C'est enfin l'été mais seulement dehors car en interne c’est déjà
l'automne, une morosité pesante, une ambiance plombée en ce début de vacances !
En cause, des organisations qui ne cessent d’osciller entre évolutions
naturelles et départs contraints, licenciements ou ruptures conventionnelles à
la pelle, un groupe Vivendi qui peine à présenter une stratégie claire pour son
pôle médias, un management en attente de clarification depuis des mois, une
situation économique qui se dégrade en France, des patrons de business qui valsent,
des responsables de services qui s’en vont laissant orphelines des organisations
déboussolées...
Un été placé sous le signe de l’inquiétude ! Une inquiétude perceptible dans tous les secteurs et à tous les étages alors que chacun entrevoit déjà une rentrée à haut risque. Dans ces conditions, on comprend mieux cette volonté de mise sous tutelle du Comité d’Entreprise. Un enjeu semble-t-il essentiel pour notre Direction en cette période troublée.
Les récentes interventions de la DRH lors des élections professionnelles de
juin ont fini d'accentuer le malaise. Avec ces élections, et malgré ces
interventions inappropriées, les
salariés se sont très clairement exprimés pour un renouvellement des instances sociales
et du comité d’entreprise. Mais, bouquet final de ces élections, la
participation de la DRH du groupe à l’élection du secrétaire du CE rend caduque ce renouvellement
!
Faut-il pour autant prendre le contrôle des instances sociales lorsque l’environnement
économique se dégrade ? Nombreux sont celles et ceux qui se questionnent
sur les raisons de cette intervention dans le périmètre réservé des instances sociales.
Fallait-il y voir un nouvel intérêt de notre DRH pour l’organisation de l’arbre
de Noël destiné aux enfants des collaborateurs, ou de son intérêt à peser sur
la sélection des voyages subventionnés par le CE, ou bien encore pour proposer
un modèle de gestion révolutionnaire du parc immobilier détenu par le CE ?
Bien évidemment non ! Ce qui est en jeu, c’est le contrôle "politique"
du CE, de sa capacité à peser sur des décisions que des élus peuvent considérer comme néfastes ou imprécises
pour l’entreprise ou les salariés. Le Comité d’Entreprise est devenu au fil des
ans et des évolutions du code du travail une instance incontournable. L’information et la consultation des élus est souvent
obligatoire lorsque de grands sujets viennent modifier les organisations, la stratégie,
sans oublier l’impact sur l’environnement social, les départs, les salariés poussés vers
la mobilité ou en détachement...
Nous considérons que dans cette période troublée, marquée par les incertitudes, il faut à CANAL le contraire d’un CE policé, il faut un
CE dévergondé ! Un CE libre d’agir, de proposer, d’innover. Un CE
indépendant, constructif, imaginatif. Le
social n’est pas l’ennemi du progrès ou de la transformation de nos entreprises,
c’est un formidable levier capable d’amortir les chocs sociaux. Certains
dirigeants ne veulent pas l’entendre, arque boutés sur des certitudes éculées, dépassées.
L’audace, le plaisir, le fun mais l’incapacité à favoriser la modernité sociale… En verrouillant
les débats et les décisions du CE, la Direction de CANAL+ contraint les échanges,
contrôle les décisions, perturbe le fonctionnement de ce contrepouvoir reconnu
dans toutes les entreprises de France et de Navarre comme indispensable et
constructif.
Quelle ambiance torride...! Il est vrai que la vague de départs plus contraints
que volontaires inquiète et questionne. Avec ces dizaines de salariés qui quittent le Groupe, CANAL+ apporte incontestablement sa
pierre à l’augmentation du chômage. Même les pétitions de responsables de service
n’y font rien, il faut réduire la voilure, faire partir toutes celles et ceux
qui pour une raison ou une autre, n’ont plus leur place dans le bel édifice. Et
les méthodes se font plus expéditives, avec des convocations sans avertissement,
des sorties immédiates sans que cela ne soit justifié, des postes qui disparaissent
corps et âmes avec leur occupant…
Un vaste vaisseau secoué de toutes parts… Vous avez bien un p'tit projet? Afin de préparer les salariés, ou plutôt de rendre du temps de cerveau disponible
à imaginer une sortie définitive, CANAL propose des outils de gestion RH adaptés.
Il en est un qui tourne à plein régime, Projet+… vers l’extérieur ! Une
autre alternative reste l’Afrique et le départ vers la filiale Canal+ Overseas.
Une véritable machine à recycler du Cadre Sup ! Découverte de la "vraie
vie" et du palu en supplément, il est vrai que ces expériences se vendent bien
sur un marché du travail atone !
CANAL prépare sa
mue dans la douleur, dans le risque social et psychologique ! Comme toute entreprise, CANAL doit s’adapter, la
question ne se pose pas. Ce qui est en question c’est la méthode. Cette méthode où la discussion n'a plus sa place, où les instances sociales sont aux ordres... Le temps
semble si court qu'il faut aller vite, trop vite !
Pour accompagner socialement cette mutation indispensable de notre entreprise,
une alternative est possible, indispensable. Elle repose sur le respect du
débat social et des instances représentatives du personnel, l’acceptation de la
démocratie sociale, l’arrêt des décisions abruptes et incomprises.
Nous avons
vécu trois années douloureuses où la contrainte n’a cessé de progresser. Il serait
dangereux, risqué de poursuivre encore trois années de cette même politique. Nous pensions naïvement que le nouveau Comité d'Entreprise apporterait sa pierre à ce nouvel édifice, dans les conditions présentes, la rupture de confiance interrompt pour un moment ce processus que nous voulions constructif.
Il n'y aura pas de succès sans respect des individus et des collectifs. Espérons que ce signal ne viendra pas trop tard.
...Tentative pour retrouver la confiance!
Bonnes vacances
Tel 01 71 35 13 17
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