Faire le voyage en Pologne,
visiblement un must en cette fin d’année 2012 pour certains de nos dirigeants!
Pour découvrir les marchés de Noël ? Pour aider Julien Verley, ex directeur Financier de CANAL+
et futur patron de la nouvelle filiale de CANAL+ dans ce pays après la fusion avec TVN à se poser?
Peut-être!
Mais après tout, une petite virée dans cette contrée bien fraiche
permettra de s'éloigner de la routine parisienne et de ses acteurs
sociaux en ces temps de négociations salariales... Un bon bol d’air frais après la dégustation d'une Chłodnik litewski, cette soupe froide à la betterave et
au yaourt, de quoi se requinquer avant de retrouver la grisaille parisienne…
Cette
fusion, un évènement d’importance passé presque inaperçu en France et à CANAL+.
La finalisation de cet accord de partenariat financé et soutenu par Vivendi entre Cyfra+ la
filiale de CANAL+ en Pologne et la société TVN, donne naissance à un nouvel acteur important de la Pay TV sur le
marché Polonais mais aussi Européen. Grâce à cet accord, la Pologne devient le second marché de
CANAL+ après la France.
Le rapprochement de Cyfra+ et du bouquet satellitaire
"n" de TVN donne naissance à
une nouvelle société, NC+, plate-forme majeure de télévision par satellite
disposant d’une base totale de 2,5 millions de clients dont 830 000 proviennent
de TVN. Groupe CANAL+ détient 51% du nouveau bouquet payant. Les deux autres
actionnaires seront TVN 32 % et LGI Ventures 17 %, maison mère de UPC, qui possédait
jusqu’à présent 25 % des parts de "Cyfra+". La société TVN avait
fortement concurrencé CANAL+ sur les marchés internationaux d’achats de Droits
notamment aux USA avec Paramount, Dreamworks, 20th Century
FOX… Seul Universal était resté fidèle à "Cyfra+".
Mais la concurrence reste importante avec le premier
acteur de TV payante "Cyfrowy Polsat" qui revendique 3,44 millions d’abonnés.
La Pologne compte cinq bouquets satellites là où la plupart des pays européens en
comptent un ou deux seulement. Rappelons que contrairement à la France, CANAL+
n’est pas disponible sur les réseaux hertziens en Pologne, et encore moins sur
la TNT. Le rachat de TVN pourrait donc permettre à CANAL+ de rentrer
à moindres frais dans l’offre de la TNT et de mettre ainsi un pied dans
l’univers de la télévision gratuite en Pologne, un peu à l’image du rachat de Direct
8 survenu en France. TVN possède le premier portail internet de Pologne,
Onet.pl. Ce portail, CANAL+ ne souhaite pas le conserver.
Du Zlotys économisés à
profusion...!
La fusion "Cyfra+/ n" pourrait engendrer jusqu’à 250 millions de zlotys d’économies dès
la troisième année d’exercice selon certains analystes.
Ce
rapprochement consacre l’aboutissement d’une négociation engagée voici plus de
2 ans et le repositionnement de CANAL+ sur un marché difficile mais en
expansion. La taille critique atteinte par ce nouvel ensemble pourrait
permettre à CANAL+ de devenir enfin un acteur majeur de la Pay TV en Europe du
nord. Le rachat intégral de TVN par
Canal+ pourrait intervenir d’ici trois à quatre ans.
Cette affaire est d’une importance cruciale pour l’avenir du groupe. La
réussite de cette opération pourrait conditionner un repositionnement
international et sécuriser l’avenir alors que les nuages s’accumulent en
France. Elle apparait comme un pendant à l’arrivée de CANAL+ sur le gratuit en
France.
Ironie de
l’histoire…
Pourtant, en
2003, cette filiale polonaise Cyfra+ l’a échappée belle. Année du démantèlement des activités
internationales de CANAL+, et fin de la présence du groupe sur le continent
Européen, en Belgique, Italie, Espagne,
Danemark… et Pologne. Toutes ces filiales furent cédées parfois bradées comme notre
filiale Italienne Telepiu!
A cette époque, la filiale Polonaise n'avait pas trouvé preneur. Elle était finalement restée dans le giron du groupe, comme un trophé des belles années d'expansion de CANAL+ du nord au sud de l'Europe. Ce fut finalement une chance. C'est en effet grâce à cette filiale que CANAL+ pourra afficher des résultats positifs dans les premières années qui ont suivi la restructuration du Groupe, entre 2003 et 2008.
Julien
Verley aura toutefois fort à faire pour remplir le contrat ! Le marché
est difficile, et dans quelques mois, il ne pourra peut-être plus compter sur
notre actionnaire Vivendi si le démantèlement du groupe venait à se réaliser.
Alors, si
vous aimez la soupe froide aux betteraves, les températures bien basses, les
paysages bucoliques, précipitez-vous ! Ne laissez pas Julien partir seul,
aidez le à réaliser son rêve !
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