Le 4 novembre
1984 naissait CANAL+!
C’était un dimanche comme ce 4 novembre 2012, qui s’en
souvient ?Quelques salariés
nostalgiques qui, sur Facebook, trouvent un exutoire à leurs sentiments mêlés de
fierté et d’amertume. Nous ne verrons rien de cet anniversaire sur l’Intranet
du Groupe, nous ne lèverons aucun verre, le 4 novembre
n’est plus une date de référence dans le CANAL+ d’aujourd’hui, il faudrait même
l’oublier… Mais on comprendra
mieux ce qui est à l’œuvre aujourd’hui si l’on se retourne sur cette histoire
atypique, unique dans l’univers audiovisuel de ces 30 dernières années.
Pour
beaucoup de salariés, ce fut une fierté d’avoir participé à cette aventure hors norme,
celle de la création de la TV moderne, d’une expression et d’une écriture télévisuelle renouvelée,
d’une créativité débridée. Un formidable creuset inventé par le génial André
rousselet qui a su saisir l’occasion pour renouveler de fond en comble les
codes de la communication télévisuelle, ou plutôt pour laisser s’exprimer ses
meilleurs lieutenants que furent Pierre Lescure et Alain De Greff.
Que
restent-ils de ces moments-là… ? Peu de
choses, quelques fondamentaux qui font encore le succès de notre chaîne.
Création originale, liberté… ou presque… de parole, mélange de l’entertainment
et de l’info… c’est la face Editoriale, celle que le téléspectateur continue d’apprécier,
pour le reste, plus rien ou si peu...
Plus grand chose
sur le plan social !
Car
difficile d’imaginer, pour les plus jeunes, celles et ceux qui venaient de
naître en 1984 et qui entrent aujourd’hui à CANAL+, comment chaque succès était
partagé, chaque victoire célébrée collectivement. Une volonté d’André Rousselet
qui avait compris que la famille CANAL+ constituait le plus beau Capital, la
clé des succès présents et à venir.
Lui
l’aristocrate que chacun appelait "Président", savait l’importance
de partager avec ses collaborateurs! Mais la crise est passée par là, et nous avons
depuis belle lurette tourné le dos aux valeurs sociales d’alors. Aujourd’hui
seul compte le niveau de rentabilité, ces 20% de rentabilité que l’on s’échine
à atteindre malgré les conséquences que cela engendre sur l’organisation, les
investissements, le bien être...
Dans
l’histoire mouvementée de cette entreprise, il reste une inconnue, celle du
départ précipité du "Président"!
Le début de
la grave crise que connut CANAL+ date de cette époque. L’empire qui commençait
à poindre était rentable. Il trouvait à s’exporter en Belgique, en Allemagne,
en Espagne... Mais le départ d’André Rousselet après la prise de contrôle de
CANAL+ par un conglomérat de capitaux hostiles, en tout cas réfutés par le
"Président" précipita l'entreprise dans une grave crise dont elle ne se
relèvera pas, tout au moins dans son schéma original. Pourquoi donc André
Rousselet a-t-il si brutalement claqué la porte, laissant orphelin des milliers
de salariés et désemparé une direction qui n’était pas prête à prendre les
rênes ? Une question qui reste en suspens.
Certains se
sont demandés si, finalement, il n’y avait pas là comme un geste Freudien, cet
objet créé de toute pièce ne pouvait lui survivre, tout comme l’ambition
qu’il avait eu alors de construire le premier Groupe Audiovisuel Européen, un
Groupe dont il perdait le contrôle. Car rien ne l’obligeait à partir ainsi…
Et aujourd’hui…
Que reste-t-il
aujourd’hui de cet objet venu de Nulle Part Ailleurs ? Des émissions emblématiques
comme le Grand Journal, un clone du NPA au temps de splendeur, de Gildas et De Caunes, une antenne originale,
le clair et le crypté, seul exemple au monde, des programmes originaux maison...
L’essentiel
de l’image, mais sinon quoi d’autres ?
Sur le plan
social, tout a disparu ou presque. André Rousselet portait aussi un grand intérêt aux questions Sociales. De ce
point de vue, il fut là encore un précurseur, un visionnaire. Car les succès
d’alors furent portés par des collaborateurs récompensés toujours de leurs
efforts. Lui, l’ex Secrétaire
Général de l’Elysée, patron de Havas, n’imaginait pas son entreprise éloigné de
ses salariés. Des salariés à qui il faisait profiter des bienfaits de la croissance
exponentielle et rapide du Groupe. Point besoin à l’époque de sondage sur les
entreprises préférées par les étudiants ou même les Français, CANAL+ tenait le
haut du pavé.
Qu'en reste-t-il?
2 entreprises, l'une Editoriale, celle des succès d'antenne portés par beaucoup "d'anciens", des collaborateurs qui ont pour certains ces 28 ans d'ancienneté, mais qui ont su accueillir de nouvelles générations, les former, les intégrer.
Et puis l'autre face de la Maison, tellement bouleversée depuis 10 ans, un pôle Distribution en mouvement perpétuel qui a tant de difficultés à retrouver le chemin de la croissance et de l'équilibre. 2 conceptions divergentes du management, 2 façons de penser l'avenir, 2 modèles dont il serait intéressant de tirer les enseignements tant ils sont révélateurs d'une inquiétude individuelle et collective qui monte alors que le Groupe se réorganise au plus haut niveau.
Et pour demain...
Pertes de compétences, environnement social bousculé, modèle managérial archaïque. Une nécessité vitale : libérer les forces créatives, diversifier les recrutements, renouveler les relations sociales, fixer un cap clair et partagé, desserrer l'étau de la finance, respecter les salariés... Des enjeux essentiels en cette période mouvementée, alors que CANAL+ continue de perdre des Droits comme ce WE la NBA, ce basket mythique porté par la voix de Georges Eddy.
Dessine-moi un
avenir !
Cet avenir
sera collectif ou ne sera pas. C’est l’aventure humaine renouvelée qui nous ouvrira
les voies de la reconquête. C’est pour cela que nous revendiquons un
aggiornamento dans l’organisation et dans la stratégie sociale de cette entreprise.
Sortons des archaïsmes, ouvrons les portes et les fenêtres pour reconstruire avec les collaborateurs, un
modèle gagnant, créatif, respectueux, vertueux!
Pour que
dans 20 ans, le futur des réseaux sociaux raisonne encore de nostalgies fécondes.
2 commentaires:
Une bien belle histoire mes amis
Est ce que les souris dansent toujours?
Que font les autres syndicats?
Un cadre Rennais
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