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30 mai 2014

Un projet économique et stratégique doit-il s’accompagner d’un projet social pour réussir ?!

Lorsque cette question est aujourd’hui posée à des patrons de grandes entreprises, ils répondent tous généralement… "évidemment…" Mais il y a souvent un abîme entre la parole et sa traduction dans les faits!

CANAL+ va bientôt être confronté à cette réalité alors que l’Assemblée Générale de Vivendi du 24 juin devrait confirmer la scission des activités Télécom, le départ de SFR du Groupe et l’arrivée de CANAL+ comme nouvelle locomotive d’un pôle Médias recomposé.  

Après cette date, le nouveau Groupe Vivendi va donc se restructurer pour que s’écrive une nouvelle page de son histoire, mais quelle histoire et comment…

A CANAL+, sur le plan social, l’attente est grande d’une évolution profonde des méthodes et des pratiques. Depuis des années, nous vivons dans un modèle passéiste, où la parole de droit divin fait office de vade-mecum au quotidien. Alors que le monde change à la vitesse de la lumière, que les réseaux sociaux bouleversent les modèles de communication, que la hiérarchie des entreprises est bousculée par des circuits de communication ultra courts, nous nous sommes enfermés dans un carcan social absurde et contre-productif.

Aujourd’hui, dans la majorité des grandes entreprises modernes, le dialogue permanent, la capacité à discuter la parole de celui qui détient le pouvoir est un acquis, une réalité perceptible et acceptée, une orientation intégrée dans les business plan. Ces entreprises qui pratiquent ce modèle progressent d’ailleurs généralement beaucoup mieux que les autres, l’excellence venant bien sûr de nos amis Allemands qui ont porté à leur paroxysme le dialogue responsable et des décisions stratégiques et opérationnelles partagées avec les représentants du personnel au sein des Conseils d’Administration… On ne peut pas dire que l’économie Allemande en souffre beaucoup…

Chez nous, au contraire, c’est la suppression de toute résistance qui est à l’ordre du jour. Comme s'il n’y avait pas d’autre solution que de contraindre l'ordre social. Le résultat est indiscutable, c’est le silence qui règne car toute velléité se transforme généralement en sanction. La dureté des temps économiques  ne saurait justifier un modèle social basé sur la contrainte, ça ne marche plus aujourd’hui, ça marchera encore moins demain.

Ce constat d’un dialogue inadapté en interne n’est pas nouveau ni celui d’un seul syndicat, il n’est pas non plus l’apanage de quelques salariés exaspérés. C’est un constat partagé par des centaines de salariés qui sont dans l’attente d’un projet expliqué et discuté, d’un modèle social renouvelé, adapté à notre temps, respectueux et ouvert !

C’est dans ce contexte que l’indispensable qualité de la vie sociale conditionnera la réussite du nouveau projet de Vivendi pour CANAL+. Citons tout d’abord le respect de la liberté de parole syndicale, mais aussi le développement d’un dialogue permanent, une nouvelle ambition  sociale, en résumé un nouveau contrat social.

Il est nécessaire de reconstruire des instances de délibération libres et contradictoires, de partir de l’expérience concrète et non d’une "expertise savante", de rétablir un langage commun… bref, de manager dans la modernité d’une "entreprise 2.0" en rétablissant un modèle coopératif, en reconnaissant le travail collectif, en respectant ces "corps intermédiaires" sociaux ou managériaux tout aussi soucieux de participer à la transformation et à la réussite de nos activités en France comme à l’étranger.

La démocratie sociale, c’est transformer du conflit en discussion ! Sur ce plan, notre entreprise devrait être en France à l’avant-garde dans le renouvellement de son modèle social. Plutôt que d’envier les modèles Anglo-Saxons, de se référer aux Google, Apple et autre Microsoft, pour finalement s'en éloigner systématiquement, CANAL+ peut et doit produire son propre modèle, prouver que l’on peut se moderniser, évoluer, se transformer en évitant les soubresauts d'un corps social malmené, le mal être individuel, l'incompréhension collective.      

Faut-il changer et pourquoi ? Parce que les réussites futures seront conditionnées par notre capacité à construire un environnement social modernisé, adapté aux mutations à venir. La question n'est pas de se demander s'il faut y aller, mais quand y allons-nous? 




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04 mai 2014

En ce début mai 2014, la (dé) fête du travail...

Changer le modèle ! Dans les relations sociales, il n’y a pas pléthore de modèles opérationnels. Certains modèles peuvent être coopératifs, respectueux, fondés sur le dialogue, d’autres plus coercitif, contraignants, absolutistes.

Dans le groupe Vivendi nous voyons à l’œuvre depuis des années l’expression de ces 2 modèles… Devinez où se trouve le modèle contraignant…? Deux grandes entreprises constituent encore pour quelques mois le groupe Vivendi, SFR et CANAL+. Depuis toujours, SFR pratique un modèle de relations sociales ouvert, participatif, centré sur l’intérêt des salariés et de l’entreprise, mettant en œuvre les leviers d’actions et de dialogue basés sur la confiance et l’échange. A l’inverse CANAL+ pratique depuis quelques années le modèle inverse, un modèle dégradé archaïque, dépassé.  

On n’attrape pas les hommes avec de l’étroitesse d’esprit, ni les âmes à coups de mesquineries !
Savoir où se trouve le pouvoir ! CANAL+ met en œuvre une politique sociale qui ne doit avoir pour objectif que de vérifier et d’affirmer le pouvoir. Pouvoir de sanctionner, pouvoir de décider de tout et pour tout, ce pouvoir-là est très concentré, pour le meilleur ou pour le pire !
 
Alors que l’évolution de nos entreprises imposent de revoir un modèle de relations sociales totalement dépassés par les évolutions du Droit social et plus encore par les nouvelles technologies de la communication, le WEB 2.0, à CANAL, c’est la résistance au changement qui l’emporte!

Vantée sur tous les tons dans les business, cette petite musique n’atteint pas… encore… le département des relations sociales, qui reste enfermé, claquemuré dans une vision passéiste et rétrograde. Une orientation qui nous fait perdre du temps dans la modernisation du dialogue interne, qui contraint la créativité indispensable en cette période de bouleversements, décourage des centaines de salariés, perturbe et affaiblit les Business, jusqu’à parfois saper l’atteinte des objectifs opérationnels.

Affaiblir pourrait être le terme générique qui résumerait à lui seul une situation ubuesque si elle n’était contre contre-productive socialement et opérationnellement. Affaiblir tout d’abord la représentation du personnel. Pas assez docile et conciliante, il faut contraindre sa partie la plus active par tous les moyens. Affaiblir le salarié lorsqu’il devient récalcitrant à l’exécution d’ordres incompris ou inadaptés, affaiblir toute parole contraire pour qu’enfin ne subsiste qu’une seule voix, celle qui représenterait la vérité, l’excellence, la droiture !

Mais nos entreprises ne peuvent plus fonctionner selon un tel modèle, ou bien elles dysfonctionnent! Un modèle qui apparaît en totale contradiction avec la nécessité de repenser de fond en comble les relations sociales, d’abord parce que le temps du patron tout puissant et déifié est révolu. Ensuite parce que la réussite d’une entreprise se mesure aussi à la qualité de son environnement social. Enfin parce que la complexité et la rapidité de l’évolution de nos organisations supposent des corps intermédiaires solides, des représentants du personnel formés, capables de communiquer, de jouer le rôle de go-between entre une Direction parfois coupée des réalités opérationnelles et une base souvent soumise à de multiples mouvements, des soubresauts et décisions subis par des salariés ballottés entre résignation et volontarisme, ou pire atteint dans leur intégrité physique ou psychologique.    

