Et la décision en
revient à l’Autorité de la concurrence qui va décider de l’avenir du Groupe, de
notre avenir. C’est en effet à cette date que l’Autorité de la Concurrence
devrait rendre son avis sur la fusion avec TPS réalisée… il y a 5 ans ! Une
première mondiale.Si le scénario catastrophe de la séparation des activités de distribution et d’édition semble s’éloigner, d’autres scénarios révélés par la presse pourraient se révéler potentiellement dangereux pour l’avenir du groupe, pour ses 4500 salariés et pour les milliers d’autres emplois qui vivent par et pour CANAL+ en France, dans les départements d’outre-mer et dans quelques pays à l’étranger.
Depuis des mois, notre syndicat s’est inquiété des conséquences sociales de décisions qui pourraient remettre en question l’équilibre économique du Groupe CANAL+. Ce Groupe qui fut au bord de la faillite en 2003 devrait donc plier le genou et faire contrition !
Les enjeux sont pourtant énormes !
Pourrait-être bousculée toute une industrie culturelle, une industrie de la création, un soutien indéfectible aux acteurs de "l’entertainment" à la Française.
Que l’on ne s’y trompe pas!
Si CANAL+ n’a pas respecté à la lettre selon l'Autorité de la Concurrence, quelques-uns des 59 engagements imposés après la fusion avec TPS en 2007, faudrait-il que le groupe soit puni au point de risquer de remettre en question sa pérennité et son équilibre économique?
Mais que la mémoire est courte ?
Car qui se souvient par exemple des
engagements du Groupe Bouygues lors de la privatisation de TF1
en 1987 ? Du spectacle vivant aux heures de grande écoute, un engagement
pour développer la culture à l’antenne, une volonté de favoriser la réflexion
intellectuelle, le savoir, l’information, le divertissement… Le tout défendu
par un Bernard Tapie flamboyant… Tout cela reste visible sur le site de l’INA,
des archives qui offrent au regard et à la mémoire quelques moments savoureux
de l’expression des acheteurs du TF1 de l’époque devant la CNCL, l’ancêtre du
CSA.Avez-vous vu un jour à 20h30 un spectacle de Beckett, une pièce de Molière, un concert de la Philarmonique de Berlin ? Non jamais. Le mensonge pour préempter la première chaîne publique de l’époque, un cadeau inestimable au Groupe Bouygues, le tout avalisé… par le gouvernement de l’époque et son ministre de la Culture, le grand François Léotard qui choisit alors comme repreneur «le mieux disant culturel».
http://www.dailymotion.com/video/xalpg2_tf1-quand-bernard-tapie-coachait-bo_news
Depuis, Patrick Le lay s’est exprimé pour dire la vérité, sa vérité : A Tf1, ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible… pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. (...)
http://www.acrimed.org/article1688.html
C’est ainsi !
Une gestion aléatoire de Jean Marie Messier a failli faire disparaitre CANAL+ en 2001, finalement sauvé par son actionnaire. Aujourd’hui, c’est une autorité «indépendante» qui pourrait attenter à la pérennité de CANAL+, de ce modèle unique et tellement vanté en France et à l’étranger.
5 ans après !
Une première dans l’histoire économique mondiale. Mais la France n’est jamais en reste pour écrire de nouvelles pages de la jurisprudence économique, souvent grandioses, parfois funestes.
CANAL+ ne doit pas faire l’objet de règlements de compte économique ou politique. CANAL+ est une grande et belle ambition qui a pour vocation d’éclairer, d’informer, de divertir. Et sur ces plans, CANAL+ rempli son cahier des charges.
Ce Groupe audiovisuel est le seul en France à rivaliser avec les grandes productions audiovisuelles internationales et notamment américaines. Ce n’est jamais arrivé pour un pays Européen, au contraire, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, l’hégémonie américaine sur les médias ne s’est jamais démentie.
En rachetant des catalogues de films qui seraient
passés dans des mains étrangères, CANAL+ sauvegarde également le patrimoine cinématographique
national grace aux investissements de son studio. C'est une autre facette moins connue de l'activité du Groupe. D'autres business participent également au rayonnement de notre industrie du divertissement.Plutôt que de s’attaquer aux fondements de l’entreprise, permettons-lui de se développer, en garantissant sa pérennité, son équilibre économique, et le sauvetage de milliers d’emplois…
Si la décision rendue le
24 juillet s’avérait trop contraignante, alors l’avenir proche et lointain de CANAL+ pourrait
à nouveau s’assombrir. Ainsi, une décision administrative pourrait avoir raison d’un redressement
économique réalisé ces 10 dernières années à marche forcée et dont nous payons encore
les frais à notre actionnaire. La peinture est à peine sèche qu’il faudrait à
nouveau consolider des fondations fragilisées ! Mais2012 n'est pas 2003!
Il n’y aurait alors plus de limites pour un déferlement d’acteurs internationaux aux poches pleines et aux ambitions réelles. Des rives du Pacifique aux berges du Qatar… vive la mondialisation de l’audiovisuel…
Plutôt que d’affaiblir
les petits acteurs nationaux que nous sommes, des nains face aux mastodontes américains, ne
peut-on réfléchir sur un modèle Européen, exporter nos savoirs faire, pour
favoriser la création d'une véritable industrie capable demain de rivaliser avec les plus grands mondiaux? Pour défendre un modèle et des
valeurs communes?Si des conditions doivent être imposées à CANAL+, qu’elles soient sources de développement et de rayonnement, pas d’affaiblissement ou destructrices d’emplois.
Notre industrie commence à souffrir d’une situation économique tendue et de l’arrivée d’acteurs étrangers incontrôlés. La crainte de fortes conséquences sociales ne peut être écartée. Ce secteur pourrait demain licencier comme d’autres le font aujourd’hui. Nous aurions alors perdu sur tous les tableaux… pour longtemps, très longtemps !
Mais le pire n'est jamais sur, et la raison l'emportera! Une vision pour un nouvel horizon, ou la regression destructrice, un choix fondateur d'une nouvelle ère pour l'audiovisuel en France. Quelles bougies souffleront-nous le 24 juillet?Un contact en cliquant ici!

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire