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22 octobre 2012

L’automne, les p'titsdéj de BM, les négociations salariales, le benchmark…

L’automne et avec lui les éternelles négociations de fin d’année…

Mais aussi ces petits déjeuners organisés autour de grands patrons du Groupe… la semaine dernière avec le premier d’entre eux, Bertrand Meheut en personne.

Le patron de l’entreprise face à quelques salariés et, en cette période l’inévitable et courageuse question sur les augmentations salariales. La réponse est toujours la même, récurrente : "… à CANAL+, on a de bons salaires par rapport aux autres entreprises du secteur…" Le benchmark toujours et partout!
 
Si nous devinons que les négociations salariales à venir sont déjà "pliées", il en va autrement de cette argument en forme de conclusion lapidaire, d’explication un peu courte sur la rémunération des salariés de l’audiovisuel en France. Nous n’évoquerons là que les grandes entreprises auxquelles CANAL+ peut encore se comparer. …

A ce stade de l’analyse, vu de l’extérieur et sans réelle connaissance des niveaux de rémunérations au sein du Groupe, on peut effectivement penser que les salariés de CANAL+ sont certainement des privilégiés au regard de leurs collègues des autres entreprises, TF1, M6, France Télévision…

Oui mais… il faut y regarder de plus près, avec un impact très variable selon le niveau hiérarchique…

Une fois n'est pas coutume, commençons par le plus haut niveau. Banco pour notre patron, Bertrand Meheut. Pour lui, le benchmark est irrémédiablement en faveur de CANAL+… En 2011, sa rémunération globale atteindra les 3,3 millions d’Euros quand ses collègues plafonnent à 2,05 M€ pour le patron de TF1 Nonce Paolini ou à 1,9 M€ pour le patron de M6 Nicolas de Tavernost. Sans parler du salaire de Remy Pflimlin, qui oscillerait entre 400 000 et 450 000€… Une supposition car le salaire du patron de France Télé n’est pas public contrairement aux salaires des patrons d’entreprises privées.

Côté augmentations salariales, ce n'est pas triste non plus! De ce point de vue, les augmentations salariales dont ont bénéficié ces mêmes patrons en 2011 oscillent fortement d’une entreprise à l’autre.

Pour M6, le salaire de Nicolas de Tavernost a augmenté de 8% tandis que celui de Nonce Paolini, le patron de TF1… a baissé de 11% la même année. Il est "tombé" à 2,05 M€ contre2,30 millions un an auparavant. Cette baisse sensible s'explique toutefois par le fait que Nonce Paolini avait été chargé en 2009 par Bouygues (le principal actionnaire de TF1), d'une mission sur la convergence entre TV, internet et mobile, pour laquelle il avait perçu 290.000 euros en 2010.

Dans la même période, le salaire du patron de CANAL+ a progressé de… 25%, passant de 2.616.064€ à 3.292.451€ entre 2010 et 2011 !

Pourtant, en 2011, la majorité des salariés du Groupe CANAL+ ont vu leur salaire progresser en moyenne de 2% ! C’est une moyenne dans laquelle il faut inclure les augmentations "naturelles", liées aux changements d’échelons pour les employés ou au financement des promotions internes. Des augmentations salariales qui sont injustement incluses dans le périmètre de la NAO, ce que nous dénonçons depuis des années. Il est en effet anormal que ces promotions soient financées sur le budget des augmentations annuelles, impactant ainsi ce budget pour l'ensemble des salariés. 

Poursuivons cette analyse et prenons maintenant quelques salaires parmi les plus bas de l’échelle à CANAL+.
Au hasard, une catégorie de personnels un peu bousculée en ce moment, le JRI, Journaliste Reporter d'Image. Celui-ci touche en moyenne entre 30.000€ et 50.000€ de salaire brut par an. A ce tarif, pas sûr que les JRI de TF1, France Télé ou de BFM soient moins payés !
Pourtant, certains JRI de CANAL+ sont visiblement encore trop privilégiés, la DRH vient en effet de leur retirer une faveur, la voiture de service, de fonction, ne restera plus à leur disposition en permanence. Pour certains, un drame financier, une galère personnelle! Ceux-là vont voir l’an prochain leur rémunération globale fortement impactée par ces mesures décidées unilatéralement, un beau matin de retour de congés… A force de chercher dans les moindres recoins ce que l'on peut encore économiser...le puit est sans fond!

Il est d’autres catégories de personnel pénalisés ces derniers mois…

Par exemple ces salariés qui avaient droit à la prise en charge à 50% de leurs frais de transport. Il y a quelques mois, certains d'entre eux se sont vu notifier la fin de cette prise en charge pour cause de réinterprétation de la circulaire en vigueur. Là encore, sans aucune concertation ou analyse des cas individuels et des conséquences sur la vie professionnelle et personnelle des collaborateurs concernés. Il n’y a pas de petites économies…

Certains commerciaux aussi sont touchés par cette politique affligeante d’économies… Les voitures, les téléphones professionnels, et même les crayons sont aujourd’hui comptés, certains salariés s'achetant eux même leurs petites fournitures, plutôt que d’attendre une commande hypothétique…

Pendant ce temps, le nombre de Lexus, ces voitures luxueuses mises à disposition des cadres dirigeants du Groupe n’a cessé de progresser.

