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12 février 2013

i>TELE, à nouveau la tourmente sociale…

Ces JRI… ces malchanceux !
Z’avez qu’à bien vous tenir… Horaires démesurés, admonestations, moyens en berne... avec le changement de direction de la Rédaction du Groupe CANAL+, il y a quelques mois, nous pouvions espérer une accalmie sur le front social de notre chaîne d’infos, au minimum pour apaiser quelques souffrances, ou bien permettre l'émergence de quelques espoirs après des mois de contraintes insupportables sur le rythme et les conditions de travail… et bien finalement non !

L’accalmie est venue… elle aura duré quelques semaines… A chaque nouvelle direction, de nouvelles ambitions, de nouvelles méthodes mais toujours  l'impression pour les nouveaux dirigeants d'arriver dans une rédaction qui ne travaillait pas… « On va leur apprendre et les mettre à bosser ! » 

Et puis l’arrivée d’un nouvel adjoint à la direction en charge des reportages, et voilà la rédaction appelée à vivre une nouvelle rupture managériale dans l’organisation des tâches et des missions. Décidemment, ce poste de responsable de la rédaction serait-il à ce point intenable qu’il faille engager des managers qui, par manque d’expérience ou par volonté, appliquent des méthodes systématiquement musclées ?

Quand cela va-t-il cesser ? Accidents, burn-out, découragement, l'environnement de la rédaction et des JRI en particulier s’est à nouveau dégradée. Des JRI épuisés, des conditions de travail très difficiles, une organisation à flux si tendue que certains de nos meilleurs journalistes s’endorment au volant après des journées, des semaines de travail interminables, risquent leur vie pour répondre aux injonctions d’une direction de la rédaction parisienne obnubilée par l’audience, une audience l’œil rivé sur notre première concurrente BFM TV !

Productivité, disponibilité, rythmes insoutenables, pourquoi en sommes-nous à nouveau là ? La course à l’audience n’explique pas tout, elle est un élément d’un puzzle plus complexe.

D’abord avec un budget contraint ou 1 point d’audience pourrait être valorisé à 20M€ ! Comment rivaliser avec BFM qui dispose d’un budget supérieur de 30 à 40%? C’est toute l’équation de notre chaîne d’infos qui se débat pour donner le meilleur mais en low-cost !

Résultat, sur le terrain, là où BFM envoi 2 ou 3 personnes pour que jamais un JRI ne se retrouve seul en reportage, c’est généralement systématiquement toujours l’inverse pour les JRI de i>TELE. Ceux-là conduisent leur voiture quand il y en a une de disponible… jonglent avec les câbles, réalisent leur reportage, montent leurs images, les diffusent, et filent sur un autre lieu de l’actualité chaude où la Rédaction Parisienne les pousse… "vous n'y êtes pas encore...?"

Dans ce trend de folie, le JRI finit souvent par craquer ! Engueulades, refus d’obtempérer, brimades… tout est bon pour signifier à cette basse classe sa condition d’exécutante. Beaucoup décrochent, tombent malade ou finissent par faire appel à leur avocat, épuisés et incapables de revendiquer une médiation interne, ne rêvant qu’à une chose : partir !

Est-ce ainsi que les rédactions doivent (sur)vivre ?!
Cette situation devient à nouveau intenable. C’est toute une profession qui est ainsi meurtrie, touchée par un modèle de management inadapté et contraignant.

Faut-il encore rappeler sur ce blog que si tous les journalistes sont régis par la loi de réduction de temps de travail, ils sont également cadres autonomes. Ils disposent donc théoriquement d’une très grande liberté dans la gestion de leurs horaires. Or les journalistes sont planifiés. Mais comme le prévoit la législation, le travail hebdomadaire ne doit pas excéder 48H, et les heures effectuées au-delà de ce quota sont donc des heures supplémentaires à récupérer ou à monétiser!

Quand récupère-t-on ? Jamais ou si peu !L’actualité ne s’arrête jamais n’est-ce-pas ? Pourquoi voulez-vous que des journalistes cessent de travailler, disposent d’une vie personnelle, d’une vie de famille, puissent aller chez le médecin lorsque cela devient nécessaire… « Mais posez donc un jour de congé ! »

C’est dans ce contexte que la Direction de la chaine est venue présenter un projet d’organisation du travail… sans horaire de fin... !

