Centre de
Relations Clients, Distribution, Studio
Canal, i>TELE, Direction Informatique, partout en ce début d’automne ça se
tend, ça se fissure, ça craque.
Personne ou
presque n’en parle, mais la bataille qui se déroule en coulisse sur le front
social révèle les tensions extrêmes générées par une gestion anachronique des relations
sociales. Dans ce contexte, certains font porter aux
seuls représentants du personnel la responsabilité de cette dégradation du climat social. Nous pensons plutôt qu’à force de vouloir contraindre, le fil
ténu qui nous relie tous pourrait bien rompre…
Question de
méthode ?
Nous avions
prévenu bien avant l’été que la rentrée serait chaude, que 2013 ne serait pas
un long fleuve tranquille. Nous y sommes.
Mais
pourquoi donc cette montée brutale de la tension sociale en cette rentrée?
C’est tout d’abord le résultat d’une
politique sociale contraignante qui a cours
depuis plusieurs années. Certains de nos dirigeants considèrent encore
que les salariés de CANAL+ ne travaillent pas assez, que la file d’attente à la
cafeteria serait un indicateur suffisant pour démontrer que la charge de
travail n’est pas aussi importante que nous le prétendons, qu’il reste du
"gras", de la marge en productivité…
C’est aussi
la négation de ces fameux corps intermédiaires, ces représentants du personnel,
ces élus au Comité d’Entreprise ou au CHSCT, qui tentent tant bien que mal de remplir leur tâches dans des conditions
de plus en plus difficile. Ils ne cessent de batailler depuis des mois pour que
le droit social soit à minima appliqué, pour que les salariés soient respectés,
pour que le dialogue l’emporte sur
l’oukase ou la contrainte, pour que les business internes qui souffrent par
manque de moyens bénéficient d’une attention particulière…
Pour
compléter ce tableau un peu sombre, il faut y ajouter la touche de clientélisme
indispensable à la réalisation d’objectifs sociaux très éloignés des pratiques
vertueuses, celles qui favorisent le
débat, et privilégient le collectif sur l’individuel.
Ce sont là quelques
éléments explicatifs de cette tension qui prend de l’ampleur. Mais il ne faudrait
pas oublier ceux nés de l’apparition d’un challenger aux poches si profondes
qu’il peut se permettre de vendre à perte sans contrainte. Sans oublier les
incertitudes sur le management de l’entreprise nées de la possible dislocation
du Groupe Vivendi, notre actionnaire.
Lorsque les représentants du personnel alertent sur la dégradation de l’environnement social interne, au plus haut
niveau de l’entreprise, on considère que ce ne sont là que jérémiades de
salariés nombrilistes et éloignés du contexte économique environnant. Pourtant,
les représentants des salariés savent combien le burn-out devient réalité dans
de nombreux services. Cadre moyen ou supérieur, tout un pan du management est
aujourd’hui confronté à cette réalité que nous n’imaginions pas vivre.
Dans ce
contexte, plutôt que de favoriser un dialogue social constructif et serein, certains
de nos dirigeants ont décidé de l’annihiler. En menant tambour battant les restructurations
de nombreux services sans passer par la case échange et dialogue, ils
contribuent à déstabiliser les structures sociales internes.
Erreur
majeure!
Dans un
contexte économique tendu qui retentit sur nos business, il ne saurait y avoir de négation d’un
dialogue social respectueux, ouvert et constructif, celui-là même que nous
appelons de nos vœux depuis des mois. Contrairement à certaines idées
véhiculées ici ou là, les représentants du personnel, ne sont pas des empêcheurs
de tourner en rond, mais des contributeurs volontaires à la construction d’un
modèle vertueux, basé sur quelques valeurs essentielles comme l’écoute, le
respect, l’ouverture au dialogue… au-delà du simple respect des règles sociales
fixées par le code du travail ou nos textes internes.
Au lieu de cela,
c’est un modèle contraint qui s’affiche avec de plus en plus de fermeté! "Circulez,
nous savons ce qui est bon pour tous !"
Il faut y
ajouter un semblant de plan social qui ne dit pas son nom…
Cette tension
s’explique aussi par la volonté de maintenir une pression sur les organisations,
de recruter avec parcimonie malgré le développement de certaines activités.
Pendant que, dans le même temps, ce sont des dizaines
de salariés qui quittent l’entreprise, plus de 130 depuis le début de l’année
peut être 200 en incluant les CDD.
Etonnant
pour CANAL+ de vivre en ce moment une crise sociale de cette ampleur. L’entreprise se
porte bien, elle n’a jamais été aussi rentable. Les chiffres, malgré
la crise, résistent, l’avenir s’éclairci avec l’arrivée des chaînes de Bolloré…
alors… allez comprendre…
Notre
syndicat ne comprend pas cette politique. Aborder en toute sérénité cette
question du dialogue social est un préalable au retour d’un fonctionnement
normalisé et apaisé des instances représentatives du personnel.
Imaginer que
les grands, les énormes chantiers sociaux
qui nous attendent pourraient se passer d’un dialogue social constructif, c’est tout
simplement prendre le risque d’une radicalisation dans l’expression de salariés.
Apple… la
référence…
Certains de
nos dirigeants, voyageant à l’étranger, découvrent avec beaucoup d’admiration
les prouesses réalisées par de grands groupes et les résultats qu’ils
engendrent sans soubressauts sociaux apparents. Ces dirigeants sont aujourd’hui persuadés que c’est le modèle
social à la française qui cloche. Mais que savent-ils exactement de ce modèle
social à l’américaine? Est-il transposable, serait-il plus vertueux, et si oui
pour qui…
Chiche…
Invitons
dans nos débats collectifs l’un de ces dirigeants pour qu’il nous explique
comment l’on peut concilier réussite économique et management contemporain.
Nous pourrions alors juger sur pièce.
En
attendant, c’est bien la méthode qui dérape… Car des
moments de crise, CANAL+ en a déjà vécu. Mais le dialogue n’a jamais été rompu.
En 2003, le redressement de CANAL+ s’est opéré grâce à cette alchimie qui a conjugué recapitalisation ET respect des partenaires
sociaux. Prétendre affronter les vents mauvais d’aujourd’hui par la contrainte serait
une erreur majeure. C’est ensemble que nous gagnerons les futures batailles!
Pour que
l’entreprise retrouve un minimum de sérénité, il faut changer de méthode.
1 commentaire:
Ha ca oui... ca se dégrade... Et encore vous n'avez rien vu coté OVERSEAS... Car là c'est du délire... Le délirium à l'état pur... vite l'UES
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