Rédacteur avec Marie Eve Chamard de l'excellent ouvrage "A mi-parcours" le livre mémoires d'André Rousselet, Philippe Kieffer s'exprime sur la situation présente de CANAL+

"L’inconvénient, avec les fantômes, c’est qu’ils ont la vie dure. Chaque fois que j’entends ou lis les propos de Vincent Bolloré déclarant qu’il va « sauver » Canal+ j’ai l’impression d’entendre, comme en léger différé, le spectre de Jean-Luc Lagardère assurant autrefois, devant la collégiale incompétence du CSA, qu’il allait, foi de Lagardère, « sauver la Cinq » en la rachetant. La comparaison n’évoquera rien aux moins de quarante ans. C’était en 1991. Autant dire un siècle avant l’apparition d’Internet."
Depuis qu’il est entré dans le secteur, Vincent Bolloré donne le sentiment de vouloir écorner, méthodiquement, l’image d’industriel aguerri, pugnace, besogneux, qu’il avait su construire de lui-même, au fil des décennies, dans les univers contrastés du transport maritime, des batteries au lithium, du papier à cigarettes ou de l’huile de palme… Son quotidien gratuit (Direct Matin) est un modèle d’insipidité à côté de quoi le concurrent (20 Minutes) paraît un New York Times hexagonal. Les chaînes qu’il a créées puis revendues à Canal+ (les départementales D8 et D17) sont des icônes de la médiocrité de la TNT à la française."
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