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06 août 2012

Pour le retour du collaborateur…

Il y a quelques années, engagés à CANAL+ vous deveniez des collaborateurs. Vous arriviez dans le saint des saints de la nouvelle TV moderne, mais comme collaborateur…

Les documents, la communication interne ou externe, l’expression des dirigeants de l’époque, chacun parlait du collaborateur…              Le collaborateur était roi, et il l’a bien rendu à son entreprise en fabriquant dans ce secteur de l'audiovisuel au tout début des années 1990-2000 un modèle économique et social novateur, un modèle de référence encore aujourd'hui jalousé.

Faites entrer le salarié...
L’arrivée de Bertrand Meheut en 2001 a balayé cette expression et fait entrer le salarié dans le groupe comme il a transformé cette entreprise en organisation classique avec pour objectif premier, une rentabilité effective de court terme, à l’époque nous devions atteindre 20% du chiffre d’affaire.

Dès lors, on ne parlait plus de la même façon aux salariés des programmes, des technologies, de contenus, de développement, de télévision... mais essentiellement de niveau de rentabilité, d’économies au sens premier du terme, d’efficacité…

On s’aperçoit aujourd’hui qu’il ne suffit pas de se fixer la rentabilité comme horizon intangible pour l'atteindre sans difficulté.

L'entreprise, c'est une alchimie subtile qui allie compétences, management, diversité, respect, valaurs partagées. 
Le futur de CANAL sera avant tout réussite collective ou ne sera pas. De plus, on ne peut faire appel au collectif dans les moments où l’entreprise est malmenée lorsqu’on la contraint ou malmène quand tout est calme...

Retour au collaborateur…
…comme les dénommaient André Rousselet, les collaborateurs de CANAL+ ont fait ses succès. Est-ce parce qu’ils étaient collaborateurs ? Cette question mérite d’être posée. C’est toute une conception du rapport à l’entreprise, de la relation hiérarchique, du respect du travail de chacun, de la reconnaissance de l’apport individuel ou collectif que porte selon nous ce terme.

Qu’est ce qui se cache derrière ce collaborateur  autrefois usité du plus haut niveau au plus bas niveau de l’entreprise…

Un peu d’étymologie...
Collaborateur provient du latin collaborare des mots latins cum (avec) et laborare (travailler), avec le suffixe – ateur, le collaborateur c’est celui ou celle qui travaille de concert  avec un ou plusieurs autres à une œuvre commune.

Et c’était bien le sens de l’entreprise inventée, construite par André Rousselet. Car il n’avait pas inventé seulement la TV du 21ème siècle mais aussi un modèle social où le simple employé était aussi reconnu et respecté que le cadre supérieur.

Cela se traduisait dans les modes de management mais aussi dans une redistribution plus équitable des bénéfices créés par chacun et par tous.

La part de la valeur ajoutée redistribuée n’était pas réservée à servir les seuls intérêts actionnariaux comme c’est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, on ne parle plus de collaborateur de CANAL+ mais de salarié, avec la distance attachée à ce terme entre l’investissement individuel et la rentabilité de l’entreprise encadré par le contrat de travail. Le contrat, un point c’est tout, et c’est toute l’humanité, l’investissement individuel et collectif, qui sont balayés niés, dévoyant les relations du travail, générant une perte de sens qui atteint aujourd’hui des sommets, provoquant des dégâts irrémédiables, atteignant même à l’état mental de certains… des salariés ! 

Le salarié nous renvoi à son étymologie du latin salarium, solde militaire (argent pour acheter du sel), le suffixe at indiquant une qualité, une fonction. Le salariat est la condition du salarié, personne liée à une autre par un contrat de travail, une personne dont le travail est rémunéré…

De fait, la transformation économique et surtout organisationnelle de CANAL+ s’est accomplie en parallèle d’une remise en cause des concepts sociaux qui en avaient fait un modèle, un vaisseau amiral dans le début des années 1980 en France et à partir des années 90 en Europe.

