Dans ce
domaine, la température n'a cessé de grimper ces dernières années à CANAL+ pour atteindre
des niveaux proches de l’apoplexie.
Résultat d’une politique coercitive de
gestion des ressources humaines, de plans d’économies financières qui se succèdent
sans discontinuer depuis plus de 5 ans, du non remplacement de dizaines de salariés,
de la désorganisation importante de certains secteurs d’activités… ces phénomènes conjugués contribuent à l’accroissement
d’un mal être croissant.
Ici comme ailleurs,
les mêmes maux produisent les mêmes effets avec un risque tout aussi réel. Nous le savons,
nous, élus du personnel qui sommes interpellés depuis des mois par des salariés
de tous niveaux et de tous secteurs.
La médecine
du travail devrait être en appui pour soutenir les salariés qui en ressentent le besoin. Malheureusement,
cette médecine est à nouveau sous pression
depuis quelques semaines.
Pour gérer son servive médical, CANAL+ fait appel à l’ACMS, une
association qui met à disposition des grandes entreprises les compétences
nécessaires.
L’entreprise signe alors de quelques années.
C'est pourquoi le médecin n’est pas directement salarié de l’entreprise, ce qui lui
assure une certaine indépendance … Enfin normalement, car une fois franchi le portail
de l’entreprise, le médecin comme chaque salarié, se retrouve dans un autre monde,
un monde dans lequel le pouvoir revient en totalité à la direction de l’entreprise,
notamment, un pouvoir de coercition!
Ce qui est valable pour le médecin ne l'est pas pour les infirmières. Elles
sont recrutées et donc salariées de CANAL+.
Le service médical doit être assuré sur les différents sites du Groupe hormis le
CRC de Rennes qui dispose de son propre médecin, sur place.
Mais assurer
cette présence sur les différents sites nécessite de disposer d’une équipe médicale
au complet. A CANAL+, 3 infirmières devraient remplir ce rôle aux côtés du medecin, c'est une obligation légale.
A l’heure
actuelle, une seule infirmière assure la permanence en qualité de CDI. Pour
compléter les plannings journaliers, CANAL+ fait appel régulièrement à des
intérimaires. Une situation pas facile à
gérer au quotidien lorsque ces personnes viennet une, deux ou trois journées puis repartent. Une situation anormale alors que la demande de RDV particuliers explose.
Cette
situation complique un peu plus chaque jour la tâche du service médical qui ne
peut plus remplir ses missions dans des conditions optimales.
C’est pourquoi,
ces dernières semaines, l’infirmerie n’a pu parfois ouvrir ses portes sur l’un ou
l’autre site du Groupe. Pourtant, l’obligation légale impose une permanence en
ce domaine. Nos alertes de ces dernières semaines ont eu pour effet d’accélérer
le recrutement d’une nouvelle infirmière. Mais ce recrutement devait être comblé
par le dernier CDD finalement non confirmé par la Direction. Incompréhensible
alors que cette personne semblait faire l’unanimité au sein de l’équipe...
Voudrait-on
faire pression sur le médecin présent que l’on ne s’y prendrait pas autrement… Faut-il décourager
une personne qui formule depuis des mois le même constat que nous : une
dégradation des conditions de travail et une progression inquiétante du mal
être? Veut-on se voiler la face, refuser cette réalité, celle-là
même dont nous exigeons depuis des mois qu’elle fasse l’objet d’une attention
toute particulière ?
C’est ce que
nous percevons dans les décisions qui sont aujourd’hui mises en œuvre. L’insuffisance
du personnel infirmier, les pressions plus ou moins ouvertes que subit le service
médical font craindre de nouveaux changements pour la rentrée...
Le médecin aujourd’hui
en poste pourra-t-il résister longtemps à cette situation? C’est la
question qui est sur toutes les lèvres des élus et des représentants du
personnel. Mais un départ précipité du médecin, avant le terme de son contrat, porterait
la marque d’un échec flagrant dans la mise en œuvre et la gestion de ce service.
Souvenons-nous du départ du précédent médecin... des questions sont restées sans réponses...
Dans cette
situation, nous revendiquons que l’on laisse le service médical de l’entreprise
accomplir ses missions en toute indépendance. Réfuter cette obligation, c’est
prendre le risque d’un développement sans contrôle du mal être interne. Si tel
était le cas, chacun saura mesurer à l’aune de ses responsabilités, les conséquences
potentielles d’une nouvelle déstabilisation de ce service.
Pour la rentrée prochaine,
qui s’annonce chargée socialement, l'ntreprise doit disposer d’un service médical en ordre
de marche. Nous serons très attentifs aux évolutions et aux soubresauts que pourrait
vivre ce service dans les prochains mois. Il en va du bon fonctionnement de l'entreprise et surtout d'une attention redoublée au mal-être grandissant.
Bonne vacances !
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