Pourquoi cette politique d'économies sur les véhicules de fonction ne concernerait-elle que ces salariés, en bas de l'échelle? Hormis les membres les plus éminents du CODIR, 4, 5 personnes… pourquoi l’ensemble de ce cénacle bénéficie-t-il de voitures mises à disposition toute l’année? Pourquoi les cartes essence sont-elles open ici, et le remboursement des frais de transports, limités ailleurs? Comment justifier que certains membres du CODIR, qui n’utilisent leur véhicule pour le seul trajet domicile bureau, bénéficient d’une voiture en permanence toute l’année, WE et vacances compris. Notre syndicat revendique l’équité, créons un Pool "voitures de fonction dirigeants". Que chacun laisse son véhicule de fonction le vendredi soir à CANAL et le reprenne le lundi matin...

Plus sérieusement, sur le fond de l'analyse, en matière salariale, comment effectuer un benchmark sérieux sur un marché du travail aussi divers qu’éclaté ?
Un contrôleur de gestion de France Télé travaille-t-il autant que son collègue de CANAL+ ? Le technicien de TF1 accomplit-il les mêmes missions que le technicien de CANAL ? Sur quelles analyses s’appuie-t-on pour porter ainsi ces jugements relatifs aux rémunérations des salariés de CANAL+?

Un message lapidaire et inexact n'effacera pas la tension salariale que vivent des centaines de salariés en interne. Ceux-là ne voient plus depuis des années l’ombre d’une augmentation, ils constatent en revanche que leur pouvoir d’achat est amputé année après année.

Mais la NAO de fin d'année n'est pas seulement centrée sur la rémunération, c’est aussi le moment des questionnements sur l’organisation des business, sur le temps de travail, sur les recrutements...
Sur ces sujets, des entreprises comme TF1, M6 ou France Télé disposent d’accords sociaux beaucoup plus étendus que les nôtres, par exemple sur les astreintes. Côté TF1, on est particulièrement attentif au respect des règles légales et du code du travail. Rien de cela chez nous… Sur les astreintes par exemple, notre système se rapproche du bricolage institutionnalisé, ce qui évite finalement, de traiter au fond cette problématique... Mais naviguer à vue risque toujours de provoquer des sorties de route.

Sur le temps de travail…
Parions que les salariés de BFM, M6 ou TF1 ne travaillent jamais 14, 16 ou parfois 17h par jour comme certaines catégories de personnels à CANAL+. Il serait également étonnant de constater que ces salariés travaillent systématiquement le WE ou reviennent pendant leurs congés pour éponger les déficits en recrutement.
C’est non seulement prohibé par la loi, mais ce serait la preuve d’une indéniable désorganisation.

A CANAL+, c’est assez courant. L’encadrement travaille beaucoup, parfois beaucoup trop, et ce sans compensation financière ou en temps de repos supplémentaire…

On le sait depuis 7 ans, la Direction des Ressources Humaines n’a pas pour premier objectif la progression de la masse salariale ou le recrutement de CDI. On peut dire sans se tromper que c’est même l’inverse qui est prôné!

Dans ces conditions, si des efforts doivent être faits, pourquoi seraient ils réservés à une catégorie de personnels ? Pourquoi l’exemple ne viendrait pas de plus haut ? Une mesure démagogique ? Pas si sûr quand sa rémunération progresse de 25% !

Au-delà de ces faits, c’est l’ensemble de la politique salariale et de rémunération qui devra faire l’objet d’une revue de détail. Car il est certain que l’insatisfaction progresse face à une politique salariale qui apparait chaque année plus déséquilibrée et injuste. Des salariés qui travaillent beaucoup, un manque de moyens flagrant, des rémunérations qui au final stagnent ou baissent…

Non, décidemment, nous ne sommes plus les privilégiés de l’audiovisuel en France! En matière de rémunération, ce temps est révolu depuis longtemps! C'est un de ces chantiers qu'il nous faudra ouvrir dans les prochains mois, d'abord pour panser les plaies d'une politique parfois désastreuse, ensuite pour construire une nouvelle politique de rémunération digne d'un grand groupe Européen de l'audiovisuel.

Pour cette année, les messages de notre Direction laissent à penser que la politique salariale de 2012 va fortement ressembler à celle de 2011 ! Pourquoi changer... Le renouveau est en marche, patience!
 
cgc-canalplus@neuf.fr
Tel : 0171351317
 


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