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13 mars 2015

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front

Ceux qui d'un haut destin 
gravissent l'âpre cime
Ceux qui marchent pensifs, 
épris d'un but sublime

Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour

Car le plus lourd fardeau, 
c'est d'exister sans vivre 
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas

Le sombre accablement d'être 
en ne pensant pas

Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, bâille, 
dit oui, dit non,
N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ;

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière

Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,

Regarder sans respect l'astre, 
la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts !

Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés

Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,

Tourbe, foule, hommes faux, cœurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues 


01 71 35 13 17



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