Salariés, managers, actionnaires, voilà bientôt deux ans que le Groupe vit dans l’attente d’une vision d’avenir. La dernière annonce du Conseil de Surveillance confirme la séparation des activités Télécom et Médias. http://bit.ly/1eyfsfF http://bit.ly/1eyfLqS
Depuis, c’est la valse-hésitation! Volonté de se séparer d’actifs importants, finalisation de la cession d’Activision Blizzard, vente de Maroc Telecom, des premiers pas qui devraient permettre de désendetter le Groupe pour le réorganiser.
Et maintenant ? Une crise de gouvernance en annonçant souvent une autre, c’est toute la stratégie de Jean-René Fourtou qui se trouve bousculée par le nouvel homme fort entré au Capital de Vivendi par la revente de ses chaînes D8 et D17 à CANAL+. Tout s’est noué alors que JR Fourtou avait pour ambition de nommer le patron de Bertelsmann à la tête du Groupe. Impensable pour Bolloré qui souhaite que le Groupe soit dirigé par un Français, plutôt jeune. La jeunesse semble être d’ailleurs un critère déterminant pour Bolloré… Reste à trouver l’oiseau rare !
Plus vite
cela ira, mieux cela sera pour CANAL aussi! Dans ce
contexte, à CANAL c’est l’attente, pesante d'une clarification. Il faut espérer que la
durée du "Dauphinat CANAL" n’atteigne pas celle du premier historique du royaume
de France, Charles qui dut attendre 11 ans avant de devenir Roi… Car c’est
toute l’organisation de l’entreprise qui
est en train de se gripper.La seule stratégie de court terme se résume aujourd'hui aux plans d’économies budgétaires qui se succèdent les uns après les autres, année après année… Il faut encore faire des économies ! Ne pourrait-on passer d’autres messages aux 4 000 salariés du Groupe pour le proche avenir. Sans autre perspective que la ligne d’horizon budgétaire, le marasme ambiant continuera de progresser, un attentisme pesant et contre-productif.
Hormis le
Studio Canal en pleine expansion ou les activités de CANAL+ Overseas, les
autres activités du Groupe, le cœur même du réacteur semble
être entré comme en hibernation, dans l’attente… A quand le sursaut, à quand le dynamisme
retrouvé, à quand l’innovation éditoriale ou technologique, l’investissement
dans l’avenir, à quand un aggiornamento
dans le management dont la tendance est plutôt au délitement, à quand une révolution sociale
ouverte, courageuse, intelligente, c’est quand le changement ?Chacun est prêt aux efforts nécessaires pour participer à cette nouvelle ambition, un CANAL+ tourné vers l’avenir et l’international. Des investissements ambitieux quand bien même il faudrait en passer par une baisse du résultat sur deux ou trois ans, mais aussi la nécessité d’une autre politique sociale, d’un nouveau modèle de développement. Les plus de 50 ans mis sur la touche, le recrutement exclusif de Bac+5 déçus souvent après seulement 12 mois de présence, les erreurs de casting… ces derniers mois ont été plutôt mouvementés sur le plan social sans que l'on sache très bien où l'on va!
L'ambition de Bolloré de construire un Groupe de Médias aux reins solides est encourageante. Mais va-t-on encore perdre une année en tergiversations de toutes natures, en bataille de pouvoirs?

Des compétences encore présentes. Mais il faut avancer, et vite car ces compétences-là sont déstabilisées, en partance parfois volontairement, plus souvent poussées vers la sortie. Trop vieux, pas assez Geek, trop peu adaptable, profitez donc de l’ambiance générale pour faire progresser le turn-over, véritable marotte de certains de nos dirigeants…
Malheureusement, nous prouvons mois après mois que ces départs de compétences historiques ont plutôt eut pour premier effet d'affaiblir, de fragiliser tout l’édifice sans pour autant renforcer le business. C’est un mauvais calcul selon nous. C’est toute la politique de recrutement et de mobilité qu'il faut repenser.
Notre modèle social vieillit à la vitesse de la lumière. Il faut l’adapter, le rajeunir, l’ouvrir et ce n’est absolument pas contradictoire avec la préservation des plus hautes compétences accumulées depuis bientôt 30 ans. Mais pour l’instant, c’est plutôt le blocage, l'inertie.
Il ne saurait y avoir de futurs succès sans une adhésion forte du corps social. Cette adhésion se délite mois après mois et les résultats de l’enquête CANAL+ Moi devraient bientôt le démontrer. Le peu de précipitation des salariés pour répondre aux questions de Towers Watson en sont déjà un premier signe.
Alors si, comme Léo Scheer, créateur de CANAL+ dans les années 80, nous pensons que notre entreprise a pris un sérieux retard sur son marché, il faut se dépêcher d’agir pour que les 10 prochaines années soient synonymes d’un nouveau rayonnement, non de l’attente d’une mort douce annoncée, d’un délitement dans la douleur. http://bit.ly/1357DTS
S’il est
compréhensible d’éviter toute précipitation,
il serait inconcevable que nous restions dans le flou encore plusieurs mois.
Stratégie, organisation, développement, management, orientations sociales,
partout dans tous les domaines l’urgence d’une clarification est perceptible et
souhaitée. Redressée économiquement, CANAL et ses 4 000 salariés doivent
savoir de quoi sera fait le proche avenir, pas seulement de coupes sombres dans
les budgets ou de licenciements abruptes, mais d’une véritable stratégie expliquée
et partagée ! L'onde de choc des mouvements chez Vivendi devraient approcher rapidement les rives d'Issy les Moulineaux et de Boulogne ! 2014 devrait selon toute vraisemblance être l'année de la clarification tant attendue, le plus tôt sera le mieux.


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