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21 août 2014

Vivendi, le projet industriel se dessine mais avec quelle ambition sociale?

Synergies, convergence, groupe industriel intégré dans les médias, ça ne vous rappelle rien ? Il y a du «Méssierisme» dans la première prise de parole officielle de Vincent Bolloré consacré président du conseil de surveillance d’un Vivendi recomposé lors de l’Assemblée Générale du 24 juin !

Mais si les mots sont les mêmes, l’époque ne l’est plus, le monde a changé de façon considérable en 10 ans et le nouveau Vivendi voit sa convergence limitée aux seuls contenus alors que Jean Marie Messier pensait convergence contenus et contenants, tuyaux et programmes.

Le pôle Télécom construit autour de SFR sorti du Groupe, il ne reste plus que les programmes tout au moins en Europe si l’on excepte GVT, la filiale Télécom du Brésil. 

Sur le parcours, si comparaison n’est pas raison, il y un canyon entre un Jean Marie Messier Polytechnicien, Enarque et Inspecteur des Finances et Vincent Bolloré, entrepreneur avant tout !

Là où les politiques ont échoués à faire «du changement maintenant» une réalité Vincent Bolloré pourrait réussir et redonner du lustre à cette expression en dotant Vivendi d’un véritable projet industriel et humain.

Dans quelques mois, SFR sera sorti du Groupe. C’est bien une nouvelle étape de l’histoire de Vivendi qui va donc s’écrire avec pour tête de pont CANAL+. CANAL+ enfin redevenue l’entreprise phare d’un nouveau projet industriel. 

Mais est-il si nouveau ce projet ? Consolider la position de CANAL en métropole, accélérer le développement des relais de croissance à l’international constituent déjà des orientations nécessaires afin d’assurer l’avenir du groupe bousculé par le numérique mondialisé mais aussi par une concurrence nouvelle et une modification rapide de nos modes de consommation des images et des sons ! 

A la peine depuis quelques temps, CANAL+ pourrait enfin retrouver des couleurs sous un double effet « kiss cool ». Tout d’abord avec un patron qui est effectivement un entrepreneur au sens noble du terme, qui a construit un empire industriel à partir d’une modeste fabrique familiale. 

Ce pourrait être là le changement majeur dans la conduite des affaires du Groupe, sur un plan économique, mais le second effet pourrait être d'ordre social. Depuis des années, nous nous sommes en effet trop éloignés de l’humain. Ce constat partagé par des centaines de cadres et de salariés, par de nombreux dirigeants de business et bien sûr par notre organisation syndicale détruit l’enthousiasme, contraint la créativité et finalement affaibli l’entreprise. 

La réussite du nouveau projet industriel sera aussi et avant tout portée par une ambition humaine, un humanisme qui fait aujourd'hui défaut, un groupe qui a souffert et qui souffre dans ses entrailles de tant de dédain pour les hommes et les femmes qui le fabriquent et construisent chaque jour son avenir. Ce n’est pas cela CANAL+ !

Rénover, repenser l'environnement social, une des conditions à remplir pour réussir! Sur le le plan financier, l'étau devrait aussi se desserrer. CANAL+ va disposer de moyens financiers conséquents grâce à la vente de SFR et de Maroc Telecom. Désendetté, l’argent sera là pour accompagner la mutation indispensable de notre Groupe et les investissements futurs. C’est une chance, alors que nos marges se réduisent dans un contexte de crise sociale qui dure et s’approfondie.

Vincent Bolloré, dans un premier message aux dizaines de milliers de salariés, affirme que «…la réussite d’’un Groupe industriel ne peut s’inscrire dans la durée que si elle repose sur un socle de stabilité…»   C’est un langage nouveau auquel nous ne pouvons être insensible. 

Depuis des années, depuis la fusion en 2007 avec TPS, le leitmotiv de CANAL+, c’est le mouvement. A tel point que celui-ci finit par provoquer le tournis avec des organisations incomprises, bousculées, une valse des patrons de business qui s’accélère, un maelstrom permanent ou chacun parfois cherche son chat… et son business !

La seule stratégie clairement expliquée, c’est celle du taux de marge, la rentabilité qu’il faut maintenir coûte que coûte quand bien même ce serait au détriment de l’activité. Conséquences, des salariés malmenés, déboussolés et inquiets, parfois très inquiets, souvent remerciés sans autre forme de procès

C’est le seul discours véritablement audible aujourd’hui, c’est celui qui oriente la stratégie et l’organisation des business. Avec son corollaire, les plans d’économies successifs destructeurs de valeurs économiques et sociales lorsqu’il n’est pas construit autour d’un projet industriel expliqué, compris et partagé et d’un accompagnement digne et nécessaire des femmes et des hommes qui tentent de le porter.

Notre organisation syndicale partage cette nécessité d’assurer un socle minimal de stabilité comme facteur de réussite. Il suffit de regarder ce qui passe en France ou à l’étranger, en Allemagne notamment,  pour constater que les entreprises qui réussissent sont celles qui sont gérées dans la durée par un management engagé et stable. Oui à la stabilité, mais une stabilité dans la clarté d’un projet industriel partagé, expliqué, tourné vers la créativité et le développement social et pas seulement sur le ratio de rentabilité. Ce seul critère comme boussole nous fait aller dans le mur…

«…L’entreprise intégrée…» une autre ambition déjà présente en 2002 mais qui avait échoué sur des égos trop puissants de patrons jaloux de leur indépendance. Le nouveau patron de Vivendi pourrait réussir là où JM6M a échoué ! Réussir passera d’abord à forcer les baronnies de penser et jouer collectif. Ces baronnies n’ont jamais été annihilées, au contraire, au fil du temps elles se sont renforcées, empêchant tout progrès dans le développement de synergies et d’ambitions communes. Chacun sur sa rive, il fallait faire mieux que le voisin sans se soucier de construire des passerelles, sans se préoccuper de l’intérêt global à renforcer des fondations communes.

