payés et pas assez geek !

Cette belle histoire de la réussite d’un projet incroyable devrait donc finir de se dissoudre pour faire place au renouveau d’un business tout orienté Internet…. 
Sur ce plan, il serait temps !  Nous avons raté le coche il y a 10 ans, il faudrait mettre les bouchées doubles pour combler ce déficit ! S’il faut évidemment investir fortement les nouveaux espaces numériques incontournables et vitaux, il serait absurde de penser construire le nouveau CANAL sur un champ de ruines sociales!

Car l’expérience de ces 7 dernières années en a déjà démontré ses limites! La nouveauté sur le plan éditorial, nous n’en sommes plus toujours à l’avant-garde, les expériences technologiques nous précèdent bien souvent alors que nous étions les meilleurs dans les années 90/ 2000. Cette créativité, ces choix stratégiques  furent portés à l’époque par un homme qui, en créant CANAL+ en 1984, fêtait ses 62 ans, André Rousselet !

L’âge et l’expérience pour engager, développer imaginer, entraîner toute une génération de créateurs et d’artistes, d’inventeurs et de doux rêveurs aux idées géniales,  toute une expérience extraordinaire qui donne encore aujourd’hui à CANAL+ l’image de la réussite et de l’innovation!

C’est d’ailleurs, fait révélateur, une fois parti, que le bateau a pris des chemins de traverses qui ont failli lui coûter la vie… C’est de l’histoire, regardons l’avenir

4500 salariés dans l’attente…
Depuis le changement d’actionnaire et la réorganisation de Vivendi, notre actionnaire et propriétaire, tout le monde attend avec impatience le message de clarification qui doit venir. Car si le Groupe Vivendi a vendu quelques bijoux Telecom, il est maintenant totalement propriétaire de 2 belles entreprises, UMG et CANAL+. Et l’on sait Vincent Bolloré particulièrement intéressé par CANAL+. C’est d’ailleurs un changement fondamental d’organisation, auparavant un actionnaire lointain et seulement préoccupé de la rentabilité annuelle de CANAL, aujourd’hui, un actionnaire bien présent, actif, curieux et souhaitant peser de tout son poids sur la stratégie à venir.

Nous la voyons se dessiner cette stratégie ! Développement international… une aubaine que nous soyons déjà implanté dans de multiples pays, merci encore une fois André, un changement de posture avec nos principaux concurrents ou comment passer du contentieux au dialogue, enfin une accélération dans la digitalisation et peut-être un retour dans des  secteurs que nous avons quitté il y a maintenant 10 ans, 3 ou 4 grands axes qui pourraient faire notre avenir!

Cet avenir ne se construira pas sans être compris et adopté par les salariés et d’abord par son management. Un management qui est entré dans une période troublée alors que ses objectifs semblent tout orienté réduction d’effectifs… « dégraisser » comme l’affirme certains à leurs collaborateurs, plutôt que développement des équipes. Une incongruité qui ne va pas servir nos intérêts de court terme!   

On croyait ce langage désuet, ersatz d’une époque révolue des années 80 quand il fallait fermer des pans entiers de notre industrie française alors que certaines têtes bien faites imaginaient une France de services débarrassées de ses sites industriels et de ses hautes cheminées fumantes… Ils y sont arrivés en partie, avec à la clé aujourd’hui 4 millions de chômeurs…

Si l’on applique ce schéma à l’audiovisuel, ce sont également des centaines peut être des milliers d’emplois qui pourraient disparaître! Car sous couvert d’automatisation et d’industrialisation des process, on peut faire tourner aujourd’hui des machines audiovisuelles avec beaucoup moins de monde. C’est déjà le cas sur certains plateaux de télévision, ce sera encore plus vrai dès demain!
La boulimie d’économies à réaliser, la volonté de réduire les effectifs, de favoriser un fonctionnement automatisé et lorsque ce n’est pas possible, d’externaliser les activités qui peuvent l’être, des concepts en réflexion ou à l’œuvre sur lesquels nous devons réfléchir, agir, et proposer des alternatives. Supprimer des emplois, c’est aussi rappelons-le, empêcher des centaines de Français d’accéder à nos offres, ou de les inciter à se désabonner. C’est déjà le cas pour des centaines de salariés prestataires qui travaillaient pour nous en France et dont les activités de la relation client ont été délocalisées il y a 2 ans au Maroc...  Dans ce contexte, faut-il également accepter que ce soit la collectivité qui assume le coût de la restructuration de ce secteur en prenant en charge par l'assurance chômage les incohérences de nos choix? 

Il n’y a pas de fatalité, seulement de la faiblesse et de l’inaction...  
...dessine-moi un avenir !
Vincent à la manœuvre pour construire le futur, mais quel futur ? Un futur sans âme et sans tripe ? Un futur internationalisé de ratios financiers? Ou un futur de créativité, d’emplois, de sagesse sociale, une machine à favoriser l’émergence de centaines de talents, d’inventer de réinventer la télé, l’audiovisuel, l’entertainment à la Française, le cinéma… ? Nous y sommes dirons certains ! Studio Bagel à l’avant-garde de cette révolution ? Il y faudra plus de moyens, mais surtout, il faudra un changement radical de posture sociale.

L’avenir ce n’est pas la négation du passé, mais ses fondations ! De grandes compétences ont quitté ou vont quitter le Groupe. Elles nous font aujourd’hui cruellement défaut.  Pour que la fête des 40 ans ne soit pas celle d’une banale entreprise de l’audiovisuel mais d’un groupe fort, créatif, reconnu sur le plan national et international, il faudra concilier la grande histoire avec celle qui est à construire, se retourner sur ces 10 dernières années, prendre le meilleur, laisser tomber le pire, et cesser d’opposer l’ancien et le nouveau, le geek et le non geek, et refaire de CANAL une belle aventure économique mais aussi sociale.

Alors CANAL pourrait inventer un modèle européen de l’audiovisuel du 21eme siècle qui n’a pas encore accouché! Les femmes et les hommes de CANAL, ceux d’aujourd’hui et pourquoi pas pour certains, ceux d’hier, un projet humain autant qu’industriel, la 4eme vie de CANAL saura-t-elle relever ces défis ? C’est au nouveau dirigeant de Vivendi d’en décider...

...pour que CANAL soit à nouveau synonyme de réussites industrielle et humaine!   

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03 novembre 2014

Bientôt 30 ans !

Le 4 novembre prochain, CANAL+ 
fêtera ses 30 ans!
30 années, un jeune âge pour une grande entreprise et pourtant un passé chargé, un présent en question, un avenir à tracer !

Pour la passé, inutile d’y revenir, beaucoup d’ouvrages s’y attellent le dernier en date celui de Philippe Dana qui retrace de façon presque parfaite l’histoire des débuts jusqu’à la grande crise de 2003. Des absences et quelques ellipses dans ce livre, mais une très juste présentation de la réalité économique et sociale de CANAL+ dans ces débuts puis ses dérives…

Aujourd’hui et surtout demain nous intéressent ici ! Aujourd’hui, car les bouleversements nés d’une nouvelle concurrence aux poches sans fond, le Qatar, le risque sur les compétitions sportives, après le Foot, maintenant le Rugby, l’arrivée de ce trublion Netflix dont nous avions prédit qu’il ne bouleverserait pas rapidement le marché français ce qui semble se vérifier, un actionnaire recentré sur les médias donc sur… CANAL+ depuis le départ programmé de SFR du Groupe et la vente des télécoms au Maroc et au Brésil, enfin un Internet qui aujourd'hui déborde les vieux concepts de la consommation linéaire... tous les ingrédients sont réunis pour de profonds ajustements!

Pour l’instant, c’est encore l’attente ! Vincent Bolloré n’a pas encore dévoilé ses ambitions, son calendrier, sa vision de l’avenir! A la sortie définitive de SFR, peut être fin octobre? Nous verrons. Mais l’impatience est réelle pour envisager et comprendre l’avenir et faire entrer CANAL+ dans un nouveau moule, une nouvelle ère! 

Le contexte économique impose également une réaction rapide! Les tensions sur le marché de la pay-tv, les bouleversements technologiques, les transformations de la chaîne commerciale, tous ces éléments concourent à l’accélération des décisions alors que le Groupe subit depuis 2 ans les atermoiements d’un Vivendi en longue restructuration.

Certains voient déjà plus loin et prédisent le futur proche… avec l’annonce vendredi 17 octobre d’une OPE par le Groupe Bolloré, une offre publique d’échange sur le Groupe Havas dont il détient déjà 36,22% du Capital pour prendre plus de 50% du contrôle de l'entreprise. Et d’aucun prévoyant par anticipation un rapprochement futur entre Havas et Vivendi… !  

Ce serait original, 30 ans après, Havas qui n’a plus grand chose à voir avec le conglomérat de 1984, reviendrait dans le groupe. Havas, cette société alors dirigée par André Rousselet et qui a porté sur les fonts baptismaux le Canal+ historique en assurant son démarrage puis sa survie au début de l’année 1985 alors que beaucoup dans les milieux d'affaires ou des médias se satisfaisaient de voir le bateau sombrer ! Il a plutôt bien résisté...!

Le contexte est aujourd’hui à la transformation rapide de l’entreprise, à son développement international, à son adaptation aux nouvelles technologies et sa capacité à surfer sur les réseaux en évitant les écueils et les icebergs qui dérivent au gré des vents et des courants et les jeunes ou vieux requins toujours à fondre sur leur proie, ceux là même qui n'ont jamais accepté ces succès et cette position incontournable sur le marché de la production ou de la diffusion 

Une transformation profonde, radicale, rapide mais comment...? Le temps économique et le temps technologique n’épousent pas nécessairement le temps social, le temps humain ! Sur ce terrain, le constat est sans appel, il nous faut prendre un nouvel élan pour une politique adaptée aux nouveaux enjeux, en capacité de traiter du passé sans violence tout en préparant l’avenir avec intelligence et discernement!

C’est dans le respect des femmes et des hommes qui ont construit et fait vivre ce paquebot ces 30 dernières années et dont certains sont encore à la manœuvre, que nous construirons un avenir serein, une nouvelle étape vers des succès partagés

Le dialogue social est au cœur du réacteur de la réussite! Il n'est pas le seul gage de réussite, mais il y contribue par une politique sociale digne d’une grande entreprise, qui ne se contente pas de traduire dans les faits l’air du temps, un temps où le social deviendrait l’ennemi du business, l’élu ou le syndicaliste l’empêcheur de tourner en rond, le code du travail un vieux livre aux couleurs contestables...! Il n’y aura de succès rapide, durable, structurant, conquérant, triomphant... qu’avec l’adhésion incontournable de toutes celles et ceux qui fabriquent, construisent, font tourner la machine! Et pour que cela fonctionne, il faut des corps intermédiaires forts, reconnus et respectés...!  

La CGC n’est pas un syndicat de circonstance ou de passage! Notre syndicat est à CANAL+ à l’avant-garde du débat d’idées, force de propositions, engagé dans le dialogue et la négociation. C’est son rôle, il l’assume et l’assumera quoiqu’il arrive ! 

Le 4 novembre, CANAL+ aura donc 30 ans ! Nous serons heureux comme l'ensemble des salariés, mais aussi comme élus ou représentants du personnel, de fêter cette très belle aventure, cette très belle idée qui a révolutionné en France le fameux PAF dans les 90/2000. 

