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04 novembre 2012

Nostalgie…?

Le 4 novembre 1984 naissait CANAL+!
http://bit.ly/TE7fv2
C’était un dimanche comme ce 4 novembre 2012, qui s’en souvient ?Quelques salariés nostalgiques qui, sur Facebook, trouvent un exutoire à leurs sentiments mêlés de fierté et d’amertume. Nous ne verrons rien de cet anniversaire sur l’Intranet du Groupe, nous ne lèverons aucun verre, le 4 novembre n’est plus une date de référence dans le CANAL+ d’aujourd’hui, il faudrait même l’oublier… Mais on comprendra mieux ce qui est à l’œuvre aujourd’hui si l’on se retourne sur cette histoire atypique, unique dans l’univers audiovisuel de ces 30 dernières années.

Pour beaucoup de salariés, ce fut une fierté d’avoir participé à cette aventure hors norme, celle de la création de la TV moderne, d’une expression et d’une écriture télévisuelle renouvelée, d’une créativité débridée. Un formidable creuset inventé par le génial André rousselet qui a su saisir l’occasion pour renouveler de fond en comble les codes de la communication télévisuelle, ou plutôt pour laisser s’exprimer ses meilleurs lieutenants que furent Pierre Lescure et Alain De Greff.

http://bit.ly/U2KGfr
Que restent-ils de ces moments-là… ? Peu de choses, quelques fondamentaux qui font encore le succès de notre chaîne. Création originale, liberté… ou presque… de parole, mélange de l’entertainment et de l’info… c’est la face Editoriale, celle que le téléspectateur continue d’apprécier, pour le reste, plus rien ou si peu...

Plus grand chose sur le plan social !
Car difficile d’imaginer, pour les plus jeunes, celles et ceux qui venaient de naître en 1984 et qui entrent aujourd’hui à CANAL+, comment chaque succès était partagé, chaque victoire célébrée collectivement. Une volonté d’André Rousselet qui avait compris que la famille CANAL+ constituait le plus beau Capital, la clé des succès présents et à venir.

Lui l’aristocrate que chacun appelait "Président", savait l’importance de partager avec ses collaborateurs! Mais la crise est passée par là, et nous avons depuis belle lurette tourné le dos aux valeurs sociales d’alors. Aujourd’hui seul compte le niveau de rentabilité, ces 20% de rentabilité que l’on s’échine à atteindre malgré les conséquences que cela engendre sur l’organisation, les investissements, le bien être...


http://bit.ly/yRHykX
Dans l’histoire mouvementée de cette entreprise, il reste une inconnue, celle du départ précipité du "Président"!
Le début de la grave crise que connut CANAL+ date de cette époque. L’empire qui commençait à poindre était rentable. Il trouvait à s’exporter en Belgique, en Allemagne, en Espagne... Mais le départ d’André Rousselet après la prise de contrôle de CANAL+ par un conglomérat de capitaux hostiles, en tout cas réfutés par le "Président" précipita l'entreprise dans une grave crise dont elle ne se relèvera pas, tout au moins dans son schéma original. Pourquoi donc André Rousselet a-t-il si brutalement claqué la porte, laissant orphelin des milliers de salariés et désemparé une direction qui n’était pas prête à prendre les rênes ? Une question qui reste en suspens.

Certains se sont demandés si, finalement, il n’y avait pas là comme un geste Freudien, cet objet créé de toute pièce ne pouvait lui survivre, tout comme l’ambition qu’il avait eu alors de construire le premier Groupe Audiovisuel Européen, un Groupe dont il perdait le contrôle. Car rien ne l’obligeait à partir ainsi…

Et aujourd’hui…
Que reste-t-il aujourd’hui de cet objet venu de Nulle Part Ailleurs ? Des émissions emblématiques comme le Grand Journal, un clone du NPA au temps de splendeur,  de Gildas et De Caunes, une antenne originale, le clair et le crypté, seul exemple au monde, des programmes originaux maison...  


L’essentiel de l’image, mais sinon quoi d’autres ?
Sur le plan social, tout a disparu ou presque. André Rousselet portait aussi  un grand intérêt aux questions Sociales. De ce point de vue, il fut là encore un précurseur, un visionnaire. Car les succès d’alors furent portés par des collaborateurs récompensés toujours de leurs efforts.  Lui,  l’ex  Secrétaire Général de l’Elysée, patron de Havas, n’imaginait pas son entreprise éloigné de ses salariés. Des salariés à qui il faisait profiter des bienfaits de la croissance exponentielle et rapide du Groupe. Point besoin à l’époque de sondage sur les entreprises préférées par les étudiants ou même les Français, CANAL+ tenait le haut du pavé.

Qu'en reste-t-il?
2 entreprises, l'une Editoriale, celle des succès d'antenne portés par beaucoup "d'anciens", des collaborateurs qui ont pour certains ces 28 ans d'ancienneté, mais qui ont su accueillir de nouvelles générations, les former, les intégrer.

Et puis l'autre face de la Maison, tellement bouleversée depuis 10 ans, un pôle Distribution en mouvement perpétuel qui a tant de difficultés à retrouver le chemin de la croissance et de l'équilibre. 2 conceptions divergentes du management, 2 façons de penser l'avenir, 2 modèles dont il serait intéressant de tirer les enseignements tant ils sont révélateurs d'une inquiétude individuelle et collective qui monte alors que le Groupe se réorganise au plus haut niveau.

Et pour demain...  
Pertes de compétences, environnement social bousculé, modèle managérial archaïque. Une nécessité vitale : libérer les forces créatives, diversifier les recrutements, renouveler les relations sociales, fixer un cap clair et partagé, desserrer l'étau de la finance, respecter les salariés... Des enjeux essentiels en cette période mouvementée, alors que CANAL+ continue de perdre des Droits comme ce WE la NBA, ce basket mythique porté par la voix de Georges Eddy.

 
Dessine-moi un avenir !
Cet avenir sera collectif ou ne sera pas. C’est l’aventure humaine renouvelée qui nous ouvrira les voies de la reconquête. C’est pour cela que nous revendiquons un aggiornamento dans l’organisation et dans la stratégie sociale de cette entreprise.
 
Sortons des archaïsmes, ouvrons les portes et les fenêtres pour reconstruire avec les collaborateurs, un modèle gagnant, créatif, respectueux, vertueux!    
 
Pour que dans 20 ans, le futur des réseaux sociaux raisonne encore de nostalgies fécondes.




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30 octobre 2012

Négociations salariales 2012, coup d’envoi le 30 octobre !

Déjà ?
Oui pour la première fois, les négociations salariales s’engagent fin octobre en pleines vacances scolaires. Comme si notre DRH souhaitait en finir au plus vite avec cette "formalité obligatoire" encadrée par le code du travail, rien de plus. Car comme nous le communiquions dans un post en date du 22 octobre l’épilogue semble déjà écrit.

Une négociation difficile!
D’ores et déjà, la négociation s’annonce tendue, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’annonce de Bertrand Meheut lors de son dernier petit dej où il répondait à la question d’un salarié sur le sujet, il renvoya sur le benchmark salarial du secteur audiovisuel…

On sait ce que cela veut dire, "… de quoi vous  plaignez- vous, vous êtes rémunérés largement au-dessus de la moyenne des autres entreprises du secteur…" Analyses que nous contestons globalement tant elle est circonscrite et incomplète.

D’autres éléments inquiétants dans l’environnement social...
Tout d’abord la politique d’économies drastiques menées depuis 3 ou 4 ans et qui impactent la masse salariale et les rémunérations individuelles. Selon nos informations, de nouvelles coupes budgétaires supplémentaires seraient opérées d’ici à la fin de l’année, et les budgets 2013 s’annoncent encore plus serrés…

Le contexte social ensuite, trop tendu pour permettre une discussion ouverte et responsable. Le dernier CE en fut un nouvel exemple malheureux. Malgré la bonne volonté de quelques cadres de la DRH, les décisions semblent déjà prises, nous allons encore une fois nous retrouver à discuter de poncifs pour justifier des budgets d’augmentations salariales réduits au minimum.

Pourtant, malgré les discours quelque peu alarmistes, l’entreprise se porte fort bien financièrement, et même très bien. Mais voilà, dans ce contexte morose, conserver les marges bénéficiaires impose toujours plus d’économies. Là où le business est à la peine, c'est en resserant les coûts que l'on arrive encore tant bien que mal à maintenir une rentabilité élevée.

C’est pourquoi notre syndicat revendique l’ouverture d’une véritable négociation. Pas une simple discussion de bon aloi sur la crise, les entreprises qui licencient, les difficultés nées d’un environnement économique difficile. Oui, nous savons tout cela, mais quelle justification à ce discours doloriste pour les milliers de salariés de CANAL, d'autant que nous ne demandons pas la lune, mais la justice.
 
CANAL+ va encore dégager cette année des profits nets exceptionnellement élevés. La répartition de cette valeur ajoutée doit être équitable. Souvenons nous du discours d’un ancien Président de la République qui proposait un partage équilibré de la rentabilité par tiers, 1/3 pour l’investissement, 1/3 pour la rémunération du capital, 1/3 pour les salaires… Mais c’était il y a si longtemps…

Nous voulons que cette négociation porte sur les salaires bien sûr, mais également sur ses accessoires, primes, plan épargne, bonus, avantages en natures…

Sur tous ces sujets depuis des années, la DRH de Canal+ a décidé de rogner systématiquement et plus encore ces deniers mois. Remise en question du remboursement partiel des frais de transports pour de nombreux salariés, reprise des véhicules de service pour les JRI de Paris… et chacun a autour de soi, un exemple à produire sur cette politique contre productive d’économies tous azimuts.  

Souvenons-nous de toutes ces petites misères faites à l’encadrement pour rogner ici un avantage, là une promotion, ailleurs un avancement… Cette politique sociale ne fait qu’accroitre le ressentiment. D’abord parce que la majorité des salariés ne dispose pas de salaires mirobolants contrairement à ce qui est colporté ici ou là, ensuite parce que cette politique d’économies est improductive et génère énormément de frustration

Ce n’est pas une bonne politique sociale, il faut en changer. Il faut récompenser les salariés et ils sont nombreux, ceux qui ont souvent trimé comme des soudards pour que tourne les infractructures de cette entreprise. Si le niveau de productivité a continué de progresser ces dernières années, le niveau de récompense n’a cessé lui, dans le même temps de chuter.

Des salariés travaillant dans des conditions toujours plus difficile, des salariés en charge de projets précipités, des salariés à qui l’on impose des rythmes de travail époustouflants, avec à l’arrivée, des équipes épuisées, et pour certains collaborateurs, le burn-out tout proche ou l'accident cardiaque révélé!

L'organisation, un autre sujet à aborder... De ce point de vue, par manque de moyens, la dégradation des conditions de travail et la désorganisation consécutive au départ de nombreuses compétences accroissent la tension, perturbent les équipes, empêchent le travail qualitatif.

Ou plutôt la désorganisation, par l'absence de recrutements de salariés en CDI. Des vides comblés par des stagiaires, des contrats précaires, des CDD, CDDU et autres consultants, qui occupent pour certains des postes essentiels, parfois depuis des mois, ou pire depuis des années… Combien de "permaconsultants", combien de prestataires travaillent pour nous en interne ? Des centaines pour des budgets colossaux et une efficacité douteuse sur le long terme.

Ce que nous revendiquons c’est le juste retour des choses avec la récompense pour toutes celles et ceux qui se sont investis sans compter cette année. Prime, demi-mois supplémentaire, augmentations salariales conséquentes, beaucoup de salariés le mérite… mais nous risquons encore d’être fortement déçus.

Autre chantier de la NAO, le temps de travail…  nous sommes depuis des mois au milieu du gué… Pourtant, sur ces sujets, le Droit du Travail évolue vite et les derniers arrêts de la Cour de Cassation devraient encourager notre Direction à réfléchir et écouter nos revendications portées depuis 3 ans. En donnant raison à certains Cadres de grandes entreprises, la Cour de Cassation permet un juste retour des choses lorsque la charge de travail de ces collaborateurs est devenue très importante, peu contrôlée, pas rémunérée à sa juste valeur. Le risque est grand pour nos entreprises car chaque salarié peut contester sa rémunération sur les 5 dernières années… et obtenir un dédommagement conséquent !

L’encadrement du forfait jour et de la durée du travail des cadres autonomes devient une obligation légale... Nous avions revendiqué et obtenu l'ouverture de ce chantier il y a un an, mais depuis plus rien, pas de réunion syndicale, pas d’information, le flou le plus total...

Cette nouvelle disposition légale pose plus précisement la question de l’encadrement du temps de travail. Le Cadre Autonome n’est pas un Cadre à disposition permanente de l’entreprise. Tout salarié peut noter ses dépassements d’horaires quotidiens ou hebdomadaires. Le respect des 11h consécutives de repos quotidien et de 24h le WE sont incontournables.
 
Les salariés de CANAL+ ne déclarent pas d’heures supplémentaires. C’est une erreur. Le paiement ou la récupération du temps de travail effectué hors cadre doit être effectif. Il appartient au salarié d’effectuer une déclaration auprès de son hiérarchique ou de sa RH.

Ce ne sont là que quelques éléments qui viendront à discussion lors du prochain round de négociations qui commence aujourd'hui. Nous verrons si les marges de manœuvre existent, si l’on peut déjà réaliser le minimum en maintenant par exemple le pouvoir d’achat, si l’on peut y ajouter le traitement de certaines inégalités, comme la discrimination hommes/femmes, si l’on peut aussi traiter les conséquences de la réduction de certaines primes comme le remboursement des frais de transport, ou l’arrêt de la prise en charge des véhicules de fonction pour les JRI de i>TELE… Il ne s'agit là que de quelques exemples.  

Chaque année, ces discussions et négociations salariales deviennent plus conflictuelles. Parce que notre Direction refuse de prendre en considération la dégradation des conditions de travail, l’incroyable progression de la productivité individuelle et collective, le resserrement des rémunérations et la perte de pouvoir d’achat de nombreux salariés lorsque des avantages acquis sont brusquement supprimés sous prétexte que des efforts collectifs doivent être accomplis..!  

Pendant ce temps, les dépenses inconsidérées et surtout improductives continuent d’alimenter les discussions dans le landerneau des couloirs ou de la cafeteria du siège et des autres établissements… Des exemples ? Relisez nos derniers posts… Ils sont légions.  
 
Cette année, on ne pourra pas se contenter de l'équivalent d'un carambar supplémentaire par jour...
 
A suivre dans nos prochains posts et News Letters.
 
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24 octobre 2012

La refondation sociale : vitale et nécessaire

A l’heure ou Bertrand Meheut passe la main sur une partie de son pouvoir opérationnel, nous sommes tentés de dresser un premier demi bilan, ...en demi-teinte…

Sur le plan économique, pas mal…
Au regard de l’état du Groupe il y a 11 ans, on peut dire que le travail a été fait et bien fait. De 5 milliards d’euros de dettes, le groupe a dégagé l’an dernier 700M€ de bénéfices nets… pas mal du tout! Nous revenons de loin, en  2002, le pire était tout proche. Si l’activité centrale de CANAL+ comme soutien aux industries culturelles Françaises avait été de moindre importance, il n’est pas sûr que le Groupe serait sorti de cette impasse aussi simplement.

C’est en effet toute l’industrie cinématographique qui aurait été bouleversée et au-delà l’ensemble de l’industrie audiovisuelle. Pire, le seul champion Européen de la TV en crypté aurait pu sombrer, laissant le champ libre aux intérêts  étrangers et notamment Anglo-Saxons…

Mais, pour sauver le soldat CANAL, les options étaient multiples. Dans le cas présent, Bertrand Meheut fut totalement soutenu par son actionnaire Vivendi Universal.

