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26 août 2011

Le Télétravail devient réalité à CANAL+

Dans un précédent post en date du 15 juin, nous vous informions qu'un accord sur le Télétravail avait été négocié.

Il est aujourd’hui signé par notre syndicat et nous espérons bien que d’autres syndicats vont nous suivre sur cette voie pour que le Télétravail devienne réalité dès la rentrée prochaine.
Nous sommes satisfaits de cet épilogue alors que nous revendiquons cette négociation depuis 3 ans. On peut se féliciter qu’elle ait enfin abouti.
Il s’agit d’un accord expérimental
Pendant un an, les salariés, Cadres de l’UES, pourront, dans certains métiers, bénéficier de cette avancée sociale et profiter du Télétravail. Les femmes bien sur, dont nous savons combien pour elles il peut être difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle, mais aussi les hommes pour qui le Télétravail peut être une réponse efficace et qualitative à l’exécution de missions qui ne nécessitent pas une présence effective dans les murs de l’entreprise en permanence sans que soit remis en cause la qualité du travail, bien au contraire.
C’est aussi un accord de développement durable...
Pour les salariés qui en bénéficieront, et d’abord pour celles et ceux qui habitent loin d’Issy les Moulineaux ou de Boulogne, les économies d’énergies ou de transports pourront être significatives. Un point particulier pour celles et ceux qui subissent un handicap et pour lesquels l’accord prévoit quelques aménagements supplémentaires.  

Pourquoi 3 ans pour conclure cet accord ?
La Direction de CANAL+ reste réticente à mettre en œuvre ce type de projet, considérant que le travail s'exécute avant tout dans l’entreprise... Elle oublie au passage que le télétravail… non déclaré… c’est déjà une réalité à CANAL+. De très nombreux Cadres travaillent chez eux, le soir ou le WE pour pallier au manque d’effectifs ou à une charge de travail trop importante.

Le second écueil concernait les difficultés à engager des négociations alors que la Direction des Affaires Sociales n’avait plus de Directeur...

Depuis que le poste est à nouveau pourvu, un certain nombre de dossiers ont été ré-ouverts dont celui du télétravail.
Dans le même esprit, nous revendiquions depuis longtemps l’ouverture d’une négociation sur un régime de retraite supplémentaire. Le 13 juillet, une première réunion va se tenir pour en discuter… D’autres accords sont encore en jachères, Astreintes, Exercice du Droit Syndical… patience et longueur de temps...! 
Notre syndicat s’est fortement engagé dans cette négociation pour qu’elle aboutisse car nous savons qu'elle répond à un besoin exprimé par de très nombreux salariés. 
Nous souhaitons également que cette première pierre soit l'occasion de lancer une réflexion globale et constructive sur l'organisation du travail dans notre entreprise. Une nécessité absolue alors que les tensions sont toujours fortes dans tous les business sans exeption : effectifs ressérés, charge de travail très élastique, manque de moyens...

Dans 6 mois, nous tirerons les premiers enseignements de cette expérience. Nous pourrons ainsi préparer la prérennisation de cet accord. Nous aurons alors besoin de vos retours pour en améliorer le contenu en prenant en compte vos remarques et suggestions.  
1 journée par semaine, l’accord de votre hiérarchie et de votre RH de pôle… Si cette nouvelle avancée sociale vous intéresse, pour plus d’infos, contactez nous !


Un syndicat engagé pour vous!

25 août 2011

La bataille est ouverte entre les Ayatollahs de la mobilité et les Stakhanovistes de l'expertise…

Depuis des mois, plusieurs années maintenant, le leitmotiv social à CANAL+ c'est renouvellement! Renouvellement des modes de management, renouvellement des organisations et surtout renouvellement des équipes...

C’est ainsi à CANAL+ comme dans la majorité des grandes entreprises de ce pays.
Pour le renouvellement du modèle managérial, nous avons eu la période «petit livre rouge» importé des USA sous format papier pour raison d’économies… C’était alors le renouvellement des modes de management sous format fiches questions réponses… Résultat, 12 mois plus tard, le petit livre rouge a disparu des rayonnages managériaux… on pourrait peut être les récupérer pour les recycler…
Pour ce qui est du renouvellement des équipes, la machine tourne à plein régime. Des départs de très nombreux salariés dans tous les secteurs d’activités, des pertes de compétences évidentes sans que cela se traduise dans les business concernés par des résultats que l'on pourrait en attendre…

Car quel est l’objectif recherché sinon d’accroitre les performances et les résultats ?
Après quelques années de cette cure d’amaigrissement drastique, le bilan est discutable, on ne peut pas dire que les résultats soient probants.
C’est alors que surgissent de nouvelles hypothèses!
Faut-il se ranger sous la bannière des ayatollahs de la mobilité ou se rapprocher de celles et ceux qui se présentent plutôt comme des stakhanovistes de l'expertise ? Le débat est ouvert et semble irriguer les nombreuses couches du management jusqu’au plus haut niveau !
Peut être...enfin !
Car pour l’instant ce sont les ayatollahs de la mobilité… plutôt vers l’extérieur d'ailleurs… qui tiennent le gouvernail, reléguant les seconds au rang de ringards… Oui mais voilà, les ringards voient leurs équipes se dénuder irrémédiablement de compétences parfois indispensables.

Car qui fabrique les succès d’aujourd’hui ?
A l’Edition, c’est indiscutable, ce sont les anciens. La très bonne tenue de nos émissions, la gestion au millimètre de la production, la responsabilité de la diffusion, des tâches et des fonctions en grande partie assumés par des « anciens » et parmi eux l’un des plus anciens qui fut présent le 4 novembre 1984 à 7h du matin pour ouvrir l’antenne du premier CANAL+ : Michel Denisot ! Tiens donc… un « vieux » qui fait de l’audience chez les jeunes…
Côté Distribution, Marketing et Commercial, c’est au contraire le renouvellement permanent des équipes qui à l’œuvre depuis plus de 7 ans. Prestarisation à outrance de certaines activités, organisation mouvantes, changement de l’ordre managérial… et au final… ? Des audits qui succèdent aux audits...
Quel point commun nous direz-vous entre l’Edition et la Distribution ?  Des métiers et des enjeux totalement différents… Mais en est-on si sur ? Et si les femmes et les hommes, experts en leur domaine, déterminaient, engendraient la réussite, l’excellence ?


Ayatollahs de la mobilité ou stakhanovistes de l'expertise, nous penchons nous plutôt pour l’équilibre. Il n’y  pas de réponse unique à la complexité des business et du commerce d’aujourd’hui. L’utopie "du 3 ans dans un poste, 5 ans dans l’entreprise" comme valeur cardinale de management de la réussite de l'entreprise n’a pas fait ses preuves, loin de là!

La vérité est certainement… et comme souvent… dans la mise en œuvre d’une politique équilibrée de recrutement, d’un accompagnement à la mobilité interne, mais aussi et surtout par la reconnaissance des expertises, de la capacité à les conserver et à les valoriser ... et non à les stigmatiser pour des questions d'âges ou d'ancienneté!

L'alchimie de la réussite
Il faut évidemment recruter de jeunes compétences mais aussi conserver les anciennes.

Ce n’est pas encore le chemin privilégié, mais soyons persuadés qu’il finira par triompher. Car il n’y a pas d’autre alternative sauf à s’enfermer dans un schéma idéologique en refusant d’accepter l’évidence.
Les conséquences de cette politique sont aussi perceptibles sur le moral des troupes! 
Les salariés malmenés craquent pour certains, décident de jeter l’éponge pour d’autres, alourdissant un climat déjà pesant. Aujourd’hui, il y a comme une sorte de torpeur attentiste. On se dit qu’après tout, ce n’est pas mieux ailleurs…

Mais le marché lui n’attend pas!
La remobilisation s’impose et les "p’tits dej" questions réponses n’y suffiront pas ! Repenser le modèle social nous offrira beaucoup plus de résultats.
Ayatollahs, stakhanovistes, de l'ambition et de l'audace, pour le bien de tous et de chacun !

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23 août 2011

La République de Groland en ébulition...

C'était avant, il y a déjà bien longtemps... A cette époque, Alain De Greff, patron de la production de CANAL+, mettait en œuvre l'un de ses concepts favoris "... je garde mes experts..." Il ne parlait pas de sa série américaine préférée mais des salariés employés sur les émissions qui ont fait le succès et la notoriété de CANAL+, comme Groland...

Et bien, aujourd'hui, c'est terminé! L'heure du "renouvellement" a sonné ! Et la République de Groland désespère de sa capitale, Boulogne, siège de l’éditorial de CANAL+.
Depuis plusieurs mois, l'inquiétude des salariés grandit  Il règne aujourd'hui sur les plateaux expatriés au Nord de Paris, comme un air de tristesse pour des salariés qui ont passé là une grande partie de leur vie professionnelle, 5, 10, 15 ans, peut-être plus pour certains, et qui sont aujourd’hui remerciés, poussés vers la sortie sans plus d'explication.

Départ... éviction, non remplacement, arrivée de stagiaires en nombre ... c’est le grand chambardement !
Conséquences...
Des conditions de travail qui se dégradent et un management qui laisse filer... des salariés qui commencent à forcer la dose de prozac… oscillant entre déprime et révolte… Le royaume de la détente voit son niveau d’anxiété grimper en flèche ! Beaucoup de salariés ne comprennent plus et s'inquiètent à juste titre de ce qu'il voit se passer autour d'eux

Des dommages déjà perceptibles.
Mais alors… ? Certains de ces salariés sont employés sur ces émissions depuis très longtemps… Beaucoup travaillent exclusivement pour CANAL+ ! Groland a débuté en 1992! Ils bénéficient d’un contrat de travail spécifique, le CDDU, contrat à durée déterminée d’usage, ou d’un contrat d'intermittent… Les règles régissant ce type de collaboration sont aujourd’hui parfaitement encadrés, on le doit d’ailleurs en grande partie à CANAL+
Aussi, quand l'entreprise décide sans crier gare de se séparer d'eux, c'est évidemment la consternation qui l’emporte. Tout un environnement s’écroule, les inquiétudes surgissent, l'avenir s'assombrit.
Pourtant, les émissions continuent. Alors? Alors, peut-être que là comme dans le reste du Groupe, le concept de renouvellement des équipes est à l'œuvre.
Ouvrons le code social de la république de Groland!
Concertation et échanges devraient permettre d'envisager l'avenir plus sereinement.

20 août 2011

CANAL+ recrute....

… mais du stagiaire!

Les stagiaires reviennent en force à CANAL+ remplir des missions normalement dévolues à des CDI. Ils sont à nouveau plusieurs centaines, entre 10% et 15% du total des effectifs de CANAL+. Ils viennent renforcer une organisation interne affaiblie par le manque de recrutements et les nombreux départs de ces derniers mois


Ces stagiaires occupent parfois des postes importants, travaillent sans compter, pour une indemnité mensuelle très réduite. Car certains espèrent décrocher le sésame, un contrat en bonne et due forme qui leur permettrait de sortir enfin d'un statut précaire


Cette situation concerne l'ensemble des business du Groupe, hors les Centres de Relations Clients. Accueillir des stagiaires est dans l'ordre des choses pour une entreprise moyenne comme la nôtre, c’est même son devoir. Mais pas dans n’importe quelles conditions !


Comme il y a quelques années, la situation est à nouveau en train de déraper sur ce terrain là. Alors que de nombreux postes ne sont pas pourvus depuis de longs mois, alors que de nombreuses activités nécessiteraient de nouveaux recrutements, alors que la charge de travail d'une majorité de salariés, notamment celle Cadres et Journalistes est impressionnante, CANAL+ rechigne toujours à recruter.

Eviter un plan social... C'est le leitmotiv de notre direction pour expliquer des recrutements parcimonieux. Mais aurait-elle donc si peu confiance en l'avenir? CANAL+ est aujourd’hui une entreprise saine et bien gérée. Elle a dégagé près de 700 millions d'Euros de résultats en 2010.


Les indicateurs financiers sont au vert, mais sur le plan social, l'avenir reste incertain... De très nombreux salariés sont inquiets ou en questionnements

Pourtant, la masse salariale de CANAL+ pèse moins de 4,5% du chiffre d'affaire. Ce n'est donc qu'à la marge que cet indicateur joue sur les dépenses de l'entreprise.

Hors, nous constatons depuis 3 ans, une décroissance des effectifs en CDI et une augmentation du nombre de CDD, de stagiaires et de prestataires.


CANAL+ doit recruter… des CDI ! Nous devons cesser de confier à des stagiaires des missions essentielles. Le stagiaire, selon son niveau d'étude, peut exercer des responsabilités. Mais il est anormal qu’il occupe des postes en remplacement de CDI, travaillent sur des horaires qui dérapent tout en étant payé... indemnisé… très faiblement.


Développons une politique socialement responsable en matière d'emploi, pour le bien de l'entreprise... et de ses salariés. CANAL+ doit participer à sa façon au développement de l'emploi stable en France. Le Contrat à Durée Indéterminé doit être privilégié sur toute autre forme de contrat précaire. C'est un engagement qui doit être rappelé et appliqué sans discernement.


Plus d'infos grâce à nos NewsLetters!

Cliquez ici et communiquez une adresse mail de votre choix

17 août 2011

La démocratie sociale à l’épreuve de l’Internet

La Communication des Instances Représentatives du Personnel sur Internet suscitent crispations et interrogations de quelques dirigeants du Groupe!

Lu par des centaines de salariés, apprécié par beaucoup, dénoncé par quelques uns, le blog de la CGC n’échappe pas à l’air du temps.

Alors que d’autres syndicats de CANAL+ possèdent leurs propres blogs ou sites d’échanges, celui de la CGC concentre les débats en interne. Le moindre échange peut susciter des réactions souvent démesurées ou incompréhensibles. Pire, la déviance vers une diabolisation de certains responsables sociaux devient un sport encouragé.

Notre communication, un contre pouvoir indispensable…

Éteindre tout contre pouvoir dans l’entreprise comme ailleurs serait dangereux et pernicieux

Sans contre pouvoir, la dérive autoritaire prospérerait sans contrainte, cette dérive autoritaire déjà bien présente... la pensée formatée est en vogue...


Pressions permanentes, messages subliminaux, admonestation en réunion, diabolisation, tout est bon pour dire que la communication sociale doit rester calfeutrer derrière les murs de l’entreprise

Faut il se réjouir ou s’offenser que des centaines de salariés consultent régulièrement les sites des représentants du personnel ?

Seule la direction aurait donc droit de parler, de dire le bien, de pointer les dysfonctionnements, en exigeant l’omerta?

L’avenir, le succès de l'entreprise moderne se construira avec les salariés et pas contre eux

Si les entreprises ont tant de mal aujourd’hui à atteindre leurs objectifs, c’est peut être parce qu’elles méprisent beaucoup plus leurs collaborateurs qu'autrefois, le résultat financier devant tout autre préoccupation, l'humain relégué aux antipodes des préoccupations de nos dirigeants.

«Sois rebelle et tais-toi»

Le syndicalisme malmené aujourd’hui plus qu’hier, doit s’adapter à la nouvelle donne de l’Internet et des réseaux sociaux

Entre l’absence totale de communication moderne et la profusion, il y a certainement un point d’équilibre à rechercher avec des dirigeants attachés à préserver une image lisse d’eux mêmes ou de leur entreprise et des représentants du personnel soucieux d’informer, de faire respecter le droit et de susciter le débat.

Faut-il encore en 2011, que la démocratie s’arrête à la porte de l’entreprise ?

Autrefois, la communication sociale des syndicats se limitait à la distribution de tracts aux portes de l’entreprise. Lorsque le dialogue se bloquait, la grève pouvait prendre le relais, les dirigeants pouvaient également être séquestrés...

Aujourd’hui, cela parait bien incongru ! Dans notre société policée, les syndicalistes ont perdus leurs gros bras. Par quoi les ont-ils remplacés ? Lorsque les syndicats communiquent devraient-ils le faire avec les méthodes du siècle dernier ?

Moins de tracts, mais une communication plus ciblée, moderne, démocratique et participative

Cette communication syndicale n’empêche pas à CANAL+ de conserver son attrait comme le démontre la dernière enquête de Randstad 2011, et c’est tant mieux, car CANAL+ reste, malgré ces soubresauts sociaux, une belle aventure.

"DEUXIEME EDITION DES RANDSTAD AWARDS EN FRANCEurocopter est l’entreprise française qui a la meilleure « image employeur » selon une étude Randstad réalisée auprès de 10 000 personnes

Air France / KLM, Canal +, Club Méditerranée, EDF, IBM et LVMH sont les premiers prix de leur secteur"

Constatons d’abord que les personnes interrogées jugent l'entreprise de l’extérieur… et puis nous n'avons pas lu les questions qui furent posées...

Mais on peut aussi penser que les postulants ne s’y trompent pas.

Ils ne confondent pas «l’Entreprise» et certains de ses dirigeants qui appliquent parfois des méthodes de management et une politique sociale discutables.

L’organisation sociale de l’entreprise évolue en fonction des hommes et des femmes qui la dirigent!

Des solutions existent

Cela suppose d’abord d’assoir ce débat sur la confiance et le respect, préalables indispensables.


La meilleure preuve, écoutez cet interview de Cathy Kopp, DRH du groupe Accor dire ce quelle pense de cette nouvelle situation

Un constat et un discours auxquels nous pourrions adhérer

« …disparition de l’autorité hiérarchique telle qu’elle était définie auparavant, je donne un ordre il est exécuté, terminé… ! »
« …autrefois, autorité et pouvoir étaient réunis en une seule identité, c’est du passé… »
« …de nouvelles méthodes de communication et les réseaux sociaux qui obligent à repenser la communication sociale… »
« …le rôle des partenaires sociaux revus et corrigés… »



Que du bon sens près de chez nous ! C’est donc possible !

Justement chez nous, un nouvel Intranet va bientôt voir le jour…

Pourquoi les Instances Représentatives du Personnel ne disposeraient elles pas d’un espace de dialogue et d’expression sur cet outil ?

C’est possible, seule la volonté de certains de nos dirigeants manque. Manque d’audace certes, mais aussi manque de clairvoyance quant à l’évolution de la communication sociale dans l’entreprise.

Notre syndicat appelle à la raison et au renouvellement de la pensée et de l’action

Ce débat dépasse notre seule entreprise, il concerne aussi la galaxie des entreprises du groupe Vivendi.

Plutôt que de le tirer vers le bas, nous proposons d’engager ce débat au niveau du Groupe Vivendi

Nos dirigeants ont mieux à faire que de se soucier d’affaiblir la parole sociale. Car cette évolution est irréversible.




Une faille entre le discours du top management et les salariés qu'il s'agit de combler...

Le retour indispensable à l’humanisme et au collectif …

Nous devons favoriser le retour à un dialogue social apaisé et constructif, respectueux des femmes et des hommes de CANAL+


C’est l’un des rôles essentiels des élus et des syndicalistes que d’y contribuer. Mais pour cela encore faut il qu’une porte s’ouvre...

Le dialogue social est très abîmé à CANAL+

Il doit se reconstruire des bases saines et responsables. Pas dans l’invective ou le mensonge. CANAL+ a déjà survécu à 2 cataclysmes, elle en supportera bien d’autres



14 août 2011

Un job ou un stage à CANAL+ : ça peut aussi se gagner...!


« Gagner un stage ou un job… ! » une innovation de CANAL+ en matière de recrutement ! www.studyka.com/sk/canalplus

Le grand match de l'innovation!
Gagner des stages ou des jobs à CANAL+, c'est ce que propose un challenge organisé avec quelques écoles d'ingénieurs!

C'est très sérieux!
Faire phosphorer de jeunes têtes bien faites sur la TV de demain, récolter quelques bonnes idées sans bourse déliée, mieux, repérer de futurs "potentiels" qui vont se la donner sans compter, et tout cela en restant dans son fauteuil, bien calé, à déguster la dernière et superbe série de Fabrice De La Patellière... pourquoi s'priver?

Et pour ces jeunes étudiants, l'espoir, peut-être, un jour, hypothétique, de décrocher un stage, au pire une paire de lunette 3D, 1 iPad, 1 Xbox et, cerise sur le gâteau, la possibilité de visiter les plateaux d'enregistrement des émissions! Ouahhhh !

Des challenges avec de grandes écoles, les entreprises en organisent régulièrement, CANAL+ n’innove pas en la matière
En revanche, mettre en appétence en proposant comme lot un stage ou un emploi n’est pas sans poser quelques questions d’éthiques… Généralement les gagnants de ces challenges se voient offrir des cadeaux, des voyages, au mieux rencontrent les dirigeants de l'entreprise.

Petite plongée sur la situation de l’emploi à CANAL+…
L’emploi est sous pression depuis de nombreuses années. La pression au départ tout d’abord. Depuis le début de l’année, le message est encore plus clair « vous faites un excellent travail… mais un RDV avec la DRH s’impose, votre ancienneté… votre salaire… » Bref, vous devez partir.
Dans le même temps de très nombreux postes ne sont pas pourvus, avec pour conséquences désorganisation et pertes de compétences.

Déjà de nombreux stagiaires…
Des dizaines et des dizaines de stagiaires travaillent pour CANAL+. Quoi de plus normal ? Mais quand leur nombre atteint des sommets, quand ces stagiaires remplacent des CDI, occupent des fonctions opérationnelles essentielles, dirigent parfois des projets, la dérive est consommée. Pour quelques centaines d’Euros par mois, de jeunes stagiaires cravachent espérant décrocher le sésame : un CDI ! le rêve… ! Mais…

Une procédure de recrutement longue et sinueuse ...
Même en travaillant comme des forcenés, les stagiaires ont peu de chance de décrocher le CDI tant attendu. En premier lieu, CANAL+ recrute très peu, pas assez… Il existe encore du « gras » parait-il… ?!
Ensuite les conditions économiques, la prudence, imposeraient de faire des économies y compris sur la masse salariale.
Enfin, stagiaire ou pas, le futur, éventuel, potentiel, recruté devra subir entre 7 et 10 entretiens, dont le dernier sera systématiquement effectué avec le … PDG B. Meheut.

Car c'est bien connu, les DRH de pôles, les patrons de business, les responsables de services peuvent tous se tromper… le recrutement n’est pas une science exacte… on le constate régulièrement, les erreurs de casting sont légions...

Evidemment, la raison est à chercher ailleurs...
7 à 10 entretiens, cela prend à minima 6 mois! Toujours cela de gagné en masse salariale. Et comme jusqu’au bout de la procédure, le futur éventuel recruté a 50% de chances de se faire retoquer par le PDG, on repart pour… 6 à 7 mois… et hop, encore un an de masse salariale économisée…


Et pendant ce temps, ça tourne... C’est bien la preuve que les services peuvent fonctionner sans ressource supplémentaire...voire en réduction!
Pourtant, celles et ceux qui sont en CDI, en CDD, ou déja stagiaires en poste savent combien la charge est importante. Des journées de travail très longues, des cadres qui occupent 2 fonctions, des mobilités ou des détachements en nombre…


Oui, les ressources manquent, de nombreux business sont en tension, il faut créer de l'emploi en interne, recruter, intégrer des prestataires et des ... stagiaires! Mais par éthique et par respect, ne mettons pas en jeu l’emploi ! Le challenge en grande école, c'est d'abord un travail d'équipe, une réalisation collective. Offrir en lot un stage ou un emploi dénature le projet, le détourne de sa fonction première.
Le recrutement de stagiaires ou d'un salarié doit suivre des règles établies pour tous. Y déroger, c'est ouvrir la porte à toutes les dérives, des plus nobles au plus malsaines. Il ne saurait y avoir d'instrumentalisation de l'emploi, et notamment de l'emploi des jeunes, tellement problèmatique aujourd'hui dans notre pays. C'est une fausse bonne idée!
Bonne chance à tous ces jeunes étudiants
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10 août 2011

Un p'tit tour au Brésil...ça vous tente?

Vous êtes jeunes ou vieux, en CDI,CDD, stagiaire... audacieux & dynamique, curieux et voyageur, vous travaillez à CANAL+, SFR ou Universal Music, ou dans l’une des autres entreprises du Groupe Vivendi ? Alors cette annonce vous intéresse.

GVT la filiale télécom Brésilienne récemment acquise par Vivendi recrute !
Le Brésil connait en effet le plein emploi !
Résultat, un turnover de 30% à 40% et des besoins exponentiels en personnels qualifiés. GVT est passé en quelques mois de 2500 salariés à près de 5 000 !

Pour faire face à cette demande, Vivendi vous propose de rejoindre le Brésil dans d’excellentes conditions professionnelles.

Après une phase de recrutement classique, mais à distance, une fois votre candidature retenue, vous pourrez alors vous rendre sur place pour découvrir vos prochaines  activités et prendre le pouls de ce pays si différent du nôtre.

Une fois le deal conclu, toute la logistique sera prise en charge, un accompagnement total...!
Déménagement, recherche de logement, accompagnement du conjoint, recherche d’écoles, aide à l’installation, tout est prévu pour accompagner les salariés du Groupe intéressés et recrutés.

Mieux, le retour sur la France sera dès l’origine anticipé, le Groupe s’engageant à fournir un poste en France, même après quelques années passées sur place !

Ne cherchez pas cette information sur vos Intranets... elle est malheureusement restée confidentielle!
Etonnant lorsque certains de nos dirigeants ne cessent de vanter les mérites de la mobilité… Mais il est vrai qu’ils pensent plus mobilité… vers l’extérieur que vers une filiale du Groupe.

Alléchant isn’t it ?!!
Vous êtes intéressé ? Vous voulez en savoir+ ? Contactez-nous

06 août 2011

Les Sénateurs pointent la dégradation du climat social dans les entreprises...

Le Sénat tire la sonnette d’alarme sur le climat et les tensions sociales dans les entreprises Françaises!

Quand nos sénateurs se penchent sur le fonctionnement des entreprises, que constatent-ils? La même chose que nous!

A la demande de M. Gérard Larcher, président du Sénat, la délégation sénatoriale à la prospective s’est penchée sur l’avenir du pacte social dans l’entreprise.
Le rapport présenté est alarmant, il demande une meilleure reconnaissance des salariés et une revalorisation du travail.

Les sénateurs ont constaté un malaise grandissant dans les entreprises, des gains salariaux ralentis, des inégalités salariales croissantes et une forte augmentation des revenus du capital. Ce qui créé de fortes tensions et nuit à la croissance selon le rapport.

Sans une amélioration significative du pacte social dans l’entreprise disent-ils, dans le sens d’une meilleure reconnaissance des salariés et d’une revalorisation du travail, l’économie et la société s’exposeraient à de sérieux revers.

Le malaise actuel dans l’entreprise
Ces trente dernières années, dans un contexte de concurrence et de mobilité des capitaux croissantes, une recherche de productivité de plus en plus orientée vers le court terme a progressivement modifié toutes les facettes du pacte social dans l’entreprise.

On observe :
Des gains salariaux ralentis et des inégalités salariales croissantes
, mais des revenus du capital en forte augmentation

De fortes tensions sur les conditions de travail, à ce stade, ni les progrès de l’«employabilité» ni l’autonomie promue par un discours managérial souvent illusoire, ne débouchent sur un équilibre satisfaisant du point de vue du salariés

Des relations sociales dégradées et une gouvernance déséquilibrée, avec une translation du pouvoir vers des investisseurs financiers au sein d’entreprises plus grandes; la capacité de négociation de salariés « oubliés » de la gouvernance au nom de l’efficacité économique, est en outre obérée un taux de syndicalisation passé d’environ 30 % à environ 8 % des salariés depuis l’après-guerre ;

La tendance à venir : le « scénario du pire »

Les conflits de répartition continueraient à se résoudre au détriment des rémunérations salariales.
Le travail «paierait» d’autant moins que le vieillissement démographique s’accompagnerait d’un prélèvement accru sur les salaires

Il n’y aurait pas d’autre choix que de flexibiliser davantage salaires et emplois et le management exercerait des tensions renforcées sur le travail au détriment de sa qualité


Les entreprises se rabattraient sur le levier de l’organisation du travail pour soutenir tant bien que mal une productivité « plombée » par un déficit cumulé d’innovation.

Avec un niveau de qualification stagnant et un dialogue social toujours médiocre, les organisations « à flux tendus » s’approfondiraient ainsi que la segmentation du marché du travail avec un recours accru à des contrats courts pouvant aller jusqu’à la disparition du contrat de travail dans la mouvance de l’idée que chacun doit devenir un « entrepreneur de lui-même ».

Finalement, avec les contraintes multipliées d’organisations toujours plus finement calibrées en effectifs, les salariés endureraient une dégradation radicale du compromis sécurité/autonomie entraînant une prolifération de troubles psychosociaux, une désincitation au travail…

Enfin, l’effritement du droit social du travail s’amplifierait, le moins-disant social devenant le point de référence….

Mais que dit-on depuis des mois… !!
Quels sont les facteurs qui pourraient permettre d'éviter le «scénario du pire»
Pour les Sénateurs, une revalorisation du travail par le salaire mais aussi une amélioration qualitative des conditions de travail y contribueraient. La réinscription des stratégies d’entreprises dans le temps long, ainsi qu’une évaluation multicritères de leurs performances permettraient aussi d’améliorer la situation


Une orientation plus sociale et humaine du management et de l’organisation du travail tendrait à juguler une certaine forme de mal-être au travail sur la base d’une implication systématique des salariés – et non un simulacre de consultation dans toute « conduite du changement », de formations à la gestion insistant sur la considération et le soutien des collaborateurs, et d’un intéressement du « top management » à la « performance sociale » et non plus seulement financière.

S’agissant du gouvernement des entreprises et du dialogue social, un premier type d’inflexion pourrait être recherché dans la poursuite de la consolidation du rôle des partenaires sociaux impulsée par la loi du 20 août 2008, via une réforme favorisant leur financement ou l’apparition d’un syndicalisme de services plus proche des préoccupations concrètes des salariés,

Par ailleurs, une gouvernance plus partenariale s’instaurerait. Elle comprendrait des avancées sur la codétermination, et une protection renforcée de l’actionnariat de long terme. Des modes alternatifs de gouvernance s’inspirant de ceux des entreprises familiales ou coopératives redeviendraient attractifs…

La négociation sociale se développerait de façon plus équilibrée à la faveur d’un respect généralisé du dialogue social mais aussi d’un renforcement des légitimités syndicales…
Quant on vous le disait... CANAL+, ce n’est pas la mine, mais les Sénateurs constatent quand même que ça ne tourne pas rond dans le monde de l’entreprise…
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01 août 2011

Enquête Sofres : Les salariés souhaitent le retour du collectif...

Une enquête réalisée par l'institut TNS/Sofres pour le cabinet Altédia (1005 interviews de salariés, entreprises, privées et publiques, administrations) révèle une attitude sociale des salariés en France en forte évolution et un retour en force du collectif sous toutes ses formes

La rupture du lien entreprise – salarié semble consommée
84% des salariés estiment aujourd’hui que les intérêts des salariés et des dirigeants ne vont pas dans le même sens... (40% pas du tout, 44% plutôt pas...")

Une nette remise en cause du système actuel... Pour 65% des Cadres de ces entreprises, nous sommes dans une crise fondamentale qui montre bien que le système actuel apporte plus de problèmes que de solutions.

29% seulement des salariés des grandes entreprises seraient prêts à s'investir pour faire évoluer le fonctionnement de leur entreprise.

Eléments révélateur, 1/4 de ces salariés seraient prêts à participer à des actions sociales "dures"

Les salariés jugent également leurs employeurs généralement assez solide, mais très éloignés de leurs préoccupations.


46% estiment qu'il ne se comporte pas de façon responsable envers leurs salariés, 55% qu'il néglige l’avenir, formation, carrière...

Rémunération
Si un salarié sur deux estime toujours s'épanouir dans son travail, une nette majorité, 66%, se dégage pour dire qu'ils sont insatisfaits de leur rémunération!

Au final, 44% des salariés estiment que leur situation au travail s'est plutôt dégradée. Ce chiffre monte à 53% dans les grandes entreprises.

Le retour du collectif...
Les effets de la crise et la déstructuration sociale de nos entreprises amènent une majorité de salariés à reconsidérer leur position en estimant qu'un retour du "collectif" pourrait être la source d'une amélioration de leur environnement professionnel!

La confiance décroit partout, tous les secteurs d'activités sont aujourd'hui touchés. Les changements permanents d’organisation, de responsables et de managers, les incertitudes sur l'avenir pèsent sur ce niveau de confiance.

Les discours, parfois inaudibles des dirigeants, accentuent ces sentiments de défiance.
Beaucoup de salariés ne comprennent plus les messages de leurs dirigeants... quant ils existent. Soit ils sont trop simplistes "...augmenter la marge ou le bénéfice net..." soit ils sont incohérent ou trop complexes.

Venez nous voir… !
Un nombre croissant de salariés estiment que les dirigeants sont trop éloignés du terrain. Ils réclament une présence accrue avec une présence physique plus affirmée. "...la vérité ne vient-elle pas du terrain... ?"

La "promesse" ne suffit plus, aujourd'hui, pour remotiver, réengager, ré impliquer les salariés, il faut apporter des "preuves" tangibles d'une volonté de faire avec eux.

Autre constat, le management intermédiaire se sent négligé "squeezé".
L'enquête fait apparaître une fatigue importante du management intermédiaire qui ne peut plus jouer son rôle de "relais". La demande, les attentes du management pour plus d'écoute permettaient peut être de retisser des liens de confiance.

"On ne peut pas vouloir à la place des individus"
Atteindre les objectifs stratégiques de l'entreprise ne pourra être réalisé que s'ils sont portés par le mangement supérieur et surtout intermédiaire. C'est pourquoi il apparait indispensable d'ouvrir aux enjeux fondamentaux de l'entreprise l'ensemble du corps managérial.
Accepter l'objection comme révélateur d'une problématique managériale et sociale apparait indispensable.

Quant aux instances représentatives du personnel, syndicats, Comité d'entreprise... une majorité de salariés estiment qu'elles ne doivent pas être négligées, même si beaucoup restent dubitatifs quant à leur capacité d'agir...

Ces salariés estiment également qu'il faut redonner "du corps" au concept de mobilité et travailler à des perspectives de carrières sérieuses plutôt que de déstabiliser en permanence les organisations.

C'est d'autant plus vrai et nécessaire qu'aujourd'hui, la gestion des carrières doit être réalisée sur une base de 40 à 45 années de travail.

En matière de recrutement, 72% des personnes interrogées estiment que c'est d'abord par leurs propres réseaux qu'ils pourront se repositionner professionnellement, et 42% par les cabinets de recrutement...

En conclusion, cette enquête fait apparaitre quelques lignes de force comme une remise en cause massive du système actuel par les salariés français, une crise de confiance à l’égard tant de son employeur que de ses dirigeants, une ouverture importante aux modes de revendication forts voire durs, une nette dégradation du climat à l’automne.

Ce mal-être se traduit surtout par des sentiments de manque de reconnaissance et de perspectives d’avenir, de faible responsabilité perçue de son employeur à l’égard de ses salariés, d’une dégradation de sa situation professionnelle et d’un optimisme très partagé sur son avenir

Et à CANAL+ ?
Le parallèle avec la situation sociale de notre groupe serait trop facile. Toutefois, et l’enquête «d’engagement» réalisée à la rentrée le confirme, les salariés de CANAL+ partagent pour une grande partie ces sentiments. C’est ce que nous essayons de porter dans les instances sociales depuis de nombreux mois sans être entendu. « …tout ne va pas bien, mais quand même, ce n’est pas la mine… ce n’est pas Zola… » « …les salaires à CANAL+ sont en moyenne plus élevés qu’ailleurs… » « .. .il y a très peu de démissions…»

Nous ne sommes pas à la mine, et Zola est bien loin, malgré tout, la dégradation des conditions de travail est un fait inéluctable constaté par une majorité de salariés. Refuser de l’admettre, c’est prendre le risque d’une crispation sociale dans bien des secteurs de l’entreprise. Notre modèle social ne peut être de type Asiatique...

Sur les rémunérations, une moyenne ne veut rien dire, en revanche le salaire médian, référence en la matière, fait apparaitre un net décrochage entre le passé et le présent. Nous continuons de tirer vers le bas les rémunérations, et d’ailleurs leur part dans la valeur ajoutée n’a pas progressé.

C’est un choix d’entreprise, tout comme constitue un choix stratégique d’employer plutôt des prestataires que d’embaucher. La raison « …évitons d’avoir à faire des plans sociaux dans l’avenir… » C’est donc que l’emploi ne peut que se dégrader dans notre groupe ?! Cette analyse était acceptable en 2003 alors que le groupe était au bord de la faillite. Elle l’est moins aujourd’hui alors qu’il va dégager certainement près de 700 millions d’Euros de bénéfices nets… une paille !
Aujourd'hui, de grands groupes Français réinternalisent des activités qu'ils avaient laissés partir il y a quelques années...
Si nous comprenons la prudence économique, l’état des forces en présence devrait amener à plus de souplesse pour que notre environnement social retrouve un peu d’espérance. Le même constat pourrait être fait en ce qui concerne les investissements. Dans certains secteurs, l’informatique en particulier, les besoins sont criants et urgents.

