Depuis des mois, les départs et les licenciements se succèdent à un rythme qui tend à s’accélérer à mesure que l'année 2014 avance...
Le début de l’année avait donné le top départ d’une course contre la montre ! "...combien chez toi, et chez toi..." semblent se demander les DRH de pôle… !
La période des congés est toujours propice aux licenciements.
Le préavis effectué pendant les mois de juillet ou d’août passera d’autant plus
inaperçu que de nombreux salariés seront en congés, découvrant à leur retour la
place laissée vacante par leur collègue remercié et souvent non remplacé !
Comment justifier ainsi cette accélération sensible
des départs contraints? Une conjoncture difficile certes, et comme toujours dans ce cas,
l’emploi comme facteur d’adaptation. Une volonté toujours affirmé de faire
partir les plus anciens, les seniors qui n’auraient plus leur place dans notre entreprise
où le geek deviendrait l’alpha et l’oméga d’un avenir incertain. Une réorganisation
en profondeur du management opérationnel. L’assemblée générale de Vivendi est maintenant
derrière nous, de nouveaux dirigeants prennent les rênes du Groupe, il faudrait pour le management encore en place en profiter pour faire place nette, leur laisser la possibilité de combler les
vides à leur guise… Ces raisons ne sauraient tout expliquer !
Côté méthodes, elles sont chaque jour plus toujours plus cavalières... Le mot est faible tant certaines
situations sont proches de l’absurde ou de l’inacceptable.
Citons pêle-mêle une demande
de bilan de carrière qui peut se clore par une remise en cause globale de sa
position professionnelle, de son engagement et de son professionnalisme… "...vous voulez bougez et bien dansez maintenant…" une demande de mobilité… et voilà la porte
montrée du doigt... un renseignement à obtenir et hop, par ici la sortie...
Toutes les catégories de personnels, tous les business, tous les âges sont aujourd’hui concernés par
cette politique du chiffre qui semble avoir pris le pas sur la raison sociale !
Une politique absurde
et destructrice de valeurs économiques et sociales. Nous la dénoncerons toujours car elle est contre productive. Elle contrevient également aux textes sociaux signés avec les syndicats et qui encadrent la gestion de carrière ou l'évolution professionnelle. Elle accroît l’angoisse
de centaines de salariés qui n’ont pas besoin de cela aujourd’hui pour se questionner sur leur avenir à CANAL. Elle déstabilise un peu plus des organisations et des
business déjà bousculés parfois bouleversés par des mois d’incertitudes, de questionnement,
d’attente, de nécessaires clarifications qui tardent à venir….
Dans cette période de grand trouble, une forme d’apathie
règne et inonde les couloirs des vastes immeubles du Groupe ! A quand mon tour, quand serai-je contacté par la RH ! Car les RDV se succèdent, convoqués souvent sans raison particulière,
de façon anodine. Il n’est plus rare pour beaucoup de salariés de se retrouver face à son manager et une
RH qui tend le papier destructeur : "...signez ici..." la convocation à l’entretien préalable !
Nous ne sommes plus à une irrégularité près dans la procédure, tout semble
permis, les digues légales sautent les unes après les autres, et des salariés
médusés de tant de dédain! Car cette remise de lettre en main propre précède une procédure très encadrée par le code du travail.
Rappelons que la convocation à l'entretien préalable à licenciement doit faire l’objet d’un envoi de courrier en
recommandé, que ce courrier peut être remis en main propre mais exclusivement
par la DRH et en aucun cas en présence du manager ! L’entretien préalable…
un travail à la chaîne qui génère parfois quelques incohérences dans les courriers remis aux salariés… Du copié-collé
qui transforme le masculin en féminin, la raison du licenciement de l’un en
justification pour l’autre… !
Mais que deviennent ces postes de salariés partis vers d’autres
horizons? Qu’il soit licencié, qu’il démissionne, qu’il parte en mobilité, qu’il
accepte une rupture conventionnelle, le poste du salarié en question doit faire l’objet d’un remplacement. Dans le
cas contraire le non remplacement peut être requalifié en licenciement économique
et permettre l'obtention de dédommagements autrement plus importants
que ceux acquis dans le cadre d’une procédure plus "classique".
C’est pourquoi la
vigilance s’impose! Quand un salarié s’en va, son poste doit être remplacé. Ce n’est
pas le cas ? Alertez vos représentants du personnel qui sauront deviner s’il
s’agit d’une action liée à la réorganisation d’un service ou d’un acte délibéré
pour réduire le nombre de poste et par ricochet… la masse salariale !
Dans tous les cas nous vous conseillons de prendre contact
avec vos représentants du personnel qui sauront vous accompagner dans vos
démarches administratives et juridiques ! Mais avant tout dans la période
trouble actuelle, avant d’engager une action personnelle, réfléchissez, venez
en discuter, ne partez pas à l'aventure, ou alors en connaissance de cause !
A bon entendeur...
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