3 éléments fondamentaux expliquent le redressement du Groupe !
Le premier et le plus important d’entre eux, c’est la recapitalisation par notre Actionnaire Vivendi à hauteur de 3 Milliards d'€… ! Le chèque signé par vivendi permettra à Canal de se sortir de cette très mauvaise passe, alors que le déficit atteignait le chiffre d’affaire…

Le second élément fut la vente d’actifs importants et l’externalisation de nombreuses activités. Parmi ces actifs C+ Technologies, un des fleurons mondiaux de la haute technologie. CANAL+ Technologies employait à l’époque + de 700 Ingénieurs et Techniciens. Dans cette entreprise de haute technologie, on fabriquait les systèmes de contrôle d’accès et les systèmes d’interactivité nécessaires à la commercialisation de nos décodeurs. Les marchés étaient mondiaux, l'Europe, l'Inde, la Chine et peut être l'Amérique... 
C+ Technologies fut bradée à Thomson, dépecée… un drame technologique, humain, financier !

Autre actif bradé, mais pouvait on résister à l’époque … notre filiale Italienne Telepiu ! La vente à notre ennemi d’alors, Rupert Murdoch avec lequel nous étions en procés aux USA... Une filiale Italienne qui venait d’être enfin redressée grâce aux efforts colossaux de centaines de salariés Français, alors que cette entreprise commençait à dégager des bénéfices, et puis patatras, une vente au rabais, là aussi un gâchis économique et humain…

De très nombreuses filiales étrangères furent ainsi vendues, nous coupant irrémédiablement d’un développement international bien engagé, un positionnement que nous n'avons jamais depuis réussi à retrouver.

Des activités internes furent à cette époque externalisées, de l’informatique, on en mesure encore les dégâts aujourd’hui, ou encore des activités de production...
Sans oublier la vente du Siège de la société, le bel immeuble blanc du quai André Citroën, voulu par André Rousselet et dessiné par Richard Meier, un grand architecte Américain. La Caisse des dépôts racheta le bâtiment pour y installer une annexe… du ministère de la justice ! De ces externalisations datent dans certains secteurs, la désorganisation chronique du Groupe que nous ressrntons encore aujourd'hui, notamment côté Distribution.

Reconnaissons dans cette action stratégique, une constante de notre PDG…
En répondant à l’une de nos questions en 2002, concernant sa vision du Groupe, « … je le vois bien adossé à un pôle en clair… »… Lui ne s’en souvient pas ou fait semblant, nous oui. ! Déjà, à l'époque, n’est-ce pas normal pour un Breton Barreur de prévoir le gros temps et de connaitre le port d’arrivée ? Un classique pour un patron de business, mais enfin... Et puis le rachat de TPS, la simplification administrative du Groupe, l'achat des chaînes Bolloré, le développement en Pologne, le développement du Studio Canal...

Nous pouvons aisément parier que Xavier Couture, le prédécesseur de Bertrand Meheut après le départ de Pierre Lescure, n’aurait pas mieux fait…
 
 
Malgrè cela, un certain nombre de choix stratégiques ou d'organisations restent incompris. Distribution, Technique, Service Clients, des décisions qui ont parfois incontestablement affaibli la superstrucure. 
L'une d'entre elles concerne notre relation complexe avec les autres activités opérationnelles du Groupe Vivendi. Nous faisons aujourd'hui plus de business avec Free qu'avec notre cousine SFR! Un comble quand Free devient le concurrent violent de SFR... Mais il est des secrets et des rancoeurs qui dépassent la logique industrielle...  

Après l'économique et le stratégique, le social, et là... ça coince! Un bilan en demi-teinte...
Incompréhensible pour beaucoup. Comment et pourquoi Bertrand Meheut, ce Breton modéré bon teint, a-t-il laissé dériver une politique sociale aussi contraignante ?

Etait-il nécessaire pour redresser le groupe, de sortir le fouet? Il y a sur cette question une incompréhension qui parcoure verticalement et horizontalement toutes les couches sociales de l’entreprise, et l'une d'entre elles en particulier, la représentation du personnel.