S'il n'y a pas péril économique, et c'est tant mieux, il y a en revanche une progression du risque social. De ce point de vue, CANAL+ est aujourd'hui devenue une entreprise banale. Mais le constater, ce n'est pas l'accepter. Des moyens existent pour favoriser l'émergence d'un nouveau dialogue social, base indispensable de la reconquête par les salariés de leur environnement professionnel.

D'abord présenter une stratégie et des perspectives de moyens et longs termes, qui ne soient pas seulement orientés vers le résultat financier. Partagés par tous, ils deviendraient alors plus facilement atteignables! Mais nous n'avons plus depuis des lustres d'échanges structurants sur ces sujets. Où va-t-on, comment et avec qui... bien malin qui saurait nous le dire!

Nous y gagnerions pourtant en efficacité et en mobilisation collective. Mais pour cela, il faudrait d'abord restaurer la confiance, sortir de la chasse aux sorcières, et transformer en profondeur notre modèle managérial archaïque et parfois dangereux.

Vous pouvez compter sur notre volonté pour que progresse une certaine idée du social. Mais nous ne pourrons le faire qu'avec vous. C'est avec vous que les choses changeront... ou bien alors...

18 juillet 2011

La justice statue sur le forfait jour...

Le 26 janvier dernier, dans un post publié sur notre Blog, nous indiquions que le Conseil de l’Europe avait statué sur les dérives de certains employeurs français dans l'utilisation du forfait jour!   

Depuis, en France, la Cour de Cassation a été conduite à statuer sur les conditions de validité d’une convention de forfait-jours.
La Cour de Cassation a donné raison au cadre qui réclamait le paiement de ses heures supplémentaires, en arguant que sa convention de forfait-jour n'avait pas été respectée.


Et à CANAL+...
Cet arrêt important de la Cour de Cassation est l’occasion de rappeler les règles de validité des conventions de forfait-jours sur l’année. En l'espèce, la plus haute instance judiciaire française a cassé les arrêts des tribunaux des prud'hommes et de la cour d'appel de Caen qui avaient interdit à un cadre commercial au forfait-jour de réclamer le paiement de ses heures supplémentaires.

La raison ? Le dit-salarié n'avait bénéficié d'aucun suivi ou contrôle de son temps de travail de la part de son employeur. Ce qui est aussi la cas à CANAL+ où aucun Cadre au forfait jour ne bénéficie d’un tel contrôle.

Au nom de la protection de la santé et du droit au repos, la plus haute instance judiciaire française juge en substance que toute entreprise appliquant le forfait-jour ne prévoyant pas un contrôle strict et un suivi régulier du temps de travail de ses salariés concernés peut voir les dispositifs mis en place retoqués.

Cela revient à dire que l'entreprise devra vérifier que ses salariés au forfait-jour respectent les durées de travail et de repos quotidiennes et hebdomadaires, fixées notamment par le droit européen : à savoir 48 h de travail maximum par semaine et 11 h de repos consécutif.

L'employeur doit encadrer la durée du travail de ses salariés au forfait-jour. A défaut, les entreprises s'exposeront à être poursuivies devant les tribunaux et condamnées à payer des heures supplémentaires à leurs cadres !

+ de clarté...
Les accords collectifs qui ne sont pas explicites en matière de suivi et contrôle du temps de travail des cadres en forfait-jour devront être renégociés par les partenaires sociaux, afin d'éviter la multiplication des contentieux devant les tribunaux. Tous les gardes-fous prévus dans les accords collectifs devront être appliqués. A défaut, les forfaits-jours seront nuls et non avenus.

+ de contrôles...
Ainsi, s’agissant des «caractéristiques principales» des conventions de forfait, il est nécessaire de prévoir le contrôle du nombre de jours travaillés, les modalités de prise des journées ou demi-journées de repos ou, encore, l’évaluation de la charge de travail. Des précisions qui font défaut dans l’accord de CANAL+.

Rappelons à cet égard qu’il résulte de l’article L. 3171-4 du Code du Travail qu’en cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail accomplies, l'employeur doit fournir au juge les éléments de nature à justifier les horaires effectivement réalisés par le salarié.

+ de suivi...
La convention de forfait-jours doit faire l’objet d’un suivi!
Dans son arrêt, la Cour de Cassation a aussi jugé que lorsque l'employeur contrevient aux clauses d'un accord collectif organisant le contrôle et le suivi des conventions de forfait-jours, ces conventions sont privées d’effet et le salarié peut prétendre au paiement d’heures supplémentaires. Rappelons que, dans ce cas, la rétroactivité de la demande peut porter sur les 5 dernières années… conservez vos états de service…

De plus, il est rappelé que le salarié titulaire d’une convention de forfait-jours doit bénéficier d’un entretien annuel individuel portant sur sa charge de travail, l'organisation du travail dans l'entreprise, l'articulation entre son activité professionnelle et sa vie personnelle et familiale, ainsi que sur sa rémunération. A CANAL, ces entretiens ne sont pas menés aujourd’hui.

De la négo en perspective...
Nous devrons travailler à clarifier ces dispositions dans l’application de cet accord à CANAL+. Il est en effet inacceptable pour l’employeur de se réfugier derrière cette convention pour exiger une présence et une disponibilité quasi permanente à certains de ses cadres comme c’est le cas aujourd’hui dans quelques secteurs de l’entreprise, DSI ou DTE notamment.
Pour se mettre en conformité avec cet arrêt de la Cour de Cassation, le passage par la case négociation est redevenu obligatoire. Nous devrions nous y employer d’ici la fin de l’année.

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