Le collaborateur a créé CANAL+, il a fait ses succès qui perdurent encore aujourd’hui…
Notre prochain patron devrait rétablir le collaborateur  et nommer ainsi toutes celles et ceux qui participent aux succès de notre entreprise. Lorsque le contrat de travail régit seul les rapports du travail, il génère des dérives immédiatement perceptibles. Quand par exemple le "Je" l’emporte sur le "Nous", le court terme sur le projet collectif de moyen et long terme.

Car si les mots ont un sens, celui-là porte en lui l’histoire de CANAL+, un modèle fait de succès incontestables, le succès d’un homme André Rousselet, aristocrate, mais tellement proche de ses collaborateurs, attentifs et partageur, le succès d’une idée, le succès d’un contrat moral et social des femmes et des hommes envers leur entreprise !

Les collaborateurs  feront les futurs succès de CANAL+. Ils feront aussi le nouveau corps social du Groupe aujourd’hui éclaté, silotisé ou le salarié du service client ne connait plus son collègue du commercial et encore moins de l’éditorial, où le technicien ne sait plus que CANAL+ c’est aussi le premier Studio Européen de Cinéma, où le conseiller clientèle ne sait pas que CANAL+ est en expansion en Pologne…

Si les mots n’appartiennent à personne, et s’ils ont un sens, le Collaborateur est porteur d’avenir à CANAL+ ! Vive le collaborateur !

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02 août 2012

Business to business... et la morale alors...

Ah que voilà un bon sujet de philo pour le bac …!
Notre Intranet, cet espace numérique ouvert à "l’expression démocratique" des salariés sous l’œil bienveillant de notre Direction (…) vient d’être le témoin d’une petite rébellion face à la pensée unique!

Notre Direction de la Communication s’est félicitée que notre chaine d'information i>TELE, en recherche de rentabilité depuis plusieurs années, explose ses taux d’audience à la suite des évènements Toulousains. Cette communication a suscité une réaction vive de certains, rappelant à un peu plus de pudeur face à la tragédie vécue par les victimes et leurs proches… Tout n’est donc pas perdu!

Face à la dictature implicite  du compte d’exploitation et à la "cupidité" ambiante il existerait donc d’autres critères d’évaluation que le simple "tas d’Euros" d’oncle Picsou?

Entendons-nous bien, la survie des entreprises passe par un impératif absolu : que les dépenses soient couvertes par les recettes (chacun sait que nos gouvernants et élus croulent sous les sollicitations, et ont beaucoup de mal à appliquer ce principe de gestion …) afin que le surplus dégagé vienne  conforter les  actionnaires fidèles et permette les investissements futurs…

Or, les cohortes de dérapages financiers de ces dernières années ont démontré que la "money" était devenue un objectif ultime, sorte de Dieu païen, objet de toutes les adorations, justifiant les spéculations gérées à la milliseconde par des traders formés à faire "cracher du cash" à très court terme, évidemment au détriment  de projets inscrits dans la durée (Il est si bon de relire "Le laboureur et ses enfants" de Jean de la Fontaine).
http://bit.ly/IhMfSs

Comment ne pas être interpellé par le film de Cedric Klapisch avec Gilles Lellouche "Ma part du gâteau", caricature égoïste centrée sur la satisfaction de ses besoins matériels immédiats,  et de l’autre côté du miroir par le souffleur de verre qui passe des heures sur une pièce pour en faire une œuvre d’art sans défaut en espérant que son patron puisse la vendre assez  cher afin qu’il puisse lui verser une paye suffisante pour faire vivre sa famille à la fin du mois.
http://bit.ly/i42I43

Qui a raison, qui a tort...?
De l’argent … il en faut mais faut-il peut-être le considérer comme un moyen et non comme un but ultime?

Une  question simple! Vous êtes seul en forêt et vous trouvez un sac caché sous des branches, contenant 2 millions d’euros en billets :

1.       Vous ramenez le sac au Commissariat
2.       Vous prenez discrètement le sac pour en profiter sans ostentation avec vos proches
3.       ….

La bonne réponse est évidemment : il ne faut jamais laisser de l’argent sans le contrôle de plusieurs personnes indépendantes!

