Un nouveau front social dans l'audiovisuel?
Notre syndicat s'inquiète des potentielles conséquences sociales pour le Groupe après la lecture dans la presse ou sur le site de l'Autorité de la Concurrence de projets de démantèlement du Groupe...
Les fuites dans la presse sur de possibles décisions de l’Autorité
de la Concurrence concernant le dossier de fusion avec TPS de 2006 annulé
l’an dernier, puis la publication officielle sur le site de cette même autorité des premières conclusions, ont suscité des débats qui
prennent de l’ampleur, notamment à l’intérieur de
l’entreprise.
Et c’est bien naturel quand il s’agit de
CANAL+!
Cette entreprise n’est pas une entreprise comme les autres. D’abord
par son modèle économique dont les seuls équivalents existent en Angleterre ou
aux USA.
Ensuite comme financeur indispensable, incontournable du
cinéma et de la création audiovisuelle Française, ou comme acteur essentiel et
permanent du sport...
Comme toujours, les attaques que subit notre entreprise visent
avant tout à l’affaiblir alors que le Groupe est aujourd’hui redressé
financièrement et peut enfin envisager de nouveaux développements
pour assurer son avenir, pérenniser le financement du cinéma français et
européen, accentuer la présence française dans le monde de la création
audiovisuelle.
C’est bien connu, quel que soit le secteur d’activité, certains
préfèreront toujours les loosers aux entreprises conquérantes. Déjà en 1985,
6 mois après la création de CANAL+, certains ricanaient autour du "Titanic
audiovisuel", comme ils l’avaient surnommé, pariant sur un échec et se
positionnant pour en récupérer les miettes...
Mais le génial André rousselet avait su trouver les relais de
croissance qui ont fait les succès que l’on
sait !
Aujourd’hui, CANAL+ n’est plus la même entreprise, elle a bien
changée, et nous regrettons certaines dérives notamment sur le plan social.
Mais nous ne laisserons pas faire sans réagir les oiseaux de malheur
qui prédisent ou veulent contraindre CANAL+ à redevenir une petite chaine
locale, un outil sans moyen, sans aura, sans envergure … Une petite chaîne
contrainte, contrôlée, au périmètre réduit à peau de chagrin!
Car de quoi s’agit-il au fond?
Rien de moins que de la remise en cause d’un pôle
essentiel de l’audiovisuel français.
A
la lecture des documents émanent de l’Autorité de la Concurrence, les
représentants du personnel imaginent aisément les conséquences sociales si ces
mesures venaient à être déployées.
Des dégâts sociaux irrémédiables,
considérables!
Le groupe CANAL+, c’est 4500 salariés, mais ce sont aussi
des dizaines de milliers d’emplois en France. Audiovisuel,
services de la relation clients, marketing, technologie, des secteurs entiers
seraient impactés par une remise en cause de l’unicité de l’entreprise.
Ce sont aussi des millions d’heures de travail pour les
intermittents du spectacle qui risqueraient de disparaitre. C’est toute une
filière de l’information qui serait mise à mal, c’est le financement du cinéma,
le développement et le rayonnement d’une certaine idée de la France, notamment
par la présence de CANAL+ et de sa filiale CANAL+Overseas en Afrique…
Comparaison n’est pas raison!
Si le modèle de notre régulateur concerne certaines entreprises
françaises, quel rapport entre EDF qui a été obligé de créer une filiale RTE
pour séparer transport et distribution de l’électricité, ou la SNCF qui a du
créer RFF réseau ferré de France pour séparer le rail de la commercialisation
des produits… et CANAL+ ?
Dans un cas comme dans l’autre ce sont les Italiens ou
les Allemands qui frappent à la porte pour utiliser le réseau
ferré français ou le réseau de distribution de l’électricité, libéralisation
oblige….
Mais, dans le cas de la Pay-TV à la Française, où sont les acteurs
Européens ?
En Angleterre. Sinon, microscopique en Allemagne, ou en Espagne,
très local en Italie…
Non, les véritables concurrents de canal se trouvent aujourd’hui
aux USA ou au… Qatar !
Nous n’imaginons pas voir débarquer les énormes locomotives
américaines sur notre réseau ferré français. En, revanche nous savons que Google
et sa filiale Youtube, Netflix, Apple et les autres vont débarquer prochainement
chez nous pour proposer des produits qui vont concurrencer directement CANAL+.
Et pour leur résister, il faudrait nous
affaiblir ?
Mais ce sont des milliers, peut-être des dizaines de milliers
d’emplois dans la filière qui seraient touchés. Des milliers de familles
affectées par ces projets.
Pense-t-on sérieusement que la multiplication de petites entités
aux moyens limités viendra combler ce que CANAL+ ne versera plus
au titre de ses obligations?
A-t-on déjà oublié les dérives qui ont failli
coûter la vie non pas à 1 mais à 2 groupes audiovisuels, TF1 et CANAL+ après la
création de TPS ?
A-t-on la mémoire si courte pour ignorer les possibles et
nouvelles dérives financières en achats de programmes dans un secteur
mondialisé si le marché des achats de droits audiovisuels venait à être bouleversé?
Notre inquiétude est réelle car nous savons le modèle précaire. Il
repose sur un équilibre fragile et subtil. Enlever une pièce du puzzle et c’est
tout l’édifice qui pourrait tanguer au détriment des intérêts de la création, de
l’emploi, du rayonnement culturel.
Les séries créées par CANAL+ ces dernières années ont été les
seules à rivaliser avec les grandes productions américaines. Est-ce le fruit du
hasard ? Evidemment non ! D’abord parce que CANAL+ a pu investir des sommes
considérables dans ces productions. Ensuite parce que l’organisation du Groupe a
favorisé l’émergence de synergies industrielles sans lesquelles ces projets
n’auraient pu voir le jour.
C’est pourquoi la lecture de ces projets annonciateurs d’un
éventuel démantèlement du Groupe inquiète les représentants du personnel. Nous
défendrons avec vigueur l'intégrité de CANAL+ si certains envisageaient de
l’affaiblir. CANAL+ est une grande idée, une institution, un emblème. 4500
salariés sauront se lever pour dire non. Et des milliers d’autres qui ne vivent que
par CANAL+ les rejoindront!
Créateurs, salariés du secteur, amis de toujours ou
d’aujourd’hui, chacun sait que CANAL+ est une pièce maitresse
indispensable au maintien d’un audiovisuel fort et rayonnant.
Voilà ce qui est
jeu!
Voilà pourquoi notre syndicat sera à l’avant-garde pour la défense d’un
modèle indispensable à l’équilibre audiovisuel français et peut être demain, de
nouveau européen !
CGC Médias CANAL+
Mob 0629110617