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30 septembre 2014

L’avenir de la communication syndicale...

C’est un nouveau départ, une troisième vie qui s’amorce pour CANAL+ alors que les Télécoms se sont éloignés du cœur de l’activité de Vivendi, les 30 ans de CANAL+ sonnent comme une nouvelle étape, une consolidation en France, un développement tourné vers l’international
    
Dans cet environnement en mutation, le « syndicalisme maison » doit-il lui aussi faire son aggiornamento ? Doit-il adapter ses pratiques, définir de nouvelles lignes stratégiques, repenser sa communication… ?   

Les temps changent faut-il changer de communication ?
Depuis 10 ans, la CGC de CANAL+ a développé une expression sur de multiples réseaux, classiques en interne par l’écrit, modernes en surfant sur les réseaux sociaux pour une expression externe voulant associer un plus large panel à la réflexion sur  nos actions et nos interrogations

Depuis 10 ans, cette expérience de communication riche en échanges et en partages, fut controversée, parfois vilipendée, souvent imitée. Il faut reconnaître parfois des messages maladroits ou involontairement blessants. Mais il est également arrivé de faire progresser certaines questions sociales. Posés publiquement, certains sujets peuvent alors prendre un tout autre relief plutôt que de rester enferrés dans les confins d’échanges internes interminables ou contre-productifs
  
Dans ce contexte, c’est bien au fond la question de cette communication qui se pose. Comme nous le souhaitons à la CGC, nous voulons servir les intérêts des salariés sans desservir l’entreprise. Avons-nous atteint cet objectif ? Sommes-nous parvenus avec nos petits moyens, à faire progresser le débat social, à dépasser les antagonismes historiques, à rassembler et partager, difficile de répondre à cette question

Mais quel choix avons-nous ? Rester enfermé dans un modèle suranné et sous total contrôle, ou imaginer le renouveau du dialogue? Utiliser les outils de communication modernes parce que la question sociale n’est pas que cantonnée à l’entreprise, c'est aussi celle d’une société en mutation profonde, un environnement globalisé dans lequel l’entreprise et ses salariés ont à apporter leur vision, leurs idées, leurs contributions… L'entreprise ne se limite pas à sa réussite économique, c'est aussi un messager social et sociétal

Comment dès lors construire la communication dans cet univers médiatique des réseaux sociaux… Faut-il rester ignorant de ces mutations ? Faut-il s’y inscrire et comment… Qu’est-ce que communiquer lorsque l’on est un syndicat dans la France du 21eme siècle et dans un pays empêtré dans une crise économique et sociale sans précédent...

Notre ambition est simple, elle repose tout d’abord sur la possibilité d’un dialogue renouvelé et respectueux. Nous sommes le premier syndicat représentatif de l’encadrement dans l’entreprise et à ce titre un acteur incontournable et disponible pour autant que l’on daigne nous écouter, ou mieux nous entendre

Dans cette période de mutation, nous sommes avec d’autres, un acteur en mesure de proposer à la discussion des solutions durables, justes et pertinentes pour tenter de donner du sens aux événements individuels et collectifs, pour accompagner, conseiller, éviter les ruptures douloureuses, les drames personnels ou collectifs

Donner du sens, c’est aussi réfléchir aux modes de Gouvernance et de Management, réfléchir au dialogue social, à la transposition de la loi dans nos textes internes, à l’adaptation de nos comportements... Sur ces plans, la fermeture au dialogue n’a jamais apporté que des déceptions ou pire généré du contentieux. Malgré les divergences, il doit rester de l’espace pour échanger, pour élaborer le compromis constructif, dépasser les incontournables antagonismes économiques ou sociaux

Aujourd’hui, nous sommes persuadés de la possibilité d’ouvrir une nouvelle étape du dialogue social dans une dynamique collective durable et d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre, gage et facteur de réussite pour l’entreprise et pour chaque salarié

Engager ce renouveau, réexaminer la posture, adapter nos outils, c’est évidemment possible. Nous verrons prochainement si  cette volonté est partagée, car pour cela, il n'existe pas d'alternative à l'échange sans le dialogue  

Un nouveau chemin pour le développement de CANAL+... une nouvelle étape sociale... Incompatible? 
A voir... et à suivre !



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11 septembre 2014

L’avenir radieux de CANAL+

2014, l’année des 30 ans pour CANAL+! Nécessairement une belle année malgré un contexte morose, une crise économique qui s'aggrave et s’éternise, des concurrents qui viennent nous manger la laine sur le dos, une administration qui taxe à tout va…

Dans ce contexte, bousculé sur son marché historique, CANAL+ est  à nouveau et pour la 3eme fois de son histoire à la croisée des chemins mais avec de réels atouts pour rebondir et surfer sur les obstacles et les transformer en opportunités de conquêtes et de modernisation

Premier atout, CANAL+ devient le vaisseau amiral d’un Vivendi reconstitué autour de 2 seules entités aux côtés d'UMG, 1er éditeur mondial de musique!