Plus près de nous, avez-vous remarqué que le patron de SFR vient d’être remercié pour manque d’anticipation de l’arrivée de Free!
C’est vrai quoi… tout le monde a été surpris alors que Xavier Niel criait depuis des mois par monts et par vaux qu’il allait diviser la facture par 2. Eh bien il l’a fait!

Voilà bien de quoi désarçonner tous les cerveaux de Vivendi?
Panique à bord car on venait à peine  de racheter à prix d’or (8 milliards d’euros quand même) la part de Vodafone pour profiter à fond de la "vache à lait" du Groupe…
Eh merde… la vache n’a plus de lait…
http://bit.ly/fVIXIh


C’est quand même pas d’chance…!
C’est sûr, tout cela est bien la faute de Franck Esser…
Du coup, le sacro-saint actionnaire qui dictait la politique du groupe en exigeant une rentabilité significative  (1,40 € par action) va devoir se serrer la ceinture puisque c’est maintenant 1€ par action soit -28 % en cash!

Si j’étais actionnaire je ne serais pas content… Mais, au fait, mes plans d’épargne… je suis actionnaire aussi et comme beaucoup d’entre vous!

Et bien, ça ne me travaille pas plus que ça…moi ce qui m’importe c’est l’avenir de mes gamins, pas vous?

J’ai d’ailleurs reçu de Jean René et de Jean Bernard une lettre très bien rédigée et très rassurante pour l’avenir (ils font un séminaire annuel  de 3 jours pour réfléchir à la cohérence du groupe) ! Donc, s’ils le disent…, ça va s’améliorer et  je peux continuer à leur laisser les clés du camion!

Par contre, les salariés de SFR, eux, sont inquiets car si on veut restaurer mon dividende à 1,4 € dans 2 ans il va falloir serrer les dépenses …

Du coup, je me dis que je ne vais pas demander à Jean Bernard de restaurer mon dividende tout de suite… je vais lui dire que je ne suis pas pressé, qu’on peut attendre un peu…. Sauf que je ne maitrise pas les autres actionnaires…!

Zut, finalement on y voit plus très clair…
Qui décide vraiment des orientations quand il n’y a pas de majorité significative et que l’actionnariat est émietté?

Et puis Free, après tout, c’est un boite de jeunes informaticiens qui ont biberonné du HTML pour que des GEEK  se débrouillent sans notice, sans conseil, en surfant sur les Forums quand il y a une panne ou un problème…

SFR et son accompagnement du client avec boutique (à l’ancienne?) va au moins pouvoir conserver la mamie du Cantal voire plus…
En outre, Xavier, il faut qu’il finance le dégroupage télécom pour conquérir de nouveaux clients et, en téléphonie mobile, il devra développer son réseau 3G quand les 3 mousquetaires sont déjà aux portes de la 4G et de ses débits musclés...

Dès lors, Xavier ne pourra pas tout faire en même temps, alors que nous, chez Vivendi, avec nos moyens financiers on doit pouvoir maintenir notre avance en investissant dans la 4G et dans la fibre optique qui est complètement en carafe au niveau national (pas assez rentable à court terme, investissement global évalué à 30 milliards pour la France)!

Ah oui, mais Zut on a mis 8 milliards (le ¼ du total de l’investissement nécessaire) pour acheter les actions Vodafone à nos amis anglais  et on les a plus pour investir en France…. Dommage!

Quel... ce Franck?! Remarquez, Vivendi c’est un fleuron français… on exporte notre savoir-faire technique et administratif d’opérateur télécom au Maroc, en Afrique, au Brésil…! Comme ça, dans ces pays ils sont contents, ça se développe bien… et ils nous sont reconnaissants.

C’est vrai, quoi, en métropole les enfants de ceux qui n’ont pas un décideur dans leurs relations mettent des mois pour trouver un stage ou un CDD, quant aux vieux, ils coutent trop cher et on les pousse dehors…

Mais, quand on va à l’étranger (en Grèce par exemple…) et qu’on est bien accueilli, que les gens nous félicitent pour notre sens du partage… moi, j’ai une vrai émotion qui me serre la gorge, je suis fier!

Les élections présidentielles approchent et vous avez compris que la grande préoccupation de nos concitoyens c’est l’emploi avant tout ! Et, à y bien réfléchir c’était prévisible!
Alors  réfléchissez bien avant de mettre votre bulletin…

Evidemment la CGC ne donne pas de consigne de vote mais nous essayons et continuerons de porter une valeur de solidarité collective. Nous aimerions que cette valeur soit mieux prise en compte par nos décideurs économiques!

Comme par hasard, tous les candidats ont pointé du doigt les excès de la spéculation financière!
Il était temps… maintenant il va falloir agir et peut-être arrêter de jouer au Monopoly …?

Sur ce point, un grand Patron Français, Jean louis Beffa, pose de très bonnes questions dans son livre récemment paru ou il fait preuve d’une véritable  approche citoyenne et pas seulement économique…

Un avenir à préparer et à construire…
Une réflexion à mener
Des actions à engager…

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30 juillet 2012

Vivendi : le conglomérat, un monstre à abattre?

Et maintenant ?
Le départ du patron de Vivendi,  Jean Bernard Levy provoque de multiples réactions des acteurs économiques et des marchés financiers.

Dans le même temps, 15000 salariés en France, 58000 dans le monde attendent maintenant des décisions qui pourraient changer leur destin professionnel...

Aujourd’hui, ces salariés sont inquiets. Ils risquent en effet de faire les frais d’une politique aventureuse qui au lieu de renforcer les fondamentaux de nos entreprises, pourraient les affaiblir.

Maroc Telecom vient de clore un plan de départs volontaires de 500 salariés. Il se murmure que SFR pourrait proposer à 1000 salariés de quitter l’entreprise, UMG se sépare aussi de nombreux collaborateurs… et une implosion du Groupe Vivendi pourrait se traduire par une hémorragie de salariés dans tous les secteurs du Groupe, un véritable traumatisme social.

Avant de tenter d’entrer dans le fond de cette affaire, nous voulons tout d’abord reconnaitre en Jean-Bernard Levy un patron disponible pour le dialogue social. Un dialogue qu’il a toujours accepté de mener dans les différentes instances sociales du Groupe, Comité de Groupe, Instance de Dialogue Européenne…

JBL n’a pas démérité, il a redressé le Groupe. Malgré des divergences bien naturelles avec les partenaires sociaux, il n’a jamais refusé d’engager le débat d’idées, ou la confrontation sur des sujets sociaux et organisationnels. Espérons qu’il en sera de même dans le proche avenir !

Mais que reprochent donc les marchés financiers à Vivendi ? Que ce Groupe International, premier sur beaucoup de ses marchés dans le monde, serait un conglomérat informe et illisible. Cette illisibilité serait responsable de la décote boursière de l’action, et donc du courroux des actionnaires qui pour certains espèrent toujours retrouver un jour le paradis perdu, lorsque l’action avoisinait les 150€…

Il faudrait donc dépecer le groupe pour retrouver une lisibilité favorable au cours de l’action. Mais rien n’est moins sûr!

Le "conglomérat", un monstre à abattre? Lorsque l’on regarde de près de grandes entreprises internationales, beaucoup d’entre-elles ne sont pourtant que des conglomérats aux activités parfois bien disparates et hétéroclites.

Quelques exemples

Hitachi
Fabricant de semi-conducteurs, mais présent dans la construction navale, fabrique aussi des écrans LCD, des disques durs, des appareils électroménagers, des équipements pour les centrales nucléaires, ainsi que des …pelleteuses. C’est cette société qui conçoit le train à grande vitesse japonais le Shinkansen… Vous en voulez encore ? La même société fabrique des climatiseurs et des pompes à chaleur… des échographes, des scanners…

Yamaha
Construit et distribue des motos, des vélos, des motoneiges, des moteurs de hors-bord, et bien sur des instruments de musique, de la HiFi… De plus, Yamaha a ouvert des écoles de musique dans le monde entier qui  reçoivent 710 000 élèves …

Samsung
Fabricant de TV, de téléphone, d’appareils photos, de caméras, d’imprimantes, de réfrigérateurs, de microondes, d’aspirateurs, de climatiseurs, d’ordinateurs portables… Samsung est aussi présent dans la construction navale, le bâtiment, le génie civil… Mais c’est en Corée

Plus près de chez nous, Bouygues
Présent bien sûr dans le BTP, son activité historique, mais aussi la distribution de l’eau, les plateformes pétrolières, Bouygues contrôle la société Alstom, est présent dans la… télévision avec TF1, LCI, TFC, TV Breizh, la chaîne Histoire… sans oublier Bouygues Telecom… 3° opérateur national du mobile  !

Et Bolloré… que l’on dit prêt à monter au management de Vivendi ou de CANAL+… Ce Groupe est présent tout d’abord dans les transports, la logistique, la distribution d’énergie (le fioul domestique), l’industrie, mais aussi la fabrication de terminaux de billetterie, de contrôle et de lecture pour les réseaux de transports, ou encore les télécoms… Il est aussi leader dans le film d’emballage, et fabricant de batteries… Il exploite le cinéma Mac Mahon à Paris, possède 10 % du capital de Gaumont, 18% d’Euro médias Groupe…… tout en prenant sa part du service parisien "Auto Lib"…

Faudrait-il démanteler tous ces Groupes pour un meilleur rendement de leurs capitaux?

Pour Vivendi, ce choix pourrait se révéler comme une équation de court terme ! La preuve, la simple annonce de l’éviction de JBL de son poste de patron a fait immédiatement grimper l’action de 4,5% ! Les analystes des marchés financiers seraient-ils aussi stupides au point de préférer un groupe sans pilote ? Encore un bel exemple des aberrations des traders qui massacrent une valeur parce qu’elle fonctionne et donne des dividendes tous les ans. Cette année, le rendement est de 7% ! C’est bien, mais c’est encore trop peu !  

Faut-il s’incliner devant le diktat des marchés financiers ? Séparer les médias des télécoms est le scénario privilégié pour mieux valoriser les actifs. La mise en œuvre d'une telle option est toutefois complexe politiquement, fiscalement et financièrement. Car démembrer le groupe nécessiterait de réaffecter à chaque filiale sa propre dette, sa trésorerie et son déficit. Un véritable casse-tête, qui pourrait, au final, amoindrir la création de valeur tant recherchée pour chaque business de Vivendi ! Cette hypothèse serait donc hasardeuse…

Pourquoi démanteler ? La diversification des activités permet justement d’avoir toujours 2 jambes pour tenir quand un des marchés est au point bas. CANAL+ a été sauvé grâce à la recapitalisation opérée en 2002 par Vivendi pour un montant de 3 Milliards d’Euros… ! Sans l’actionnaire, CANAL+ n’aurait pas survécu, tout au moins dans sa forme actuelle.  Si les activités médias venaient à être séparées des activités Telecom, la question portant sur cette recapitalisation pourrait se poser. Vivendi ferait ainsi un joli « cadeau » au futur repreneur…

Vivendi, un conglomérat de business… rentables! Démanteler pour des intérêts particuliers, ou des partages de pouvoirs ? Rien n’est à exclure, y compris l’approche bling bling !

Autre reproche, le rachat très chèrement acquis des 44% que possédait Vodafone dans SFR. Oui, ces 8 milliards d’Euros auraient pu servir l’investissement durable plutôt que les intérêts de Vodafone.

Toutefois, la perte de valeur supposée est surtout le fait de l’arrivée du 4° opérateur sur le marché Français. L’aberration économique, le gâchis social que produit cette arrivée réalisée dans des conditions discutables commencent à inquiéter au-delà des cercles économiques. SFR en paie le prix fort. Mais un peu de retenue. Si SFR voit ses marges se réduire, elles restent encore de très bons niveaux. Rappelons que SFR ce n’est pas seulement le mobile mais aussi le fixe. Splitter SFR et CANAL+ soit disant pour absence de synergies, c’est avoir une vision purement et exclusivement  financière de nos business.

Que demander aux actionnaires ? Ne faut-il pas revenir au vrai but de la bourse qui est de mettre en liens des porteurs de projets avec des investisseurs "industriels" en échange d’un dividende ?  

Sommes-nous des industriels ou des financiers ? Une entreprise, c’est une aventure sur un métier qui a besoin d’assises financières solides… et des salariés investis… ! Sans les salariés, vous ne ferez rien, ou alors en moins bien!

Les synergies potentielles entre filiales du Groupe deviendraient impossibles alors que certaines sont aujourd’hui envisageables, dans les technologies, dans le commerce, dans le marketing… Ces filiales qui trouvent en l’actionnaire une stabilité rassurante.

Démanteler un groupe international de cette envergure peut légitimement inquiéter! Le remède pourrait être pire que le mal. Le courtermisne des marchés financiers pourrait affaiblir l’un des fleurons de notre industrie Française alors que les mutations technologiques en cours imposent au contraire de construire des Groupes solidement arrimés. Sans oublier les 60000 emplois directs et les centaines de milliers indirects. Sans occulter le soutien à l’industrie du divertissement et de la création en France et en Europe.

Les enjeux de cette affaire vont rapidement dépasser le simple terrain économique pour atteindre celui du social et du politique. Des terrains où nous serons présents s’il le faut.

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24 juillet 2012

Le 24 juillet…. une nouvelle date anniversaire pour CANAL+ ?

Le 24 juillet 2012 pourrait être une nouvelle date fondatrice pour le Groupe CANAL+… ou peut être destructrice… c’est selon!

Et la décision en revient à l’Autorité de la concurrence qui va décider de l’avenir du Groupe, de notre avenir. C’est en effet à cette date que l’Autorité de la Concurrence devrait rendre son avis sur la fusion avec TPS réalisée… il y a 5 ans ! Une première mondiale.

Si le scénario catastrophe de la séparation des activités de distribution et d’édition semble s’éloigner, d’autres scénarios révélés par la presse pourraient se révéler potentiellement dangereux pour l’avenir du groupe, pour ses 4500 salariés et pour les milliers d’autres emplois qui vivent par et pour CANAL+ en France, dans les départements d’outre-mer et dans quelques pays à l’étranger.

Depuis des mois, notre syndicat s’est inquiété des conséquences sociales de décisions qui pourraient remettre en question l’équilibre économique du Groupe CANAL+. Ce Groupe qui fut au bord de la faillite en 2003 devrait donc plier le genou et faire contrition !

Les enjeux sont pourtant énormes !
Pourrait-être bousculée toute une industrie culturelle, une industrie de la création, un soutien indéfectible aux acteurs de "l’entertainment" à la Française.

Que l’on ne s’y trompe pas!
Si CANAL+ n’a pas respecté à la lettre selon l'Autorité de la Concurrence, quelques-uns des 59 engagements imposés après la fusion avec TPS en 2007, faudrait-il que le groupe soit puni au point de risquer de remettre en question sa pérennité et son équilibre économique?

Mais que la mémoire est courte ?
Car qui se souvient par exemple des engagements du Groupe Bouygues lors de la privatisation de TF1 en 1987 ? Du spectacle vivant aux heures de grande écoute, un engagement pour développer la culture à l’antenne, une volonté de favoriser la réflexion intellectuelle, le savoir, l’information, le divertissement… Le tout défendu par un Bernard Tapie flamboyant… Tout cela reste visible sur le site de l’INA, des archives qui offrent au regard et à la mémoire quelques moments savoureux de l’expression des acheteurs du TF1 de l’époque devant la CNCL, l’ancêtre du CSA.

Avez-vous vu un jour à 20h30 un spectacle de Beckett, une pièce de Molière, un concert de la Philarmonique de Berlin ? Non jamais. Le mensonge pour préempter la première chaîne publique de l’époque, un cadeau inestimable au Groupe Bouygues, le tout avalisé… par le gouvernement de l’époque et son ministre de la Culture, le grand François Léotard qui choisit alors comme repreneur «le mieux disant culturel».
http://www.dailymotion.com/video/xalpg2_tf1-quand-bernard-tapie-coachait-bo_news

Depuis, Patrick Le lay s’est exprimé pour dire la vérité, sa vérité : A Tf1, ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible… pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. (...)
http://www.acrimed.org/article1688.html


TF1 n’a pas respecté le cahier des charges présenté devant le législateur et les autorités en charge de la régulation du secteur à l’époque. A-t-on admonesté pour autant un jour le Groupe Bouygues ? Jamais!