Mais pourquoi une entreprise comme CANAL+ subit elle un modèle aux antipodes de son ADN ? Nous pensons que c’est une "punition" issue d’une "erreur" originelle ou en tout cas considérée comme telle et que CANAL n’en finit pas de payer. Souvenez-vous, 2001, c’est la crise, une entreprise au bord de la faillite, une restructuration à la hussarde  et un premier jugement, si CANAL en est arrivé là, c’est que cette entreprise n’était pas organisée, jouissait d’une autonomie contraire aux principes de base de l’organisation capitaliste, un patron, un objectif, et pas de discussion, exécution! Pourtant la fulgurance de la réussite des premières années devraient amener à plus de retenue!  

Depuis 2005, c’est exclusivement ce modèle managérial qui est à l’œuvre. S’il a fait ses preuves dans les premières années du redressement, 2001-2005, pour permettre à l’entreprise de se relever d’un drame historique, sa poursuite et son extension dans les années qui ont suivi ont empêché la création d’un modèle renouvelé adapté à la nouvelle donne, une entreprise redressée financièrement mais en mutation profonde dans un environnement concurrentiel et technologique en profonde évolution.

C’est à ce moment-là que tout dérape ! Comme dans tout système coercitif, maintenir la pression ne suffit pas, il faut sans cesse l'accroître encore et toujours car les vents de la contestation s’expriment de plus en plus ouvertement. Et quand ils ne peuvent s’exprimer, ils provoquent des tensions ou des ruptures menant jusqu’au burn-out des salariés exténués, des cadres importants qui n’en peuvent plus de devoir mettre en œuvre un modèle managérial si éloigné de leur conception personnelle, plus ouvert et respectueux. La cassure devient alors inévitable, c'est le moment de la rupture.

Si la contrainte sociale atteint dans ses fondements les relations du personnel, elle ne permet pas non plus de résoudre les difficultés inhérentes à la modernisation de nos organisations ni de faciliter l’atteinte de nos objectifs opérationnels. C’est pourquoi, depuis des mois, ces réorganisations se traduisent d’abord par des départs plus ou moins contraints de dizaines de salariés. Car dans un modèle de ce type, nous sommes incapables d’accompagner des salariés dans leur carrière, de susciter des vocations, de former correctement les uns et les autres aux évolutions de l'entreprise. Nous sommes dans la caricature d’un modèle anti-écologiste, c’est périmé, il faut jeter... sauf qu'ici il s'agit d'hommes et de femmes investis totalement dans leur job !  
  
Si l’entreprise n’est pas la cité, si la démocratie s’arrête aux portillons de l'entreprise où l’on badge chaque matin, imaginer l’entreprise du 21eme siècle comme une prison dorée est absurde et contre-productif. 

Et c’est ici que nous revenons à nos comparaisons! D’abord chez Vivendi avec le contre modèle SFR et ses réussites y compris dans ses transformations profondes à l’œuvre aujourd’hui. Une permanence du dialogue social, une continuité dans le respect des instances sociales. Plus loin de nous, mais pas si éloigné car nous avons l'habitude des relations sociales avec nos amis Allemands d'Universal Music dans le cadre de nos instances sociales européennes chez Vivendi, un modèle pourtant bien connu de certains de nos patrons qui ont œuvré dans ce pays, et qui en connaissent donc toute la la richesse, un dialogue social fondé sur le respect, l’échange, l’écoute et là-bas jusqu’à la codécision !  

Le Journal Le Monde titrait dans son édition du 24 avril, « Heureux comme un Allemand ». La réussite économique, c’est aussi la réussite sociale, et imaginer gagner les prochaines batailles sans remise en cause profonde de notre modèle de relations sociale seraient aussi utopique qu’illusoire, nous gagnerons ou nous perdrons ensemble!

Les transformations du Groupe Vivendi, la construction d’un pôle médias pugnace et combatif nécessitent chez nous la construction d’un nouveau modèle social décrispé et respectueux! Inscrire le futur de ce futur pôle dans l’archaïsme social ambiant serait lui faire perdre une partie de sa vitalité. Ce serait certainement contrarier l’avenir !

Le risque est réel et avéré, pour le faire mentir, il est urgent d’agir !  


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