Bain, Mckinsey…Les cabinets de consultants sont-ils les mieux placés pour analyser, proposer et orienter les réorganisations de nos entreprises ?
Depuis des mois, les 1100 salariés de la Direction de la Distribution vivent au rythme d’une restructuration permanente qui ne veut pas dire son nom, habillée sous la forme de synthèses des travaux effectués par de grands cabinets de consultants.
Est-il impératif de dépenser des centaines de milliers d’Euros pour parvenir à des conclusions déjà fixées dans un cahier des charges cadré par le client ? Combien de postes en CDI cela représente-t-il ? 10, 20 postes sur une année ? Peut être plus… !
La question mérite d’être posée à la veille de la consultation du Comité d’Entreprise et alors que de très nombreuses questions restent encore en suspend... !
Le client reste maître… Il faut justifier des décisions déjà prises… !
On le sait tous sans oser le dire, lorsqu’un cabinet est appelé à opérer dans une entreprise, une grande partie des objectifs sont déjà fixés. Il s’agit seulement de trouver à justifier tel ou tel choix. Comment un cabinet présent quelques semaines, dans le cas présent 2 ou 3 mois, peut-il prendre la mesure de l’ampleur des défis d’un groupe complexe comme CANAL+ ? Impossible.
Il le fait sur la base d’analyses fournies par… son client… Dans le cas présent, a-t-on mesuré les intéractions avec l’Edition ? Avec les services supports, avec Vivendi, avec l’environnement concurrentiel externe ? Nous pouvons en douter au regard de la méthode...
Quand une organisation ne se résume pas à son organigramme… Les oublis… et les manques…
Dans certains services, il fut notable de constater la faiblesse de la compréhension des organisations. Erreurs de communication ou d’appréhension, ainsi, ces projets de transfert de services vers de nouvelles directions… alors que ces services étaient déjà transférés depuis de nombreux mois… Ou l’incapacité à comprendre l’intéraction de services et d’activités de façon transverse sur l’ensemble du groupe… ainsi pour la DEC qui va encore subir quelques évolutions de périmètre sans pour autant trouver un modèle d’organisation efficient car disséminé et illisible pour beaucoup…. Mais la DEC reste un sujet en soi qu’il faudra bien traiter un jour dans sa globalité et non par tranche.
Sur le plan social c’est encore plus flagrant… Lorsque, au Comité d’Entreprise, nous posons la question de l’accompagnement des salariés au changement individuel ou collectif, et ils vont être très nombreux… chacun se renvoit la patate chaude… "accompagnement…ha mais la porte de la DRH du pôle sera toujours ouverte…"
Nous ne doutons pas de cette disponibilité, mais lorsqu’un pôle est ainsi bousculé, il ne s’agit pas de mettre en œuvre un accompagnement classique de premier niveau, il faut une présence d’exception, un cabinet spécialisé externe doit être mobilisé, et sur la durée, 4 ou 6 mois pour aboutir au meilleur, lisser les aspérités, combler les manques…. Et éviter les errements de l’après fusion TPS que nous payons encore !
Et bien rien… ! Les conséquences humaines des choix organisationnels effectués par Bain ou Mc Kinsey ne semblent pas préoccuper plus que ça ! Après tout, ce n’est que de l’humain, et chacun sait aujourd’hui l’attention que l’on porte à ces questions en certains business de CANAL+… !
Des schémas bien formatés…
D’où viennent ces experts, de quoi nous causent-ils… ou pas ? Dans quel langage… ? Quel est leur cahier des charges ?
Mc kinsey, ce sont avant tout des process et des méthodes formatés exploités sur la planète entière… De la segmentation stratégique, celle qui consiste à découper l’entreprise en unités homogènes, de l’analyse de la chaîne de valeur pour atteindre les meilleurs marges, ou le diagnostic « PEST » (Sic…) pour environnement Politique, environnement Economique, environnement Social, environnement Technologique, des matrices BCG (re sic…) pour Boston Consulting Group… quand se vaccine-t-on ? ou la matrice « Atouts/Attraits » toujours de nos amis Mc Kinsey...
