Le Conseil de l’Europe a statué sur une plainte déposée par la CFE CGC !Y a d'la négo dans l'air...
Dans une décision, en date du 23 juin 2010, rendue publique le 14 janvier 2011, le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe conclue à la violation par la France de la Charte sociale européenne révisée concernant les forfaits en jours et les astreintes…
Sur le régime des forfaits en jours
"Aucune limite n’est prévue pour la durée hebdomadaire du travail dans le système du forfait en jours. C’est, par conséquent, la règle du repos minimum prévue par l’article L. 3132-2 du code du travail qui entraîne une limitation de la durée hebdomadaire du travail"
Ce repos hebdomadaire doit être de 35 heures consécutives, à savoir 24 heures de repos hebdomadaire auxquels s’ajoutent 11 heures de repos quotidien.
concernés ne seront amenés à travailler que 78 heures par semaine. Le Comité estime toutefois qu’une telle durée est manifestement trop longue pour être qualifiée de raisonnable…"En conséquence, le Comité dit que la situation des salariés avec forfaits en jours sur l’année constitue une violation de l’article 21 de la Charte révisée en raison de la durée excessive du travail hebdomadaire autorisée, ainsi que de l’absence de garanties suffisantes"
Sur la rémunération
ar les salariés soumis au système de forfait en jours qui ne bénéficient, au titre de la flexibilité de la durée du travail, d’aucune majoration de rémunération, sont anormalement élevées. Le fait qu’une majoration de la rémunération soit désormais prévue pour les jours travaillés correspondant aux jours de congés auxquels le salarié soumis au système de forfait en jours a renoncé, n’apparaît pas comme suffisant…"Sur le régime des astreintes,
Ces décisions du Comité européen des droits sociaux «s’imposent» à l’État FrançaisLe Gouvernement français doit modifier la législation sur le temps de travail pour la mettre en conformité avec ces décisions. Il devrait donc déposer un projet de loi en ce sens.
Mais dans le même temps, les entreprises qui ne modifieraient pas leurs textes en ce sens se trouveraient dans une situation d’insécurité juridique. En appliquant le Code du travail français, elles contreviennent à des dispositions supranationales européennes qui s’imposent. Par conséquent, des entreprises pourraient être condamnées
Les employeurs doivent ouvrir des négociations collectives avec l
es organisations syndicales pour mettre en conformité les règles du temps de travail appliqués et les décisions du Conseil de l'Europe.Des contentieux pourront être ouverts devant :
les Tribunaux de grande instance, notamment pour obtenir la suppression de dispositions d’accords collectifs contraires à la Charte, et les Conseils de prud’hommes, notamment pour que des salariés obtiennent des dommages-intérêts pour des durées du travail excessives et des absences de repos ou de paiement de majoration pour heures supplémentaires.
Un salarié en forfait jour pourrait, s'il estime que sa convention de forfait ne respecte pas les règles européennes, réclamer devant le conseil des prud'hommes un rappel de salaires au titre d'heures supplémentaires sur les 5 dernières années. Le risque est réel d'un point de vue juridique.
En conclusion, la DRH de CANAL+ doit cesser de considérer nos revendications sur ces sujets comme irrecevables.
Ce ne sont pas de vulgaires inconscients qui ont étudiés et statués sur ces textes, mais les membres d’une commission du Conseil de l’Europe…