Que de dégâts, que de chasse aux sorcières, que d’invectives, d’incompréhensions, de blocages inconsidérés…!

Nous sommes évidemment persuadés qu’une autre politique sociale était possible. Mais Bertrand Meheut a certainement considéré qu’il fallait "remettre l’entreprise au travail" et pour se faire, seule la manière forte le permettrait. Ce fut, à notre sens, une funeste erreur, car les drames individuels et collectifs n’ont cessé de se développer dans de nombreux secteurs du Groupe, essentiellement rive gauche de la Seine. Nous y sommes encore!  

Il y avait moyen de faire autrement !
Il est temps. C’est pourquoi nous appelons de nos vœux une politique de refondation sociale que nous allons accompagner avec volonté et détermination. Nous pensons qu’il est d’un intérêt vital pour l’entreprise de redonner du souffle au 4 000 salariés alors que certains n’en peuvent plus, sont fatigués, s’en vont ou se désespèrent. L’explosion du mal être est en partie issu de cette indéniable dégradation de la relation sociale et managériale. C’est incompréhensible de laisser ainsi dériver le paquebot alors que le groupe se porte bien. Les conséquences sur les salariés sont visibles et parfois inquiétantes, il est urgent de redresser la barre sur ce terrain.  

La politique sociale d’un Groupe comme le nôtre, une entreprise résolument tournée vers la modernité, ne peut s’appuyer sur des concepts erronés fussent-ils à première vue de bon augure. Car au cœur de cette stratégie se trouve un mal qui ronge sans bruit la superstructure. Il n'est pas visible à l’œil nu ou au premier venu. Mais certains collaborateurs, et parmi eux les représentants du personnel savent à quel point certains business sont atteints dans leur chair…

Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…
Ce n’est pas faute d’alerter, mais rien n’y fait. Pour notre syndicat, c’est un échec de n’avoir su convaincre. Pourtant nos actions ont été tout au long de ces 7 dernières années, souvent curatives alors que nous privilégions le préventif. Aurions-nous du laisser filer des situations individuelles dramatiques pour une prise de conscience plus rapide? Nous ne le pouvions pas, et nous ne le ferons jamais.

C’est donc la face la plus grise de l’action de ces 10 dernières années, un résultat irrémédiablement décevant, souvent un gâchis humain, une perte de compétences trop importante...

Est-il trop tard ? Espèrons que non, mais il est temps, il est urgent d’ouvrir ce chantier.

Hardi les gars, vire au guindeau...


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22 octobre 2012

L’automne, les p'titsdéj de BM, les négociations salariales, le benchmark…

L’automne et avec lui les éternelles négociations de fin d’année…

Mais aussi ces petits déjeuners organisés autour de grands patrons du Groupe… la semaine dernière avec le premier d’entre eux, Bertrand Meheut en personne.

Le patron de l’entreprise face à quelques salariés et, en cette période l’inévitable et courageuse question sur les augmentations salariales. La réponse est toujours la même, récurrente : "… à CANAL+, on a de bons salaires par rapport aux autres entreprises du secteur…" Le benchmark toujours et partout!
 
Si nous devinons que les négociations salariales à venir sont déjà "pliées", il en va autrement de cette argument en forme de conclusion lapidaire, d’explication un peu courte sur la rémunération des salariés de l’audiovisuel en France. Nous n’évoquerons là que les grandes entreprises auxquelles CANAL+ peut encore se comparer. …

A ce stade de l’analyse, vu de l’extérieur et sans réelle connaissance des niveaux de rémunérations au sein du Groupe, on peut effectivement penser que les salariés de CANAL+ sont certainement des privilégiés au regard de leurs collègues des autres entreprises, TF1, M6, France Télévision…

Oui mais… il faut y regarder de plus près, avec un impact très variable selon le niveau hiérarchique…

Une fois n'est pas coutume, commençons par le plus haut niveau. Banco pour notre patron, Bertrand Meheut. Pour lui, le benchmark est irrémédiablement en faveur de CANAL+… En 2011, sa rémunération globale atteindra les 3,3 millions d’Euros quand ses collègues plafonnent à 2,05 M€ pour le patron de TF1 Nonce Paolini ou à 1,9 M€ pour le patron de M6 Nicolas de Tavernost. Sans parler du salaire de Remy Pflimlin, qui oscillerait entre 400 000 et 450 000€… Une supposition car le salaire du patron de France Télé n’est pas public contrairement aux salaires des patrons d’entreprises privées.