«…force et enthousiasme, moteur de l’imagination, richesse humaines…» de ce point de vue le chantier est immense et urgent. Les valeurs humaines qu’André Rousselet avaient à cœur d'entretenir lorsqu'il créa CANAL+ ont été depuis quelques années galvaudées, méprisées, parfois anéanties par une gestion de court terme.  «…3 ans dans un poste 5 ans dans l’entreprise…», un discours social devenu l’alpha et l’oméga d’une gestion des ressources humaines absurde, destructrice et contre-productive!

Il faut tout reconstruire en urgence car il n’y aura pas de réussite industrielle sans adhésion du corps social! Ce chantier, il doit s’ouvrir avec les partenaires sociaux, il faut renouer un dialogue distendu et perverti par une conception idéologique fondée sur la contrainte et non sur le respect. 

Notre syndicat, premier syndicat de l’encadrement du Groupe CANAL+, sera évidemment disponible pour engager cette mutation sociale indispensable et urgente. Dans le cas contraire, l’échec pourrait être au rendez-vous si nous sommes incapables de réunir les salariés du Groupe autour d’un projet clair, si les sacrifices demandés restent incompris, si les perspectives ne sont pas partagées. 

Nous savons en parti ce qui cloche dans nos organisations, dans les processus de décisions, dans l’absence d’un accompagnement responsable, raisonnable, réfléchi  des salariés. Conséquences sur la créativité, sur l’enthousiasme, sur la santé de nombreux collaborateurs en mal être récurrent, il faut changer maintenant de philosophie et de modèle.

CANAL+ n’est pas une entreprise banale ! Mais elle a perdu en partie son âme dans un modèle archaïque ou la ressource humaine est avant tout une charge sur un compte de résultat. Une ressource qui coûte et dépense avant d’être considérée une force créatrice de valeurs économiques et humaines. Notre syndicat dénonce depuis des années cette politique sociale inadaptée à la sociologie de notre entreprise mais aussi à l’ère du temps où le modèle managérial doit être orienté collectif et non pas militarisé !   

Nous sommes aujourd’hui dans une impasse et l’urgence est d’abord là ! Stopper l’hémorragie des compétences, avoir l’intelligence au besoin d’en faire revenir certaines qui nous manquent cruellement ! Reprendre le chemin de la diversité et non de l’homogénéité sociale, engager le nouveau CANAL sur le chemin d’un dialogue social renouvelé et respectueux qu’il n’aurait jamais dû perdre! La souffrance est là, réelle, destructrice, il faut stopper ce cycle infernal, rentabilité, économies, réduction d’effectifs, contraintes sociales !

De la parole aux actes! C’est dans la traduction opérationnelle de ces nouvelles ambitions que nous mesurerons la volonté du nouveau management à accomplir et réussir notre mutation. Business et social, deux socles pour avancer et redonner à CANAL+ un lustre un peu terni par une politique économique aux enjeux de très court terme.

Nous sommes persuadés que dans la loyauté, cette ambition pourrait se concrétiser autour "d'un nouveau CANAL" conquérant, d'une ambition industrielle et d'un socle de valeurs humaines retrouvées et respectées... CANAL+ le mérite, ses salariés l'attendent !    



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25 juin 2014

CANAL+, la machine à licencier semble s'emballer…

Depuis des mois, les départs et les licenciements se succèdent à un rythme qui tend à s’accélérer à mesure que l'année 2014 avance...

Le début de l’année avait donné le top départ d’une course contre la montre ! "...combien chez toi, et chez toi..." semblent se demander les DRH de pôle… !

La période des congés est toujours propice aux licenciements. Le préavis effectué pendant les mois de juillet ou d’août passera d’autant plus inaperçu que de nombreux salariés seront en congés, découvrant à leur retour la place laissée vacante par leur collègue remercié et souvent non remplacé !

Comment justifier ainsi cette accélération sensible des départs contraints? Une conjoncture difficile certes, et comme toujours dans ce cas, l’emploi comme facteur d’adaptation. Une volonté toujours affirmé de faire partir les plus anciens, les seniors qui n’auraient plus leur place dans notre entreprise où le geek deviendrait l’alpha et l’oméga d’un avenir incertain. Une réorganisation en profondeur du management opérationnel. L’assemblée générale de Vivendi est maintenant derrière nous, de nouveaux dirigeants prennent les rênes du Groupe, il faudrait pour le management encore en place en profiter pour faire place nette, leur laisser la possibilité de combler les vides à leur guise… Ces raisons ne sauraient tout expliquer ! 

Côté méthodes, elles sont chaque jour plus toujours plus cavalières... Le mot est faible tant certaines situations sont proches de l’absurde ou de l’inacceptable.

Citons pêle-mêle une demande de bilan de carrière qui peut se clore par une remise en cause globale de sa position professionnelle, de son engagement et de son professionnalisme… "...vous voulez bougez et bien dansez maintenant…"  une demande de mobilité… et voilà la porte montrée du doigt... un renseignement à obtenir et hop, par ici la sortie... 

Toutes les catégories de personnels, tous les business, tous les âges sont aujourd’hui concernés par cette politique du chiffre qui semble avoir pris le pas sur la raison sociale !

Une politique absurde et destructrice de valeurs économiques et sociales. Nous la dénoncerons toujours car elle est contre productive. Elle contrevient également aux textes sociaux signés avec les syndicats et qui encadrent la gestion de carrière ou l'évolution professionnelle. Elle accroît l’angoisse de centaines de salariés qui n’ont pas besoin de cela aujourd’hui pour se questionner sur leur avenir à CANAL. Elle déstabilise un peu plus des organisations et des business déjà bousculés parfois bouleversés par des mois d’incertitudes, de questionnement, d’attente, de nécessaires clarifications qui tardent à venir….

Dans cette période de grand trouble, une forme d’apathie règne et inonde les couloirs des vastes immeubles du Groupe ! A quand mon tour, quand serai-je contacté par la RH ! Car les RDV se succèdent, convoqués souvent sans raison particulière, de façon anodine. Il n’est plus rare pour beaucoup de salariés de se retrouver face à son manager et une RH qui tend le papier destructeur : "...signez ici..." la convocation à l’entretien préalable ! Nous ne sommes plus à une irrégularité près dans la procédure, tout semble permis, les digues légales sautent les unes après les autres, et des salariés médusés de tant de dédain! Car cette remise de lettre en main propre précède une procédure très encadrée par le code du travail. 

Rappelons que la convocation à l'entretien préalable à licenciement doit faire l’objet d’un envoi de courrier en recommandé, que ce courrier peut être remis en main propre mais exclusivement par la DRH et en aucun cas en présence du manager ! L’entretien préalable… un travail à la chaîne qui génère parfois quelques incohérences dans les courriers remis aux salariés… Du copié-collé qui transforme le masculin en féminin, la raison du licenciement de l’un en justification pour l’autre… !

Mais que deviennent ces postes de salariés partis vers d’autres horizons? Qu’il soit licencié, qu’il  démissionne, qu’il parte en mobilité, qu’il accepte une rupture conventionnelle, le poste du salarié en question doit faire l’objet d’un remplacement. Dans le cas contraire le non remplacement peut être requalifié en licenciement économique et permettre l'obtention de dédommagements autrement plus importants que ceux acquis dans le cadre d’une procédure plus "classique"

C’est pourquoi la vigilance s’impose! Quand un salarié s’en va, son poste doit être remplacé. Ce n’est pas le cas ? Alertez vos représentants du personnel qui sauront deviner s’il s’agit d’une action liée à la réorganisation d’un service ou d’un acte délibéré pour réduire le nombre de poste et par ricochet… la masse salariale !

Dans tous les cas nous vous conseillons de prendre contact avec vos représentants du personnel qui sauront vous accompagner dans vos démarches administratives et juridiques ! Mais avant tout dans la période trouble actuelle, avant d’engager une action personnelle, réfléchissez, venez en discuter, ne partez pas à l'aventure, ou alors en connaissance de cause !

A bon entendeur...


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15 juin 2014

L’après 24 juin…

Le 24 juin à 10h, le Palais des Congrès de la Porte Maillot recevra les actionnaires de Vivendi. Assemblée Générale particulière cette année puisqu’elle entérinera le départ de Jean René Fourtou, arrivé il y a plus de 10 ans et qui devait rester à l’époque… trois mois pour redresser le Groupe malade des envolées de l’ère Messier et de l’explosion de la première bulle Internet. 

Cette page va se tourner et avec elle une partie de l’histoire du Groupe construit après cet épisode des années 2000. SFR alors vaisseau amiral d'un Vivendi reconstitué et moins international, SFR 50% du chiffre d’affaire et du résultat pendant longtemps et puis patatras… Free, les prix cassés, un modèle économique bousculé et finalement la décision de scinder le Groupe. Exit les Télécoms vendus à Patrick Drahi, vive les médias !

Le 25 juin, lendemain de l'Assemblée Générale, CANAL+ se retrouvera ainsi en tête de pont d’un nouveau groupe reconstitué autour de 2 autres entités, UMG, le premier éditeur mondial de musique et GVT l’opérateur de Télécom Brésilien. 

Mais ce ne sont pas que les seuls contours capitalistiques du Groupe qui vont être redessinés, ce sont aussi les équipes et au plus niveau l’arrivée de Vincent Bolloré à la manœuvre pour reprendre un gouvernail placé en pilote automatique depuis quelques mois.

Côté CANAL, l’attente est là, elle est grande et le 24 juin résonne déjà comme une date fétiche! Pourtant le 25 juin risque fort de ressembler au 24, mais il est indéniable qu’un processus est en marche, qu’une nouvelle étape de la vie de l’entreprise va enfin s’ouvrir

Car depuis des mois, de trop nombreux mois, CANAL+ vit au rythme d’une réorganisation permanente et brouillonne. Les départs plus ou moins contraints de nombreux salariés ont fini par déstabiliser toute une organisation pourtant bien huilée. Les plans d’économies budgétaires successifs sont devenus année après année des objectifs prioritaires qui finissent par gripper toute l’économie et le fonctionnement social du Groupe.

