En 2010, après le
départ de Thierry Thuillier du poste de directeur de la rédaction, les salariés
de la chaîne pensaient avoir enfin touché le fond. Ils imaginaient un nouvel élan social enrobé d’un management
renouvelé et respectueux. Ce fut vrai pendant quelques mois. L’environnement
social s’est quelque peu détendu après l’arrivée d’une nouvelle Directrice et
d’une nouvelle DRH.
A nouveau le
dialogue fut ré-ouvert, les difficultés et
problèmes posés par les salariés pris en considération et un semblant
d’ouverture nourrissait quelques espoirs de voir enfin s’améliorer une
situation sociale extrêmement tendue pendant plusieurs mois.
Et puis
patatras !
Le réveil
est particulièrement douloureux.
Depuis
l’arrivée d’une nouvelle directrice de la Rédaction Céline Pigalle, nommée en mai
2012, la situation se dégrade à nouveau et la fronde prend de l’ampleur. Rappelons que Céline
Pigalle a fait l’essentiel de sa carrière sur Europe 1. Directrice adjointe de la rédaction, elle quittera cette entreprise pour CANAL+, d'abord comme Rédactrice en Chef de l’émission "la Matinale" puis comme patronne de la rédaction de i>TELE.
Ces nouvelles tensions sociales ont évidemment des causes multiples, la Direction de la Rédaction se doit d'appliquer une politique de Groupe qu'elle ne maîtrise pas...
Citons par exemple des moyens restreints,
une Rédaction dont l'organisation est sous tension permanente par manque de personnels, un management sous contrainte, et puis, à nouveau un dialogue social qui se dégrade, des conditions de travail
qui s’alourdissent encore avec notamment l’arrivée de D8 une nouvelle chaîne pour laquelle la Rédaction va devoir produire encore plus de sujets.
Pour ne rien arranger, l'organisation de la chaîne est ici comme ailleurs à CANAL+ sous pression. Dans cette Rédaction,
quelques postes essentiels pour l'Antenne sont parfois assurés par des stagiaires rémunérés 400€ par mois... Même les pigistes, recrutés pour combler les manques criants de personnels, rechignent à venir lorsqu'ils découvrent avec étonnement le montant de la pige...
Et puis, à chaque fois que la direction change, de nouvelles
ambitions sont fixées, de nouvelles méthodes sont appliquées. Normal diriez-vous…
mais voilà, le discours ambiant consiste à mettre systématiquement en cause une Rédaction "...qui ne
travaillerait pas assez…" et malheureusement, cette antienne revient encore en boucle aujourd'hui.
La Rédaction est fatiguée! 2 évènements sont venus envenimer un climat social particulièrement dégradé. Tout d’abord, la volonté d’utiliser
les services et les moyens d' i>TELE pour de nouvelles émissions et notamment
pour les nouvelles chaînes en clair du groupe Bolloré récemment acquises. Plus de travail, c’est intéressant, problème, cela se
fera sans moyen supplémentaire, à coûts constants!
Ensuite, l’interdiction
pour les JRI de conserver le véhicule de service en dehors des heures
de travail! Cette dernière décision
formulée aux JRI de Paris et de Province sans la moindre concertation soulève
de multiples questions juridiques et techniques.
Les organisations syndicales
se sont saisies de ce dossier et souhaitent qu’une négociation s’engage
rapidement. Car si le Droit permet à la Direction de modifier
certaines dispositions de son organisation, elle ne peut pas normalement le
faire sans une concertation minimale, sans explication, et sans compensation! Et
quand bien même elle le pourrait, le dialogue doit toujours l’emporter sur l’ultimatum.
C’est pourtant encore une fois, cette terrible méthode de l’oukase qui est employée, suscitant une nouvelle fois l'incompréhension générale.
Les
véhicules des JRI étaient jusqu’à maintenant mis à leur disposition en permanence.
La Direction de CANAL+ a décidé unilatéralement que dorénavant, ces véhicules devraient
être rendus chaque jour… Ces Journalistes qui sont sur la route toute la journée, de 6h
à 23h, parfois plus, à Paris ou en province, devront ramener leur véhicule de
service chaque soir dans un pool, prendre le dernier métro pour rentrer à la
maison… puis le premier pour venir rechercher leur véhicule de service le
lendemain… !
Comme le remboursement
partiel des frais de transport pour de nombreux salariés remis en question du
jour au lendemain en début d’année, ou la modification du calcul des temps de
pause dans les Centres de la Relation Clients, provoquant au passage 2 journées
de grèves à Rennes et à Saint Denis ces dernières semaines, la décision de
modifier sans aucune concertation l’organisation du quotidien
de nos JRI participe de cette méthode expéditive usitée depuis des mois, "… j’ai le pouvoir, je décide…" !
Résultat de cette absence de dialogue,
une Rédaction en ébullition…
Ces JRI sont
en permanence sur le terrain à la disposition d’une Direction Parisienne,
exigeante et peu regardante sur les conséquences sociales de ses décisions. Certains
JRI travaillant sans relâche des journées de 12, 18, 20h… parfois 7 jours sur 7.
Seuls dans leurs voitures pour se rendre sur les lieux de reportage, ils
réalisent les interviews, montent leurs sujets, les transmettent à la Rédaction
Parisienne… et au passage se font "houspiller" parce que BFM vient encore
de leur "griller" la politesse sur un évènement jugé important à Paris ou en
province…
Ces JRI qui
ne déposent jamais, à tort comme les autres salariés de CANAL+, d’heures supplémentaires, qui ne disposent que
rarement de WE complet, qui sont parfois… souvent, rappelés pendant leurs congés ou leur temps de
repos, et qui n’ont d’autres choix que de se plier aux oukases permanentes, le
tout pour un salaire peu enviable.
Dans ces
conditions, le code du Travail est souvent ignoré au risque d’une illégalité
flagrante dans le non-respect des dispositions légales.
Cette situation doit bien sur évoluer!
C’est un
véritable plan de redressement social que notre syndicat appelle de ses vœux.
Certains
Journalistes prennent trop de risques dans l’exercice de leurs missions. Ces
salariés ont droit à une vie de famille. Ils ont droit au respect des temps de
repos légaux, ils ont droit à des condtions de travail normales, à une perspective de carrière engageante.
Faut-il
rappeler que la durée de travail effectif (y compris les éventuelles heures
supplémentaires accomplies) ne peut pas dépasser les limites de 10 heures par
jour, de 48 heures par semaine, ou de 44 heures par semaine en moyenne sur une
période de 12 semaines consécutives.
Des pauses
d'une durée minimale de 20 minutes doivent être accordées aux salariés au moins
toutes les 6 heures. Les heures effectuées au-delà de la durée légale sont
considérées comme des heures supplémenatires. Tout salarié doit bénéficier d'un repos quotidien
d'au moins 11 heures, sauf dérogations auquel s'ajoute un repos hebdomadaire de
24 heures consécutives minimum !
Toute autre
disposition doit faire l’objet d’une négociation collective et être encadré par
des accords sociaux.
Ici, non
seulement le code du travail n’est pas respecté, non seulement on met en question
l’état physique et psychologique de certains collaborateurs, mais on engage la
chaîne dans une impasse, car il ne saurait y avoir d’avenir serein dans ces conditions. La fonction de Journaliste n'autorise pas toutes les dérives.
Comble de
l’étonnement, BFM, notre alter-ego et néanmoins concurrente fonctionne socialement bien
mieux. Les salariés de BFM sont aujourd’hui mieux traités.
Urgence...
Le plus
urgent est de ré-ouvrir un dialogue social large et respectueux avec les partenaires sociaux… La résolution du conflit sur la disponibilité des véhicules de service est un préalable.
Sur le long terme...
Aujourd’hui
la Rédaction gronde, la colère monte, elle est prête à se manifester. Il est
donc urgent de revenir à la raison. De
se mettre autour de la table et d’aborder l’ensemble des
problématiques sociales et d'organisation qui plombent le moral des troupes, de stopper cette course folle à la réduction des
coûts, d’embaucher là où les besoins se font le plus criants.
Dans le cas contraire, si rien ne vient rapidement, nous ne répondons plus d’une situation sociale explosive.
Nouvelles orientations, réorganisation, adaptation aux réseaux sociaux, évolution des technologies, évolution des métiers, stress... sur ces sujets, notre syndicat fera dans les prochaines semaines des propositions constructives pour que s'engage avec notre Direction une réflexion sur le moyen et le long terme.
4 commentaires:
oui c'est vrai qu'il n'est pas facile d etre journaliste aujourd'hui
i tele une belle chaîne mais un fonctionnement avec 3 francs 6 sous, forcement, ca craque
Un metier passionnant, des moyens absents, un management délirant
Bonjour MERCI.
Sur le sujet des voitures de JRI, à Direct8 - D8, chaque JRI avait un véhicule affecté, mais n'avait pas le droit de rentrer chez lui avec. La direction de Canal+ a donc décidé de d'appliquer les mêmes règles à itélé...
Et aussi des JRI de D8 relégués en simple cadreur possédant une carte de presse, là aussi c'est un scandale !
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