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06 novembre 2012

Le 4 novembre, c'était hier, et maintenant...?

« Nous sommes actuellement au bout d’un modèle économique, le nouveau modèle qui va émerger va dans le sens d’un meilleur respect de l’environnement, de la gestion des hommes et du respect des ressources »

Qui s’exprime ainsi ?
Pas le gauchiste de passage, même pas l’écolo perdu dans l’entreprise, non Philippe Vasseur, président du  "World forum", le rendez-vous international des acteurs de l'Economie Responsable. Sur le thème "entreprises responsables,  entreprises rentables…", ce forum réunit à Lille des dirigeants de grandes entreprises françaises sur un sujet encore balbutiant en France, la place du débat social interne à l'entreprise comme carburant au développement économique et à la croissance.

Balbutiant et pourtant, les débats font rage aujourd’hui autour des marges de compétitivité des entreprises et donc de leur organisation, le rapport Gallois comme étendard d'un débat nécessaire, responsable, ouvert…
Loin des idées banales sur la gadgétisation de la relation sociale, le rapport Gallois comme les débats plus généraux autour de la RSE posent de bonnes questions, et parmi celles-ci, la place du social et des représentants du personnel dans les entreprises.

Cette RSE ou Responsabilité Sociale des Entreprises pour permettre aux entreprises d'intègrer les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités et leurs interactions internes et externes...
 
Pourquoi l'entreprise CANAL+ serait-elle absente de ce débat? Pourquoi cette entreprise portée par l'innovation technologique ou éditoriale  serait elle vouée à l'archaisme social?  Ne devrait-elle pas au contraire servir de laboratoire dans ce domaine là aussi?

Mais pour gommer cette contradiction il nous faut repenser ce dialogue social, le replacer au coeur d'une ambition collective partagée au plus haut niveau, sortir de cet environnement délétère dans lequel nous sommes irrémédiablement et volontairement plongé depuis des années.

Un chantier que CANAL+ doit ouvrir en urgence!
Un chantier qui porterait les espoirs de voir se renouveler les pratiques sociales internes, pour qui croit encore en l’entreprise comme vecteur de valeurs humaines et sociales, car il y a urgence à se pencher sur un modèle social ravageur, dont les limites de l'acceptable sont atteintes, sur le plan physique comme psychologique pour de nombreux collaborateurs.


Les effets bénéfiques d'une RSE conduite avec rigueur font l'objet de nombreuses études internationales. On découvre ainsi par exemple que les pays qui s'en sortent le mieux, là où les entreprises gagnent en parts de marché, là où le chômage est le plus faible, là où elles sont les plus productives, ces entreprises se situent dans les pays où le taux de syndicalisation dépasse les 50% ! Tiens donc... des syndicats au service du business, sans renier les fondements de leurs prérogatives comme la défense des intérêts individuels et collectifs des salariés, c'est donc possible!   
 
Un productivité, des résultats financiers dont on sait aujourd’hui qu’ils seront plus facilement atteints avec des salariés bien dans leur peau, respectés, des salariés engagés pour leur entreprise. C’est malheureusement l’inverse que nous constatons à CANAL+, comme ces multiples messages d'exclusion que nous portent des dizaines de salariés, et à la veille des entretiens annuels, la crainte de voir ressurgir le spectre de l'insuffisance professionnelle, la bien nommée qui pourrait justifier la sortie définitive sans autre forme de procès, sauf à se défendre, accompagné de représentants du personnel bien au fait de ces pratiques. « vous êtes là pour produire… le reste emmenez le à la maison… »

Problème, c’est qu’aujourd’hui de très nombreux salariés emportent d’abord du travail à la maison, et avec le travail, la charge affective, l’inconfort, le stress dont on sait qu’il rejaillit sur l’environnement familial.

De trop nombreux salariés nous font part de leur désarroi face à cette situation qu’ils ne comprennent pas. Celle du turnover obligé, celle d’un plan social qui ne dit pas son nom. Car comment nommer autrement les 140 ou 150 licenciements et départs constatés depuis le début de l’année, même s'ils intégrent les ruptures conventionnelles... ? 

Le patron d’un autre grand Groupe Français de 6000 salariés s’exprime ainsi  "dans notre Groupe, nous avons su respecter nos fragilités mutuelles : accepter les fragilités de ses collaborateurs génère la cohésion du groupe… " "… Les salariés qui se sentent entendus et respectés sont fiers d’appartenir à l’entreprise et « se défoncent » pour elle…"

Pour celles et ceux qui ont eu la chance de participer aux prémisses de la formidable aventure de CANAL, ce message leur parle. Pour les salariés plus récemment engagés, il semble que l’investissement soit tout autre. S’agit-il pour autant d’une évolution sociologique, d’une génération individualiste ou court-termiste ou bien l’entreprise génère-t-elle elle-même ces comportements d’anti appartenance ?

Vers un nouveau compromis social...
Notre réponse est dans la question, car comment juger une entreprise qui a pour objectif humain un turnover de sortie, incapable de mettre en œuvre ses propres ambitions négociées avec les partenaires sociaux, Handicap, Gestion des carrières, accompagnement à la mobilité… interne… pour construire un avenir fait de progrès et non favoriser le "descenseur social".  

"C’est parce que les salariés savent où ils vont, quel est leur métier, quel est leur territoire de pouvoir, bref, parce qu’ils se sentent bien dans l’entreprise qu’ils vont donner le meilleur d’eux même et ainsi faire avancer l’Entreprise…" Débat social, RSE se conjuguent alors très bien avec rentabilité ou bien être.

Pour ce même patron, "on ne mène pas des collaborateurs, on les emmène par la posture, le mimétisme gagnant"

Management également...
A l’heure ou la formation managériale reprend du gallon après l’arrivée d’une nouvelle Directrice de la Formation, Juliette Couaillier, la question de l’organisation sociale et de ses acteurs se repose. Elle doit faire aussi l’objet d’un véritable travail d’analyse sur les atouts mais surtout les faiblesses de notre modèle.

Sinon, les mêmes erreurs produiront les mêmes effets!
Dépenses improductives, frustrations, perte de temps, tous ces ingrédients qui contribuent à dégrader un tissu social qui n’en pourtant pas besoin.

La récente évolution du management va-t-elle permettent d’ouvrir ce chantier en toute lucidité et transparence ? Rien n’est moins sûr ! La fin de mandat de Bertrand Meheut portera-t-il la marque d’un réajustement vers une politique sociale ouverte, créative, respectueuse, ou bien continuerons nous de nous enfermer dans un modèle qui s’auto détruit, au risque d’amoindrir les chances de rebond, alors que les risques et les nuages s’accumulent.

Ce serait un paradoxe incroyable de voir cette entreprise redressée économiquement s’écrouler socialement ? Le risque majeur existe pourtant, il n’a jamais été aussi prégnant.

A. Rousselet avait laissé un navire comme orphelin au risque de le laisser dériver. B. Meheut laissera t il lui aussi une entreprise fragilisé par une politique sociale inadéquate ? Le risque est encore une fois bien réel.   


Il nous faut rebâtir un système respectueux des acteurs sociaux et d'abord de leur légitimité. Laisser s'épanouir un autre modèle nous conduira irrémédiablement à l'échec. Sans oublier les souffrances individuelles qu'il génère continuellement. Juste la volonté...
 
  
cgc-canalplus@neuf.fr
Tel : 0171351317
 
 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est tout à fait juste
Par exemple au Studio, qui était un endroit plutôt protégé, ce discours là nous parle et nous voyons des souffrances se propager
c'est un peu inquiétant

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