Côté augmentations salariales, ce n'est pas triste non plus! De ce point de vue, les augmentations salariales dont ont bénéficié ces mêmes patrons en 2011 oscillent fortement d’une entreprise à l’autre.

Pour M6, le salaire de Nicolas de Tavernost a augmenté de 8% tandis que celui de Nonce Paolini, le patron de TF1… a baissé de 11% la même année. Il est "tombé" à 2,05 M€ contre2,30 millions un an auparavant. Cette baisse sensible s'explique toutefois par le fait que Nonce Paolini avait été chargé en 2009 par Bouygues (le principal actionnaire de TF1), d'une mission sur la convergence entre TV, internet et mobile, pour laquelle il avait perçu 290.000 euros en 2010.

Dans la même période, le salaire du patron de CANAL+ a progressé de… 25%, passant de 2.616.064€ à 3.292.451€ entre 2010 et 2011 !

Pourtant, en 2011, la majorité des salariés du Groupe CANAL+ ont vu leur salaire progresser en moyenne de 2% ! C’est une moyenne dans laquelle il faut inclure les augmentations "naturelles", liées aux changements d’échelons pour les employés ou au financement des promotions internes. Des augmentations salariales qui sont injustement incluses dans le périmètre de la NAO, ce que nous dénonçons depuis des années. Il est en effet anormal que ces promotions soient financées sur le budget des augmentations annuelles, impactant ainsi ce budget pour l'ensemble des salariés. 

Poursuivons cette analyse et prenons maintenant quelques salaires parmi les plus bas de l’échelle à CANAL+.
Au hasard, une catégorie de personnels un peu bousculée en ce moment, le JRI, Journaliste Reporter d'Image. Celui-ci touche en moyenne entre 30.000€ et 50.000€ de salaire brut par an. A ce tarif, pas sûr que les JRI de TF1, France Télé ou de BFM soient moins payés !
Pourtant, certains JRI de CANAL+ sont visiblement encore trop privilégiés, la DRH vient en effet de leur retirer une faveur, la voiture de service, de fonction, ne restera plus à leur disposition en permanence. Pour certains, un drame financier, une galère personnelle! Ceux-là vont voir l’an prochain leur rémunération globale fortement impactée par ces mesures décidées unilatéralement, un beau matin de retour de congés… A force de chercher dans les moindres recoins ce que l'on peut encore économiser...le puit est sans fond!

Il est d’autres catégories de personnel pénalisés ces derniers mois…

Par exemple ces salariés qui avaient droit à la prise en charge à 50% de leurs frais de transport. Il y a quelques mois, certains d'entre eux se sont vu notifier la fin de cette prise en charge pour cause de réinterprétation de la circulaire en vigueur. Là encore, sans aucune concertation ou analyse des cas individuels et des conséquences sur la vie professionnelle et personnelle des collaborateurs concernés. Il n’y a pas de petites économies…

Certains commerciaux aussi sont touchés par cette politique affligeante d’économies… Les voitures, les téléphones professionnels, et même les crayons sont aujourd’hui comptés, certains salariés s'achetant eux même leurs petites fournitures, plutôt que d’attendre une commande hypothétique…

Pendant ce temps, le nombre de Lexus, ces voitures luxueuses mises à disposition des cadres dirigeants du Groupe n’a cessé de progresser.

