Si la
productivité atteint des sommets à CANAL+, elle explose littéralement chez
CANAL+ Overseas !
Pour les mêmes
raisons que dans notre belle entreprise, CANAL+ Overseas et ses propres filiales
voit son activité augmenter... et le nombre de salariés stagner.
Ou plutôt, ici
plus qu’ailleurs encore, ce sont les petits contrats qui font office en assumant
des responsabilités importantes à tous niveaux. Stagiaires, consultants, CDD,
contrats pro… tout est bon pour faire bosser à moindre coût !
Cette
situation se dégrade dangereusement depuis plusieurs mois.
En cause la
nouvelle ambition de CANAL+ de faire porter à cette entreprise un accroissement
du chiffre d’affaire qui stagne en métropole. Ainsi, l’Afrique est (RE) devenue
un nouvel eldorado pour tenter de compenser
un chiffre d’affaire à la traine et trouver de nouveaux relais de croissance.
Au-delà de cette
volonté, justifiée, d’accroitre les activités dans les DOM TOM et hors de France, en Pologne, en Afrique, au Vietnam,
il faut d'abord se rappeler que l'entreprise COS est en dehors de l’UES, cette Unité Economique et Sociale
qui apporte une protection sociale supplémentaire aux salariés qui en font partie.
En restant hors de l'UES, Canal+ Overseas est de ce fait, inaccessible aux radars sociaux du Groupe. On pourrait y faire n’importe
quoi ou presque sur le plan social, car malheureusement, les structures de représentation du
personnel sont si faibles qu’elles ne peuvent résister, agir, faire respecter les
règles élémentaires de droit social.
L’entrée de COS
dans l’UES CANAL+ nous vaut d'ailleurs depuis des mois une bataille épique avec notre
Direction. Elle se poursuit...
Voilà une partie de l'explication pour comprendre ce qui se joue chez COS! Mais il faut
y ajouter les effets néfastes d’une politique d’économies qui touchent jusqu’à
la plus petite entité du Groupe. On ne trouve pas aussi facilement 140 millions
d’Euros d’économies sans casser quelques œufs. Là où le bât blesse, c’est que l’on
demande dans le même temps à COS de démultiplier
ses opérations à coûts constants ou réduits.
IMPOSSIBLE !
Sauf à
pressurer dans tous les sens les budgets et demander aux salariés de se serrer
la ceinture et d’augmenter sans compter leur productivité. C’est d’ailleurs
ce qui se passe. Ainsi, il est de plus en plus courant et de notoriété
Canalienne de trouver des salariés qui assument
non pas un, mais 2 voir 2 postes et demi!
Du travail
le WE, des vacances raccourcies voire annulées, des salariés exténués… et des conséquences physiques et
psychologiques qui se développent, prennent de l’ampleur de façon
inquiétante…. Ainsi, depuis des mois
certains salariés et pas des moindres, craquent, tombent malades, dépriment… ou
partent.
Dans le même
temps, COS accueille des Cadres dont la Direction Centrale de CANAL+ ne veut
plus, mais qu’elle rechigne à licencier elle-même
au risque de voir certains compteurs
exploser. Ainsi, des salariés arrivent dans cette filiale pour quelques mois et
en sortent discrètement, sans bruit, loin des fureurs du siège, oubliés de
leurs collègues, disparus dans les brumes des iles lointaines, ou bien en Pologne
ou encore en Afrique…
Qui se souciera
alors de ces collaborateurs dont on apprendra un jour qu’ils ne sont plus là !?
Si André
savait !
C’est André
Rousselet qui avait adossé cette filiale à CANAL+ pour porter la bonne parole dans les iles lointaines mais aussi et surtout en Afrique. CANAL HORIZON
fut la première de ces entreprises à développer le concept dans les années 1990.
André Rousselet avait fait de cette entreprise un enjeu d’abord social et politique.
Aujourd’hui, tout cela est balayé pour le seul principe contemporain qui compte :
de la rentabilité à court terme, SVP !
Pourquoi donc voulez-vous que ce soit différent ici d’ailleurs ?
Nous atteignons
chez COS plus qu’ailleurs dans le Groupe les limites de l'exercice!
Comme si Canal+
Overseas servait de laboratoire aux expérimentations sociales les plus audacieuses
du Groupe. Après tout, si chaque salarié de COS peut assumer 2 postes, 2 fonctions sans broncher, pourquoi
se priver. Et la DRH de ce pôle, Valérie Bernard, aurait tort de ne pas
poursuivre sur ce chemin certainement jalonnée de satisfécits transmis en haut
lieu et servant de référence à d’autres RH de pôles plus timorées "… vous voyez bien que c’est possible,
si Valérie y arrive…faites un effort… il vous reste du DIF? allez faire un stage à COS…" (Dialogue
imaginaire et imaginé d’une réunion hebdomadaire du codir RH CANAL+…)
Cette filiale
et surtout ses salariés méritent mieux ! Les centaines
de millions de bénéfices dégagés par CANAL+, c’est aussi le résultat de l’engagement
des salariés de COS et de ses propres filiales.
Des projets de
développement qui ne manquent pas, sont, sans conteste, d’un intérêt majeur. Ces activités
passionnent en règle générale la grande majorité des salariés de ce pôle. Mais est-ce
une raison pour faire du social un enjeu économique de premier plan? Est-ce
une raison pour mettre en danger l’équilibre physique et psychologique de nombreux
collaborateurs ?
Notre modèle
économique doit être encadré par un socle de valeurs incontournables que sont
le respect de salariés, le respect du code du travail et des textes légaux, le développement
individuel et collectif… Imaginer que
les succès futurs seront réalisés sur la négation du fait social est une erreur
fondamentale. Nous commençons à en payer le prix fort, pour les salariés
concernés mais aussi pour le business. Ces méthodes permettent de faire illusion un
certain temps. Elles sont en revanche destructrices de valeurs sur le moyen et
le long terme.
CANAL+
Overseas, comme les autres entités du Groupe devra réaliser sa mue sociale !
Le plus vite sera le mieux !