Aujourd’hui, une nouvelle révolution est en marche! Les futurs succès de CANAL+ reposent, comme en 1984, sur les moyens dont l’entreprise disposera pour investir dans les programmes ou la technologie, mais aussi sur sa capacité à se dépasser dans le domaine social et construire un environnement respectueux de tous pour que le 30ème anniversaire ne soit pas seulement celui du passé et du présent mais une porte ouverte sur l'avenir. Cette ambition, nous y croyons, nous la portons, nous savons que cette idée généreuse est source de réussites et de succès, que 2015 ouvre enfin cette voie !

Bon anniversaire CANAL+ !




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30 septembre 2014

L’avenir de la communication syndicale...

C’est un nouveau départ, une troisième vie qui s’amorce pour CANAL+ alors que les Télécoms se sont éloignés du cœur de l’activité de Vivendi, les 30 ans de CANAL+ sonnent comme une nouvelle étape, une consolidation en France, un développement tourné vers l’international
    
Dans cet environnement en mutation, le « syndicalisme maison » doit-il lui aussi faire son aggiornamento ? Doit-il adapter ses pratiques, définir de nouvelles lignes stratégiques, repenser sa communication… ?   

Les temps changent faut-il changer de communication ?
Depuis 10 ans, la CGC de CANAL+ a développé une expression sur de multiples réseaux, classiques en interne par l’écrit, modernes en surfant sur les réseaux sociaux pour une expression externe voulant associer un plus large panel à la réflexion sur  nos actions et nos interrogations

Depuis 10 ans, cette expérience de communication riche en échanges et en partages, fut controversée, parfois vilipendée, souvent imitée. Il faut reconnaître parfois des messages maladroits ou involontairement blessants. Mais il est également arrivé de faire progresser certaines questions sociales. Posés publiquement, certains sujets peuvent alors prendre un tout autre relief plutôt que de rester enferrés dans les confins d’échanges internes interminables ou contre-productifs
  
Dans ce contexte, c’est bien au fond la question de cette communication qui se pose. Comme nous le souhaitons à la CGC, nous voulons servir les intérêts des salariés sans desservir l’entreprise. Avons-nous atteint cet objectif ? Sommes-nous parvenus avec nos petits moyens, à faire progresser le débat social, à dépasser les antagonismes historiques, à rassembler et partager, difficile de répondre à cette question

Mais quel choix avons-nous ? Rester enfermé dans un modèle suranné et sous total contrôle, ou imaginer le renouveau du dialogue? Utiliser les outils de communication modernes parce que la question sociale n’est pas que cantonnée à l’entreprise, c'est aussi celle d’une société en mutation profonde, un environnement globalisé dans lequel l’entreprise et ses salariés ont à apporter leur vision, leurs idées, leurs contributions… L'entreprise ne se limite pas à sa réussite économique, c'est aussi un messager social et sociétal

Comment dès lors construire la communication dans cet univers médiatique des réseaux sociaux… Faut-il rester ignorant de ces mutations ? Faut-il s’y inscrire et comment… Qu’est-ce que communiquer lorsque l’on est un syndicat dans la France du 21eme siècle et dans un pays empêtré dans une crise économique et sociale sans précédent...

Notre ambition est simple, elle repose tout d’abord sur la possibilité d’un dialogue renouvelé et respectueux. Nous sommes le premier syndicat représentatif de l’encadrement dans l’entreprise et à ce titre un acteur incontournable et disponible pour autant que l’on daigne nous écouter, ou mieux nous entendre

Dans cette période de mutation, nous sommes avec d’autres, un acteur en mesure de proposer à la discussion des solutions durables, justes et pertinentes pour tenter de donner du sens aux événements individuels et collectifs, pour accompagner, conseiller, éviter les ruptures douloureuses, les drames personnels ou collectifs

Donner du sens, c’est aussi réfléchir aux modes de Gouvernance et de Management, réfléchir au dialogue social, à la transposition de la loi dans nos textes internes, à l’adaptation de nos comportements... Sur ces plans, la fermeture au dialogue n’a jamais apporté que des déceptions ou pire généré du contentieux. Malgré les divergences, il doit rester de l’espace pour échanger, pour élaborer le compromis constructif, dépasser les incontournables antagonismes économiques ou sociaux

Aujourd’hui, nous sommes persuadés de la possibilité d’ouvrir une nouvelle étape du dialogue social dans une dynamique collective durable et d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre, gage et facteur de réussite pour l’entreprise et pour chaque salarié

Engager ce renouveau, réexaminer la posture, adapter nos outils, c’est évidemment possible. Nous verrons prochainement si  cette volonté est partagée, car pour cela, il n'existe pas d'alternative à l'échange sans le dialogue  

Un nouveau chemin pour le développement de CANAL+... une nouvelle étape sociale... Incompatible? 
A voir... et à suivre !



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11 septembre 2014

L’avenir radieux de CANAL+

2014, l’année des 30 ans pour CANAL+! Nécessairement une belle année malgré un contexte morose, une crise économique qui s'aggrave et s’éternise, des concurrents qui viennent nous manger la laine sur le dos, une administration qui taxe à tout va…

Dans ce contexte, bousculé sur son marché historique, CANAL+ est  à nouveau et pour la 3eme fois de son histoire à la croisée des chemins mais avec de réels atouts pour rebondir et surfer sur les obstacles et les transformer en opportunités de conquêtes et de modernisation

Premier atout, CANAL+ devient le vaisseau amiral d’un Vivendi reconstitué autour de 2 seules entités aux côtés d'UMG, 1er éditeur mondial de musique!

Ensuite grâce aux opérations financières réalisée par la vente des activités télécoms du groupe Vivendi, Maroc Telecom, SFR et maintenant GVT l'opérateur Télécom Brésilien acheté en 2009. Le cash récolté en quantité devrait permettre d’assurer le quotidien tout en dégageant des marges pour l’investissement. Il reste des arbitrages à vérifier, mais nous pensons que la redistribution aux actionnaires n’obérera pas les capacités d’investissements dans nos métiers en France et à l’international, voir des développements sur de nouveaux segments d'activités 

Il n’y a pas d’autre alternative si nous voulons fêter les 40 ans de CANAL+. Les révolutions technologiques vont se poursuivre et avec elles la transformation profonde de nos modèles économiques et sociaux. Nous possédons toutes les armes pour résister, mais la France de l’entertainment et en particulier de l’audiovisuel ne se relèverait pas d’une transformation de son territoire en fort knox. Ce serait illusoire et mortifère 

Il ne reste qu’une alternative le développement, et donc l’investissement!

Le second élément favorable renvoi à l’évolution du marché de la TV en France et notamment de l’énorme tension qui subsiste sur le marché de la publicité. TF1, M6, France TV sont entrés dans une zone de fortes turbulences qui n’est pas prête de se clore. Les conséquences de cet épisode viendront impacter notre économie, d’abord celle du pôle gratuit, mais aussi les tranches en clair de CANAL+. La stabilisation du marché de la publicité décidera du sort des chaines en clair, mais notre première économie, c’est la Pay TV, et cela le restera

Troisième facteur déterminant, la technologie! Le développement irréversible des réseaux de diffusion autour de l’internet modifie déjà  profondément les contours de l’écosystème audiovisuel Français, Européen et mondial. La mondialisation de cette économie jusque là protégée, est en marche. Elle est rendue possible par les formidables progrès techniques, mais CANAL+ possède une expérience historique, est à l’avant-garde en France comme en Europe sur ces sujets, un atout important

Quatrième élément favorable pour CANAL, l’expérience internationale acquise depuis l’origine notamment sur le territoire Africain. Une volonté prémonitoire d’André Rousselet qui dès 1984 avait souhaité la présence de CANAL+ en Afrique, à l’époque une société qui s’appelait CANAL Horizon. Cette expérience originelle nous a parfois conduits dans des impasses avec des échecs retentissants mais nous a apporté une expérience réelle et une capacité à se déployer que seule notre entreprise peut entreprendre aujourd’hui dans notre secteur.  Ni TF1, ni M6, ni France TV ne sont en mesure d’investir l’international comme nous pouvons le faire

Cinquième élément favorable, notre capacité à créer du contenu original, les séries que nous produisons en sont un exemple, sans occulter notre capacité à créer encore de l’original sur nos antennes historiques, dans les périodes de clair notamment, ou bien dans notre capacité à investir dans le cinéma en France et en Europe

Nous somme sur ce segment d’activité au niveau des plus grands standards internationaux et capables de rivaliser avec les meilleurs malgré l’adaptation rapide aux marchés locaux des grands acteurs internationaux de production de contenus. Aux USA tout d’abord mais aussi en Asie, et une Chine qui commence à déployer ses ambitions pour l’instant en Afrique, à terme sans doute un peu partout dans le monde

Malgré un environnement aujourd’hui difficile en France mais fort de ces atouts, CANAL+ pourrait enfin, dans sa troisième vie redevenir une référence nationale et internationale d’une France rayonnante à nouveau sur le terrain de l’entertainment et d’une entreprise à nouveau conquérante et créative

Mais qu’est ce qui fait la différence entre les entreprises qui gagnent et celles qui perdent ?  Les moyens financiers bien sûr, la capacité à anticiper l’évolution des marchés ensuite, également la volonté de miser sur des femmes et des hommes reconnus pour leurs compétences

Autre facteur déterminant : l’environnement social! C’est aujourd’hui notre talon d’Achille. Nous restons à ce jour encalminés dans une politique à contre-courant des grandes évolutions managériales. Notre entrée dans le 21eme siècle social tarde à se concrétiser alors que nous devrions être à nouveau un modèle sur ce plan comme nous l'étions il y a 30 ans, en 1984 lors de la création de la chaîne et dans les années qui ont suivis

Plus le monde économique impose de la liberté et de l’agilité, plus nous nous enfermons dans un modèle rétrograde où la décision remonte à un seul niveau, où le dialogue se restreint 

Une réorientation est indispensable, pour une gouvernance tournée vers le dialogue et l'ouverture, pour une confrontation sociale constructive et raisonnable. C’est peut-être la clé de voûte de notre réussite future, c'est peut être sur ce terrain que nous pourrions trébucher et dilapider nos avantages!  

L'avenir radieux, utopie ou réalisme? Nous devrions en connaitre rapidement les contours. Nous jugerons alors de la volonté des nouveaux dirigeants de Vivendi de le construire sur des bases nouvelles et partagées... 


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21 août 2014

Vivendi, le projet industriel se dessine mais avec quelle ambition sociale?

Synergies, convergence, groupe industriel intégré dans les médias, ça ne vous rappelle rien ? Il y a du «Méssierisme» dans la première prise de parole officielle de Vincent Bolloré consacré président du conseil de surveillance d’un Vivendi recomposé lors de l’Assemblée Générale du 24 juin !

Mais si les mots sont les mêmes, l’époque ne l’est plus, le monde a changé de façon considérable en 10 ans et le nouveau Vivendi voit sa convergence limitée aux seuls contenus alors que Jean Marie Messier pensait convergence contenus et contenants, tuyaux et programmes.

Le pôle Télécom construit autour de SFR sorti du Groupe, il ne reste plus que les programmes tout au moins en Europe si l’on excepte GVT, la filiale Télécom du Brésil. 

Sur le parcours, si comparaison n’est pas raison, il y un canyon entre un Jean Marie Messier Polytechnicien, Enarque et Inspecteur des Finances et Vincent Bolloré, entrepreneur avant tout !

Là où les politiques ont échoués à faire «du changement maintenant» une réalité Vincent Bolloré pourrait réussir et redonner du lustre à cette expression en dotant Vivendi d’un véritable projet industriel et humain.