Pourquoi cette politique d'économies sur les véhicules de fonction ne concernerait-elle que ces salariés, en bas de l'échelle? Hormis les membres les plus éminents du CODIR, 4, 5 personnes… pourquoi l’ensemble de ce cénacle bénéficie-t-il de voitures mises à disposition toute l’année? Pourquoi les cartes essence sont-elles open ici, et le remboursement des frais de transports, limités ailleurs? Comment justifier que certains membres du CODIR, qui n’utilisent leur véhicule pour le seul trajet domicile bureau, bénéficient d’une voiture en permanence toute l’année, WE et vacances compris. Notre syndicat revendique l’équité, créons un Pool "voitures de fonction dirigeants". Que chacun laisse son véhicule de fonction le vendredi soir à CANAL et le reprenne le lundi matin...

Plus sérieusement, sur le fond de l'analyse, en matière salariale, comment effectuer un benchmark sérieux sur un marché du travail aussi divers qu’éclaté ?
Un contrôleur de gestion de France Télé travaille-t-il autant que son collègue de CANAL+ ? Le technicien de TF1 accomplit-il les mêmes missions que le technicien de CANAL ? Sur quelles analyses s’appuie-t-on pour porter ainsi ces jugements relatifs aux rémunérations des salariés de CANAL+?

Un message lapidaire et inexact n'effacera pas la tension salariale que vivent des centaines de salariés en interne. Ceux-là ne voient plus depuis des années l’ombre d’une augmentation, ils constatent en revanche que leur pouvoir d’achat est amputé année après année.

Mais la NAO de fin d'année n'est pas seulement centrée sur la rémunération, c’est aussi le moment des questionnements sur l’organisation des business, sur le temps de travail, sur les recrutements...
Sur ces sujets, des entreprises comme TF1, M6 ou France Télé disposent d’accords sociaux beaucoup plus étendus que les nôtres, par exemple sur les astreintes. Côté TF1, on est particulièrement attentif au respect des règles légales et du code du travail. Rien de cela chez nous… Sur les astreintes par exemple, notre système se rapproche du bricolage institutionnalisé, ce qui évite finalement, de traiter au fond cette problématique... Mais naviguer à vue risque toujours de provoquer des sorties de route.

Sur le temps de travail…
Parions que les salariés de BFM, M6 ou TF1 ne travaillent jamais 14, 16 ou parfois 17h par jour comme certaines catégories de personnels à CANAL+. Il serait également étonnant de constater que ces salariés travaillent systématiquement le WE ou reviennent pendant leurs congés pour éponger les déficits en recrutement.
C’est non seulement prohibé par la loi, mais ce serait la preuve d’une indéniable désorganisation.

A CANAL+, c’est assez courant. L’encadrement travaille beaucoup, parfois beaucoup trop, et ce sans compensation financière ou en temps de repos supplémentaire…

On le sait depuis 7 ans, la Direction des Ressources Humaines n’a pas pour premier objectif la progression de la masse salariale ou le recrutement de CDI. On peut dire sans se tromper que c’est même l’inverse qui est prôné!

Dans ces conditions, si des efforts doivent être faits, pourquoi seraient ils réservés à une catégorie de personnels ? Pourquoi l’exemple ne viendrait pas de plus haut ? Une mesure démagogique ? Pas si sûr quand sa rémunération progresse de 25% !

Au-delà de ces faits, c’est l’ensemble de la politique salariale et de rémunération qui devra faire l’objet d’une revue de détail. Car il est certain que l’insatisfaction progresse face à une politique salariale qui apparait chaque année plus déséquilibrée et injuste. Des salariés qui travaillent beaucoup, un manque de moyens flagrant, des rémunérations qui au final stagnent ou baissent…

Non, décidemment, nous ne sommes plus les privilégiés de l’audiovisuel en France! En matière de rémunération, ce temps est révolu depuis longtemps! C'est un de ces chantiers qu'il nous faudra ouvrir dans les prochains mois, d'abord pour panser les plaies d'une politique parfois désastreuse, ensuite pour construire une nouvelle politique de rémunération digne d'un grand groupe Européen de l'audiovisuel.

Pour cette année, les messages de notre Direction laissent à penser que la politique salariale de 2012 va fortement ressembler à celle de 2011 ! Pourquoi changer... Le renouveau est en marche, patience!
 
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