...tant mieux… ! L’Assemblée Générale
de Vivendi s’est tenue le 30 avril au Carrousel du Louvre. Le 1er mai, rien n’avait
changé !
La « revue
des actifs détenus par le Groupe» décidée il y a tout juste un an, reste à
l’état de revue même si tout n’a pas été mis sur la table lors de cette assemblée
générale, et notamment l’avenir de Maroc Telecom.
Finalement, depuis un an, le seul
grand changement de cette revue d’actifs aura été le départ fracassant et inattendu de
Jean Bernard Levy, le patron opérationnel du Groupe. Depuis, c’est l’arlésienne !
Un jour on
vend GVT notre filiale Brésilienne au développement exponentiel, le lendemain
il n’y a plus d’acheteur. Un autre jour c’est au tour d’Activision Blizzard la
filiale
leader mondial des jeux en ligne d’être sur la ligne de départ, et puis, pfft,
on garde tout. Encore un autre jour et c’est Maroc Telecom qui est sur la sellette, mais là, les intérêts financiers ne sont surement pas les seuls en jeu… Maroc
Telecom, une très belle filiale, pourrait être la seule cession du Groupe réalisée en
2013.
Pendant ce
temps, Jean René Fourtou réaffirme son attachement à prendre le temps. « … nous n’allons pas brader ces superbes
actifs… » Alors pourquoi vendre ? C’est bien la question qu’a du
se poser il y a un an Jean-Bernard Levy au conseil de surveillance avant de claquer la porte.
Pour
désendetter le Groupe ? Pour permettre l’arrivée de Vincent Bolloré à sa tête ?
Le premier actionnaire du Groupe avec 5% du capital dont l’absence remarquée à l’assemblée générale du 30 avril a
été abondamment critiqué par les actionnaires…
Pour recentrer
le Groupe sur les médias comme le souhaite Bertrand Meheut ? De quels
médias parle-t-on ? Des jeux, de la musique et la Télé ou de la seule Télé
autour de CANAL+ ? Mais qu’est qu’un Groupe de médias sans un actionnaire
puissant, sans une capacité d’investissement importante, sans un soutien permanent
d’un groupe aux reins solides ?
A moins que
l’après démantèlement soit déjà écrit! Rapprochement
avec les activités Bolloré, Havas par exemple, ou bien rapprochement avec un
opérateur ADSL afin de sécuriser la diffusion des contenus, tout est
envisageable. Dans ce dernier cas, nous aurions alors perdu beaucoup de temps pour
prendre ce virage stratégique. Cette évolution est prévisible depuis plus de 7 ans. Hors, il y a 7 ans, nous absorbions TPS. Pourquoi ne pas avoir réalisé une telle opération en ce temps là alors que Free était encore un nain industriel sur le marché des Télécoms? Et pourquoi
avoir snobé pendant si longtemps SFR, notre partenaire naturel dans Vivendi ?
Côté SFR, la
seule annonce pourrait être une mise en bourse d’une partie de son capital…Pourquoi
faire ? Permettre l’arrivée d’un financier étranger dans le capital de SFR, d’un fond
de pension Américain ? Mais dans ce cas pourquoi avoir racheté à Vodafone il y a
quelques mois les 44% qu’il détenait dans SFR ? Ce choix
pourrait s’avérer dangereux pour cette très belle filiale, qui, même si elle souffre
un peu de l’arrivée de Free sur le mobile, n’en reste pas moins une très belle entreprise
à l’avenir radieux si les bonnes décisions sont prises.
Pour l'avenir de Vivendi,
les questions restent donc ouvertes. Une certitude, on ne démantèle pas ainsi
un groupe de 60 000 salariés en interne, des centaines de milliers en externe
d’un coup de baguette magique et c’est heureux.
Au regard de
ce maelström, on comprend pourquoi Jean-Bernard Levy a préféré partir ! Car lui
avait su construire un projet industriel doublé d’une ambition sociale. Le
projet industriel est à reconstruire, l’ambition sociale est à terre. Des
milliers d’emplois pourraient être concernés par ces restructurations sans
certitude d’un accroissement de la valeur globale du Groupe.
Lors de cette Assemblée Générale, certains actionnaires ont demandé à Jean-Bernard Levy de rendre ses indemnités
de départ. Nous pensons au contraire qu’il faut remercier ce grand patron, le
seul à nous avoir balisé le chemin pendant une dizaine d’années, tout en
poursuivant sereinement une politique de redressement spectaculaire et de développement
raisonné en France et à l’étranger, une expansion intelligente, maîtrisée et qui
porte ses fruits. Rachat d’EMI, développement de CANAL+ en Pologne, achat de
GVT au Brésil, tous les investissements réalisés sous l’ère Levy ont été générateur
de valeur, dira-t-on la même chose dans 5 ans ?
Malheureusement, le rendement financier et les
ambitions personnelles ne peuvent
attendre. Et ces actionnaires avides de rendement à court terme seraient prêt à
se saborder avec l’équipage pour tenter de retrouver un hypothétique eldorado
disparu corps et âmes avec son promoteur dans les affres d’une aventure devenue alors
incontrôlable.
Vivendi est
une très belle entreprise Française, un Groupe qui a su construire un modèle international
original dans les médias et les télécoms, un Groupe solide, aux finances saines,
aux capacités d’investissements importantes. Qu’il faille restructurer ou
modifier l’organisation du groupe, personne n’en doute. Certains actionnaires avaient proposé l'an dernier d'en finir avec le Directoire et le Conseil de Surveillance et d'organiser les activités autour d'un Conseil d'Administration. D'autres avaient même proposé que Jean-Bernard Lévy en prenne la tête...
Aujourd'hui, c'est une autre option qui est sur la table. Mais démanteler par appartement
pourrait apparaitre finalement comme un gâchis monstrueux destiné à assouvir quelques ambitions
personnelles et permettre d’augmenter de quelques euros la valeur d’une action au
seul profit d’actionnaires avides de rendement de court terme.
Le pire n’est
jamais sûr, mais la période est à la question alors que les grandes décisions
sont peut-être déjà prises ! 58 000 salariés et leurs familles attendent
la suite de l’histoire avec grand intérêt, mais vous avez raison Monsieur
Fourtou, prenez votre temps avant de démanteler ce paquebot, les salariés ne sont pas pressés!
Tel 01 71 35 13 17
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