La brutale accélération de la communication concernant
le dossier SFR ce WE ne laisse d’étonner! Depuis plus de 2 ans, le dossier est dans les
limbes, après le départ de Jean-Bernard
Levy de la direction de Vivendi, opposé au démantèlement du Groupe et à la
prise de pouvoir de Vincent Bolloré, c'est la valse hésitation et plutôt l'inconnu quant à l'avenir de cette superbe entreprise.
Que penser de ce nouvel épisode ? Tout d’abord que la presse,
les opérateurs, le gouvernement se précipitent un peu vite sur ce dossier comme
pour forcer la main ou obtenir l’aval des autorités compétentes. Pourtant, la raison
et le calme devraient l’emporter car un seul acteur donnera son feu vert à
toute opération de concentration, c'est bien sur l’Autorité de la Concurrence. Hors, aujourd’hui,
cette autorité a toujours défendu la présence de 4 opérateurs de téléphonie
mobile, et l’on voit mal pour quelles raisons elle changerait d’avis en quelques mois...! D'autant qu'un rapprochement de BTet SFR couvrirait avec Orange plus de 80% du marché Français...
Serait-ce parce que Monsieur Montebourg jugerait opportun par
un beau matin du mois de mars 2014, de réduire à 3 le marché français de la téléphonie
mobile alors qu’il avait défendu l’inverse il y a quelques années? Il soutenait alors sans faille le dossier Free et
l’arrivée de ce trublion qui allait bientôt bouleverser le marché du mobile en
France ! Faut-il rappeler que Monsieur Montebourg est d’abord un avocat, mais
que l’on sache, il n’est ni économiste et encore moins un patron d’entreprise…Alors, pourquoi et à quoi pense-t-il lorsqu'il prend aujourd'hui des positions inverses aussi tranchées?
Aussi, comment peut-il affirmer dans la presse de ce WE que le
projet de rapprochement avec Bouygues Telecom serait le meilleur pour sauvegarder
l’emploi dans la filière? Que ce serait le meilleur projet pour le
développement de ce business ? Sur quoi se base-t-il pour dire tout cela ?
Quels engagements peut-il prendre sur les 12 ou 24 mois qui viennent alors que,
comme tout Ministre, il quittera son poste un jour prochain ? Que lui ont
donc promis les patrons de business qui sont venus le voir comme ils sont
venus également plaider leur cause à l’Elysée ou chez le Premier Ministre? Qu’est qui se trame
en coulisse dans cette affaire aux enjeux financiers colossaux, de 10 à 15
milliards d’euros au bas mot ! Monsieur Montebourg devrait s’expliquer, à
tout le moins devant les représentants du personnel du Groupe Vivendi afin de
les éclairer sur ce revirement!
Côté Bouygues Télécom, pourquoi ces annonces aussi rapides qu’étonnantes ?
Quel est le puzzle industriel imaginé par les grands pontes du secteur, quels
sont les enjeux financiers, qui a intérêt à cette opération, qui pourrait en
profiter… ? Plusieurs lectures peuvent
expliquer cette évolution de nos gouvernants
ou de nos patrons, mais avant de les évoquer, rappelons quelques vérités !
Tout d’abord, malgré l’arrivée de Free, SFR reste une très
belle entreprise, une entreprise rentable, une entreprise à la pointe de la technologie,
une entreprise qui investit des milliards dans le développement des réseaux et
notamment de la fibre ! C’est vrai,
ses marges financières se sont réduites, son chiffre d’affaire sur le mobile souffre… un
peu, mais faut-il rappeler que les marges actuelles sont encore excellentes et
que les fondamentaux de l’entreprise sont très bons. Car SFR n’exerce pas que dans
le mobile, son business auprès des professionnels et des entreprises, le BtoB, dans le fixe,
le mobile et les réseaux se porte bien!
SFR doit s'adapter à son marché, mais cette entreprise va bien. C’est évident, SFR se portera mieux encore
demain, quand bien même SFR resterait en l’état propriété de Vivendi ou serait introduite en bourse.
Alors, qu’est-ce qui motive donc Vivendi à accélérer le calendrier
de vente en bouleversant la donne et en abandonnant Numéricable à ses ambitions ?
La prochaine Assemblée Générale de Vivendi prévue pour se tenir en juin prochain ne peut constituer le seul élément
d’explication
Peut-on imaginer que des intérêts particuliers puissent primer sur l'avenir de ce secteur, sur ce ce mécano industriel qui va peser sur l'avenir de milliers de salariés, et l'intérêt
de millions de clients?
On ne peut imaginer que quelques personnes influentes aient pour simple dessein de
vouloir valoriser des avoirs colossaux qui se chiffrent en millions d'actions Vivendi et privilégient un scénario exclusivement orienté intérêts de court terme?! Sinon, comment expliquer ce soudain remue-ménage de
printemps, cette accélération du temps?
N’y a-t-il pas de l’indécence
pour juger ainsi de l’avenir d’un fleuron technologique et industriel Français ?
Quelques 10.000 salariés de SFR doivent se poser cette question, ballotés qu’ils
sont entre incrédulité et résignation !
Que veut-on au fond dans cette affaire? Nous avons déjà
détruit une belle entreprise internationale qui avait pour nom Vivendi. Qu’en
sera-t-il pour SFR car, contrairement aux poncifs du moment, l’arrivée de Free
a certes modifié l’économie du secteur mais cette évolution a favorisé le développement d'une base exponentielle d’abonnés
et de clients au mobile en France. Cette arrivée a provoqué des réajustements
dans l’organisation des entreprises historiques du secteur. SFR comme Bouygues Telecom sortent juste d’un plan social qui a concerné plus de 1.000
salariés pour SFR, mais dans le même temps le secteur a recruté plusieurs milliers de salariés
et développé l'emploi sur le territoire Français
Qui adonc intérêt à favoriser ces montages industriels, pour quels intérêts
travaillons nous, pourquoi faut-il revoir de fond en comble en quelques mois des
orientations stratégiques qui engagent l’avenir de très belles entreprises
Françaises et l’emploi de dizaines de milliers de salariés? Messieurs
Montebourg, Fourtou, Bouygues, Niel, les salariés de ces Groupes, les représentants du personnel de ces entreprises, les millions de clients abonnés à vos offres aimeraient vous entendre et comprendre vos ambitions et la raison de vos choix !
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