Côté Stratégie, l’échec des négociations pour le rachat de Dailymotion à Orange pose la question de notre capacité à nous développer dans les nouveaux médias. De belles expériences sont engagées, elles ne suffiront pas à prendre une position incontournable sur un marché dominé par les Anglo-Saxons, Netflix en tête qui va pointer son nez en septembre. Il y a urgence à agir !

Quant au dialogue social, c’est plus simple, il est au point mort ! Contraintes et sanctions sont l’alpha et l’oméga d’une politique dont on devine mal les objectifs... Dégradées et sulfureuses, les relations sociales n’ont cessé de se tendre ces dernières années. Là encore tout est à reconstruire et rapidement car il n’y aura pas d’avenir serein sans le rétablissement d’un environnement respectueux des partenaires sociaux!

Y aller, OK, mais où, comment, avec qui ?! Ces questions-là sont sur toutes les lèvres! Clarifier et stabiliser l’organisation, desserrer l’étau budgétaire, réorienter la politique de recrutement vers plus de diversité, réinventer le dialogue social et managérial, libérer la parole, ce ne sont là que quelques propositions pour que s’ouvre une nouvelle étape de l’histoire de CANAL+. Mais il est en revanche indispensable de ne pas lambiner ! L’attente est là, réelle, importante ! Il serait dangereux de rester encore des mois dans l’incertitude. 

Les salariés sont en attente d’actions, d’engagements, de clarification ! Besoin de lumière aussi pour que s’ouvre enfin le chemin d’un CANAL+ moderne, rénové, ambitieux et respectueux des femmes et des hommes qui chaque jour sont à la manœuvre !   

C’est dans ce contexte un peu particulier du renouveau stratégique et managérial que devrait se clore l’année 2014. Une année de transition mais aussi de tentations ! Nous disions il y a quelques mois sur ce blog "...vivement demain" et bien demain c’est aujourd’hui. L’aventure va se poursuivre parce que cette fabuleuse entreprise le mérite. La mutation sera longue et lourde, mais le nouveau Groupe désendetté sera à nouveau en capacité d’investir, des marges de manœuvres salutaires et certainement de très belles surprises à la clé et peut être enfin l'esquisse d'une rénovation profonde d'un modèle social malade d'inertie et de compromis... aux contours aléatoires et pervertis!

Mais si des centaines de salariés sont impatients, le 25 juin risque fort de ressembler au 24! Il faudra attendre encore pour que se dessine le véritable et nouveau visage du Groupe, pour qu'une expression nouvelle vienne présenter la stratégie industrielle, modifier l'organisation, engager la rénovation et la transformation de notre modèle social. Trop d'attente ne tue pas l'attente, mais l'urgence est là, d'une clarification indispensable pour remobiliser et faire des 30 ans de CANAL le signal d'un nouveau départ! 

C'est sûr, une nouvelle page de l'histoire de CANAL est en route!     


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05 juin 2014

Valeur de l’action ou résultat financier… et si nous prenions l’emploi comme critère du développement et de réussite ?

A l'heure de la réorganisation globale du Groupe Vivendi et de sa scission qui sera actée dans quelques jours à l'assemblée générale des actionnaires du 24 juin, il nous semble intéressant de poser la question sociale comme élément déterminant pour le futur du groupe!

Depuis des années le cours atone de l’action Vivendi aurait décidé du sort du Groupe Vivendi et de sa scission finalement actée par la vente de SFR à Numéricable. Ce serait donc pour satisfaire les actionnaires que l’on aurait décidé du sort d’une des plus grandes entreprises Française, un fleuron reconnu sur le plan mondial pour certaines de ses activités comme UMG ou Activision Blizzard et dans l’hexagone avec SFR et CANAL+. Pour l’instant le résultat de cette opération n’est pas probant, le cours de l’action Vivendi reste à des niveaux décevants. Il est vrai que l’opération est en cours et qu’elle devrait se finaliser en fin d’année, une fois franchi les obstacles juridiques, en particulier les injonctions de l’autorité de la concurrence.
 
Cette opération de restructuration des actifs de Vivendi fait également suite à l’arrivée d’un 4eme opérateur Free Mobile, qui a déstabilisé tout le secteur des Telecom et cassé une dynamique industrielle qui faisait de la France une référence en matière de développement et d’investissement dans ce secteur. Une arrivée qui ne fut pas anticipée et qui a plongé SFR dans un marasme inquiétant, finalement inacceptable pour certains responsables du groupe Vivendi. L’occasion était trop belle pour ne pas la saisir ! Certains ont claqué la porte, d'autres se sont engouffrés!

L’opération en cours vise également à rétablir des "marges financières" que nos dirigeants trouvent aujourd’hui trop faibles. 15, 20, 30% ou plus de rentabilité, ce sont des objectifs atteignables selon eux… mais à quel prix ? Dans le contexte actuel de stagnation ou de contraction du chiffre d’affaire, le maintien à minima du résultat financier impose de réduire la voilure et d’opérer des coupes sombres dans les budgets déjà sous pression depuis des années. Ainsi s’explique par exemple à CANAL+ la délocalisation de la relation clients en "Offshore" au Maroc pour nos prestataires installés il y a encore 2 ans en France. Ainsi s’explique aussi la pression sur l’emploi de plus en plus forte et que chacun peut constater ou subir dans son organisation de travail. Les conséquences sont connues, augmentation de la productivité, désorganisation, risques psycho sociaux accrus!

On veut du cash ! L’opération réalisée par la vente de SFR à Numéricalbe permettra au nouveau groupe Vivendi organisé en "Pôle Médias" de retrouver des couleurs financières et des marges de manœuvre importantes!

Tout de même, 5 milliards d’Euros pour les actionnaires ! La vente de SFR devrait rapporter au final 13,5 M€ à Vivendi. Cette manne permettra de désendetter totalement le groupe et de distribuer un dividende exceptionnel de près de 3,5M€ d’euros aux actionnaires… Une somme colossale qui malheureusement ne sera pas utilisée pour favoriser le redéploiement industriel du nouveau Vivendi mais seulement servir les intérêts des actionnaires notamment les minoritaires qui représentent plus de 60% du capital de l’entreprise! Des actionnaires pour la plupart Américains, ceux-là même qui soutiennent aussi certainement le développement d'activités concurrentes sur nos territoires... 

Mais sait-on ce que veulent les actionnaires?  Sans majorité significative tout le monde interprète en fonction de ses propres intérêts : tant qu’il n’y a pas de clash à l’assemblée générale annuelle... ou l’art subtil de la gouvernance! Il faut espérer de ce point de vue que nos Dirigeants gardent les pieds sur terre pour conduire l’avenir du Groupe non pas en fonction des coups de vent économiques mais avec des idées directrices fortes…

De toute évidence, ce n’est pas quand chaque acteur économique cherche à maximiser ses gains personnels que l’on obtient le profit global maximum, les tenants de l’ultralibéralisme n'ont qu'à bien se tenir… Non que cette approche n’ait pas fait ses preuves puisque les pays anglo-saxons qui l’appliquent sont plutôt performants  mais parce que  rien ne permet d’affirmer que l’on ne peut pas faire mieux avec une d’autres priorités!  

Quelle stratégie pour le futur Vivendi ? Vouloir du cash pour se désendetter ou servir l’actionnaire reste une stratégie financière de court terme qui se justifie quand  la dette vient ponctionner les résultats et effrayer les boursicoteurs. Ce n’est en aucun cas un projet industriel! Cette stratégie devrait être clarifiée et exposée lors de la prochaine assemblée générale, fin juin. Les actionnaires devront l'approuver comme ils devront approuver les nominations des nouveaux dirigeants qui seront en charge de la mettre en œuvre. 

Cherche-t-on à réaliser  des plus-values importantes à court terme ou au contraire veut-on construire une entreprise solide, Européenne, capable d’affronter les mastodontes Américains et de participer à la préservation d’un modèle culturel indépendant et puissant sur nos territoires ? Nous verrons et nous jugerons !

C’est pourquoi, dans ce contexte révolutionnaire, plutôt que de se concentrer exclusivement sur le rendement financier pour l’actionnaire ou la rentabilité de court terme, nous pourrions orienter notre stratégie autour d’une idée directrice forte : le développement et le maintien de l’emploi en France !

Organiser le futur du groupe autour de ses pôles en métropole ne serait pas une idée ringarde mais une idée plutôt noble car de bon sens! C’est d’ailleurs ce bon sens que développent  inexorablement nos amis Allemands depuis quelques années. Leur économie se porte beaucoup mieux, le taux de chômage est bien moindre et "…leur marché du travail jouera un rôle significatif pour tirer l'économie intérieure allemande, en particulier à travers la consommation privée…", pronostique même Natixis. 

Sur le plan social, les premières conséquences des bouleversements opérés dans le secteur des telecom se traduisent malheureusement par des milliers de suppressions d'emplois. L'ARCEP, l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes, a publié mercredi 28 mai les résultats de son observatoire sur l'emploi. L'ARCEP indique qu'en 2013, le secteur a supprimé 4000 emplois! Une saignée qui pourrait se poursuivre en 2014 alors que Bouygues Télécom annonce déja un nouveau plan de licenciements.  

Dans ces conditions, au lieu du simple résultat net annuel comme orientation stratégique, et pour éviter une catastrophe sociale, la pérennité des activités et de l'emploi devraient être intégrés comme critères majeurs du pilotage du nouveau Groupe. Une démarche populaire….mais surtout efficace car un salarié qui sait que son devenir dans l’entreprise  est une préoccupation du management cesse d’être un mercenaire pour devenir un  acteur…

Le projet, quel projet ? Financier ou industriel, nous devrions bientôt être fixés. Ou bien le modèle s’oriente vers la maximisation de profits de court terme et tout serait à craindre pour l’avenir de nos activités comme pour l’emploi! Ou bien au contraire, c’est une orientation résolument industrielle afin de construire et développer un business solide en France, en Europe et au-delà. Nous devrions alors en percevoir les retombées sociales assez rapidement. Car dans le premier cas, je licencie pour diminuer la masse salariale, j’arrête les dépenses d’investissement avec pour première conséquence d’hypothéquer l’avenir. Dans le second, je parie sur l'avenir et je développe mes activités en embauchant!  

Dans ce contexte, maintenir l’emploi en France pourrait être une saine orientation pour le nouveau Groupe. Défendre ses intérêts est la première des sagesses et l’universalité s’arrêtent aux portes de pôle Emploi ! Que veut-on vraiment ? Etre "pauvre" comme tout le monde…? Sombrer de façon égalitaire ? Aller travailler en Chine ?

En développant ces nouvelles priorités sociales en France au-delà de la maximisation du profit de court terme et du résultat net comme seules boussoles managériales, Vivendi y gagnerait en responsabilité sociale. L’entreprise ouvrirait alors de nouveaux horizons industriels, elle serait en capacité de mobiliser une armée de salariés motivés capables de remporter les futures et rudes batailles que nous allons devoir affronter dans le proche avenir !


L’emploi comme orientation stratégique et facteur de réussite?  Et s'il n'y avait pas d'autre alternative? 

30 mai 2014

Un projet économique et stratégique doit-il s’accompagner d’un projet social pour réussir ?!

Lorsque cette question est aujourd’hui posée à des patrons de grandes entreprises, ils répondent tous généralement… "évidemment…" Mais il y a souvent un abîme entre la parole et sa traduction dans les faits!

CANAL+ va bientôt être confronté à cette réalité alors que l’Assemblée Générale de Vivendi du 24 juin devrait confirmer la scission des activités Télécom, le départ de SFR du Groupe et l’arrivée de CANAL+ comme nouvelle locomotive d’un pôle Médias recomposé.  

Après cette date, le nouveau Groupe Vivendi va donc se restructurer pour que s’écrive une nouvelle page de son histoire, mais quelle histoire et comment…

A CANAL+, sur le plan social, l’attente est grande d’une évolution profonde des méthodes et des pratiques. Depuis des années, nous vivons dans un modèle passéiste, où la parole de droit divin fait office de vade-mecum au quotidien. Alors que le monde change à la vitesse de la lumière, que les réseaux sociaux bouleversent les modèles de communication, que la hiérarchie des entreprises est bousculée par des circuits de communication ultra courts, nous nous sommes enfermés dans un carcan social absurde et contre-productif.

Aujourd’hui, dans la majorité des grandes entreprises modernes, le dialogue permanent, la capacité à discuter la parole de celui qui détient le pouvoir est un acquis, une réalité perceptible et acceptée, une orientation intégrée dans les business plan. Ces entreprises qui pratiquent ce modèle progressent d’ailleurs généralement beaucoup mieux que les autres, l’excellence venant bien sûr de nos amis Allemands qui ont porté à leur paroxysme le dialogue responsable et des décisions stratégiques et opérationnelles partagées avec les représentants du personnel au sein des Conseils d’Administration… On ne peut pas dire que l’économie Allemande en souffre beaucoup…

Chez nous, au contraire, c’est la suppression de toute résistance qui est à l’ordre du jour. Comme s'il n’y avait pas d’autre solution que de contraindre l'ordre social. Le résultat est indiscutable, c’est le silence qui règne car toute velléité se transforme généralement en sanction. La dureté des temps économiques  ne saurait justifier un modèle social basé sur la contrainte, ça ne marche plus aujourd’hui, ça marchera encore moins demain.

Ce constat d’un dialogue inadapté en interne n’est pas nouveau ni celui d’un seul syndicat, il n’est pas non plus l’apanage de quelques salariés exaspérés. C’est un constat partagé par des centaines de salariés qui sont dans l’attente d’un projet expliqué et discuté, d’un modèle social renouvelé, adapté à notre temps, respectueux et ouvert !

C’est dans ce contexte que l’indispensable qualité de la vie sociale conditionnera la réussite du nouveau projet de Vivendi pour CANAL+. Citons tout d’abord le respect de la liberté de parole syndicale, mais aussi le développement d’un dialogue permanent, une nouvelle ambition  sociale, en résumé un nouveau contrat social.

Il est nécessaire de reconstruire des instances de délibération libres et contradictoires, de partir de l’expérience concrète et non d’une "expertise savante", de rétablir un langage commun… bref, de manager dans la modernité d’une "entreprise 2.0" en rétablissant un modèle coopératif, en reconnaissant le travail collectif, en respectant ces "corps intermédiaires" sociaux ou managériaux tout aussi soucieux de participer à la transformation et à la réussite de nos activités en France comme à l’étranger.

La démocratie sociale, c’est transformer du conflit en discussion ! Sur ce plan, notre entreprise devrait être en France à l’avant-garde dans le renouvellement de son modèle social. Plutôt que d’envier les modèles Anglo-Saxons, de se référer aux Google, Apple et autre Microsoft, pour finalement s'en éloigner systématiquement, CANAL+ peut et doit produire son propre modèle, prouver que l’on peut se moderniser, évoluer, se transformer en évitant les soubresauts d'un corps social malmené, le mal être individuel, l'incompréhension collective.      

Faut-il changer et pourquoi ? Parce que les réussites futures seront conditionnées par notre capacité à construire un environnement social modernisé, adapté aux mutations à venir. La question n'est pas de se demander s'il faut y aller, mais quand y allons-nous? 




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04 mai 2014

En ce début mai 2014, la (dé) fête du travail...

Changer le modèle ! Dans les relations sociales, il n’y a pas pléthore de modèles opérationnels. Certains modèles peuvent être coopératifs, respectueux, fondés sur le dialogue, d’autres plus coercitif, contraignants, absolutistes.

