Quel vacarme !
Avec la vente de SFR, jamais depuis des années, un rachat d’entreprise
n’avait provoqué autant de vacarme. Mais pourquoi donc ? Que les entreprises
et groupes privés du secteur s’intéressent à cette très belle entreprise qu’est
SFR quoi de plus normal, mais que le gouvernement s’en mêle à ce point pose
question ! Quels sont les intérêts en jeu ? Pourquoi le gouvernement
favorise-t-il Bouygues au détriment de tous les autres acteurs? Pourquoi
tout à coup pourchasser Mr Drahi et lui infliger un contrôle fiscal inopiné ?
Nous ne sommes pas en Russie, mais certaines méthodes laissent parfois quelques
doutes sur l’utilisation des moyens énormes que possède l’état pour contraindre
ou influencer le cours normal de la vie des entreprises privées.
Serait-ce les activités Israéliennes de Mr Drahi qui dérangent ? Le
Journal Le Monde révélait dans une édition de la semaine passée que la France était
un des rares pays Européen à ne pas avoir d’opérateur télécom contrôlé par un acteur étranger sur son
territoire. Cette spécificité serait une volonté étatique de conserver sous contrôle
une industrie et des activités sensibles, notamment le contrôle des réseaux de télécommunications.
C’est une possibilité.
Autre explication plausible, le sauvetage du soldat Bouygues dont l’activité
Télécom participe de façon centrale au bilan financier du Groupe Bouygues. Cet acteur
du mobile souffre plus que les autres et pourrait faire les frais d’une vente
de SFR. La fusion des activités de Bouygues Telecom avec SFR fait également
sens, il ne s’agit pas de le nier, mais que le gouvernement veuille influer de
manière aussi transparente sur le cours de cette affaire ne laisse de
questionner
Les acteurs de cette bataille se connaissent
parfaitement! Monsieur Bouygues et Monsieur Bolloré sont liés familialement par leurs
enfants. Il y a quelques années, ils ont eu l’occasion de se livrer une
bataille violente, Bolloré voulant prendre le contrôle du groupe Bouygues
envers et contre tous… Cela laisse des traces alors que Monsieur Bolloré est
actionnaire principal de Vivendi et qu’il siège dans les plus hautes instances
de décision du groupe, au cœur du réacteur décisionnel pour la vente de SFR!
Le tiroir-caisse de l’état mobilisé !
Pourquoi voit on entrer dans ce jeu la Caisse des
Dépôts et Consignations, organisme public contrôlé par l’état ? La CDD
assure, pour le compte de l'Etat et des collectivités locales des
missions d'intérêt général comme la gestion de fonds d'épargne, le financement
du logement social, l’accompagnement des universités dans leurs projets, le financement
et développement des TPE (Très petites entreprises) et des petites et moyennes
entreprises (PME) françaises, la gestion de régimes de retraite…
Pourquoi le gouvernement sollicite le tiroir-caisse de l’état pour une
opération industrielle qui ne requiert aucune aide? Les entreprises concernées,
leurs banques, sont prêtes à débourser des milliards d’Euros pour cette affaire,
elles ne réclament aucune aide particulière et le marché peut jouer son
rôle. Ces centaines de millions que l’état dit vouloir mobiliser ne seraient-ils
pas plus utiles au développement de nouvelles activités technologiques et de Start-up bien Françaises ? au développement du logement social ? au soutien
de pôles industriels en bien mauvais état et qu’il s’agit de restructurer ?
Si Monsieur Montebourg sait ce qui est bien pour l’avenir des télécoms
en France et particulièrement de l’avenir de SFR, il peut aussi proposer sa nationalisation! En prenant le contrôle de SFR, le gouvernement
aurait ainsi toutes les cartes en main pour agir et décider !
Monsieur Le Ministre, venez nous expliquer ! Pourquoi mobiliser l’argent du contribuable ou de l’état Français pour
favoriser dans cette affaire un groupe plutôt qu’un autre? Monsieur Montebourg,
votre position mérite d’être explicitée devant l’ensemble de la représentation
du personnel du Comité de Groupe de Vivendi, des représentants qui veulent comprendre et discuter de l'intérêt de telle ou telle option!
Et la dimension sociale dans tout cela ? Cette féroce bataille publique à coups de milliards d’Euros qui tombent
comme à Gravelotte laisse pantois. Pendant
ce temps, le volet social est laissé en déshérence. Quel projet social
pour accompagner cette mutation ? Quelle différence et conséquences sociales
entre les deux offres ? Le sujet
passe au second plan, est à peine évoqué alors qu’il concerne des dizaines de milliers
de salariés des entreprises concernées, des dizaines de milliers d’autres
comme prestataires. C’est également tout
un pan de la recherche en technologie de pointe qui est concerné. Une industrie
vitale pour le développement de nos activités dans les nouvelles technologies
de l’information et de la communication !
Bouygues ou Numéricable, le feuilleton ne fait que débuter, vivement le prochain épisode !
Gouvernement, Drahi, Montebourg, Bouygues, Autorité de la Concurrence, ARCEP... d’où
viendra la prochaine salve…? Faites vos jeux !
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