CANAL+ comme
la majorité des entreprises n’échappent pas à la question éternelle :
quelle place réserver à l’encadrement dans l’organisation?
Cette
question récurrente vient à nouveau au cœur du débat social dans notre entreprise
secouée par de multiples questionnements sur son organisation, son efficacité, son
avenir…
Mais de quel
encadrement parle-t-on?
Du Cadre
Intermédiaire au Cadre Dirigeant, la position de ces collaborateurs au rôle
central est en mutation. Parfois vilipendés parce que simple courroie de
transmission hiérarchique, parfois tancés pour des prises de positions
jugées trop indépendantes, parfois taxés d’incapacité, coincés dans des organisations peux
lisibles ou déstructurés, le Cadre d’aujourd’hui est sous pression, et c’est
particulièrement vrai à CANAL+.
Dans notre
"belle maison", quand cette question se pose,
c’est souvent un projet de formation qui vient en réponse ! Depuis
plusieurs années, la formation des Cadres est l’un de ces «marronniers»
qui occupe l’espace régulièrement. Il faut avouer que depuis 2 ans, cet enjeu ne figurait
plus en tête des préoccupations de la RH à côté du fameux «turnover»
si faible parait-il chez nous qu’il faut aider de nombreux salariés à partir,
mais c’est un autre sujet sur lequel nous reviendrons.
Est-ce qu’en
renouvelant une offre de formation pour l’encadrement, on résoudra des problèmes
structurels de nos organisations? Rien n’est moins sûr ! Pire, les déceptions
sont toujours à la mesure de l’investissement, et bien souvent le remède dispensé s’avère
plus néfaste que le mal, nous l'avons constaté de nombreuses fois, nous rendant ainsi dubitatifs lorsque des projets de formations destinés à l'encadrement surgissent.
La formation
de l'encadrement est-elle un levier du changement ? Pour
réfléchir à cette question, ne faut-il pas tout d’abord se questionner sur ce
que l’on attend de notre encadrement, sur les moyens qu’on lui donne, sur la
liberté d’action qu’on lui laisse ?
Qu’attend-on
d’un cadre ?
C’est une
banalité, encore que certain semble parfois l’oublier au plus haut niveau de
notre entreprise, on ne peut plus diriger une entreprise, un groupe, une équipe, sur la base d’une autorité posée à
priori comme incontestable, on ne peut plus être dans l’ordre du prescriptif !
Quand un manager donne du travail, fait une évaluation, quand il fixe des objectifs quand il délègue,
est ce qu’il fait grandir son équipe ou au contraire est ce qu’il la maintient
dans un état de suggestion ? Finalement, s’agit-il de maintenir ses équipes dans un état d’habitudes
plus ou moins bonnes, de compétences plus ou moins élaborées ou médiocres ou bien
de valoriser les femmes et les hommes qui la composent pour les rendre plus autonomes
plus responsables, en un mot plus compétent ?
Alors ?
Peut-on pour
autant se contenter d’une conception trop molle de l’encadrement ? C’est
toute la question du fonctionner ensemble qui est ainsi posée. Car un manager ne réussit pas seul, ou alors
il échouera toujours. C’est avec son équipe et sa capacité à la mobiliser qu’il réussira. La performance est un enjeu collectif, ce n’est jamais un enjeu individuel, dans ce domaine, l’esprit
de clocher est synonyme d’échec, quand bien même les compétences seraient bien
sélectionnées et réunies.
Objectifs précis,
délégation de pouvoir, moyens mis à disposition, modèles d’évaluations… l’encadrement est au carrefour de l’ensemble
de ces paramètres sur lesquels il doit pouvoir agir, en liberté et en
responsabilité. Il faudrait pour compléter ce tableau, évoquer le recrutement, et
laisser aux managers leur mot à dire dans ce domaine. Vaste programme, pas trop dans l'air du temps...!
Car le management
c’est un art, ce n’est pas une science ! Si
l’encadrement considère qu’il est dans un univers de contraintes ou il ne peux
rien faire, aucune formation tout aussi pertinente soit-elle ne saurait apporter
de réponses adéquates et sera vouée à l'échec.
Michel
Crozier, théoricien et sociologue des organisations a bien analysé ces
phénomènes, il suffit de se reporter à ses travaux pour comprendre comment nos
organisation peuvent rapidement se scléroser quand bien même elles seraient
pensées sur un modèle soit disant moderniste.
C’est l’utopie
du moment à CANAL+ !
Notre
syndicat considère que l’on ne se pose pas les bonnes questions, pire, que les réponses
apportées ne sauraient résoudre une équation complexe : efficacité,
productivité, créativité, bien être…
Sur tous ces
sujets, nous patinons !
Recrutement
tout d’abord. Nous pensons que l’entreprise devrait ressembler à ses clients !
Comment vendre un produit à des personnes dont nous n’imaginons même pas le
mode de vie ? Comment percevoir les évolutions profondes de la société,
les révolutions technologiques si nous restons si éloignés de notre base de
clients historiques ou de celle que nous voulons approcher?
Evolution
professionnelle ensuite…
La gestion
de carrière, un vilain mot qui chez nous conduit plus souvent vers la sortie que vers la satisfaction
d’une progression professionnelle en interne, de savoirs faire
valorisés et exploités. Il n’y a pas de méthode miracle en ce domaine, mais
nous connaissons maintenant celles qui sont à banir.
Expression
enfin…
Plutôt que
des programmes inadaptés et couteux, notre syndicat propose d’organiser une
formation à la libération de la parole. Ici comme ailleurs, c’est la liberté d’expression
qui sera révélatrice des freins et des blocages. Car aujourd’hui, c’est plutôt
la peur de l’expression qui l’emporte. Que des cadres expriment leurs questionnements,
ou leur mécontentement et ils seront aussitôt classés dans la catégorie des mauvais
coucheurs dont il faut s’occuper en priorité… non pour exploiter leur parole
mais pour la retourner contre eux. Une bonne formation à la libération de la
parole, dans une confidentialité totale favoriserait l'efficacité, permettrait de pointer efficacement les points de blocages, de générer des solutions innovantes et partagées... !
Et puis il
faut redonner la capacité à l’encadrement de décider, d’agir, de penser en
liberté… Cette liberté qui n’existe plus,
ou si peu à tous les niveaux hiérarchiques. Un langage policé, parfois codé, de
bonnes manières si éloignées de ce qu’est notre entreprise, si frondeuse sur
ses antennes, si pertinentes dans ses mises en cause des blocages de la société française et si
coincée en interne !
Oui la
question managériale se pose chez nous comme ailleurs. Mais nous devons agir en interne en privilégiant une écoute renouvelée, libérée, de l'encadrement. Cela implique un indispensable respect des salariés, celui-là
même qui se disloque sous les coups de
boutoirs d’une productivité débridée et d’objectifs insolents, mais encore du partage avec les partenaires sociaux qui ne sont plus écoutés, leur parole souvent déformée ou dévalorisée.
N'est ce pas aussi un enjeu de RSE, cette Responsabilité Sociale des Entreprises?
Vous aussi, prenez la parole, libérez vous, débridez vous, ou... résignez-vous!!
Vous pouvez aussi adhérer à notre syndicat en cliquant sur ce lien cgc.medias.adhesion@free.fr
2 commentaires:
bonjour
oui c'est vrai que ce n'est pas toujours simple
mais avons nous le droit de se plaindre? Nos rh nous disent regardez dehors, alors c'st pas mal ici?
bon mais c'est vrai que c'est de + en + dur
Vous parlez beaucoup de la distribution dans vos communications mais au studio ce n'est pas mal non plus. Le situation de nombreux salariés se dégradent, certains quittent le navire excédés d'autres sont remerciés, il serait temps que vous jetiez un oeil là aussi
merci
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