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09 octobre 2011

Après la Cour de Cassation et le Comité Européen des Droits Sociaux, les Syndicats de CANAL+ se prononcent sur le forfait jours...!

87%, des salariés de CANAL+ qui ont la possibilité d'être au forfait jours le sont!

Réservée essentiellement aux Cadres, cette technique de décompte du temps de travail répondait à une nécessaire adaptation de l'organisation et de la prise en compte de la charge du travail.

Le Comité Européen des Droits Sociaux a été saisi par notre syndicat et par la CGT sur les dérives constatées dans l'application du forfait jours.  Il a rendu un avis le 23 juin 2010. Celui-ci énonce que le système français n'est pas conforme aux articles 2 et 4 de la Charte Européenne des Droits sociaux. Elle relève une déficience des protections légales et une insuffisance des garanties conventionnelles.

La Cour de Cassation a elle aussi  été saisie pour juger de l’application du forfait jours à la suite de la plainte d'un salarié qui s’estimait lésé.
http://bit.ly/kJlr98
http://bit.ly/rkvVKv
http://bit.ly/lY0TCq


Que disent la Charte Européenne et la Cour de Cassation...
La Charte veut empêcher une durée de travail déraisonnable. La Cour de Cassation a considéré, dans ce cas précis, que le système de forfaits jours n'a pas été jugé défectueux,  mais que « l'employeur avait été défaillant dans son application... »


A CANAL+…
Depuis le 13 juin 2006, à la suite d'un accord signé par 2 syndicats, l'organisation du temps de travail des Cadres a évolué. Trois catégories de Cadres ont alors été définies, les Cadres Dirigeants exerçant des responsabilités dont l'importance implique une grande indépendance dans l'organisation de leur temps de travail, les Cadres Intégrés, cette catégorie de Cadres dont la fonction implique qu'ils soient planifiés au sein d'une équipe ou d'un service et enfin les Cadres Autonomes qui bénéficient d'une large autonomie de l'organisation de leur emploi du temps.


C'est pour cette dernière catégorie que des problèmes spécifiques sont apparus ces dernières années, y compris à CANAL+...
Rappelons que l'accord signé en 2006 répondait à une volonté de nombreux Cadres d'obtenir plus de liberté dans l'organisation de leur temps de travail, la possibilité d'utiliser leur jours de repos avec plus de souplesse que ne le permet un décompte en heures.

En page 5 de cet accord, il est d’ailleurs rappelé que le décompte en forfaits jours ne devra pas avoir pour effet d'augmenter les amplitudes de travail quotidiennes et hebdomadaires ni de diminuer les amplitudes de repos quotidiennes et hebdomadaires...


En Clair, + de souplesse, mais un temps de travail raisonnable...
Constatons quelques dérives sur ces sujets à CANAL+. Le non remplacement de nombreux Cadres, la réorganisation permanente de certains services, notamment à la Distribution, la conception quelque peu simpliste qu'on ne bosse pas assez à CANAL+, "Regardez moi cette queue à la cafétéria chaque matin à 10h", bref qu'avant 2007 on glandait, et qu'on allait remettre tout ce petit monde au boulot, ont participé d'actions contre productives contre le principe même du forfait jours... et généré des dérives qu'il nous faut corriger!

Ce constat, nous le faisons depuis longtemps. Il suffit de relire quelques uns de nos messages édités sur notre blog ces derniers mois. Les Journalistes de i>TELE, les Cadres de la Distribution, de la DTSI et plus particulièrement de la DSI, partout le temps de travail a dérivé vers l'excès, au détriment de la qualité et de la santé de nombreux salariés.

Comment sortir par le haut de cette affaire…
La pire des solutions serait de condamner dans son principe le forfait jours. Cela conduirait de fait à une impossibilité d'appliquer une durée légale du travail et l'impossibilité du décompte du temps de travail dans certaines activités.

Une galaxie d’accords sur l’organisation du travail…
Cet accord sur le forfait jours n'est pas le seul régissant l'organisation du travail à CANAL+. Il fait partie d'une galaxie d'accords, citons l'accord sur les 35h signé en 1999, l'accord sur le Télétravail signé en 2010, ou bien un futur accord que nous attendons sur la gestion des astreintes... C'est sur l'ensemble de ces dispositifs qu’il faut agir pour améliorer la situation et mieux en contrôler les dérives.

Il nous faut raisonner à partir de garanties conventionnelles...
Notre ambition : favoriser le qualitatif plutôt que le quantitatif.

Ce que nous proposons...
Nous sommes pour fixer une durée maximale de travail journalière, hebdomadaire et annuelle.

Nous voulons aussi négocier les modalités de suivi des durées quotidiennes, hebdomadaires et annuelles de la durée de travail.

Il nous faut inventer un droit d'alerte individuel et collectif lorsque des dérives sont constatées.

Il faut négocier et mettre en œuvre des outils et des indicateurs d'évaluation de la charge de travail, car c'est elle qui va déterminer le bien être du salarié et de sa capacité à atteindre ses objectifs dans des conditions raisonnables et acceptables, bref de juger de la qualité de vie au travail.

Il faut développer les Entretiens Annuels personnalisés autour de la charge de travail et de l'équilibre vie professionnelles et vie personnelle.

Il faut prendre en considération et sur-rémunérer les éventuels dépassements de temps de travail

Il faut une majoration des jours travaillés en cas de rachat de jours de repos.

Il faut encadrer le travail hors les murs de l'entreprise, car il ne saurait être question de considérer le temps de travail seulement sur le lieu de travail... Combien de Cadres travaillent chez eux le soir, le WE, pendant leurs vacances... Ce n'est pas acceptable ou alors, il y faut une compensation.

Il faut s'assurer d'une maîtrise collective de l'amplitude de travail, avec un suivi accru des responsables de chaque service envers leurs collaborateurs.

Il faut mettre en place un suivi approprié et un contrôle de la santé des salariés concernés.

Et puis simplement éviter les réunions à 19h, penser à l'organisation du temps de travail des femmes, veiller à l'adéquation de la charge de travail et des moyens dont dispose le salarié pour accomplir sa mission…

Enfin, ne pas galvauder le concept d'autonomie pour l'encadrement.
Il est vrai qu'un certains nombre de Cadres dits Autonomes ne le sont pas et de la même façon que les Cadres entrants ne devraient y plonger systématiquement.


Nous souhaitons pour cela l’ouverture d’une négociation et la signature d’un avenant à l’accord de 2006.

03 octobre 2011

Retraite supplémentaire, CANAL+ s'y lance... enfin!

3 ans pour se décider, mais c'est fait. Après le Télétravail, la Direction de CANAL+ accepte d'ouvrir le dossier de la retraite supplémentaire.

Pour faire simple...
Il existe aujourd'hui 2 systèmes obligatoires de financement des retraites, le régime de base, c'est la sécu qui le finance, et les régimes complémentaires Arrco pour l'ensemble des salariés et Agirc pour les Cadres.

Mais tous ces régimes subissent l'évolution démographique et distribuent moins à plus de salariés. Les retraites des cadres atteignent aujourd'hui environ 55% de leur dernier salaire net, une diminution importante et rapide!

Depuis la réforme Fillon de 2003, les entreprises peuvent mettre en place un régime de retraite dit "supplémentaire". il permettra de compléter une retraite qui fond comme neige au soleil.


Mais seulement après négociation...
Pour être proposés aux salariés, ces régimes doivent être négociés par les partenaires sociaux. Mais pour négocier... il faut au minimum être 2.



Pour CANAL+ ce sera septembre 2011...
Les négociations ont débuté il y a 15 jours. Elles devraient aboutir rapidement avec la mise en place d'un régime ouvert, certainement de type "Perco". Les salariés intéressés pourront alors y déposer une épargne qui devrait être abondée par l'entreprise... c'est aussi l'objet de cette négociation que de définir les modalités juridiques et techniques de ce nouveau régime.

Perco, Article 83…ou article 39… ?
La réforme de 2003 a ouvert le champ des possibles. Perco… tout le monde en a entendu parler, Article 83 ou Article 39 un peu moins, et pourtant…

Oublions l’Article 39, celui-ci dit à prestations définies est l’apanage de nos dirigeants. Ce sont les fameuses retraites chapeaux, tant décriées car l’entreprise garantit au salarié qui part en retraite, un complément de rémunération préétabli… Soyons clair, il sera difficile de l’obtenir pour les 3500 salariés de l’UES CANAL+…

Ce qui différencie ces systèmes d’épargne, c’est avant tout certaines modalités techniques, un Perco doit être ouvert à l’ensemble des salariés, un Article 83 peut être négocié pour une catégorie de personnel.

C’est aussi la fiscalité. Celle de l’Article 83 apparait comme plus intéressante.
C’est enfin des modalités pratiques plus ou moins contraignantes, par exemple, le Perco permet un déblocage des fonds épargnés pour de multiples raisons, ce qui n’est pas le cas de l’Article 83, ou encore les cotisations pour l’un sont obligatoires mais pas pour l’autre…

Chaque système présente son intérêt…
Pour notre part, nous estimons que le régime dit de l’Article 83 conviendrait mieux à la sociologie de l’entreprise CANAL+. C’est pourquoi, si nous orientons vers la mise en place d’un Perco, le texte négocié devra laisser la possibilité d’ouvrir une négociation complémentaire sur le sujet dans un délai raisonnable.

Télétravail, Retraite Supplémentaire… il reste de nombreux sujets sociaux à traiter. Citons parmi les plus urgents, l’élargissement de l’UES aux sociétés du Groupe comme Canal+ Overseas, Cuisine TV, Canal Events, Flab Production, ou encore la négociation d’un accord général sur les astreintes…

 
Contacts : cgc-canalplus@neuf.fr

25 septembre 2011

L’Autorité de la Concurrence a lourdement sanctionné CANAL+...

...notre syndicat réagit et publie ce communiqué de presse


La CFE CGC de CANAL+ s’inquiète des éventuelles conséquences qui pourraient résulter de l’application de la décision notifiée le 21 septembre 2011.  

La décision de l’autorité de la concurrence concernant les obligations consécutives au rapprochement avec TPS en 2007 a surpris par sa violence une grande partie de l’encadrement de l’entreprise qui n’attendait pas une telle avalanche de récriminations sur une affaire datant de plus de 5 ans.

TPS a vécu 10 ans…
10 ans de bataille homérique qui ont coûté aux 2 groupes des centaines de millions d’Euros dépensés pour une seule raison : une concurrence frontale acharnée.

Cette concurrence n’a cessé d’alimenter les dérives financières des 2 groupes en matière d’achats de programmes fragilisant dangereusement l’économie des 2 entreprises au risque de les mener vers l’abîme. Cet argent là aurait été mieux employé pour assurer le développement de la création et de l’audiovisuel Français et non pas servir quelques intérêts particuliers en France ou à l’étranger.


Fallait il que TF1 et CANAL+ y laissent leur peau…
La paix des braves signée en 2007 a permis de sortir de ce cercle infernal qui allait nous mener à notre perte.  En rachetant TPS à TF1et M6 pour des sommes conséquentes, CANAL+ permettait au PAF de retrouver un modèle économique raisonné. Pour valider cette opération, le Ministère de l’Economie avait alors imposé à CANAL+ 59 engagements contraignants.


A-t-on d’ailleurs observé le même pointillisme lorsque d’autres entreprises Françaises se sont rapprochées ?
Citons EDF et Véolia ou la fusion de Suez et de GDF en juillet 2008, créant ainsi le 2ième leader mondial de l’énergie. Des entreprises publiques se rapprochant de groupes privés pour pouvoir affronter la mondialisation de la production et la distribution énergétique. Qui est intervenu en France pour contester la constitution de ces oligopoles ?

A-t-on observé la même attention lorsque Francis Bouygues, Patrick Le Lay ou Bernard Tapie  affirmaient devant la CNCL, l’ancêtre du CSA,  le 3 avril 1987, leur attachement au rayonnement de la Culture sur une TF1 qu’ils venaient de racheter pour 3 milliards de francs… « … nous réserverons une place importante aux évènements culturels de hauts niveaux… Opéras, Théâtres, Musiques, retransmission du festival d’Orange ou d’Aix…  » Le président du CSA, Michel Boyon, qui était alors le directeur de cabinet du ministre de la culture François Léotard portait bien l’étendard du « Mieux Disant Culturel » pour justifier la vente au Groupe Bouygues de la première chaine de TV Française. Un événement qui ne s’était jamais produit dans aucun pays du monde et qui ne s’est d’ailleurs jamais reproduit depuis… !


Autre enjeu majeur : Le culturel
CANAL+ a-t-elle servi les intérêts culturels Français depuis sa création ? Existerait-il encore un cinéma Français sans CANAL+ ? Le sport Français serait il aussi développé sans CANAL+ ? La création cinématographique, de fictions et les industries qui en vivent seraient encore installées en France sans CANAL+…


Un modèle économique qui pourrait être fragilisé…
Cette décision pourrait impacter la stratégie de développement de l’entreprise alors que les fondamentaux sont redevenus bons. Les équilibres de la filière audiovisuelle Française doivent être préservés, prenons garde de ne pas la défavoriser par des mesures contraignantes et discriminantes.


C’est pourquoi la CFE CGC de CANAL+ restera mobilisée sur ce dossier.

18 septembre 2011

Bolloré, ce n’est pas qu’une affaire industrielle, c’est aussi un formidable enjeu culturel!

La reprise des 2 chaînes du Groupe Bolloré par CANAL+ ne sera pas sans influence sur le renforcement de la filière audiovisuelle Française à l’heure des grands bouleversements attendus et provoqués par la future TV connectée.
Ce formidable coup orchestré par Bertrand Meheut signe avant tout le retour d’un CANAL+ offensif et déterminé, tant mieux. Pour faire face aux mastodontes Américains, il faut une industrie puissante, bien arrimée, créative et financièrement solide.

Sur le plan industriel, la reprise des 2 chaînes Direct8 et Direct Star, complète judicieusement un dispositif où CANAL+ était encore absent, le clair, avec un rentabilisation accrue de ses créations grâce la publicité. Pourquoi laisser à d’autres ce que nous pourrions bien mieux faire nous-mêmes.

Les investissements colossaux consentis par le Groupe CANAL+ dans ses contenus, 2 milliards d’Euros par an entre CANAL+ et CANALSAT, imposent d’étendre la chaîne de rentabilité actuelle. Les programmes originaux de très grande qualité développés par les équipes de R. Bellmer coûtent chers, très chers. Les investissements consentis dans les fictions financés par CANAL+ atteignent les meilleurs investissements de grands studios américains !


Preuve des ces choix judicieux, les studios américains sont aujourd’hui à l’affût des créations de CANAL+. Les Borgia en constituent l’exemple flagrant avec la sortie d’une série aux USA coïncidant avec la diffusion de la production initiée par CANAL+ !

CANAL+ est aujourd’hui arrimé au Groupe Vivendi, un leader mondial de « l’Entertainment » aux finances saines et capable de mobiliser ses capitaux et ses équipes pour le développement raisonné de ses business.  C’est une sécurité contre l’aventurisme, c’est aussi l’assurance d’une potentielle capacité d’investissement. D'ailleurs, Bolloré échange ses entreprises contre du capital de Vivendi… et pas de CANAL+ !

Doit-on attendre l’arrivée… la déferlante… « TV connectée » pour réagir ? Préfère-t-on que You Tube, Netflix, Google, Apple et les autres investissent nos écrans… et finalement nos productions et la dernière industrie Européenne encore capable de rivaliser avec ces concurrents.  

N’oublions pas que le cinéma Français voir Européen existe encore grâce au financement de CANAL+. Cette idée géniale développée par André Rousselet a permis à l’industrie cinématographique française de survivre, elle a disparu dans tous les autres pays. Cette industrie qui rayonne encore à l’étranger et aussi aux USA. Or, ce secteur est fragile. Son économie peut rapidement basculer si l’un de ses acteurs essentiels venait à défaillir. Personne n’y a intérêt.

Complémentarité, diversité, innovation, renforcement  des fondamentaux, on peut se féliciter de voir à nouveau CANAL+ redevenir un acteur incontournable et majeur sur la scène française mais aussi Européenne, capable de renforcer l’assise et le développement de ces activités audiovisuelles. C’est indispensable.




Et les petites…
Cet évènement représente aussi un danger pour les petites chaînes, et il faudra bien trouver les moyens d’assurer une sécurité pour un pluralisme de création aux fondamentaux bien faibles. Car si de puissants opérateurs sont indispensables pour résister à la révolution qui pointe, les autres doivent impérativement trouver leur place par des mécanismes de redistribution qui assurent leurs indépendances et leur pérennité. Sinon, le modèle sera déstabilisé, il finira par se gripper.   


Quant au régulateur... libre entreprise… mais pas trop !
Pendant ce temps… le régulateur… règlemente en nous sortant une nouvelle norme technique! Il est vrai que les 9 millions de Français qui ont changé de téléviseurs en 2010  vont se précipiter pour changer à nouveau de matériel dans quelques mois… Ces réglementations pèsent sur la rentabilité des industries techniques et culturelles. Les opérateurs téléphoniques le savent eux plus que tous, taxés de tous côtés, ils voient leurs marges se réduire et leurs capacités d’investissement contraintes.  


Oui sur la stratégie...
Dès lors, cette opération stratégique est bien comprise par une majorité de salariés du Groupe CANAL+ et notamment de l’encadrement. Les nombreux messages que nous avons reçus après cette annonce en attestent. Un premier Comité d'Entreprise devrait être consulté sur cette stratégie puis un second sur le volet social. Notre syndicat se prononcera favorablement sur le volet stratégique de cette opération, quant au social....

Intransigeant sur le social…
Ne gâchons pas ces succès et cette nouvelle stratégie par de drôles de calculs sociaux de courts termes!
Lorsque B. Meheut obère le social dans ce nouveau schéma industriel, il crée les conditions de crispations et d’inquiétudes légitimes notamment chez les salariés de Bolloré.

C’est une belle opération industrielle pour CANAL+. Bolloré de son côté réalise une bonne opération financière. Dès lors, les 2 groupes peuvent s’engager à traiter du social avec autant d’intérêt que des montages capitalistiques ou financiers.

Ces dirigeants peuvent s’appuyer sur une autre expertise, sociale celle là, nous qui avons géré tant de plans de restructurations depuis 10 ans. Nous en avons l’habitude. Nous sommes en mesure de créer les conditions d’un accompagnement dans la sécurité et le respect pour les centaines de salariés du Groupe qui devront intégrer le cœur du business de CANAL+.

Notre avis sur le volet social sera dépendant de la philosophie adoptée pour encadrer ce projet, du périmètre considéré et des mesures d'accompagnement des salariés concernés. 

Penser et agir autrement, ce serait prendre un nouveau risque alors que les tensions sociales en interne effleurent en permanence depuis 6 ans. Profitons de cet évènement positif pour le Groupe pour revisiter notre politique sociale. Il est grand temps de faire place à l’intelligence et à la créativité aussi de ce côté-là et de sortir d’une politique contraignante et rétrograde. CANAL+ mérite mieux de ce point de vue !

Réagissez... contactez nous!
La NewsLetter spéciale rapprochement vous attend, cliquez ici et communiquez une adresse mail de votre choix.

14 septembre 2011

Bolloré / CANAL+, notre ambition : sauvegarder l’emploi...

L’annonce du rapprochement des activités médias du Groupe Bolloré avec celles de CANAL+ pose la question sociale comme un enjeu crucial qui sera au cœur des discussions et des négociations qui vont s'ouvrir prochainement.

Des inquiétudes légitimes…
Bertrand Méheut est intervenu la semaine passée chez Bolloré. Répondant à l’une des questions d’un salarié, il affirma qu’il était hors de question d’envisager une intégration dans l’UES CANAL+ ! Voilà qui a le mérite de la clarté ! Nous sommes habitués. Voilà qui doit aussi nous questionner sur le sens de cette réponse et sur les éventuelles conséquences sociales de cette opération, alors que le dossier juridique et technique est à peine ouvert.
En cédant ses activités et en prenant position au capital de Vivendi, le Groupe Bolloré réalise une belle opération financière. Dans le même temps, CANAL+ réalise une grande opération industrielle, menée avec maestria et dextérité.

Mais cette opération se ferait-elle sur le dos des salariés de Bolloré Médias…?
Plusieurs options sont évidemment envisageables pour traiter de cette question. Dans notre NewsLetter spéciale rapprochement, nous reviendrons sur les étapes techniques et juridiques qui vont jalonner l’intégration des activités audiovisuelles du Groupe Bolloré.


Déjà TPS…
Rappelons que lorsque CANAL+ a repris les activités de TPS, l’intégration dans l’UES de CANAL+ n’a pas été négociée, elle était inscrite dans le document de base présenté aux représentants du personnel. Pourquoi faudrait-il qu’il en soit autrement aujourd’hui ?
CANAL+ Overseas, Cuisine TV, Canal Events, autant de sociétés acquises ou développées par le Groupe CANAL+ et qui sont encore aujourd’hui au dehors de l’UES. Résultat : un traitement partiel des questions sociales, des conditions d’emplois différentes, une protection bien moindre… Pour ces raisons, nous revendiquons leur intégration depuis plusieurs mois.

Pour Yannick Bolloré : « Ce projet constitue une formidable opportunité pour Direct 8, Direct Star et leurs collaborateurs. Après un parcours sans faute au cours de ces dernières années qui a vu l’émergence du premier opérateur indépendant de télévision en France, ce rapprochement permettrait à nos chaînes de continuer à connaître de nouveaux succès dans ce secteur en pleine mutation avec l’avènement du tout numérique et l’arrivée de nouveaux opérateurs ».

Des preuves et des engagements…
Cette formidable opportunité  qu’évoque Yannick Bolloré doit se traduire dans les textes sociaux qui vont nous être présentés. Une ambition commune, une seule entreprise, un seul environnement social.