Il y aurait donc en France 2 poids et 2 mesures, selon que l’on construit des immeubles, parfois pour le compte de l’état, ou que l’on soit spécialisé dans le développement d’un grand groupe audiovisuel en mesure d’affronter les défis d’aujourd’hui et de demain pour le rayonnement culturel et la défense d’intérêts patrimoniaux essentiels.

C’est ainsi !
Une gestion aléatoire de Jean Marie Messier a failli faire disparaitre CANAL+ en 2001, finalement sauvé par son actionnaire. Aujourd’hui, c’est une autorité «indépendante» qui pourrait attenter à la pérennité de CANAL+, de ce modèle unique et tellement vanté en France et à l’étranger.

5 ans après !
Une première dans l’histoire économique mondiale. Mais la France n’est jamais en reste pour écrire de nouvelles pages de la jurisprudence économique, souvent grandioses, parfois funestes.

CANAL+ ne doit pas faire l’objet de règlements de compte économique ou politique. CANAL+ est une grande et belle ambition qui a pour vocation d’éclairer, d’informer, de divertir. Et sur ces plans, CANAL+ rempli son cahier des charges.

Ce Groupe audiovisuel est le seul en France à rivaliser avec les grandes productions audiovisuelles internationales et notamment américaines. Ce n’est jamais arrivé pour un pays Européen, au contraire, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, l’hégémonie américaine sur les médias ne s’est jamais démentie.

En rachetant des catalogues de films qui seraient passés dans des mains étrangères, CANAL+ sauvegarde également le patrimoine cinématographique national grace aux investissements de son studio. C'est une autre facette moins connue de l'activité du Groupe. D'autres business participent également au rayonnement de notre industrie du divertissement.

Plutôt que de s’attaquer aux fondements de l’entreprise, permettons-lui de se développer, en garantissant sa pérennité, son équilibre économique, et le sauvetage de milliers d’emplois…

Si la décision rendue le 24 juillet s’avérait trop contraignante, alors l’avenir proche et lointain de CANAL+ pourrait à nouveau s’assombrir. Ainsi, une décision administrative pourrait avoir raison d’un redressement économique réalisé ces 10 dernières années à marche forcée et dont nous payons encore les frais à notre actionnaire. La peinture est à peine sèche qu’il faudrait à nouveau consolider des fondations fragilisées !

Mais2012 n'est pas 2003!
Il n’y aurait alors plus de limites pour un déferlement d’acteurs internationaux aux poches pleines et aux ambitions réelles. Des rives du Pacifique aux berges du Qatar… vive la mondialisation de l’audiovisuel…

Plutôt que d’affaiblir les petits acteurs nationaux que nous sommes, des nains face aux mastodontes américains, ne peut-on réfléchir sur un modèle Européen, exporter nos savoirs faire, pour favoriser la création d'une véritable industrie capable demain de rivaliser avec les plus grands mondiaux? Pour défendre un modèle et des valeurs communes?

Si des conditions doivent être imposées à CANAL+, qu’elles soient sources de développement et de rayonnement, pas d’affaiblissement ou destructrices d’emplois.

Notre industrie commence à souffrir d’une situation économique tendue et de l’arrivée d’acteurs étrangers incontrôlés. La crainte de fortes conséquences sociales ne peut être écartée. Ce secteur pourrait demain licencier comme d’autres le font aujourd’hui. Nous aurions alors perdu sur tous les tableaux… pour longtemps, très longtemps !

Mais le pire n'est jamais sur, et la raison l'emportera! Une vision pour un nouvel horizon, ou la regression destructrice, un choix fondateur d'une nouvelle ère pour l'audiovisuel en France. Quelles bougies souffleront-nous le 24 juillet?

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06 juillet 2012

Juillet, côté Distribution c'est cleaning, pâtes et… licenciements

Nous pourrions rire des blagues de potache de la direction de la Distribution diffusée sur l’intranet du groupe si tout allait bien dans le meilleur des mondes… Malheureusement, côté moral et santé des salariés, ce n'est pas le cas.


