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07 juin 2015

Projet de loi sur le dialogue social, une importante modification du droit social en perspective dans nos entreprises

Le projet de loi sur le dialogue social présenté au Parlement pourrait profondément modifier l’environnement et le dialogue social dans nos entreprises…

Compte personnel d'activité, "prime d'activité", délégation unique du personnel... Le projet de loi entend simplifier des règles jugées "trop formelles" et "complexes" et qui constituent, selon le gouvernement, un frein à la performance des entreprises et donc à l'embauche  

Ce projet de loi est née de l'échec des négociations sociales entre patronat et syndicats en janvier

Présenté début avril aux syndicats, le projet de loi a reçu un accueil mitigé, aussi bien du côté des organisations syndicales représentatives des salariés que des organisations patronales.

Côté patronat, la CGPME, très hostile à la représentation pour les TPE, a estimé qu'il alourdissait le "mille-feuille social", tandis que le Medef y voit une "collection de semi-réformes". Aucun syndicat représentatif n'a donné son blanc-seing sur le texte présenté au parlement. Il s'agit avant tout de rester vigilant sur les moyens donnés aux représentants du personnel

Un dialogue social simplifié
Sur le dialogue social, la réforme simplifie les instances représentatives du personnel. Elle permet aux entreprises de moins de 300 salariés de regrouper délégués du personnel, Comité d'entreprise et Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail au sein d'une Délégation unique du personnel (DUP)

Jusque-là, cette possibilité n'était offerte qu'aux entreprises de moins de 200 salariés et n'incluait pas le CHSCT. Selon le gouvernement, 3.000 entreprises de plus pourront mettre en place une DUP

"Un fonctionnement plus simple et plus efficace pourra avoir des effets positifs en termes de productivité, et indirectement sur l'emploi", estime le gouvernement.

Quant aux entreprises de plus de 300 salariés, elles devront passer par un accord majoritaire pour pouvoir regrouper des instances. "Environ 7.000 entreprises couvrant 7 millions de salariés seraient potentiellement concernées".

Le projet crée aussi une représentation des salariés des très petites entreprises, les TPE de moins de 11 salariés. Cela se fera toutefois via des "commissions régionales paritaires", dont les membres n'auront pas accès aux entreprises

La réforme concentre également les obligations d'information-consultation et les négociations obligatoires en trois grands rendez-vous annuels.

Pour valoriser dans le même temps le parcours des quelque 600.000 représentants des salariés recensés en France, le texte leur assurerait une progression de salaire minimale...

Le compte personnel d'activité
Il s’agirait dès 2017 de créer un compte personnel d'activité regroupant les différents comptes existants (pénibilité, formation...).
Un compte que les salariés pourraient garder tout au long de leur carrière… Ce serait "la grande réforme" sociale du quinquennat.
Mais les contours et les modalités d’application de ce compte seraient précisés par une nouvelle loi en 2016 après négociation des partenaires sociaux.

La future "prime d'activité"
Autre mesure qui s'est greffée au projet, la création d'une prime d'activité.  
Cette prime naîtrait de la fusion du RSA -activité et de la prime pour l'emploi, à laquelle plus de 5,6 millions d'actifs seront éligibles

Le gouvernement s'est engagé à que la prime d'activité soit "élargie" aux étudiants salariés et aux apprentis touchant au moins 0,8 SMIC. 

Enfin, le projet de loi pérennise aussi le régime d'assurance-chômage des intermittents du spectacle..;

Qu'il faille éventuellement modifier certaines règles sociales, pourquoi pas, mais de penser que ces évolutions permettront de développer l'emploi et les embauches reste de l'ordre de l'utopie. Le marché du travail est en crise profonde, une crise avant tout consécutive d'une mutation technologique radicale qui permet aujourd'hui de supprimer des milliers d'emplois.

Cette loi porte le doux nom de"dialogue social". De ce point de vue, les inquiétudes sont réelles et légitimes pour les représentants du personnel. Les accords interprofessionnels négociés ces dernières années sont peu ou pas respectés. Les blocages des directions de grandes entreprises sont permanents. Au lieu de favoriser le dialogue, ces accords ont accentué la crispation, le dialogue suppose un respect réciproque des engagements, de ce point de vue le chemin reste bordé de bonnes intentions...  

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