Au
royaume de l’image, les borgnes sont rois !
Interroger
37 000 étudiants... mais comment font-ils...?
Comme
chaque année, une société Suédoise Universum, réalise un sondage auprès
d'étudiants de grandes écoles de commerce et d'ingénieurs pour établir un
palmarès de leurs entreprises préférées. Ils seraient près de 37 000 à
avoir répondu à l'édition 2014 de cette enquête.
Comme
chaque année, certains chez nous se gargarisent de la position
obtenue par CANAL+ dans ce classement, cinquième place pour les
étudiants en école de Commerce, très bien… mais malheureusement un secteur où
CANAL ne recrute plus qu’avec grande parcimonie depuis longtemps. En revanche,
positionnée en 44ème position pour les écoles d’ingénieurs alors que
les besoins en ressources dans ce domaine sont importants, c’est plus
inquiétant !
Ce
que personne ne sait, ce sont les questions que posent cette société aux
étudiants concernés, comment elle sélectionne les écoles qu'elle approche,
comment sont retraités les résultats obtenus, qui est à la tête de cette
entreprise Suédoise, qui réalise le palmarès...
Avec
l'autre enquête, du rêve à la réalité! L’enquête d’engagement "CANAL+
Moi" réalisée en interne en 2013 avait révélé un processus d’accélération
dans le désappointement des nouveaux recrutés. 12 mois après leur entrée,
c’est souvent la déception qui l’emporte. En cause, un manque de moyens, une
organisation bousculée en permanence, une stratégie peu lisible. Si l’on y
ajoute une absence de gestion des carrières et une ambiance plombée par un
environnement social en tension, on a là tous les symptômes d’une
entreprise qui peine à se projeter dans un futur en mutation profonde, et une
incapacité à gérer avec finesse et respect des salariés en charge des activités
plus historiques. Ceux-là peuvent être remerciés sans
ménagement, ils devront laisser leur place à de nouvelles
recrues chargées de mettre en œuvre les nouvelles ambitions
technologiques et éditoriales.
Faut-il
pour cela jeter par-dessus bord avec l’eau du bain, 30 années d’une riche
histoire sociale fabriquée par des centaines de salariés pour certains
aujourd’hui proches d’une fin de carrière bien remplie ? Car là est la
question ! Plutôt de se soucier d’une image virtuelle, d'étudiants qui
rêvent comme 95% de Français en âge de travailler d'intégrer CANAL, préoccupons
nous de celles et ceux qui sont à l'œuvre aujourd’hui, jeunes et moins jeunes, et qui font avancer le paquebot.
Commençons
par engager une profonde réforme de nos méthodes sociales pour une gestion
respectueuse des femmes et des hommes qui travaillent à maintenir et développer
un business en forte tension. Mettons en place une gestion des carrières
ouverte et responsable. Recrutons dans la diversité des âges et des diplômes.
Fabriquons une entreprise à l’image de la modernité qu’elle doit impérativement
représenter…
Pour réaliser de nouvelles ambitions, est-il raisonnable de fixer à 45 ans l’âge limite
où l’on bascule dans la séniorité, c’est-à-dire le regard que l’on oriente pour
vous vers la sortie? Est-il raisonnable de décourager de nombreux salariés par
des mesures d’un autre âge en dégradant leur position sans même qu'ils en
soient informés, découvrant au hasard de leurs pérégrinations
administratives leur nouvelle position? Est-il raisonnable d'abandonner une
classe d'âge au motif qu'il faut partout du jeune geek, seul capable
de redorer un blason un peu terni...?
CANALOUTAI,
où t’es, où t’es, où t’es…
Où
faut-il donc chercher pour retrouver l'ADN de cette belle aventure, de ses
succès passés...? La prochaine étape ne sera pas que capitalistique ou financière,
elle ne sera pas non plus fondée seulement sur la technologie ou la refonte des
organisations. C’est dans une réforme profonde de notre modèle social que nous
trouverons les capacités à rebondir et pour que se concrétise une nouvelle
ambition commune.
Pour
réussir la convergence avec l’Internet, pour élargir nos frontières, pour
retrouver l’esprit de conquête et de modernité qui a caractérisé les premières années
de CANAL+, il faudra aussi consolider et
reconstruire un édifice social malmené et souffrant. Imaginer autrement l’avenir
c’est prendre le risque d’une nouvelle perte de temps, un temps qui aujourd’hui
tourne à grande vitesse, des mutations technologiques aux mutations des modèles
de consommation
Et pour faire mentir Leo Scheer, créateur de CANAL+ en 1982
qui écrivait il y a quelques mois que CANAL+ avait 10 ans de retard, engageons-nous
dans une profonde transformation de notre modèle social afin qu’il redevienne l'un des leviers indispensables à la réussite de nos projets futurs.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire