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04 mars 2013

T’as eu combien toi… ?

En février, à CANAL, les feuilles tombent... pas celles de l’automne déjà loin, mais les lettres d’augmentations salariales ou plutôt ce qui devrait faire office... Car cette année semble être encore plus pingre en augmentations que l’année passée !

0, 0,5, 1, 1 ,5…
Rares sont les salariés à bénéficier d’une augmentation conséquente, plus nombreux sont celles et ceux qui devront se contenter du strict minimum, à peine l’inflation, ou pire de… rien du tout…

Ces augmentations annuelles, comme dans toute entreprise, devraient récompenser un investissement personnel et collectif, reconnaitre la travail réalisé et les bons résultats obtenus dans une situation économique qui ne cesse de se dégrader et un environnement fiscal qui alourdit sans conteste les charges de l’entreprise.

A CANAL, les négociations de fin d’année se sont clôturées sur une augmentation de la masse salariale de 1,8%. Ce n’est pas énorme mais sur plusieurs centaines de M€, cela en représente quand même quelques millions... Une enveloppe qui ne pourra satisfaire tout le monde loin de là, mais qui devrait permettre d’amortir pour certains le choc de la contrainte financière et des réductions de coûts qui touchent aussi la masse salariale.

Problèmes de riches diriez-vous ? Nous n’oublions pas la situation économique de notre pays et les milliers d’emplois qui disparaissent mois après mois, jetant au pôle emploi des salariés qui perdent jusqu’à leur honneur !

Mais cette situation doit-elle justifier la punition que subissent les milliers de salariés de nombreuses entreprises alors qu’ils ne bénéficieront pas en juste retour, de la valeur ajoutée qu’ils créent par leur investissement au quotidien. Surtout lorsque cette valeur ajoutée est partagée inéquitablement entre actionnaires, investissements et salaires!

Comment apprécie-t-on chez nous le droit à l’augmentation? Par le résultat de l’entretien annuel ! Mais cette année, il y a parfois comme une tromperie dans l’appréhension du résultat et de sa traduction sur la feuille de paie.

Cet entretien se finalise comme chacun le sait par une sanction lapidaire, l’amélioration, l’atteinte ou le dépassement des objectifs, justifiant ou non une augmentation salariale. Un schéma classique à souhait qui mériterait comme nous le préconisons depuis des années d’être revisité, mais c’est une autre affaire !

L’atteinte ou le dépassement des objectifs permet normalement à l’heureux élu de bénéficier d’une augmentation. Hors, cette année, de nombreux salariés ont atteint ou dépassé leurs objectifs mais devront se contenter d’une augmentation peau de chagrin… ou pire, de rien du tout… "…revenez l’année prochaine, et si vous êtes encore là, votre cas sera réétudier, faîtes-nous confiance… !"

Car pour respecter la contrainte budgétaire, certains entretiens ne reflèteront pas la réalité opérationnelle et l’investissement des salariés. Pour coller aux budgets réduits des augmentations, certains managers rétrograderont leurs collaborateurs directs afin de justifier ces décisions, ajoutant au désarroi de salariés doublement dépités et punis ! Ils ont atteint leurs objectifs voir pour beaucoup les ont dépassé, et cela ne se traduira ni sur la feuille de salaire ni sur l’entretien annuel! " … vous avez très bien travaillé, mais désolé, je ne peux le noter ainsi sur votre entretien… vous comprenez, je n’ai rien à distribuer… "  Une double sanction qui prouve s’il le fallait les limites d’un système de notation et d'évaluation qui ne remplit plus son rôle…

Pourquoi un budget aussi réduit ? D'abord par ce % d’augmentation de la masse salariale très limité, mais aussi par une utilisation détournée des sommes réservées aux augmentations annuelles pour servir d’autres causes !

Promotions, changements d’échelons, changements de statuts, ces évènements, encadrés par notre droit social interne et notre convention collective, devraient être financés sur le budget de chaque service concerné pour procurer aux salariés un bénéfice salarial immédiat auquel ils peuvent prétendre. Hors ces évènements sont financés en grande partie sur le budget des augmentations annuelles négociées par les partenaires sociaux. Dans un environnement de business en expansion, ce phénomène est dilué, mais dans une situation de récession, les effets en deviennent plus visibles et provocateurs.

C’est autant d’argent de moins à distribuer à celles et ceux qui ont travaillé dur. "…mais c’est bien du salaire…" nous répond on ! Oui bien sûr, ces augmentations conventionnelles se traduisent sur la feuille de salaire, mais elles devraient être financées par les budgets des services concernés et non sur l’enveloppe des augmentations annuelles. Il y a là un dysfonctionnement et une injustice qui vont croissants…

Voilà pourquoi cette année, la frustration touchera une population beaucoup plus importante de salariés, des cadres dans leur immense majorité qui ne verront pas le juste retour de leur investissement professionnel de l’année passée, pire qui verront pour beaucoup leur pouvoir d’achat stagner ou s’éroder.

Tous les secteurs d’activités sont touchés, de l’Edition à la Distribution, de la Technique aux Services Supports, de i>TELE au Studio, partout le message RH est le même, contrainte budgétaire, épure totale !

Dans ce contexte, on comprend pourquoi certains managers heureux d’organiser des petits déjeuners "…d’échanges…" se contentent de dire 3 mots en renvoyant chacun aux pains au chocolat et aux croissants de peur d’une interpellation intempestive… "...euhhhh… pouvez nous expliquer là nos feuilles d’augmentations… pardon nos feuilles de stagnation salariale…"  Vaut mieux renvoyer ce petit monde au boulot, de plus la semaine prochaine c’est les vacances… et 15 jours suffiront bien à calmer les esprits !

Erreur ! Car cette année, le vent de fronde semble plus puissant. Erreur également car faire taire les frustrations voir les colères risquent d’en démotiver plus d’un, de ces salariés qui vont pourtant devoir suer sang et eau pour permettre de passer les 18 prochains mois, une période que l’on annonce comme particulièrement difficile ! Est-ce ainsi que nos entreprises doivent vivre?   

Il est encore temps de redresser la barre et de réexaminer certaines situations injustes, il est encore temps de redonner du souffle et de l’air car nous sommes persuadés que c’est faire un mauvais calcul que de contraindre ainsi la juste récompense et reconnaissance de salariés engagés et disponibles. Il est encore temps de reconnaitre l’investissement des salariés qui le méritent, il est encore temps de prendre conscience de l’inanité de certaines situations individuelles et collectives...

Enfin, dans la période difficile qui s'annonce, il est urgent d’adapter notre modèle de management pour que les mois qui viennent soient emprunts de respect, de logique collective, d’attentions individuelles pour les milliers de salariés qui vont œuvrer encore et toujours avec le meilleur d’eux-mêmes! Nous pensons en effet qu'il est inutile et dangereux d’ajouter la contrainte à la frustration au risque de démotiver gravement le corps social!     

Alors la traversée du désert sera moins rude !



cgc-canalplus@neuf.fr
Tel 01 71 35 13 17
 

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