Les salariés
d’Intermedia, Direct 8 ou Direct Star vont prochainement quitter le giron
de Bolloré pour rejoindre celui de CANAL+. Ils sont invités à "fêter" cet évènement…
Mais seront-ils
tous à la fête ?
Pas sûr !
Dans les conditions présentes, la réjouissance ne se lira peut être pas sur
tous les visages. Car beaucoup d’incertitudes demeurent et d’abord de grandes questions
sociales. Où vais-je atterrir, vais-je trouver ma place dans cette nouvelle organisation,
comment serai-je intégrer, est que je vais conserver l’ensemble des mes avantages,
etc.
Mais alors, qui donc fait la fête? Les salariés, la Direction,
Vincent ou Yannick Bolloré pour cette belle opération capitalistique… ?
Toutes ces questions
sont évidemment naturelles et légitimes !
Les méthodes
pour y répondre peuvent l’être un peu moins. C’est toujours ainsi alors qu’une entreprise
en absorbe une autre. Nous en avons l’expérience à CANAL+, c’est un sport que
nous pratiquons avec plus ou moins de brio, le dernier évènement comparable à
celui qui se prépare concernait bien-sûr l’intégration des salariés de TPS.
A cette époque, le volet social fut géré bien
en amont du projet de rapprochement, en parallèle du volet économique, et les échanges avec les partenaires
sociaux furent permanents et constructifs. Nous avions alors négocié un accord
de méthode qui encadrait l’ensemble du processus de rapprochement depuis l’origine
jusqu’à sa conclusion. Cet accord avait
d’ailleurs été salué en son temps par de grands juristes comme un modèle du
genre.
Malgré les vicissitudes
liées à de telles opérations, on peut affirmer que, dans l’ensemble, ce
processus bien encadré, s’est déroulé dans la sérénité, la confiance, et le résultat
en fut une intégration maîtrisée, partagée, sécurisée pour les salariés de TPS
comme pour ceux de CANAL+…
Aujourd’hui,
alors que le volet juridique se clôt avec l’acceptation par le CSA de l’opération
de rapprochement avec les activités médias de Bolloré, nous sommes dans le flou
le plus total sur le volet social. Rien n’était possible avant l’intervention
des autorités de régulation, aujourd’hui tout est ouvert et les partenaires sociaux
en sont encore au début de l’histoire, car côté organisation les choses sont
déjà visiblement bien avancées…
Pour notre
syndicat, c’est la transparence qui doit être privilégiée pour que s’instaure
la confiance indispensable à la réussite de cette intégration.
Pour cela, il ne
peut y avoir de traitement particulier ou individuel. L’ampleur sociale de
cette opération implique un traitement collectif, pratiquer autrement serait incontestablement
source d’incompréhension et de tension. Le traitement individuel est évidemment
possible, mais ce n’est pas un bon scénario. Privilégier le
traitement collectif, c'est sécuriser l'environnement professionnel de plusieurs centaines de salariés, c'est affirmer la volonté d'engager sur ce dossier un dialogue social constructif et permanent.
Nous serons
nous aussi à la fête lorsque l’ensemble du processus d’intégration aura été
précisé et discuté. Faut-il rappeler que ce sont 10% des effectifs de l’UES CANAL+
que nous intégrons. Ce ne sera pas sans conséquences sur l’ensemble des
business, I>tele bien sûr, plus largement la Production, l’Edition, la
Technique sans oublier les fonctions supports… Tous les services vont d’une
façon ou d’une autre être impactés par cette révolution culturelle. Ce sont ces impacts que nous voulons mesurer, analyser,
anticiper avec une ambition, que chacun des salariés du Groupe Bolloré intégré à CANAL+ trouve sa place dans des conditions d'accueil et de sérénité optimales.
Pour cela,
il n’y a qu’une solution : la concertation, l’échange, le dialogue !
Nous sommes
persuadés de la volonté de CANAL+ d’être d’une attention toute particulière
pour que cette intégration se déroule dans les meilleures conditions. Malheureusement,
les premiers échos qui nous parviennent nous indiquent que rien n’est acquis. Des
salariés ont été reçus, certains sont déjà intégrés à des organisations, d’autres
sont invités à réfléchir sur leur avenir, bref, il y a un peu de fébrilité et
de précipitation dans la mise en œuvre du rapprochement.
Vitesse et
précipitation…
Construire
trop rapidement le nouveau modèle social de CANAL+ pourrait se payer au prix
fort dans quelques temps. Rien n’empêche de prendre le temps de la réflexion,
de l’échange, de la négociation pour que les fondations de ce nouveau modèle
soient solides et stables. Le tout sans perturber la mise en œuvre des nouvelles
grilles, c’est possible et même nécessaire.
Pour cela,
il nous faut des engagements, un calendrier, un round de négociations. C’est la proposition
que nous ferons pour que la fête se poursuive longtemps, pour que la sérénité
soit au rendez-vous, pour que la réussite de ce beau projet soit aussi une réussite
sociale !
Ainsi, Bagatelle
pour un départ ne sera pas synonyme du titre d’un drôle de pamphlet publié en 1937…
Des questions,
vous en avez, comme de très nombreux salariés, ne restez pas isolé, contactez-nous !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire