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08 février 2015

Quand il n’y a plus que la grève...

Depuis plusieurs années, nous déplorons la dégradation des conditions de travail des milliers de salariés du Groupe CANAL+!  

Dans tous les secteurs de l’entreprise, Distribution, Technique, Edition, Services Supports, i>TELE, Studio CANAL, et maintenant également à CANAL+ Overseas, c’est la même rengaine, celle des économies, des restructurations, des diminutions de postes, des licenciements... Ces événements rythment le quotidien de l’entreprise

Sans perspective autre que celle du lendemain, les salariés de CANAL subissent sans toujours la comprendre, une politique sociale contraignante, où l’absence de dialogue rime avec oukase et décisions abruptes

Ce début d’année 2015 a vu ces phénomènes s’accélérer! Partout, les patrons de business agissants sur ordre, sont chargés de repérer les salariés dont le poste pourrait être supprimé, les missions restructurées, d’accompagner des collaborateurs vers la sortie, le tout en respectant l’épure d’un PSE qui veut encore aujourd’hui que 10 suppressions de postes par période de 30 jours impose la mise en œuvre d’un plan social!

"...Bonne année..." Dépités, ces managers et patrons de service s’exécutent, parfois en annonçant clairement la couleur à leurs équipes… "Bonne année 2015… au fait nous devrions être beaucoup moins nombreux dans quelques mois…" "…j’ai ordre de dégraisser, je suis dans l’obligation de le faire…" "…nous serons 30% de moins à fin 2015…"

Les conséquences de cette politique sociale sont palpables à tous les étages! Mines déconfites, multiplication des absences, burn out en progression inquiétante, malaise généralisé, le drame n’est pas loin!

Au-delà de la désorganisation des business, cette politique porte atteinte maintenant  à la santé physique et mentale de plusieurs dizaines de salariés, épuisés, en rupture, désorientés. Nous avons en ce début d’année, franchi un cap, le seuil d’alerte est atteint.

La multiplication des burn out dans tous les secteurs d’activités et particulièrement en ce moment au sein du Studio Canal et de la direction de l’Edition nous font craindre le pire. C’est aussi pourquoi les syndicats de CANAL+ ont décidé d’organiser des assemblées générales pour échanger sur le terrain avec les salariés

Les constats sont partagés par une  majorité des salariés conscients que cela ne peut plus durer. Le tract appelant aux AG intitulé "...Ça Suffit..." résumait à lui seul le sentiment général : celui d’un ras le bol généralisé, d’un moment de rupture sociale, d’un affaiblissement de nos organisations dans l’incompréhension générale

Notre Groupe doit se restructurer, s’adapter, se moderniser, se transformer, c’est indéniable. Mais il doit réaliser sa mue dans le respect total de ses collaborateurs, hors d’une contrainte permanente insupportable.

L’absurdité de cette politique conduit à l’inefficacité opérationnelle et nous fait perdre des parts de marché pourtant difficile à conquérir ou à maintenir. Elle affaiblit et corrompt le tissu social de l’entreprise

Qui sait aujourd’hui son avenir ? Qui sait avec qui il travaille exactement? Qui sait s’il va déménager demain ou après-demain? Qui sait s’il va devoir encore absorber une charge de travail déjà débordante en reprenant les missions de salariés débarqués, remerciés, missionnés...? Qui sait s’il va faire l’objet d’une convocation pour une sanction, pire pour un entretien préalable au licenciement... C’est devenu la routine à CANAL+, une routine destructrice de valeurs économiques et sociales !

C’est pourquoi, alors que le dialogue social est au point mort, 3 syndicats indépendants, CFDT, CGT, CGC Médias, ont décidé de prendre cette décision et de poser un préavis de grève pour le jeudi 5 mars!

Le dernier préavis de grève fut déposé en 2003 alors que Pierre Lescure était limogé par Jean-Marie messier. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation inverse. L’incapacité de notre direction à écouter et entendre nous oblige à agir dans l’intérêt de l’entreprise et des salariés, dans une situation d'urgence.

Il n’est plus acceptable de voir des dizaines de salariés à bout de nerf, effondrés! Il n’est plus acceptable de laisser ainsi se dégrader le tissu social d’une entreprise comme la nôtre. Il n’est plus acceptable de laisser filer les compétences, remerciées ou démissionnaires. Il n’est plus acceptable de voir des services entiers désorganisés, en souffrance, inquiets pour l’avenir

Ça suffit ! Oui cela suffit!
CANAL+ mérite bien mieux. L’absence de boussole déstabilise et inquiète. 

Nous proposons tout d’abord de rétablir les normes d’un dialogue social respectueux et ouvert. Nous revendiquons l’arrêt des licenciements sans cause réelle et sérieuse, des ruptures conventionnelles qui ne sont que des licenciements économiques déguisés. Nous proposons de stabiliser les organisations, de cesser les déménagements permanents, d’embaucher là où les besoins sont criants, dans les Centres de Relations Clients par exemple. Nous voulons mesurer les conséquences d’une politique de réduction des coûts auprès de nos prestataires les obligeants à délocaliser les emplois. Des milliers d’emplois de la relation clients aujourd’hui installés au Maroc et des taux de redondance d’appels qui explosent… Nous l’avions anticipé il y a 2 ans ! Nous y sommes ! Les salariés de CANAL+  confrontés chaque jour à la grogne des abonnés mesurent les conséquences de cette politique de délocalisation

Repenser notre politique sociale, c’est affirmer la primauté du dialogue, sans lequel nous irions à l’échec! C’est aussi cesser de pressurer des salariés épuisés, de rétablir des opportunités de soutien psychologique aujourd’hui déficiente, de traiter de la désorganisation des services et du temps de travail, des pressions sur les représentants du personnel …

La grève du 5 mars doit nous conduire à cette refondation sociale !

N’hésitez pas à prendre contact avec vos élus, à nous communiquer vos questions et interrogations !

01 71 35 13 17







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