Une parole contrainte
Ici, comme ailleurs, la position de "Cadre" n'est plus synonyme de capacité à proposer et encore moins à décider.Ici comme ailleurs, la centralisation des pouvoirs s'est fortement accrue, dans les CODIR des différents business, mais avant tout dans le premier d'entre eux : le CODIR des CODIR, celui de la Direction Générale du Groupe. La parole y est policée, retenue, angoissée parfois. Il apparaît aux yeux de beaucoup que seul le CODIR des CODIR détient un minimum d'informations sur la stratégie de court et moyen terme, sans partage, comme si la confiance s'était effritée petit à petit!
Ce qui pouvait se justifier en 2003 lorsqu'il fallait redonner une colonne vertébrale à un édifice qui vacillait, a aujourd'hui moins de sens, moins de pertinence, particulièrement dans cette période ou la créativité de chacun est appelée à la rescousse. Dans ces enceintes, l'expression est souvent retenue. Peu de personnes s'y expriment ouvertement et librement, peu de
Cadres Supérieurs osent aborder de front les problèmes opérationnels majeurs de leur business... tout va bien Mr le Président!Dans ces conditions, l'expression de l’encadrement général ne peut être également que contrainte, générant frustrations, désillusions, énervements, démissions...
Un exemple? La récente réorganisation de la Distribution présentée au dernier Comité d'Entreprise dans les conditions que l'on sait (à lire dans la prochaine NewsLetter) n'est pas encore bien comprise, et pour cause... les salariés concernés n'ont reçu à ce jour aucune information sur le sujet : périmètre des services, rapprochement des équipes, et réponse à la question majeure : pourquoi cette réorganisation et pourquoi maintenant?
Des plans d'économies qui succèdent aux plans d'économies
Les politiques d'économies drastiques que nous subissons depuis plus de 3 ans, impactent maintenant la masse salariale et se traduisent pratiquement par un arrêt des recrutements et le non remplacement des postes libérés pour cause de mobilités, de démissions, de licenciements, de formations longues...Dans ces conditions, la productivité des Cadres explose. Ces postes non remplacés étaient occupés par des salariés qui effectuaient un travail et qu'il faut partager avec les équipes restantes. Ce sont les Cadres qui s'y collent, ces 80% de salariés du Groupe qui partout comblent les manques, assument de multiples responsabilités, jouent bien souvent et de plus en plus les hommes orchestre, dans des conditions qui deviennent en quelques secteurs absurdes.
La situation se tend dans beaucoup de secteurs, i>TELE ne constituant que la partie émergée de l'iceberg. Partout les Cadres travaillent énormément, dans des conditions qui obèrent de plus en plus la qualité de leurs conditions de travail.
Nous dénonçons depuis de longs mois cette politique dangereuse pour l'entreprise comme pour les salariés. Elle nous conduit dans l'impasse. Une rentabilité à 17 ou 20% est impossible à maintenir lorsque la richesse nationale stagne ou augmente de 1 ou 2%. Le différentiel se paie sur des politiques d’économies que nous subissons. Sur ce terrain, il faut que les choses se détendent rapidement, sinon, les dérapages pourraient se multiplier...
Une organisation inachevée
L'organisation issue de la fusion avec TPS à un goût d'inachevé. Beaucoup de postes reste en suspend, d'autres créés dans la précipitation pour répondre à la volonté d’intégrer les salariés de TPS se retrouvent aujourd'hui en danger ou en déshérence. 2 ans après cette fusion, nous sommes encore dans certains secteurs dans une phase de restructuration, l'empilement de l'époque n'ayant pas toujours fait place,à une organisation rationnelle.Il y a 2 ans, nous avions proposé de poursuivre dans la durée un travail d’analyse sur les conséquences de cette fusion, la Direction Générale n’y avait pas répondu favorablement. Aujourd’hui, nous en payons le prix parfois lourdement (Distribution, i>TELE…) alors que nous aurions pu anticiper…
Les enjeux que nous avons à affronter sont pourtant énormes. Ils pourraient modifier en profondeur notre position d’acteur dans l'audiovisuel, producteur comme diffuseur.
La révolution numérique est loin d'être achevée. Elle nous impose de libérer les énergies et d'abord celles des 3000 Cadres de ce Groupe qui possède là une formidable intelligence collective.
Le modèle social des entreprises Américaines pourrait nous apporter quelques éléments d'analyse et de réflexion. Ces entreprises Américaines qui gagnent sur leur marché et dans le monde fonctionnent-t-elles sur un modèle de management taylorien, militaire, libertaire, ou un mélange des genres?
La créativité ne se décrète pas! Il ne suffit pas d’envoyer un mail et d'attendre
le retour des bons élèves pour savoir. De la base au sommet, la mobilisation peut être générale, mais à une seule condition : dans le respect des salariés et non dans la contrainte car l'environnement de travail y contribue pour beaucoup. Aujourd’hui sur le plan social nous devons nous concentrer sur des sujets de moindre importance, mais qui n'ont qu’un objectif avéré : nous diviser. C'est évidement le but recherché et de ce point de vue, il est atteint !
Nous n’accepterons pas une remise en cause permanente de nos prérogatives et de notre intégrité personnelle ou collective sans réagir.
Notre ambition reste la même, servir les intérêts des salariés sans remettre en cause ceux de l'entreprise. Les choix d'aujourd'hui nous contraignent à nous concentrer sur l'accessoire, ce n’est pas notre fait, mais puisque nous y sommes contraints, nous poursuivrons sans relâche et avec conviction!NewsLetter de Novembre ?
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