Pour nous contacter, cliquez sur ce lien!
Affichage des articles dont le libellé est 27 ans de CANAL. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 27 ans de CANAL. Afficher tous les articles

04 novembre 2011

Le 4 novembre, 27 bougies pour CANAL+...!

27  bougies !
L’occasion d’un retour rapide sur une histoire déjà longue...
Le 4 novembre 1984 André Rousselet, fondateur de CANAL+ ouvre l’antenne sur les programmes de la première chaîne privée française : CANAL+. C’est le début d’une longue histoire…

Le 1er janvier 1985...
Lors de ses vœux présidentiels, F. Mitterrand annonce la création d'une dizaine de chaînes locales en France. Résultat, dès le lendemain de cette annonce, les recrutements d’abonnés chutent vertigineusement et mettent en péril CANAL+ quelques seulement mois après son lancement. Les rapaces rodent déjà, voulant récupérer quelques morceaux de ce bel édifice. Certains journaux titreront alors "… au moins sur le Titanic, on coulait en chantant…"

Mais André Rousselet saura sortir CANAL+ de l’impasse en renégociant certains contrats sur la durée, en allongeant les périodes de clair... Et puis les français découvriront rapidement que les chaînes locales ne seront pas créées avant longtemps…

Succès…
A partir du mois d’avril 1985 s’ouvre une période de grâce que ne se ralentira que 10 ans plus tard.
André Rousselet avait alors fixé le seuil de l’équilibre économique à 1 million d’abonnés ! Le million est atteint rapidement, puis allégrement dépassé. Chaque 500 000 nouveaux abonnés, on levait le verre et à chaque million supplémentaire, les salariés bénéficiaient d’un mois de rémunération supplémentaire… sur ordre du patron! Une autre époque...

En 1994, Edouard Balladur est le Premier Ministre de F. Mitterrand. La revanche politique se joue également sur le terrain économique. C’est la création des fameux "noyaux durs", qui permettront au pouvoir politique d’alors de reprendre la main sur le capital des grandes entreprises par la constitution de pactes d'actionnaires.

Ce fut le cas à Havas, principal actionnaire, non majoritaire, de CANAL+. En s’alliant à la Générale des Eaux et à la Société Générale, CANAL+ perdait son indépendance.

André Rousselet y voit un complot politique et une mise sous tutelle de l'entreprise qu'il a construite et sauvée. Il démissionnera avec fracas. En 1995, en première page du journal Le Monde, on pouvait lire alors  "…Edouard m’a tuer…" en référence à l’affaire Marchal qui défrayait alors la chronique... A Rousselet s’en va sous les acclamations… et les pleurs des 4 000 salariés de l’époque, une vraie rupture douloureuse!  

Pierre Lescure prend alors, naturellement, les commandes du vaisseau…
Pierre Lescure a été un formidable patron des programmes. Des "Nuls" à "NPA"  avec Philippe Gildas, en passant par "Les Guignols", il aura su développer une offre de programmes qui a révolutionné le paf de l’époque... et qui marque encore par sa modernité! 

Mais, sur le plan économique, c’est le début de la descente aux enfers. CANAL+ s’engage à cette époque dans des opérations internationales mal gérées, rachète les activités AV du Groupe Nethold en Afrique du sud qui possède notamment Télépiu en Italie, des chaines de TV en Grèce et en Europe du nord… Premiers déboires d’une opération aléatoire : on découvre rapidement qu’il manque plusieurs centaines de milliers d’abonnés en Italie, que les chaînes du Nord de l'Europe ne seront jamais rentables…  Ajouter à cela une gestion approximative voire dispendieuse des richesses accumulées, et rapidement la tension financière monte au sein du Groupe CANAL+.

Et voilà qu'un nouveau et jeune chevalier blanc…
JM Messier, présent dans le groupe CGE/Vivendi depuis les années 1990, prend le pouvoir et transforme la Compagnie Générale des Eaux en Vivendi Universal. Il décide de se jeter à corps perdu dans la construction d’un groupe international "d’entertainment" ou contenus et contenants vont se rapprocher.  Pour cela, Il rachète les actifs de Seagram aux USA, (boissons, alcools, divertissement - dont les studios Universal) Il revend les actifs dans les alcools, il fusionne les activités françaises des Télécoms, SFR déjà, CANAL+ avec la musique et reprend les activités cinémas des studios Universal aux USA...!

