... résultat attendu pour 2009/2010. (Pour simplifier, ce résultat correspond au cash que va dégager le Groupe, hors amortissements) Cette année le Groupe a pour objectif de dégager un résultat de 675 Millions d'Euros. La réalisation de cet objectif financier à court terme nous semble disproportionné. Rappelons que le Chiffre d'Affaire du Groupe est d'environ 4,3 Milliards d'Euros. 1 Milliard d'Euro, ce serait donc + de 20% du Chiffre d'Affaire du Groupe CANAL+. C'est colossal, particulièrement dans la période actuelle où des investissements importants devront être engagés. La nouvelle concurrence avec Orange nécessite une accélération de ces investissements au risque d'être dans quelques années marginalisé dans la distribution de services payants de TV.
Pour comprendre cette volonté, il faut faire un peu d'histoire.
En 2003, l'entreprise CANAL+ était en faillite. Sous l'effet d'une mauvaise gestion après le départ d'André Rousselet, de la dilapidation des biens acquis dans les meilleures années sur des investissements mal contrôlés, le Groupe s'est alors retrouvé avec une dette de ... 5 milliards d'Euros. Colossale, c'était + que le Chiffre d'Affaire, et il aurait fallu 50 ans d'une activité pérenne pour financer le retour à l'équilibre
Faillite... 
Le Groupe CANAL+, est alors au firmament de son développement national et international grâce aux idées de génie de notre premier président, nous étions implanté dans toute l'Europe, CANAL+ Technologies rivalisait avec les + grands du monde pour vendre du contrôle d'accès et de l'interactivité jusqu'en Inde ou en Chine... Mais, après la fusion avec Vivendi Universal, le groupe allait connaître une descente aux enfers dont nous ne sommes pas encore sortis. (En sortirons-nous un jour?)
Les bonnes fées...
Voir disparaître ce fleuron de la TV Française et Européenne, la seule réussite AV des années 90, sauveur du cinéma national, financeur du sport et d'ab
ord du Foot, c'était impensable pour les politiques de l'époque comme pour le monde du cinéma et du sport. Et puis le Groupe CANAL+ était alors le seul à pouvoir équilibrer le fameux PAF face à l'hégémonie de TF1.
On a donc vu certaines banques être appelées à la rescousse, un nouveau président prendre le contrôle de Vivendi en ayant carte blanche pour sauver les meubles...
Les meubles...

Les meubles dans le CANAL+ d'alors, c'était la chaîne Premium et le bouquet satellite. Tout le reste devait être vendu, bradé, dépecé... C'était la condition du renflouement des caisses par notre actionnaire Vivendi et de la prise de contrôle totale du Groupe Vivendi sur les finances du Groupe. (Les Contrôleurs de Gestion savent combien les reporting pour l'actionnaire sont réguliers et pesants)
5 Milliards d'Euros... comment on finance?
Simple, vous me vendez tout l'international, CANAL doit revenir en France, vous me vendez toutes les activités qui apparaissent lointaines du cœur de Business comme CA
NAL+ Technologies, l'un des fleurons du Groupe que l'on a bradé au Groupe Thomson et qui en a ensuite revendu une partie à NDS du Groupe Murdoch, l'autre partie à Kudelski, notre associé dans les Décodeurs.Aller hop... salariés, technologies, savoir-faire, ce n'est pas le problème. Soit ce plan est appliqué soit CANAL+ sera vendu par appartement : Lagardère, TF1...
De ce grand mercato, CANAL+ a récolté environ 1 milliard d'Euros, le reste du financement provenant d'économies internes et surtout d'un prêt de 3 Milliards d'Euros par l’actionnaire Vivendi.
Retour à la case départ : Un prêt... faut toujours le rembourser...
Eh bien, nous y sommes, la volonté est de solder avant fin 2010 le prêt de Vivendi de 2003, quellequ'en soient les conséquences.
Jamais, même dans les meilleures années, le Groupe n'a dégagé autant de profits. Dans le meilleur des cas ce fut 1 Milliard.... de Francs! Sept fois moins.
Nos interrogations... Avec l'apparition d'une nouvelle concurrence, avec la nécessité d'accélérer les processus de dématérialisation de l'ensemble des chaînes de production et de diffusion, nous avons suggéré qu'une partie de ces bénéfices soient affectés à ces investissements.
Ces propositions ont été formulées auprès de B. Meheut lors d'un Comité d'Entreprise mais aussi à JB Levy, PDG du Groupe Vivendi lors d'un Comité de Groupe.
Pour toute réponse : "le résultat devra être réalisé et cela n'obérera pas les investissements nécessaires".
Mais, comment fait-on? N'est ce pas encore les salariés qui vont encore faire les frais de cette politique, n'est ce pas l'ensemble des activités et des business qui vont en subir les conséquences par des réductions drastiques de budgets?
C'est une vision à court terme qui est imposée. Elle risque de fragiliser le Groupe dans un contexte économique difficile, d'empêcher un niveau d'investissements suffisant pour faire face aux enjeux d'aujourd'hui, de décourager des salariés qui travaillent déjà énormément et que l'on ne peut même pas récompenser...
"Les Entreprises qui réussissent sont celles qui ont une âme" (Jean Louis Brault)
CANAL, perdrais-tu ton âme?
Recevez régulièrement la Newsletter, communiquez une adresse mail en cliquant ICI!