Epuisés, fatigués, énervés par une année un peu folle, certains salariés de la Distribution et plus particulièrement du marketing sont plus proches du burn-out que de la sérénité des veilles de congés… Car ils savent ce qu’ils vont… normalement… retrouver à la rentrée, les mêmes problèmes dans l’organisation et le management…

Retrouver les mêmes problèmes mais peut-être pas avec les mêmes collègues!
Car, comme chaque année, la DRH Distribution s’évertue à éclaircir les rangs… Pensez-donc, un bon nettoyage d’été, pendant que tout le monde ne pense qu’à bronzer, dans 2 mois, ce sera réglé et les salariés remerciés n’auront même pas à faire de pot de départ… C’est tout bénef !

On a évité de justesse le pique-nique... mais pas les bonnes blagues…
Dans ce contexte un peu particulier, le cleaning day a été lancé… Vous savez, ce jour ou ne pouvez plus accéder à votre bureau parce que d’énormes containers poubelles vous en empêchent… C’était ces jours-ci côté Distribution… Jetez-moi tous ces dossiers qui prennent tant de place, qui encombrent… quand on pense au prix du M2… !

Et pour les bons nettoyeurs… une récompense !
Mais... faut les trouver ces présents originaux... Une main toute innocente est allée dénicher le cadeau rare, le cadeau d’été branché, celui qui vous fait rêver : un paquet de pâtes bien choisies! Ben, mais ça se trouve où ce genre de truc ? Pas au Carrefour du coin, c’est sur… Vous imaginez, la mamie ou le p’tit dans le rayon … « Maman… maman… c’est ces pâtes là  que je veux… » "...ha non, papa n'aime pas..."  Alors, où trouve-t-on ces produits ? pas de sexshop connus à Issy les Moulineaux… on pourrait voir la facture ? !

Ben oui, soyez pas ringard, allez, on est une bande de geek après tout…
C’est l’ambiance potache que l’on imagine chez Apple ou Microsoft qu’il faut favoriser… faut pas en faire une histoire… sur la chaîne qui a diffusé les premiers films de culs… franchement !

Une histoire, peut-être pas si un cleaning month celui-là, n’était à l’œuvre en ce joli mois de juillet… Problème, il ne s’agit plus de dossiers mais de salariés…

Alors que notre organisation syndicale vient de signer un accord sur la Gestion des Carrières (accord GPEC), côté RH distribution, on met en œuvre la GVLSD, la Gestion Vers La Sortie Définitive…  

Plutôt que de rechercher des solutions intelligentes, d’aider au repositionnement, d’accompagner pour faire progresser les salariés, c’est d’abord ce message éculé que l'on transmet  « … soyez proactifs… allez voir les autres business… frappez aux portes» merci, sympa pour l’aide… mais c’est pas votre job ça à la RH ?! Puis « …vous voyez bien… y a rien pour vous… »  Cerise sur le gâteau « … en plus, regardez, dans votre entretien annuel, c’est marqué, vous êtes en insuffisance professionnelle… »

Et voilà comment, chaque année, à pareille époque, de ce côté-ci de la Seine, on aide les salariés à passer un excellent été !

Ces pratiques sont désolantes et révoltantes! Elles créent de l’angoisse, elles perturbent les business, elles sont surtout irrespectueuses envers les salariés dans certains ont servis les intérêts du Groupe de nombreuses années!

Se réorganiser, oui! Mais devons nous rappeler que la charge salariale ne pèse "que" 5% du chiffre d'affaire du Groupe! Faut-il rappeler les obligations légales en matière d'accompagnement des salariés de plus de 50 ans et de plus de 55 ans? Faut-il rappeler les textes que nous avons négocié puis signé sur l'accompagnment des seniors, sur la mobilité, sur la Gestion des Carrières? faut-il rappeler... 

D'autres méthodes sont heureusement envisageables. Ailleurs, dans l'entreprise, on fonctionne différemment, plus respectueusement... C'est donc possible!

Bonnes vacances!
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