Une Rédaction qui n’en peut plus !
Même les pigistes s'enfuient… Des pigistes de plus en plus difficiles à recruter... il est vrai  que le montant de la pige proposé en décourage plus d’un, même quand on galère pour travailler... faut pas exagérer !
Ajoutons à la charge quotidienne, la production pour la nouvelle chaîne D8 et le bateau pourrait tanguer un peu plus !

Chantage économique ? Il faut que la chaîne coûte le moins possible nous répond-on ! Mais, c’est quoi le bon budget d’une chaîne d’infos ?

L’embellie d’il y a quelques mois est la mesure de la déception d’aujourd’hui. Aujourd’hui la Rédaction gronde, la colère monte, prête à se manifester. Il est donc urgent de revenir à la raison. De se mettre autour de la table et d’aborder résolument l’ensemble des problématiques sociales. De stopper cette course folle à la réduction des coûts, d’embaucher là où les besoins se font les plus criants.

La raison doit l’emporter. La durée des journées de travail à Paris comme en province doit respecter le cadre légal, permettre aux salariés de retrouver une vie normale, des WE de liberté, des vacances ininterrompues… Les CDI doivent assumer les responsabilités qui leurs reviennent, les stagiaires sont les bienvenus, mais à des postes adaptés aux missions qu’ils peuvent prendre en charge, les pigistes doivent être mieux rémunérés…

Faut-il rappeler que la durée de travail effective, y compris les éventuelles heures supplémentaires accomplies, ne peut exéder les limites de 10 heures par jour, de 48 heures par semaine, ou de 44 heures par semaine en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives ?

Des pauses d'une durée minimale de 20 minutes doivent être accordées aux salariés au moins toutes les 6 heures. Les heures effectuées au-delà de la durée légale sont considérées comme des heures supplémentaires. Tout salarié doit bénéficier d'un repos quotidien d'au moins 11 heures consécutives, sauf dérogation, auquel s'ajoute un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives au minimum !

Toute autre disposition doit faire l’objet d’une négociation collective et être encadré par des accords sociaux. Ici, non seulement le code du travail est galvaudé, non seulement on met en danger l’état physique et psychologique de certains collaborateurs, mais on engage la chaîne dans une impasse. Il ne saurait y avoir d’avenir serein dans ces conditions.

Une bonne chaîne d'infos, c'est d'abord un bon budget! Peut-on gagner la bataille de l'info sans moyen? Les discours lénifiants sur les challenges remportés par des équipes sans moyens atteignent ici leur paroxysme.

Une chaîne d’infos, oui, c’est couteux ! Des moyens supplémentaires devront être alloués... Mais le plus urgent, c'est de ré-ouvrir un dialogue global avec les partenaires sociaux… Développer un  modèle de management respectueux. Respecter des amplitudes de travail acceptables et raisonnables!

Sur le moyen et long terme, i>TELE doit inscrire son schéma d’orientation et sa stratégie sur un dialogue social constructif et partagé.

Poursuivre dans cette voie contraignante, c’est irrémédiablement courir à l’échec, pire prendre le risque de l’accident ou du décrochage de quelques un des Journalistes épuisés !

Un autre chemin est possible, nécessaire, indispensable! Manque la volonté?!
 
cgc-canalplus@neuf.fr
Tel 0 171 351 31

2 commentaires:

Anonyme a dit…

c'est une bonne analyse de la situation que nous vivons et de nos conditions de travail.

Anonyme a dit…

Je ne pense pas que la bataille de l'audience perdue contre BFM soit due au budget d'Itélé. Mais plutôt à sa ligne éditorial décevante.
Moi-même par corporatisme, au début de la concurrence entre Itélé et BFM, je choisissais la chaine maison. Mais très vite je zappais sur BFM. Maintenant je commence directement par BFM.
Quand on zappe sur Itélé, soit c'est la pub, soit un débat-plateau interminable, soit un long tunnel sport. Insupportable !
Voila pourquoi principalement, Itélé s'est fait doubler en terme d'audience.

Pour se démarquer, en plus, elle devrait cesser de monopoliser l'antenne sur un seul sujet toute la journée, quelle qu'en soit l'importance. On veut savoir régulièrement ce qu'il se passe dans le reste du monde. Et passer la 1ère , en diffusion HD. (en même temps, la moitié des images diffusées sont indignes car filmée par des téléphones…).

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