Ou leur grille de lecture intitulée "les 7-S" une structure d'analyse de l'organisation en 6 activités interdépendantes : Structure, Systems, Style, Staff, Strategy, Skills, et qui évoluent en interaction avec un système : Shared Values, et qui déterminent le succès d'une stratégie. Ces modèles n’atteignent-ils pas leurs limites dans ce monde en révolution ?
Petit exemple concret, MC Kinsey … et les femmes ou Maxime dévoilé...
Dans ces modèles d’organisation, on descend parfois très bas pour justifier telle ou telle orientation. Ainsi en est-il de la présence des femmes. Pour Mc Kinsey c’est la clé du succès !
Nous pensons bien sur que les femmes doivent avoir toute leur place dans les organisations du plus bas au plus haut niveau, mais à parité…
Nous portons, nous, sur le plan social cette image de la diversité, notre représentation syndicale est équilibrée, nous sommes le syndicat le plus féminisé de CANAL+ et l’on ne pourra nous faire le procès en retour du mâle dominant.
Mais nous savons aussi que les clés de la réussite passent par la diversité, diversité des sexes, diversité des âges, diversité des formations, diversité des origines… Et bien ici, à CANAL+, aujourd’hui, à la Distribution, il n’y a plus qu’un seul modèle, le BAC+ 5 x2, ex consultants, triplement diplômé de grandes écoles et de sexe féminin ! On commence à comprendre les ravages que cela produit en se baladant dans certains couloirs ! Inepties de la soi-disant modernité, de l’air du temps…
Nous ne porterons pas de jugement sur l’interdiction des réunions le mardi matin, ou le périmètre idéal des réunions, ou encore les conseils basiques aux managers… Ce serait indiscutablement odieux envers ces braves consultants qui gambergent tant… !
Les nouveaux traders de l’organisation… ? Des jugements et des décisions sans conséquence… pour Mc Kinsey !
Ou plutôt, l’assurance de revenir dans un an ou deux, sur qu’ils seront de combler les lacunes qu’ils auront mises à jour sans les traiter !
Mais comment pratique-t-on dans les meilleures entreprises du monde ? Ce schéma est-il obsolète ? Doit-il être l’alpha et l’oméga d’orientations stratégiques sur l’organisation des entreprises particulièrement quand le premier objet de préoccupation devrait en être aujourd’hui les femmes et les hommes. Ils sont malheureusement à nouveau les grands oubliés de cette affaire.
Quant aux partenaires sociaux, ils n’existent pas….
Pensez-donc, les idées sulfureuses qu'iles portent, eux qui circulent de service en service, qui connaissent pour certains sur le bout des doigts l’organisation de cette entreprise et son histoire, qui en connaissent parfaitement les faiblesses et les points forts… pourquoi les questionner…Ignorés… ce qui en dit long sur le souci de l’humain.
Au final, le retour au schéma précédent… ?
Déjà circule dans les couloirs comme une rumeur… et si finalement on recréait ce que nous avons détruit il y a quelques années… sous prétexte d’efficacité ? Dans certains services, la réponse peut déjà être affirmative, il faudra demain en mesurer l’ampleur…
Sur le principe du "… on n’a pas le temps…" "... nos concurrents nouveaux frappent déjà à la porte..." "...il faut du d'jeune pour accompagner tout cela..." L’on produit de l’anxiété et de l’inquiétude, on fabrique de la déprime, au final, on perd du temps, de l’argent et de l’énergie.
Reste le sujet essentiel…l’humain !Nos questions au prochain Comité d’Entreprise portent essentiellement sur cet aspect. C’est votre travail, votre investissement, votre bien être qui produira le succès ou non. Et nous aurons beau dépenser encore des centaines de milliers d’euros en cabinets de consultants que cela ne servira à rien tant que nous n’aurons pas abordé frontalement et en responsabilité cette question. De grandes entreprises internationales, Françaises notamment, le font, pourquoi pas nous?... Nous reviendrons sur ce thème dans un prochain article.
Le prochain CE sera déterminant pour juger de l’efficacité et de la pertinence des choix ainsi effectués !
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