Ensuite grâce aux opérations financières réalisée par la vente des activités télécoms du groupe Vivendi, Maroc Telecom, SFR et maintenant GVT l'opérateur Télécom Brésilien acheté en 2009. Le cash récolté en quantité devrait permettre d’assurer le quotidien tout en dégageant des marges pour l’investissement. Il reste des arbitrages à vérifier, mais nous pensons que la redistribution aux actionnaires n’obérera pas les capacités d’investissements dans nos métiers en France et à l’international, voir des développements sur de nouveaux segments d'activités 

Il n’y a pas d’autre alternative si nous voulons fêter les 40 ans de CANAL+. Les révolutions technologiques vont se poursuivre et avec elles la transformation profonde de nos modèles économiques et sociaux. Nous possédons toutes les armes pour résister, mais la France de l’entertainment et en particulier de l’audiovisuel ne se relèverait pas d’une transformation de son territoire en fort knox. Ce serait illusoire et mortifère 

Il ne reste qu’une alternative le développement, et donc l’investissement!

Le second élément favorable renvoi à l’évolution du marché de la TV en France et notamment de l’énorme tension qui subsiste sur le marché de la publicité. TF1, M6, France TV sont entrés dans une zone de fortes turbulences qui n’est pas prête de se clore. Les conséquences de cet épisode viendront impacter notre économie, d’abord celle du pôle gratuit, mais aussi les tranches en clair de CANAL+. La stabilisation du marché de la publicité décidera du sort des chaines en clair, mais notre première économie, c’est la Pay TV, et cela le restera

Troisième facteur déterminant, la technologie! Le développement irréversible des réseaux de diffusion autour de l’internet modifie déjà  profondément les contours de l’écosystème audiovisuel Français, Européen et mondial. La mondialisation de cette économie jusque là protégée, est en marche. Elle est rendue possible par les formidables progrès techniques, mais CANAL+ possède une expérience historique, est à l’avant-garde en France comme en Europe sur ces sujets, un atout important

Quatrième élément favorable pour CANAL, l’expérience internationale acquise depuis l’origine notamment sur le territoire Africain. Une volonté prémonitoire d’André Rousselet qui dès 1984 avait souhaité la présence de CANAL+ en Afrique, à l’époque une société qui s’appelait CANAL Horizon. Cette expérience originelle nous a parfois conduits dans des impasses avec des échecs retentissants mais nous a apporté une expérience réelle et une capacité à se déployer que seule notre entreprise peut entreprendre aujourd’hui dans notre secteur.  Ni TF1, ni M6, ni France TV ne sont en mesure d’investir l’international comme nous pouvons le faire

Cinquième élément favorable, notre capacité à créer du contenu original, les séries que nous produisons en sont un exemple, sans occulter notre capacité à créer encore de l’original sur nos antennes historiques, dans les périodes de clair notamment, ou bien dans notre capacité à investir dans le cinéma en France et en Europe

Nous somme sur ce segment d’activité au niveau des plus grands standards internationaux et capables de rivaliser avec les meilleurs malgré l’adaptation rapide aux marchés locaux des grands acteurs internationaux de production de contenus. Aux USA tout d’abord mais aussi en Asie, et une Chine qui commence à déployer ses ambitions pour l’instant en Afrique, à terme sans doute un peu partout dans le monde

Malgré un environnement aujourd’hui difficile en France mais fort de ces atouts, CANAL+ pourrait enfin, dans sa troisième vie redevenir une référence nationale et internationale d’une France rayonnante à nouveau sur le terrain de l’entertainment et d’une entreprise à nouveau conquérante et créative

Mais qu’est ce qui fait la différence entre les entreprises qui gagnent et celles qui perdent ?  Les moyens financiers bien sûr, la capacité à anticiper l’évolution des marchés ensuite, également la volonté de miser sur des femmes et des hommes reconnus pour leurs compétences

Autre facteur déterminant : l’environnement social! C’est aujourd’hui notre talon d’Achille. Nous restons à ce jour encalminés dans une politique à contre-courant des grandes évolutions managériales. Notre entrée dans le 21eme siècle social tarde à se concrétiser alors que nous devrions être à nouveau un modèle sur ce plan comme nous l'étions il y a 30 ans, en 1984 lors de la création de la chaîne et dans les années qui ont suivis

Plus le monde économique impose de la liberté et de l’agilité, plus nous nous enfermons dans un modèle rétrograde où la décision remonte à un seul niveau, où le dialogue se restreint 

Une réorientation est indispensable, pour une gouvernance tournée vers le dialogue et l'ouverture, pour une confrontation sociale constructive et raisonnable. C’est peut-être la clé de voûte de notre réussite future, c'est peut être sur ce terrain que nous pourrions trébucher et dilapider nos avantages!  

L'avenir radieux, utopie ou réalisme? Nous devrions en connaitre rapidement les contours. Nous jugerons alors de la volonté des nouveaux dirigeants de Vivendi de le construire sur des bases nouvelles et partagées... 


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21 août 2014

Vivendi, le projet industriel se dessine mais avec quelle ambition sociale?

Synergies, convergence, groupe industriel intégré dans les médias, ça ne vous rappelle rien ? Il y a du «Méssierisme» dans la première prise de parole officielle de Vincent Bolloré consacré président du conseil de surveillance d’un Vivendi recomposé lors de l’Assemblée Générale du 24 juin !

