Déjà ?
Oui pour la
première fois, les négociations salariales s’engagent fin octobre en pleines
vacances scolaires. Comme si notre DRH souhaitait en finir au plus vite avec cette
"formalité obligatoire" encadrée par le code du travail, rien
de plus. Car comme
nous le communiquions dans un post en date du 22 octobre l’épilogue semble déjà écrit.
Une
négociation difficile!
D’ores et
déjà, la négociation s’annonce tendue, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’annonce de Bertrand Meheut lors
de son dernier petit dej où il répondait à la question d’un salarié sur le
sujet, il renvoya sur le benchmark
salarial du secteur audiovisuel…
On sait ce
que cela veut dire, "… de quoi vous
plaignez- vous, vous êtes rémunérés largement au-dessus de la moyenne
des autres entreprises du secteur…" Analyses que nous contestons globalement
tant elle est circonscrite et incomplète.
D’autres éléments
inquiétants dans l’environnement social...
Tout d’abord
la politique d’économies drastiques menées depuis 3 ou 4 ans et qui impactent
la masse salariale et les rémunérations individuelles. Selon nos informations,
de nouvelles coupes budgétaires supplémentaires seraient opérées d’ici à la fin
de l’année, et les budgets 2013 s’annoncent encore plus serrés…
Le contexte
social ensuite, trop tendu pour permettre une discussion ouverte et responsable. Le dernier CE en fut un nouvel exemple malheureux. Malgré
la bonne volonté de quelques cadres de la DRH, les décisions semblent déjà
prises, nous allons encore une fois nous retrouver à discuter de poncifs
pour justifier des budgets
d’augmentations salariales réduits au minimum.
Pourtant, malgré
les discours quelque peu alarmistes, l’entreprise se porte fort bien financièrement,
et même très bien. Mais voilà, dans ce contexte morose, conserver les marges bénéficiaires impose toujours plus d’économies. Là où le business est à la peine, c'est en resserant les coûts que l'on arrive encore tant bien que mal à maintenir une rentabilité élevée.
C’est
pourquoi notre syndicat revendique l’ouverture d’une
véritable négociation. Pas une simple discussion de bon aloi sur la crise, les entreprises
qui licencient, les difficultés nées d’un environnement économique difficile. Oui, nous savons tout cela, mais quelle justification à ce discours doloriste pour les milliers de salariés de CANAL, d'autant que nous ne demandons pas la lune, mais la justice.
CANAL+
va encore dégager cette année des profits nets exceptionnellement élevés. La
répartition de cette valeur ajoutée doit être équitable. Souvenons nous du discours
d’un ancien Président de la République qui proposait un partage équilibré de la
rentabilité par tiers, 1/3 pour l’investissement,
1/3 pour la rémunération du capital, 1/3 pour les salaires… Mais c’était il y a
si longtemps…
Nous voulons
que cette négociation porte sur les salaires
bien sûr, mais également sur ses accessoires, primes, plan épargne, bonus, avantages en natures…
Sur tous ces
sujets depuis des années, la DRH de Canal+ a décidé de rogner systématiquement
et plus encore ces deniers mois. Remise en question du
remboursement partiel des frais de transports pour de nombreux salariés, reprise des véhicules de service pour les JRI de Paris… et chacun a
autour de soi, un exemple à produire sur cette politique contre productive d’économies
tous azimuts.
Souvenons-nous
de toutes ces petites misères faites à l’encadrement pour rogner ici un
avantage, là une promotion, ailleurs un avancement… Cette politique sociale ne
fait qu’accroitre le ressentiment. D’abord parce que la majorité des salariés ne
dispose pas de salaires mirobolants contrairement à ce qui est colporté ici ou
là, ensuite parce que cette politique d’économies est improductive et génère
énormément de frustration
Ce n’est pas
une bonne politique sociale, il faut en changer. Il faut récompenser
les salariés et ils sont nombreux, ceux qui ont souvent trimé comme des soudards pour que tourne les infractructures de cette
entreprise. Si le niveau de productivité a continué de progresser ces dernières années, le niveau de récompense n’a cessé lui, dans le même temps de chuter.
Des salariés
travaillant dans des conditions toujours plus difficile, des salariés en charge
de projets précipités, des salariés à
qui l’on impose des rythmes de travail époustouflants, avec à l’arrivée, des équipes
épuisées, et pour certains collaborateurs, le burn-out tout proche ou l'accident cardiaque révélé!
L'organisation, un autre sujet à aborder... De ce point de vue, par manque de moyens, la dégradation des conditions de travail et la
désorganisation consécutive au départ de nombreuses compétences accroissent la
tension, perturbent les équipes, empêchent le travail qualitatif.
Ou plutôt la
désorganisation, par l'absence de recrutements de salariés en CDI. Des vides comblés par des
stagiaires, des contrats précaires, des CDD, CDDU et autres consultants, qui
occupent pour certains des postes essentiels, parfois depuis des mois, ou pire
depuis des années… Combien de "permaconsultants",
combien de prestataires travaillent pour nous en interne ? Des centaines pour
des budgets colossaux et une efficacité douteuse sur le long terme.
Ce que nous revendiquons c’est le juste retour
des choses avec la récompense pour toutes celles et ceux qui se sont investis
sans compter cette année. Prime, demi-mois supplémentaire, augmentations salariales
conséquentes, beaucoup de salariés le mérite… mais nous risquons encore d’être
fortement déçus.
Autre
chantier de la NAO, le temps de travail…
nous sommes depuis des mois au milieu du gué… Pourtant, sur ces sujets, le
Droit du Travail évolue vite et les derniers arrêts de la Cour de Cassation devraient encourager notre Direction à réfléchir et écouter nos revendications portées depuis 3 ans. En donnant raison à certains Cadres de grandes entreprises, la Cour de Cassation permet un juste retour
des choses lorsque la charge de travail de ces collaborateurs est devenue très importante, peu contrôlée, pas rémunérée à sa juste valeur. Le risque est grand pour nos entreprises car chaque salarié
peut contester sa rémunération sur les 5 dernières années… et
obtenir un dédommagement conséquent !
L’encadrement du forfait jour et de la durée
du travail des cadres autonomes devient une obligation légale... Nous avions
revendiqué et obtenu l'ouverture de ce chantier il y a un an, mais depuis plus rien, pas de
réunion syndicale, pas d’information, le flou le plus total...
Cette nouvelle disposition
légale pose plus précisement la question de l’encadrement du temps de travail. Le Cadre Autonome n’est
pas un Cadre à disposition permanente de l’entreprise. Tout salarié peut noter ses
dépassements d’horaires quotidiens ou hebdomadaires. Le respect des 11h
consécutives de repos quotidien et de 24h le WE sont
incontournables.
Les salariés de CANAL+ ne déclarent pas d’heures
supplémentaires. C’est une erreur. Le paiement ou la récupération du temps de
travail effectué hors cadre doit être effectif. Il appartient au salarié d’effectuer
une déclaration auprès de son hiérarchique ou de sa RH.
Ce ne sont
là que quelques éléments qui viendront à discussion lors du prochain round de négociations
qui commence aujourd'hui. Nous verrons si les marges de manœuvre existent, si l’on
peut déjà réaliser le minimum en maintenant par exemple le pouvoir d’achat, si l’on
peut y ajouter le traitement de certaines inégalités, comme la discrimination hommes/femmes,
si l’on peut aussi traiter les conséquences de la réduction de certaines
primes comme le remboursement des frais de transport, ou l’arrêt de la prise en
charge des véhicules de fonction pour les JRI de i>TELE… Il ne s'agit là que de quelques exemples.
Chaque année, ces discussions et négociations salariales deviennent plus conflictuelles. Parce
que notre Direction refuse de prendre en considération la dégradation des
conditions de travail, l’incroyable progression de la productivité
individuelle et collective, le resserrement des rémunérations et la perte de pouvoir d’achat
de nombreux salariés lorsque des avantages acquis sont brusquement supprimés
sous prétexte que des efforts collectifs doivent être accomplis..!
Pendant ce
temps, les dépenses inconsidérées et surtout improductives continuent d’alimenter
les discussions dans le landerneau des couloirs ou de la cafeteria du siège et des autres établissements… Des exemples ?
Relisez nos derniers posts… Ils sont légions.
Cette année, on ne pourra pas se contenter de l'équivalent d'un carambar supplémentaire par jour...
A suivre dans nos prochains posts et News Letters.