Nos grandes entreprises doivent favoriser le développement de l’emploi pérenne dans des secteurs qui sont aussi touchés par de profondes mutations. Lorsque la masse salariale d’un Groupe comme CANAL+ ne pèse que 5% de son chiffre d’affaire, on comprend que l’enjeu économique est ailleurs. En revanche, une entreprise comme CANAL+ ne peut se dédouaner de sa responsabilité sociale… sociétale ! C’est aussi une question de développement durable que de favoriser l’emploi stable. Garantir l’avenir de centaine de salariés et de leurs familles dépend parfois de quelques choix sociaux judicieux...
Nous utiliserons l’ensemble des moyens dont nous disposons pour que triomphe le bon sens plutôt que les visions à courte vue ! Rien n'est encore figé, agissons ensemble pour le bien de tous.

Contactez nous, posez vos questions en cliquant sur ce lien !

12 septembre 2011

Les chaînes de Bolloré rachetées par CANAL+ : 3 lectures possibles…

Jeudi dernier, les Echos publiait...
« Le groupe Canal+ a annoncé aujourd'hui la reprise de 60 % du capital de Direct8 et de Direct Star, les deux chaînes du groupe Bolloré diffusées gratuitement sur la télévision numérique terrestre. Le président de Canal+ revient pour Les Echos sur les détails de l'opération. »
Cette annonce en a surpris plus d'un lorsqu'elle fut rendue publique. La convocation d’un CE extraordinaire à CANAL+ et à Vivendi avait déja suscité de nombreuses interrogations. Nous ne savions pas encore que chez Bolloré se tenait également au même moment un autre CE extraordinaire.  Pendant ce temps, les patrons de business de CANAL+ attendaient patiemment 18h pour transmettre l'info à leurs plus proches collaborateurs... Ordre suprême...  
Sur cette affaire, nous pouvons tenter une triple lecture : économique, politique et sociale.
Mais soulignons d’abord que CANAL+ semble enfin se réveiller pour repartir à l’offensive alors que de nombreuses perspectives se sont avérées hasardeuses ces dernières années.
Citons par exemple le potentiel de développement de la Pay TV en France qui devait receler encore 3 à 4 millions de clients supplémentaires pour atteindre la cible de 15 millions d’abonnés à l’horizon … 2010… nous en sommes loin...
Ou les aventures internationales qui devaient accompagner le développement du Groupe et renforcer son positionnement. Là encore, nos stratèges se sont trompés. Le CANAL+ Vietnamien, dernière acquisition à l’étranger, démontre combien le marché de la pay-tv est risqué même pour un opérateur historique comme CANAL.

Enfin, l’arrivée de la TV connectée et notamment des mastodontes Américain comme Apple, Netflix, Youtube ou Google, impose une mobilisation générale pour se préparer à la prochaine révolution technologique… du producteur au consommateur, les diffuseurs risquent de violemment souffrir...
L’opération réalisée par CANAL suffira-t-elle pour amortir ce choc là ? Rien n’est moins sur. Mais saluons la capacité du Groupe à opérer un virage stratégique qui le replace en acteur incontournable dans un paysage en pleine effervescence.

Une lecture économique
Inutile de revenir sur  cet aspect tant les commentaires ont déjà été nombreux sur le sujet depuis 3 jours. Sur le Net comme dans la presse écrite, chacun commente à sa façon ce nouvel épisode de la recomposition du PAF Français. Les Echos, qui ont sorti l’info jeudi soir, aussitôt suivi du Point, puis du Figaro, du Monde, etc… chacun peut décrypter dans ces articles l’enjeu économique pour le Groupe CANAL et les conséquences potentielles sur le paysage audiovisuel.
Une lecture politique…
Contrairement au journaliste du Figaro Enguérand Renault, qui indiquait dimanche soir dans l’émission de F. Martel http://www.franceculture.com/emission-soft-power.html qu’il ne voyait pas d’impact politique dans cette affaire, nous pensons au contraire que cette opération est éminemment sensible.

D’abord parce que Mr Bolloré n’est pas n’importe quel patron d’industrie. Rappelons que c’est sur son Yacht que Nicolas Sarkozy était allé se reposer après la dernière élection présidentielle... http://www.jeanmarcmorandini.com/article-5230-sarkozy-bollore-le-futur-president-s-explique.html

Proche du président, peut-on imaginer un instant que sur un dossier aussi complexe, l’Elysée n’est pas été un seul instant dans la boucle… ?
Ensuite parce que CANAL+ devrait au minimum se séparer d’une chaîne de la TNT puisque nous ne pouvons n’en diffuser que 7. Parmi ces chaînes i>TELE, la chaîne d’info du Groupe dont B. Meheut a affirmé qu’il était hors de question d’en stopper la diffusion sur la TNT… Alors, laquelle ? Un choix aux incidences potentiellement politique également... 
Enfin parce que, comme le journal Le Monde de ce WE le révèle, les relations étroites entre Jean-René Fourtou, Etienne Mougeotte, et certains proches de l’Elysée, se réunissant régulièrement à Neuilly au domicile du président de Vivendi, nous font penser que l’on ne fait pas que prendre le thé et jouer au poker dans ces moments là  …  
Car dans cette affaire, c’est bien Vivendi qui est à la manœuvre. Actionnaire majoritaire du Groupe, rien ne pourrait se faire sans l’aval et le financement de notre maison mère. 
Une lecture sociale…
Sur ce terrain, quand-bien même nous contestons régulièrement ces dernières années, certaines orientations sociales de CANAL+, la situation semble bien différente au sein des entreprises du groupe Bolloré. Aussi, les 167 salariés de Direct8, les 17 de Direct Star et la centaine de la régie Pub seront certainement mieux traités au sein du Groupe CANAL+, bénéficiant de l’expérience et du volontarisme de quelques syndicats pour que soient respectées et appliquées certaines valeurs de bases, essentielles et incontournables…
Mais pour cela, il y a un impératif, l’intégration des entités acquises dans l’UES de CANAL+. La réussite de cette opération passe aussi par là. Le schéma que notre syndicat défend, c’est celui qui a présidé à l’intégration des chaînes et des salariés de TPS. Les entités sociales de TPS ont été dè l'origine du projet intégrées dans l’UES de CANAL+. Ce fut une réussite globale, et cette décision n’y est pas pour rien !
Les semaines qui viennent vont donc nous permettre de vérifier le volontarisme de nos dirigeants en la matière. Sont-ils soucieux du développement économique mais aussi social des entreprises qu’ils dirigent ? Un autre discours serait désastreux pour le proche avenir. Ne gâchons pas l’avenir avec des analyses à courte vue. Il ne peut y avoir dans le Groupe CANAL+ des salariés de seconde zone. Il en va de l’intérêt et de l’avenir de nos business.

Notre ambition : éviter toute crispation, nécessairement dommageable pour le business et pour la réussite globale de cette opération. N’obérons pas l’avenir!

06 septembre 2011

Une rentrée 2011 encore placée sous le signe de nombreux départs de compétences...

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Depuis de nombreux mois, la gestion de carrière des Cadres de la Distribution se traduit avant tout en gestion des départs!
Et cette rentrée 2011, malheureusement, ne déroge pas à la règle. Citons quelques noms emblématiques de salariés qui nous quittent,  Emmanuel Florent, mais c’était dans l’air depuis de nombreux mois, Marie Christine Trémorin, chargée de la coordination éditoriale chez F. Vincent ou encore Amaury Lelong, Directeur de la ligne de produit CANALSAT côté distribution.
Marie Christine et Amaury étaient pourtant reconnus comme d’excellents professionnels, managers attentifs, véritables potentiels en attente d’évolution interne.
 
Et bien non…
Ce sera ailleurs pour eux comme pour d’autres. Amaury n’a pourtant pas démérité. D’abord chargé pendant 18 mois d’accompagner la migration des abonnés de TPS vers CANALSAT lors de la fusion des deux entreprises, il prendra ensuite en charge le développement des « canaux directs », puis en octobre 2010, il deviendra Directeur de la Ligne de Produit CANALSAT.
Rapprocher les 2 bouquets satellites présentait quelques risques. Il saura contourner les obstacles, manager les équipes, expliquer et convaincre, malgré la complexité du dossier. Il accomplira avec autant de brio les 2 autres missions qui lui furent alors confiées.

Amaury Lelong sera pourtant remercié en plein été alors que rien ne laissait présager un tel dénouement. Cet épilogue était d’autant moins attendu qu’il s’exprimait encore dans le magazine CANAL INFOS de septembre/octobre destiné aux milliers de Distributeurs de CANAL+ … Il y évoque le futur proche, les projets, sa vision des choses…

Apprécié par ses collègues, reconnu comme un professionnel compétent, ce sera le choc de rentrée pour de nombreux salariés de la Distribution, et d’abord pour ses proches collaborateurs,  qui s’interrogent sur les raisons de cette éviction.

Trop de réussites nuiraient-elles à la carrière… ?
Alors que, côté Distribution,  de nombreux postes ne sont pas pourvus, nous continuons de nous séparer de nos compétences. Depuis quelques mois, l’hémorragie est impressionnante, service clients, marketing ou commercial… quelle purge !

Nous sommes malheureusement persuadés que cette liste va inexorablement continuer de s’enrichir ces prochains mois. Nous pourrions peut être même livrer quelques noms des futurs sacrifiés sur l’autel d’une politique sociale contreproductive, comme par exemple V… C…
Faut-il s’en indigner…
C’est à chacun d’en décider.

01 septembre 2011

Rive droite, rive gauche, les 2 rentrées de CANAL+

Salarié côté Boulogne ou côté Issy, à CANAL, les méthodes de management divergent voire s'opposent! 

Côté Edition...
C’est la rentrée et quoi de plus normal pour CANAL que de vivre une rentrée dans un grand lycée parisien, Louis Le Grand en l’occurrence. C’est là que R. Bellmer a dévoilé aux Journalistes présents les nouveautés mais surtout les continuités de la grille de CANAL+ pour cette fin d’année 2011 et pour 2012 ! Les succès éditoriaux passés ou récents augurent bien de cette nouvelle année sur les antennes de CANAL, confirmant ainsi la justesse des choix qui favorisent ces succès récurrents.

Comment esquisser une explication…
A l'Edition,les fondations sont solides.
Des salariés compétents, aguerris, à l’ancienneté affirmée, dont certains méritent largement la médaille du travail, mettent en musique les grandes orientations éditoriales décidées par le chef.

Et c’est d’abord grâce à l’expérience de ces équipes que l’on doit ces réussites. Certains accusent 20 ou 25 ans d’ancienneté, c’est grâce à eux que la récolte sera une nouvelle fois bonne, même si quelques nuages sociaux s’amoncellent et pourraient venir perturber ce bel ordonnancement, notamment pour les salariés qui fabriquent certaines émissions comme "Groland" ou "Les Guignols"…
Et voilà comment on peut concilier management libéral, gestion de carrière et réussite opérationnelle… Il serait bon que ces principes et cette réalité soit mieux partagées dans d’autres secteurs de la maison…

De l’autre côté de la Seine, à la Distribution dirigé par Maxime Saada, il en va tout autrement.
Ici, la rentrée c’est d’abord "séminaire", tant il est vrai que pour remotiver les troupes après une période estivale, rien de mieux que de se glisser dans le classique « team building » … « ensemble, tous ensemble… »

Epuisement de la ressource…
Oui mais voilà, la Distribution vit au rythme d’une restructuration qui n’en finit plus, et le "team building" ne suffira pas, malheureusement, à rebooster une organisation déboussolée. En cette rentrée 2011, des départs, encore des départs de compétences sur lesquelles nous reviendrons dans nos prochains messages. Et cet audit interminable, mené depuis des mois par le cabinet Mc Kinsey, dont on finit par se demander s’il va se conclure un jour… et qui devrait, selon certains responsables RH, accoucher d’une souris… Ben, alors, tout ça pour ça !? Réflexion ou bouclier ?

Résultat : des équipes inquiètes, une organisation incomplète, des changements… encore… à venir et une motivation en berne. 
Il eut été facile dans ce secteur de stopper l’hémorragie des compétences, de donner un signal fort du renouveau managérial en complétant des organisations mitées par des départs récurrents, en proposant aux professionnels en place les postes laissés vacants, bref en mettant le début du commencement d’une gestion intelligente et performante des ressources humaines disponibles et compétentes.

Et bien non !
Le leitmotiv de ce côté-ci de la Seine, c’est toujours et d’abord de faire comprendre qu’il vaut mieux partir car un repositionnement en interne n’est pas envisageable ou souhaitable !

A CANAL+, côté Distribution, on applique sans vergogne les principes édictées par la DRH, vous savez le fameux 3 ans dans un poste, 5 ans dans l’entreprise…
Cette même politique absurde qui fait tant de dégâts humains, et qui n’a jamais prouvé l’once de son efficacité sur le business et les résultats, bien au contraire.

Résultat, une consommation de psychotropes en forte progression, des salariés déboussolés, une sourde inquiétude collective…

Un autre chemin est évidemment possible !
Nous le revendiquons depuis des mois.
C’est peu ou prou celui développé à l’Edition. Un chemin bordé d’abord par quelques principes essentiels comme le respect des individus et des équipes. C'est aussi une stratégie clairement expliquée et partagée par tous. C’est encore un organigramme au complet, des compétences  reconnues et bien positionnées… pas besoin de sortir de Saint Cyr ou de Polytechnique pour comprendre que la simplicité n’est pas l'ennemie de l’efficacité.

Pour le bien de l'entreprise et de ses salariés, cette rupture finira par se réaliser. Le plus tôt serra le mieux!
Et l’an prochain Rodolphe, Lycée Henri IV ou la Sorbonne !?
 "C'est toujours l'impatience de gagner qui fait perdre" 
Source : pensées Louis XIV le Grand - citation

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