Les réunions importantes se tiendront dès lors au dessus de l'Atlantique, dans l'Airbus aménagé pour l'occasion...
Mais en 2001… c’est la bulle Internet qui finit par exploser...
plongeant tous les groupes internationaux, et tous ceux qui avaient alors investi dans l'Internet, dans la perplexité et parfois l’effondrement. Vivendi Universal dévisse. Le cours de l'action passe de 170€ à … 9€ en quelques mois. C’est la crise, et l’éviction inéluctable de JJM interviendra en juillet 2002.

CANAL+ est alors au plus mal : 5 Milliards d’€ de dettes pour un CA d’environ 5 Milliards.
C’est la faillite qui guette. Mais CANAL+ ne peut pas disparaitre. Les nouveaux patrons de Vivendi sauveront l’entreprise, tout d’abord en la recapitalisant avec un chèque de 3 Milliards d’€, et en exigeant de CANAL+ une cure d’austérité. C’est le grand plan de réorganisation de 2003. On passe alors de 5000 salariés à 2000. C’est l’époque de la grande braderie des actifs, notamment des activités internationales ou de CANAL+ Technologies, une entreprise mondialement reconnue pour son business dans le contrôle d’accès et l’interactivité, et qui sera dépecée, revendue à Thomson et à … Murdoch…. C’est aussi Murdoch qui rachètera Télépiu en contrepartie de l’abandon de plaintes aux USA concernant le piratage du contrôle d’accès…

Pierre Lescure est évincé. Xavier Couture… prend alors les rênes de l'entreprise pour une petite année. Mais très rapidement, Jean René Fourtou, le sauveur de Vivendi appelle son ami B. Meheut pour prendre la direction de l’entreprise.

L'agrochimiste à Canal+... Né à Rennes, Bertrand Méheut est diplômé de l'école des Mines. Lorsque CANAL+ se crée en 1984, il entre chez Rhône-Poulenc. En 2003, il est nommé PDG de Canal+.

Voilà bientôt 10 ans que B. Meheut dirige CANAL+ autour de quelques principes simples : il considère que les niveaux de productivité sont trop faibles et il n’aura de cesse de contenir l’emploi et la masse salariale. Il appliquera une politique d’externalisation de nombreux services, informatique notamment. Il sera aussi un gestionnaire pointilleux, imposant une cure sévère sur tous les budgets d’investissement ou de fonctionnement, au risque de fragiliser durablement les infrastructures, techniques notamment...

Résultat, un groupe qui se porte très bien aujourd’hui, des dettes envers Vivendi remboursées, de nouveaux développements à l’international, une entrée remarquée ces dernières semaines sur le marché de la TV en clair…

Mais voilà, la crise, la TV connectée, le développement de la TNT… tout concoure à bousculer une nouvelle fois le PAF… d’autres menaces et d’autres enjeux pointent, l’heure de nouveaux choix a sonné et il ne faut pas se tromper. Dans ce contexte, paradoxalement,  il n’est plus démontré aujourd’hui qu’une politique drastique et unilatérale d’économies tous azimuts suffise! Un changement de paradigme est peut-être nécessaire, la remobilisation des équipes par le développement d’une nouvelle politique sociale est indispensable, alors qu'elles sont actuellement, côté Distribution, notamment, dans l'incertitude, pire dans l'inquiétude d'un avenir qui s'assombrit.

CANAL+ survivra évidemment aux soubresauts présents et futurs. Mais, pour réussir, cette nouvelle orientation devrait s'appuyer sur des fondamentaux sociaux renouvelés, conjuguant respect des salariés, stratégie affirmée et partagée, investissements, partage équilibré des résultats, ouverture internationale, gestion des carrières et des talents...

Bon anniversaire CANAL !

Vos commentaires et vos questions en cliquant sur ce lien!
Guide Annuaire

Recherchez Ici