Dans le groupe Vivendi nous voyons à l’œuvre depuis des années l’expression de ces 2 modèles… Devinez où se trouve le modèle contraignant…? Deux grandes entreprises constituent encore pour quelques mois le groupe Vivendi, SFR et CANAL+. Depuis toujours, SFR pratique un modèle de relations sociales ouvert, participatif, centré sur l’intérêt des salariés et de l’entreprise, mettant en œuvre les leviers d’actions et de dialogue basés sur la confiance et l’échange. A l’inverse CANAL+ pratique depuis quelques années le modèle inverse, un modèle dégradé archaïque, dépassé.  

On n’attrape pas les hommes avec de l’étroitesse d’esprit, ni les âmes à coups de mesquineries !
Savoir où se trouve le pouvoir ! CANAL+ met en œuvre une politique sociale qui ne doit avoir pour objectif que de vérifier et d’affirmer le pouvoir. Pouvoir de sanctionner, pouvoir de décider de tout et pour tout, ce pouvoir-là est très concentré, pour le meilleur ou pour le pire !
 
Alors que l’évolution de nos entreprises imposent de revoir un modèle de relations sociales totalement dépassés par les évolutions du Droit social et plus encore par les nouvelles technologies de la communication, le WEB 2.0, à CANAL, c’est la résistance au changement qui l’emporte!

Vantée sur tous les tons dans les business, cette petite musique n’atteint pas… encore… le département des relations sociales, qui reste enfermé, claquemuré dans une vision passéiste et rétrograde. Une orientation qui nous fait perdre du temps dans la modernisation du dialogue interne, qui contraint la créativité indispensable en cette période de bouleversements, décourage des centaines de salariés, perturbe et affaiblit les Business, jusqu’à parfois saper l’atteinte des objectifs opérationnels.

Affaiblir pourrait être le terme générique qui résumerait à lui seul une situation ubuesque si elle n’était contre contre-productive socialement et opérationnellement. Affaiblir tout d’abord la représentation du personnel. Pas assez docile et conciliante, il faut contraindre sa partie la plus active par tous les moyens. Affaiblir le salarié lorsqu’il devient récalcitrant à l’exécution d’ordres incompris ou inadaptés, affaiblir toute parole contraire pour qu’enfin ne subsiste qu’une seule voix, celle qui représenterait la vérité, l’excellence, la droiture !

Mais nos entreprises ne peuvent plus fonctionner selon un tel modèle, ou bien elles dysfonctionnent! Un modèle qui apparaît en totale contradiction avec la nécessité de repenser de fond en comble les relations sociales, d’abord parce que le temps du patron tout puissant et déifié est révolu. Ensuite parce que la réussite d’une entreprise se mesure aussi à la qualité de son environnement social. Enfin parce que la complexité et la rapidité de l’évolution de nos organisations supposent des corps intermédiaires solides, des représentants du personnel formés, capables de communiquer, de jouer le rôle de go-between entre une Direction parfois coupée des réalités opérationnelles et une base souvent soumise à de multiples mouvements, des soubresauts et décisions subis par des salariés ballottés entre résignation et volontarisme, ou pire atteint dans leur intégrité physique ou psychologique.    

Mais pourquoi une entreprise comme CANAL+ subit elle un modèle aux antipodes de son ADN ? Nous pensons que c’est une "punition" issue d’une "erreur" originelle ou en tout cas considérée comme telle et que CANAL n’en finit pas de payer. Souvenez-vous, 2001, c’est la crise, une entreprise au bord de la faillite, une restructuration à la hussarde  et un premier jugement, si CANAL en est arrivé là, c’est que cette entreprise n’était pas organisée, jouissait d’une autonomie contraire aux principes de base de l’organisation capitaliste, un patron, un objectif, et pas de discussion, exécution! Pourtant la fulgurance de la réussite des premières années devraient amener à plus de retenue!  

Depuis 2005, c’est exclusivement ce modèle managérial qui est à l’œuvre. S’il a fait ses preuves dans les premières années du redressement, 2001-2005, pour permettre à l’entreprise de se relever d’un drame historique, sa poursuite et son extension dans les années qui ont suivi ont empêché la création d’un modèle renouvelé adapté à la nouvelle donne, une entreprise redressée financièrement mais en mutation profonde dans un environnement concurrentiel et technologique en profonde évolution.

C’est à ce moment-là que tout dérape ! Comme dans tout système coercitif, maintenir la pression ne suffit pas, il faut sans cesse l'accroître encore et toujours car les vents de la contestation s’expriment de plus en plus ouvertement. Et quand ils ne peuvent s’exprimer, ils provoquent des tensions ou des ruptures menant jusqu’au burn-out des salariés exténués, des cadres importants qui n’en peuvent plus de devoir mettre en œuvre un modèle managérial si éloigné de leur conception personnelle, plus ouvert et respectueux. La cassure devient alors inévitable, c'est le moment de la rupture.

Si la contrainte sociale atteint dans ses fondements les relations du personnel, elle ne permet pas non plus de résoudre les difficultés inhérentes à la modernisation de nos organisations ni de faciliter l’atteinte de nos objectifs opérationnels. C’est pourquoi, depuis des mois, ces réorganisations se traduisent d’abord par des départs plus ou moins contraints de dizaines de salariés. Car dans un modèle de ce type, nous sommes incapables d’accompagner des salariés dans leur carrière, de susciter des vocations, de former correctement les uns et les autres aux évolutions de l'entreprise. Nous sommes dans la caricature d’un modèle anti-écologiste, c’est périmé, il faut jeter... sauf qu'ici il s'agit d'hommes et de femmes investis totalement dans leur job !  
  