Dans quelques mois, SFR sera sorti du Groupe. C’est bien une nouvelle étape de l’histoire de Vivendi qui va donc s’écrire avec pour tête de pont CANAL+. CANAL+ enfin redevenue l’entreprise phare d’un nouveau projet industriel. 

Mais est-il si nouveau ce projet ? Consolider la position de CANAL en métropole, accélérer le développement des relais de croissance à l’international constituent déjà des orientations nécessaires afin d’assurer l’avenir du groupe bousculé par le numérique mondialisé mais aussi par une concurrence nouvelle et une modification rapide de nos modes de consommation des images et des sons ! 

A la peine depuis quelques temps, CANAL+ pourrait enfin retrouver des couleurs sous un double effet « kiss cool ». Tout d’abord avec un patron qui est effectivement un entrepreneur au sens noble du terme, qui a construit un empire industriel à partir d’une modeste fabrique familiale. 

Ce pourrait être là le changement majeur dans la conduite des affaires du Groupe, sur un plan économique, mais le second effet pourrait être d'ordre social. Depuis des années, nous nous sommes en effet trop éloignés de l’humain. Ce constat partagé par des centaines de cadres et de salariés, par de nombreux dirigeants de business et bien sûr par notre organisation syndicale détruit l’enthousiasme, contraint la créativité et finalement affaibli l’entreprise. 

La réussite du nouveau projet industriel sera aussi et avant tout portée par une ambition humaine, un humanisme qui fait aujourd'hui défaut, un groupe qui a souffert et qui souffre dans ses entrailles de tant de dédain pour les hommes et les femmes qui le fabriquent et construisent chaque jour son avenir. Ce n’est pas cela CANAL+ !

Rénover, repenser l'environnement social, une des conditions à remplir pour réussir! Sur le le plan financier, l'étau devrait aussi se desserrer. CANAL+ va disposer de moyens financiers conséquents grâce à la vente de SFR et de Maroc Telecom. Désendetté, l’argent sera là pour accompagner la mutation indispensable de notre Groupe et les investissements futurs. C’est une chance, alors que nos marges se réduisent dans un contexte de crise sociale qui dure et s’approfondie.

Vincent Bolloré, dans un premier message aux dizaines de milliers de salariés, affirme que «…la réussite d’’un Groupe industriel ne peut s’inscrire dans la durée que si elle repose sur un socle de stabilité…»   C’est un langage nouveau auquel nous ne pouvons être insensible. 

Depuis des années, depuis la fusion en 2007 avec TPS, le leitmotiv de CANAL+, c’est le mouvement. A tel point que celui-ci finit par provoquer le tournis avec des organisations incomprises, bousculées, une valse des patrons de business qui s’accélère, un maelstrom permanent ou chacun parfois cherche son chat… et son business !

La seule stratégie clairement expliquée, c’est celle du taux de marge, la rentabilité qu’il faut maintenir coûte que coûte quand bien même ce serait au détriment de l’activité. Conséquences, des salariés malmenés, déboussolés et inquiets, parfois très inquiets, souvent remerciés sans autre forme de procès

C’est le seul discours véritablement audible aujourd’hui, c’est celui qui oriente la stratégie et l’organisation des business. Avec son corollaire, les plans d’économies successifs destructeurs de valeurs économiques et sociales lorsqu’il n’est pas construit autour d’un projet industriel expliqué, compris et partagé et d’un accompagnement digne et nécessaire des femmes et des hommes qui tentent de le porter.