Mais si les mots sont les mêmes, l’époque ne l’est plus, le monde a changé de façon considérable en 10 ans et le nouveau Vivendi voit sa convergence limitée aux seuls contenus alors que Jean Marie Messier pensait convergence contenus et contenants, tuyaux et programmes.

Le pôle Télécom construit autour de SFR sorti du Groupe, il ne reste plus que les programmes tout au moins en Europe si l’on excepte GVT, la filiale Télécom du Brésil. 

Sur le parcours, si comparaison n’est pas raison, il y un canyon entre un Jean Marie Messier Polytechnicien, Enarque et Inspecteur des Finances et Vincent Bolloré, entrepreneur avant tout !

Là où les politiques ont échoués à faire «du changement maintenant» une réalité Vincent Bolloré pourrait réussir et redonner du lustre à cette expression en dotant Vivendi d’un véritable projet industriel et humain.

Dans quelques mois, SFR sera sorti du Groupe. C’est bien une nouvelle étape de l’histoire de Vivendi qui va donc s’écrire avec pour tête de pont CANAL+. CANAL+ enfin redevenue l’entreprise phare d’un nouveau projet industriel. 

Mais est-il si nouveau ce projet ? Consolider la position de CANAL en métropole, accélérer le développement des relais de croissance à l’international constituent déjà des orientations nécessaires afin d’assurer l’avenir du groupe bousculé par le numérique mondialisé mais aussi par une concurrence nouvelle et une modification rapide de nos modes de consommation des images et des sons ! 

A la peine depuis quelques temps, CANAL+ pourrait enfin retrouver des couleurs sous un double effet « kiss cool ». Tout d’abord avec un patron qui est effectivement un entrepreneur au sens noble du terme, qui a construit un empire industriel à partir d’une modeste fabrique familiale. 

Ce pourrait être là le changement majeur dans la conduite des affaires du Groupe, sur un plan économique, mais le second effet pourrait être d'ordre social. Depuis des années, nous nous sommes en effet trop éloignés de l’humain. Ce constat partagé par des centaines de cadres et de salariés, par de nombreux dirigeants de business et bien sûr par notre organisation syndicale détruit l’enthousiasme, contraint la créativité et finalement affaibli l’entreprise. 

La réussite du nouveau projet industriel sera aussi et avant tout portée par une ambition humaine, un humanisme qui fait aujourd'hui défaut, un groupe qui a souffert et qui souffre dans ses entrailles de tant de dédain pour les hommes et les femmes qui le fabriquent et construisent chaque jour son avenir. Ce n’est pas cela CANAL+ !

Rénover, repenser l'environnement social, une des conditions à remplir pour réussir! Sur le le plan financier, l'étau devrait aussi se desserrer. CANAL+ va disposer de moyens financiers conséquents grâce à la vente de SFR et de Maroc Telecom. Désendetté, l’argent sera là pour accompagner la mutation indispensable de notre Groupe et les investissements futurs. C’est une chance, alors que nos marges se réduisent dans un contexte de crise sociale qui dure et s’approfondie.

Vincent Bolloré, dans un premier message aux dizaines de milliers de salariés, affirme que «…la réussite d’’un Groupe industriel ne peut s’inscrire dans la durée que si elle repose sur un socle de stabilité…»   C’est un langage nouveau auquel nous ne pouvons être insensible. 

Depuis des années, depuis la fusion en 2007 avec TPS, le leitmotiv de CANAL+, c’est le mouvement. A tel point que celui-ci finit par provoquer le tournis avec des organisations incomprises, bousculées, une valse des patrons de business qui s’accélère, un maelstrom permanent ou chacun parfois cherche son chat… et son business !

La seule stratégie clairement expliquée, c’est celle du taux de marge, la rentabilité qu’il faut maintenir coûte que coûte quand bien même ce serait au détriment de l’activité. Conséquences, des salariés malmenés, déboussolés et inquiets, parfois très inquiets, souvent remerciés sans autre forme de procès

C’est le seul discours véritablement audible aujourd’hui, c’est celui qui oriente la stratégie et l’organisation des business. Avec son corollaire, les plans d’économies successifs destructeurs de valeurs économiques et sociales lorsqu’il n’est pas construit autour d’un projet industriel expliqué, compris et partagé et d’un accompagnement digne et nécessaire des femmes et des hommes qui tentent de le porter.

Notre organisation syndicale partage cette nécessité d’assurer un socle minimal de stabilité comme facteur de réussite. Il suffit de regarder ce qui passe en France ou à l’étranger, en Allemagne notamment,  pour constater que les entreprises qui réussissent sont celles qui sont gérées dans la durée par un management engagé et stable. Oui à la stabilité, mais une stabilité dans la clarté d’un projet industriel partagé, expliqué, tourné vers la créativité et le développement social et pas seulement sur le ratio de rentabilité. Ce seul critère comme boussole nous fait aller dans le mur…

«…L’entreprise intégrée…» une autre ambition déjà présente en 2002 mais qui avait échoué sur des égos trop puissants de patrons jaloux de leur indépendance. Le nouveau patron de Vivendi pourrait réussir là où JM6M a échoué ! Réussir passera d’abord à forcer les baronnies de penser et jouer collectif. Ces baronnies n’ont jamais été annihilées, au contraire, au fil du temps elles se sont renforcées, empêchant tout progrès dans le développement de synergies et d’ambitions communes. Chacun sur sa rive, il fallait faire mieux que le voisin sans se soucier de construire des passerelles, sans se préoccuper de l’intérêt global à renforcer des fondations communes.

«…force et enthousiasme, moteur de l’imagination, richesse humaines…» de ce point de vue le chantier est immense et urgent. Les valeurs humaines qu’André Rousselet avaient à cœur d'entretenir lorsqu'il créa CANAL+ ont été depuis quelques années galvaudées, méprisées, parfois anéanties par une gestion de court terme.  «…3 ans dans un poste 5 ans dans l’entreprise…», un discours social devenu l’alpha et l’oméga d’une gestion des ressources humaines absurde, destructrice et contre-productive!

Il faut tout reconstruire en urgence car il n’y aura pas de réussite industrielle sans adhésion du corps social! Ce chantier, il doit s’ouvrir avec les partenaires sociaux, il faut renouer un dialogue distendu et perverti par une conception idéologique fondée sur la contrainte et non sur le respect. 

Notre syndicat, premier syndicat de l’encadrement du Groupe CANAL+, sera évidemment disponible pour engager cette mutation sociale indispensable et urgente. Dans le cas contraire, l’échec pourrait être au rendez-vous si nous sommes incapables de réunir les salariés du Groupe autour d’un projet clair, si les sacrifices demandés restent incompris, si les perspectives ne sont pas partagées. 

Nous savons en parti ce qui cloche dans nos organisations, dans les processus de décisions, dans l’absence d’un accompagnement responsable, raisonnable, réfléchi  des salariés. Conséquences sur la créativité, sur l’enthousiasme, sur la santé de nombreux collaborateurs en mal être récurrent, il faut changer maintenant de philosophie et de modèle.

CANAL+ n’est pas une entreprise banale ! Mais elle a perdu en partie son âme dans un modèle archaïque ou la ressource humaine est avant tout une charge sur un compte de résultat. Une ressource qui coûte et dépense avant d’être considérée une force créatrice de valeurs économiques et humaines. Notre syndicat dénonce depuis des années cette politique sociale inadaptée à la sociologie de notre entreprise mais aussi à l’ère du temps où le modèle managérial doit être orienté collectif et non pas militarisé !   

Nous sommes aujourd’hui dans une impasse et l’urgence est d’abord là ! Stopper l’hémorragie des compétences, avoir l’intelligence au besoin d’en faire revenir certaines qui nous manquent cruellement ! Reprendre le chemin de la diversité et non de l’homogénéité sociale, engager le nouveau CANAL sur le chemin d’un dialogue social renouvelé et respectueux qu’il n’aurait jamais dû perdre! La souffrance est là, réelle, destructrice, il faut stopper ce cycle infernal, rentabilité, économies, réduction d’effectifs, contraintes sociales !

De la parole aux actes! C’est dans la traduction opérationnelle de ces nouvelles ambitions que nous mesurerons la volonté du nouveau management à accomplir et réussir notre mutation. Business et social, deux socles pour avancer et redonner à CANAL+ un lustre un peu terni par une politique économique aux enjeux de très court terme.

Nous sommes persuadés que dans la loyauté, cette ambition pourrait se concrétiser autour "d'un nouveau CANAL" conquérant, d'une ambition industrielle et d'un socle de valeurs humaines retrouvées et respectées... CANAL+ le mérite, ses salariés l'attendent !    



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25 juin 2014

CANAL+, la machine à licencier semble s'emballer…

Depuis des mois, les départs et les licenciements se succèdent à un rythme qui tend à s’accélérer à mesure que l'année 2014 avance...

Le début de l’année avait donné le top départ d’une course contre la montre ! "...combien chez toi, et chez toi..." semblent se demander les DRH de pôle… !

La période des congés est toujours propice aux licenciements. Le préavis effectué pendant les mois de juillet ou d’août passera d’autant plus inaperçu que de nombreux salariés seront en congés, découvrant à leur retour la place laissée vacante par leur collègue remercié et souvent non remplacé !

Comment justifier ainsi cette accélération sensible des départs contraints? Une conjoncture difficile certes, et comme toujours dans ce cas, l’emploi comme facteur d’adaptation. Une volonté toujours affirmé de faire partir les plus anciens, les seniors qui n’auraient plus leur place dans notre entreprise où le geek deviendrait l’alpha et l’oméga d’un avenir incertain. Une réorganisation en profondeur du management opérationnel. L’assemblée générale de Vivendi est maintenant derrière nous, de nouveaux dirigeants prennent les rênes du Groupe, il faudrait pour le management encore en place en profiter pour faire place nette, leur laisser la possibilité de combler les vides à leur guise… Ces raisons ne sauraient tout expliquer ! 

Côté méthodes, elles sont chaque jour plus toujours plus cavalières... Le mot est faible tant certaines situations sont proches de l’absurde ou de l’inacceptable.

Citons pêle-mêle une demande de bilan de carrière qui peut se clore par une remise en cause globale de sa position professionnelle, de son engagement et de son professionnalisme… "...vous voulez bougez et bien dansez maintenant…"  une demande de mobilité… et voilà la porte montrée du doigt... un renseignement à obtenir et hop, par ici la sortie... 

Toutes les catégories de personnels, tous les business, tous les âges sont aujourd’hui concernés par cette politique du chiffre qui semble avoir pris le pas sur la raison sociale !

Une politique absurde et destructrice de valeurs économiques et sociales. Nous la dénoncerons toujours car elle est contre productive. Elle contrevient également aux textes sociaux signés avec les syndicats et qui encadrent la gestion de carrière ou l'évolution professionnelle. Elle accroît l’angoisse de centaines de salariés qui n’ont pas besoin de cela aujourd’hui pour se questionner sur leur avenir à CANAL. Elle déstabilise un peu plus des organisations et des business déjà bousculés parfois bouleversés par des mois d’incertitudes, de questionnement, d’attente, de nécessaires clarifications qui tardent à venir….

Dans cette période de grand trouble, une forme d’apathie règne et inonde les couloirs des vastes immeubles du Groupe ! A quand mon tour, quand serai-je contacté par la RH ! Car les RDV se succèdent, convoqués souvent sans raison particulière, de façon anodine. Il n’est plus rare pour beaucoup de salariés de se retrouver face à son manager et une RH qui tend le papier destructeur : "...signez ici..." la convocation à l’entretien préalable ! Nous ne sommes plus à une irrégularité près dans la procédure, tout semble permis, les digues légales sautent les unes après les autres, et des salariés médusés de tant de dédain! Car cette remise de lettre en main propre précède une procédure très encadrée par le code du travail. 

Rappelons que la convocation à l'entretien préalable à licenciement doit faire l’objet d’un envoi de courrier en recommandé, que ce courrier peut être remis en main propre mais exclusivement par la DRH et en aucun cas en présence du manager ! L’entretien préalable… un travail à la chaîne qui génère parfois quelques incohérences dans les courriers remis aux salariés… Du copié-collé qui transforme le masculin en féminin, la raison du licenciement de l’un en justification pour l’autre… !

Mais que deviennent ces postes de salariés partis vers d’autres horizons? Qu’il soit licencié, qu’il  démissionne, qu’il parte en mobilité, qu’il accepte une rupture conventionnelle, le poste du salarié en question doit faire l’objet d’un remplacement. Dans le cas contraire le non remplacement peut être requalifié en licenciement économique et permettre l'obtention de dédommagements autrement plus importants que ceux acquis dans le cadre d’une procédure plus "classique"

C’est pourquoi la vigilance s’impose! Quand un salarié s’en va, son poste doit être remplacé. Ce n’est pas le cas ? Alertez vos représentants du personnel qui sauront deviner s’il s’agit d’une action liée à la réorganisation d’un service ou d’un acte délibéré pour réduire le nombre de poste et par ricochet… la masse salariale !

Dans tous les cas nous vous conseillons de prendre contact avec vos représentants du personnel qui sauront vous accompagner dans vos démarches administratives et juridiques ! Mais avant tout dans la période trouble actuelle, avant d’engager une action personnelle, réfléchissez, venez en discuter, ne partez pas à l'aventure, ou alors en connaissance de cause !

A bon entendeur...


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15 juin 2014

L’après 24 juin…

Le 24 juin à 10h, le Palais des Congrès de la Porte Maillot recevra les actionnaires de Vivendi. Assemblée Générale particulière cette année puisqu’elle entérinera le départ de Jean René Fourtou, arrivé il y a plus de 10 ans et qui devait rester à l’époque… trois mois pour redresser le Groupe malade des envolées de l’ère Messier et de l’explosion de la première bulle Internet. 

Cette page va se tourner et avec elle une partie de l’histoire du Groupe construit après cet épisode des années 2000. SFR alors vaisseau amiral d'un Vivendi reconstitué et moins international, SFR 50% du chiffre d’affaire et du résultat pendant longtemps et puis patatras… Free, les prix cassés, un modèle économique bousculé et finalement la décision de scinder le Groupe. Exit les Télécoms vendus à Patrick Drahi, vive les médias !

Le 25 juin, lendemain de l'Assemblée Générale, CANAL+ se retrouvera ainsi en tête de pont d’un nouveau groupe reconstitué autour de 2 autres entités, UMG, le premier éditeur mondial de musique et GVT l’opérateur de Télécom Brésilien. 

Mais ce ne sont pas que les seuls contours capitalistiques du Groupe qui vont être redessinés, ce sont aussi les équipes et au plus niveau l’arrivée de Vincent Bolloré à la manœuvre pour reprendre un gouvernail placé en pilote automatique depuis quelques mois.

Côté CANAL, l’attente est là, elle est grande et le 24 juin résonne déjà comme une date fétiche! Pourtant le 25 juin risque fort de ressembler au 24, mais il est indéniable qu’un processus est en marche, qu’une nouvelle étape de la vie de l’entreprise va enfin s’ouvrir

Car depuis des mois, de trop nombreux mois, CANAL+ vit au rythme d’une réorganisation permanente et brouillonne. Les départs plus ou moins contraints de nombreux salariés ont fini par déstabiliser toute une organisation pourtant bien huilée. Les plans d’économies budgétaires successifs sont devenus année après année des objectifs prioritaires qui finissent par gripper toute l’économie et le fonctionnement social du Groupe.

Côté Stratégie, l’échec des négociations pour le rachat de Dailymotion à Orange pose la question de notre capacité à nous développer dans les nouveaux médias. De belles expériences sont engagées, elles ne suffiront pas à prendre une position incontournable sur un marché dominé par les Anglo-Saxons, Netflix en tête qui va pointer son nez en septembre. Il y a urgence à agir !

Quant au dialogue social, c’est plus simple, il est au point mort ! Contraintes et sanctions sont l’alpha et l’oméga d’une politique dont on devine mal les objectifs... Dégradées et sulfureuses, les relations sociales n’ont cessé de se tendre ces dernières années. Là encore tout est à reconstruire et rapidement car il n’y aura pas d’avenir serein sans le rétablissement d’un environnement respectueux des partenaires sociaux!

Y aller, OK, mais où, comment, avec qui ?! Ces questions-là sont sur toutes les lèvres! Clarifier et stabiliser l’organisation, desserrer l’étau budgétaire, réorienter la politique de recrutement vers plus de diversité, réinventer le dialogue social et managérial, libérer la parole, ce ne sont là que quelques propositions pour que s’ouvre une nouvelle étape de l’histoire de CANAL+. Mais il est en revanche indispensable de ne pas lambiner ! L’attente est là, réelle, importante ! Il serait dangereux de rester encore des mois dans l’incertitude. 

Les salariés sont en attente d’actions, d’engagements, de clarification ! Besoin de lumière aussi pour que s’ouvre enfin le chemin d’un CANAL+ moderne, rénové, ambitieux et respectueux des femmes et des hommes qui chaque jour sont à la manœuvre !   

C’est dans ce contexte un peu particulier du renouveau stratégique et managérial que devrait se clore l’année 2014. Une année de transition mais aussi de tentations ! Nous disions il y a quelques mois sur ce blog "...vivement demain" et bien demain c’est aujourd’hui. L’aventure va se poursuivre parce que cette fabuleuse entreprise le mérite. La mutation sera longue et lourde, mais le nouveau Groupe désendetté sera à nouveau en capacité d’investir, des marges de manœuvres salutaires et certainement de très belles surprises à la clé et peut être enfin l'esquisse d'une rénovation profonde d'un modèle social malade d'inertie et de compromis... aux contours aléatoires et pervertis!

Mais si des centaines de salariés sont impatients, le 25 juin risque fort de ressembler au 24! Il faudra attendre encore pour que se dessine le véritable et nouveau visage du Groupe, pour qu'une expression nouvelle vienne présenter la stratégie industrielle, modifier l'organisation, engager la rénovation et la transformation de notre modèle social. Trop d'attente ne tue pas l'attente, mais l'urgence est là, d'une clarification indispensable pour remobiliser et faire des 30 ans de CANAL le signal d'un nouveau départ! 

C'est sûr, une nouvelle page de l'histoire de CANAL est en route!     


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05 juin 2014

Valeur de l’action ou résultat financier… et si nous prenions l’emploi comme critère du développement et de réussite ?

A l'heure de la réorganisation globale du Groupe Vivendi et de sa scission qui sera actée dans quelques jours à l'assemblée générale des actionnaires du 24 juin, il nous semble intéressant de poser la question sociale comme élément déterminant pour le futur du groupe!

Depuis des années le cours atone de l’action Vivendi aurait décidé du sort du Groupe Vivendi et de sa scission finalement actée par la vente de SFR à Numéricable. Ce serait donc pour satisfaire les actionnaires que l’on aurait décidé du sort d’une des plus grandes entreprises Française, un fleuron reconnu sur le plan mondial pour certaines de ses activités comme UMG ou Activision Blizzard et dans l’hexagone avec SFR et CANAL+. Pour l’instant le résultat de cette opération n’est pas probant, le cours de l’action Vivendi reste à des niveaux décevants. Il est vrai que l’opération est en cours et qu’elle devrait se finaliser en fin d’année, une fois franchi les obstacles juridiques, en particulier les injonctions de l’autorité de la concurrence.
 
Cette opération de restructuration des actifs de Vivendi fait également suite à l’arrivée d’un 4eme opérateur Free Mobile, qui a déstabilisé tout le secteur des Telecom et cassé une dynamique industrielle qui faisait de la France une référence en matière de développement et d’investissement dans ce secteur. Une arrivée qui ne fut pas anticipée et qui a plongé SFR dans un marasme inquiétant, finalement inacceptable pour certains responsables du groupe Vivendi. L’occasion était trop belle pour ne pas la saisir ! Certains ont claqué la porte, d'autres se sont engouffrés!

L’opération en cours vise également à rétablir des "marges financières" que nos dirigeants trouvent aujourd’hui trop faibles. 15, 20, 30% ou plus de rentabilité, ce sont des objectifs atteignables selon eux… mais à quel prix ? Dans le contexte actuel de stagnation ou de contraction du chiffre d’affaire, le maintien à minima du résultat financier impose de réduire la voilure et d’opérer des coupes sombres dans les budgets déjà sous pression depuis des années. Ainsi s’explique par exemple à CANAL+ la délocalisation de la relation clients en "Offshore" au Maroc pour nos prestataires installés il y a encore 2 ans en France. Ainsi s’explique aussi la pression sur l’emploi de plus en plus forte et que chacun peut constater ou subir dans son organisation de travail. Les conséquences sont connues, augmentation de la productivité, désorganisation, risques psycho sociaux accrus!

On veut du cash ! L’opération réalisée par la vente de SFR à Numéricalbe permettra au nouveau groupe Vivendi organisé en "Pôle Médias" de retrouver des couleurs financières et des marges de manœuvre importantes!

Tout de même, 5 milliards d’Euros pour les actionnaires ! La vente de SFR devrait rapporter au final 13,5 M€ à Vivendi. Cette manne permettra de désendetter totalement le groupe et de distribuer un dividende exceptionnel de près de 3,5M€ d’euros aux actionnaires… Une somme colossale qui malheureusement ne sera pas utilisée pour favoriser le redéploiement industriel du nouveau Vivendi mais seulement servir les intérêts des actionnaires notamment les minoritaires qui représentent plus de 60% du capital de l’entreprise! Des actionnaires pour la plupart Américains, ceux-là même qui soutiennent aussi certainement le développement d'activités concurrentes sur nos territoires... 

Mais sait-on ce que veulent les actionnaires?  Sans majorité significative tout le monde interprète en fonction de ses propres intérêts : tant qu’il n’y a pas de clash à l’assemblée générale annuelle... ou l’art subtil de la gouvernance! Il faut espérer de ce point de vue que nos Dirigeants gardent les pieds sur terre pour conduire l’avenir du Groupe non pas en fonction des coups de vent économiques mais avec des idées directrices fortes…

De toute évidence, ce n’est pas quand chaque acteur économique cherche à maximiser ses gains personnels que l’on obtient le profit global maximum, les tenants de l’ultralibéralisme n'ont qu'à bien se tenir… Non que cette approche n’ait pas fait ses preuves puisque les pays anglo-saxons qui l’appliquent sont plutôt performants  mais parce que  rien ne permet d’affirmer que l’on ne peut pas faire mieux avec une d’autres priorités!  

Quelle stratégie pour le futur Vivendi ? Vouloir du cash pour se désendetter ou servir l’actionnaire reste une stratégie financière de court terme qui se justifie quand  la dette vient ponctionner les résultats et effrayer les boursicoteurs. Ce n’est en aucun cas un projet industriel! Cette stratégie devrait être clarifiée et exposée lors de la prochaine assemblée générale, fin juin. Les actionnaires devront l'approuver comme ils devront approuver les nominations des nouveaux dirigeants qui seront en charge de la mettre en œuvre. 

Cherche-t-on à réaliser  des plus-values importantes à court terme ou au contraire veut-on construire une entreprise solide, Européenne, capable d’affronter les mastodontes Américains et de participer à la préservation d’un modèle culturel indépendant et puissant sur nos territoires ? Nous verrons et nous jugerons !

C’est pourquoi, dans ce contexte révolutionnaire, plutôt que de se concentrer exclusivement sur le rendement financier pour l’actionnaire ou la rentabilité de court terme, nous pourrions orienter notre stratégie autour d’une idée directrice forte : le développement et le maintien de l’emploi en France !

Organiser le futur du groupe autour de ses pôles en métropole ne serait pas une idée ringarde mais une idée plutôt noble car de bon sens! C’est d’ailleurs ce bon sens que développent  inexorablement nos amis Allemands depuis quelques années. Leur économie se porte beaucoup mieux, le taux de chômage est bien moindre et "…leur marché du travail jouera un rôle significatif pour tirer l'économie intérieure allemande, en particulier à travers la consommation privée…", pronostique même Natixis. 

Sur le plan social, les premières conséquences des bouleversements opérés dans le secteur des telecom se traduisent malheureusement par des milliers de suppressions d'emplois. L'ARCEP, l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes, a publié mercredi 28 mai les résultats de son observatoire sur l'emploi. L'ARCEP indique qu'en 2013, le secteur a supprimé 4000 emplois! Une saignée qui pourrait se poursuivre en 2014 alors que Bouygues Télécom annonce déja un nouveau plan de licenciements.  

Dans ces conditions, au lieu du simple résultat net annuel comme orientation stratégique, et pour éviter une catastrophe sociale, la pérennité des activités et de l'emploi devraient être intégrés comme critères majeurs du pilotage du nouveau Groupe. Une démarche populaire….mais surtout efficace car un salarié qui sait que son devenir dans l’entreprise  est une préoccupation du management cesse d’être un mercenaire pour devenir un  acteur…

Le projet, quel projet ? Financier ou industriel, nous devrions bientôt être fixés. Ou bien le modèle s’oriente vers la maximisation de profits de court terme et tout serait à craindre pour l’avenir de nos activités comme pour l’emploi! Ou bien au contraire, c’est une orientation résolument industrielle afin de construire et développer un business solide en France, en Europe et au-delà. Nous devrions alors en percevoir les retombées sociales assez rapidement. Car dans le premier cas, je licencie pour diminuer la masse salariale, j’arrête les dépenses d’investissement avec pour première conséquence d’hypothéquer l’avenir. Dans le second, je parie sur l'avenir et je développe mes activités en embauchant!  

Dans ce contexte, maintenir l’emploi en France pourrait être une saine orientation pour le nouveau Groupe. Défendre ses intérêts est la première des sagesses et l’universalité s’arrêtent aux portes de pôle Emploi ! Que veut-on vraiment ? Etre "pauvre" comme tout le monde…? Sombrer de façon égalitaire ? Aller travailler en Chine ?

En développant ces nouvelles priorités sociales en France au-delà de la maximisation du profit de court terme et du résultat net comme seules boussoles managériales, Vivendi y gagnerait en responsabilité sociale. L’entreprise ouvrirait alors de nouveaux horizons industriels, elle serait en capacité de mobiliser une armée de salariés motivés capables de remporter les futures et rudes batailles que nous allons devoir affronter dans le proche avenir !


L’emploi comme orientation stratégique et facteur de réussite?  Et s'il n'y avait pas d'autre alternative? 

30 mai 2014

Un projet économique et stratégique doit-il s’accompagner d’un projet social pour réussir ?!

Lorsque cette question est aujourd’hui posée à des patrons de grandes entreprises, ils répondent tous généralement… "évidemment…" Mais il y a souvent un abîme entre la parole et sa traduction dans les faits!

CANAL+ va bientôt être confronté à cette réalité alors que l’Assemblée Générale de Vivendi du 24 juin devrait confirmer la scission des activités Télécom, le départ de SFR du Groupe et l’arrivée de CANAL+ comme nouvelle locomotive d’un pôle Médias recomposé.  

Après cette date, le nouveau Groupe Vivendi va donc se restructurer pour que s’écrive une nouvelle page de son histoire, mais quelle histoire et comment…

A CANAL+, sur le plan social, l’attente est grande d’une évolution profonde des méthodes et des pratiques. Depuis des années, nous vivons dans un modèle passéiste, où la parole de droit divin fait office de vade-mecum au quotidien. Alors que le monde change à la vitesse de la lumière, que les réseaux sociaux bouleversent les modèles de communication, que la hiérarchie des entreprises est bousculée par des circuits de communication ultra courts, nous nous sommes enfermés dans un carcan social absurde et contre-productif.

Aujourd’hui, dans la majorité des grandes entreprises modernes, le dialogue permanent, la capacité à discuter la parole de celui qui détient le pouvoir est un acquis, une réalité perceptible et acceptée, une orientation intégrée dans les business plan. Ces entreprises qui pratiquent ce modèle progressent d’ailleurs généralement beaucoup mieux que les autres, l’excellence venant bien sûr de nos amis Allemands qui ont porté à leur paroxysme le dialogue responsable et des décisions stratégiques et opérationnelles partagées avec les représentants du personnel au sein des Conseils d’Administration… On ne peut pas dire que l’économie Allemande en souffre beaucoup…

Chez nous, au contraire, c’est la suppression de toute résistance qui est à l’ordre du jour. Comme s'il n’y avait pas d’autre solution que de contraindre l'ordre social. Le résultat est indiscutable, c’est le silence qui règne car toute velléité se transforme généralement en sanction. La dureté des temps économiques  ne saurait justifier un modèle social basé sur la contrainte, ça ne marche plus aujourd’hui, ça marchera encore moins demain.

Ce constat d’un dialogue inadapté en interne n’est pas nouveau ni celui d’un seul syndicat, il n’est pas non plus l’apanage de quelques salariés exaspérés. C’est un constat partagé par des centaines de salariés qui sont dans l’attente d’un projet expliqué et discuté, d’un modèle social renouvelé, adapté à notre temps, respectueux et ouvert !

C’est dans ce contexte que l’indispensable qualité de la vie sociale conditionnera la réussite du nouveau projet de Vivendi pour CANAL+. Citons tout d’abord le respect de la liberté de parole syndicale, mais aussi le développement d’un dialogue permanent, une nouvelle ambition  sociale, en résumé un nouveau contrat social.

Il est nécessaire de reconstruire des instances de délibération libres et contradictoires, de partir de l’expérience concrète et non d’une "expertise savante", de rétablir un langage commun… bref, de manager dans la modernité d’une "entreprise 2.0" en rétablissant un modèle coopératif, en reconnaissant le travail collectif, en respectant ces "corps intermédiaires" sociaux ou managériaux tout aussi soucieux de participer à la transformation et à la réussite de nos activités en France comme à l’étranger.

La démocratie sociale, c’est transformer du conflit en discussion ! Sur ce plan, notre entreprise devrait être en France à l’avant-garde dans le renouvellement de son modèle social. Plutôt que d’envier les modèles Anglo-Saxons, de se référer aux Google, Apple et autre Microsoft, pour finalement s'en éloigner systématiquement, CANAL+ peut et doit produire son propre modèle, prouver que l’on peut se moderniser, évoluer, se transformer en évitant les soubresauts d'un corps social malmené, le mal être individuel, l'incompréhension collective.      

Faut-il changer et pourquoi ? Parce que les réussites futures seront conditionnées par notre capacité à construire un environnement social modernisé, adapté aux mutations à venir. La question n'est pas de se demander s'il faut y aller, mais quand y allons-nous? 




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