Si l’entreprise n’est pas la cité, si la démocratie s’arrête aux portillons de l'entreprise où l’on badge chaque matin, imaginer l’entreprise du 21eme siècle comme une prison dorée est absurde et contre-productif. 

Et c’est ici que nous revenons à nos comparaisons! D’abord chez Vivendi avec le contre modèle SFR et ses réussites y compris dans ses transformations profondes à l’œuvre aujourd’hui. Une permanence du dialogue social, une continuité dans le respect des instances sociales. Plus loin de nous, mais pas si éloigné car nous avons l'habitude des relations sociales avec nos amis Allemands d'Universal Music dans le cadre de nos instances sociales européennes chez Vivendi, un modèle pourtant bien connu de certains de nos patrons qui ont œuvré dans ce pays, et qui en connaissent donc toute la la richesse, un dialogue social fondé sur le respect, l’échange, l’écoute et là-bas jusqu’à la codécision !  

Le Journal Le Monde titrait dans son édition du 24 avril, « Heureux comme un Allemand ». La réussite économique, c’est aussi la réussite sociale, et imaginer gagner les prochaines batailles sans remise en cause profonde de notre modèle de relations sociale seraient aussi utopique qu’illusoire, nous gagnerons ou nous perdrons ensemble!

Les transformations du Groupe Vivendi, la construction d’un pôle médias pugnace et combatif nécessitent chez nous la construction d’un nouveau modèle social décrispé et respectueux! Inscrire le futur de ce futur pôle dans l’archaïsme social ambiant serait lui faire perdre une partie de sa vitalité. Ce serait certainement contrarier l’avenir !

Le risque est réel et avéré, pour le faire mentir, il est urgent d’agir !  


23 avril 2014

Le 1er juillet, 180 jours de carence...

Avec l’accord signé le 22 mars 2014 par les syndicats CFDT, FO et CFTC, les droits des Cadres et notamment des seniors vont encore souffrir !

Le 1er juillet, le couperet tombe! A partir de cette date, les salariés qui quitteront leur entreprise après une rupture conventionnelle ou un licenciement subiront un délai de carence de... 180 jours au lieu de 75 jours aujourd'hui!

Le délai de carence est cette période située entre la rupture définitive du contrat de travail et le moment où l'on perçoit sa première indemnité chômage. Seuls les licenciements économiques échapperont à ce nouveau dispositif et continueront de bénéficier d'un délai de 75 jours.

Issu d'un accord signé le 22 mars dernier par les syndicats CFDT, CFTC et FO, il vient dégrader la situation des futurs sans-emploi qui seront tous pénalisés et parmi eux, particulièrement les Cadres et les Agents de Maîtrise

L’indemnité perçue au titre de la rupture du contrat de travail ne permettra plus à ces salariés de se constituer un matelas de sécurité en attendant de retrouver un emploi. Avec cette disposition, cette indemnité perd tout son sens premier, c'est à dire avant tout le dédommagement du préjudice subi par le salarié qui est licencié!

Le fait de porter le délai de carence à 180 jours avant de pouvoir toucher une allocation chômage est inacceptable.
C'est réaliser des économies sur le dos des salariés licenciés et particulièrement sur la population des seniors qui sont souvent après une rupture de contrat, dans impossibilité de se repositionner sur un marché du travail qui leur est fermé!

L’indemnisation de la rupture du contrat est là pour compenser un préjudice, non pour suppléer les carences de l'assurance chômage. C'est pourquoi notre syndicat a dénoncé cette iniquité, ces petits arrangements conclus rapidement dans la nuit du 21 au 22 mars dernier.

L'accord signé le 22 mars va générer quelques économies mais ne va en aucun cas résoudre les difficultés de l'Unedic. Il ne constitue en rien la réforme qui doit être engagé pour le redressement des comptes du régime d'assurance chômage.

Ce n'est pas raisonnable! Car une autre réforme va également diminuer l'allocation des personnes ayant un salaire de plus de 2042€ par mois.  

Les Cadres fortement mis à contribution! 
Les Cadres dont le régime génère 39% des recettes de l'assurance chômage et 18% des dépenses seront à nouveau fortement mis à contribution par cet accord. 
Cette mesure va permettre de racler quelques centaines de millions mais avec pour contrepartie un coût social généré par le malaise grandissant et le ras le bol des Cadres. 

Le calcul comptable est simple : les Cadres licenciés retrouvant plus rapidement un emploi que les autres salariés, l'allongement du délai de carence va faire qu'un grand nombre d'entre eux ne touchera pas d'allocations chômage avant le terme des 180 jours...

Dans le contexte actuel du marché de l'emploi, pénaliser ainsi les Cadres et les Agents de Maîtrise, et plus particulièrement les seniors est injuste et contre-productif. Imaginer que cela pourrait accélérer les processus de repositionnement professionnel est illusoire.

Le véritable effet de cette mesure... provisoire... sera de plonger nombre de salariés dans une insécurité financière et sociale plus grave! C'est pourquoi nous considérons qu'elle constitue une mauvaise mesure parce-qu’elle ne résout rien sur le fond du dossier de l'assurance chômage tout en participant à l'aggravation de la situation de salariés touchés par la perte de leur emploi! 


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