Notre organisation syndicale partage cette nécessité d’assurer un socle minimal de stabilité comme facteur de réussite. Il suffit de regarder ce qui passe en France ou à l’étranger, en Allemagne notamment,  pour constater que les entreprises qui réussissent sont celles qui sont gérées dans la durée par un management engagé et stable. Oui à la stabilité, mais une stabilité dans la clarté d’un projet industriel partagé, expliqué, tourné vers la créativité et le développement social et pas seulement sur le ratio de rentabilité. Ce seul critère comme boussole nous fait aller dans le mur…

«…L’entreprise intégrée…» une autre ambition déjà présente en 2002 mais qui avait échoué sur des égos trop puissants de patrons jaloux de leur indépendance. Le nouveau patron de Vivendi pourrait réussir là où JM6M a échoué ! Réussir passera d’abord à forcer les baronnies de penser et jouer collectif. Ces baronnies n’ont jamais été annihilées, au contraire, au fil du temps elles se sont renforcées, empêchant tout progrès dans le développement de synergies et d’ambitions communes. Chacun sur sa rive, il fallait faire mieux que le voisin sans se soucier de construire des passerelles, sans se préoccuper de l’intérêt global à renforcer des fondations communes.

«…force et enthousiasme, moteur de l’imagination, richesse humaines…» de ce point de vue le chantier est immense et urgent. Les valeurs humaines qu’André Rousselet avaient à cœur d'entretenir lorsqu'il créa CANAL+ ont été depuis quelques années galvaudées, méprisées, parfois anéanties par une gestion de court terme.  «…3 ans dans un poste 5 ans dans l’entreprise…», un discours social devenu l’alpha et l’oméga d’une gestion des ressources humaines absurde, destructrice et contre-productive!

Il faut tout reconstruire en urgence car il n’y aura pas de réussite industrielle sans adhésion du corps social! Ce chantier, il doit s’ouvrir avec les partenaires sociaux, il faut renouer un dialogue distendu et perverti par une conception idéologique fondée sur la contrainte et non sur le respect. 

Notre syndicat, premier syndicat de l’encadrement du Groupe CANAL+, sera évidemment disponible pour engager cette mutation sociale indispensable et urgente. Dans le cas contraire, l’échec pourrait être au rendez-vous si nous sommes incapables de réunir les salariés du Groupe autour d’un projet clair, si les sacrifices demandés restent incompris, si les perspectives ne sont pas partagées. 

Nous savons en parti ce qui cloche dans nos organisations, dans les processus de décisions, dans l’absence d’un accompagnement responsable, raisonnable, réfléchi  des salariés. Conséquences sur la créativité, sur l’enthousiasme, sur la santé de nombreux collaborateurs en mal être récurrent, il faut changer maintenant de philosophie et de modèle.

CANAL+ n’est pas une entreprise banale ! Mais elle a perdu en partie son âme dans un modèle archaïque ou la ressource humaine est avant tout une charge sur un compte de résultat. Une ressource qui coûte et dépense avant d’être considérée une force créatrice de valeurs économiques et humaines. Notre syndicat dénonce depuis des années cette politique sociale inadaptée à la sociologie de notre entreprise mais aussi à l’ère du temps où le modèle managérial doit être orienté collectif et non pas militarisé !   

Nous sommes aujourd’hui dans une impasse et l’urgence est d’abord là ! Stopper l’hémorragie des compétences, avoir l’intelligence au besoin d’en faire revenir certaines qui nous manquent cruellement ! Reprendre le chemin de la diversité et non de l’homogénéité sociale, engager le nouveau CANAL sur le chemin d’un dialogue social renouvelé et respectueux qu’il n’aurait jamais dû perdre! La souffrance est là, réelle, destructrice, il faut stopper ce cycle infernal, rentabilité, économies, réduction d’effectifs, contraintes sociales !

De la parole aux actes! C’est dans la traduction opérationnelle de ces nouvelles ambitions que nous mesurerons la volonté du nouveau management à accomplir et réussir notre mutation. Business et social, deux socles pour avancer et redonner à CANAL+ un lustre un peu terni par une politique économique aux enjeux de très court terme.

Nous sommes persuadés que dans la loyauté, cette ambition pourrait se concrétiser autour "d'un nouveau CANAL" conquérant, d'une ambition industrielle et d'un socle de valeurs humaines retrouvées et respectées... CANAL+ le mérite, ses salariés l'attendent !    



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