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14 octobre 2012

i>TELE, une Rédaction de nouveau sous tension…

En 2010, après le départ de Thierry Thuillier du poste de directeur de la rédaction, les salariés de la chaîne pensaient avoir enfin touché le fond. Ils imaginaient  un nouvel élan social enrobé d’un management renouvelé et respectueux. Ce fut vrai pendant quelques mois. L’environnement social s’est quelque peu détendu après l’arrivée d’une nouvelle Directrice et d’une nouvelle DRH.

A nouveau le dialogue fut ré-ouvert, les difficultés et  problèmes posés par les salariés pris en considération et un semblant d’ouverture nourrissait quelques espoirs de voir enfin s’améliorer une situation sociale extrêmement tendue pendant plusieurs mois.

Et puis patatras !
Le réveil est particulièrement douloureux.
Depuis l’arrivée d’une nouvelle directrice de la Rédaction Céline Pigalle, nommée en mai 2012, la situation se dégrade à nouveau et la fronde prend de l’ampleur. Rappelons que Céline Pigalle a fait l’essentiel de sa carrière sur Europe 1. Directrice adjointe de la rédaction, elle quittera cette entreprise pour CANAL+, d'abord comme Rédactrice en Chef de l’émission "la Matinale"  puis comme patronne de la rédaction de i>TELE.

Ces nouvelles tensions sociales ont évidemment des causes multiples, la Direction de la Rédaction se doit d'appliquer une politique de Groupe qu'elle ne maîtrise pas...
Citons par exemple des moyens restreints, une Rédaction dont l'organisation est sous tension permanente par manque de personnels, un management sous contrainte, et puis, à nouveau un dialogue social qui se dégrade, des conditions de travail qui s’alourdissent encore avec notamment l’arrivée de D8 une nouvelle chaîne pour laquelle la Rédaction va devoir produire encore plus de sujets.

Pour ne rien arranger, l'organisation de la chaîne est ici comme ailleurs à CANAL+ sous pression. Dans cette Rédaction, quelques postes essentiels pour l'Antenne sont parfois assurés par des stagiaires rémunérés 400€ par mois... Même les pigistes, recrutés pour combler les manques criants de personnels, rechignent à venir lorsqu'ils découvrent avec étonnement le montant de la pige...

Et puis, à chaque fois que la direction change,  de nouvelles ambitions sont fixées, de nouvelles méthodes sont appliquées. Normal diriez-vous… mais voilà, le discours ambiant consiste à mettre systématiquement en cause une Rédaction "...qui ne travaillerait pas assez…" et malheureusement, cette antienne revient encore en boucle aujourd'hui.

La Rédaction est fatiguée!  2 évènements sont venus envenimer un climat social particulièrement dégradé. Tout d’abord, la volonté d’utiliser les services et les moyens d' i>TELE pour de nouvelles émissions et notamment pour les nouvelles chaînes en clair du groupe Bolloré récemment acquises. Plus de travail, c’est intéressant, problème, cela se fera sans moyen supplémentaire, à coûts constants!

Ensuite, l’interdiction pour les JRI de conserver le véhicule de service en dehors des heures de travail! Cette dernière décision formulée aux JRI de Paris et de Province sans la moindre concertation soulève de multiples questions juridiques et techniques.
Les organisations syndicales se sont saisies de ce dossier et souhaitent qu’une négociation s’engage rapidement. Car si le Droit permet à la Direction de modifier certaines dispositions de son organisation, elle ne peut pas normalement le faire sans une concertation minimale, sans explication, et sans compensation! Et quand bien même elle le pourrait, le dialogue doit toujours l’emporter sur l’ultimatum. C’est pourtant encore une fois, cette terrible méthode de l’oukase qui est employée, suscitant une nouvelle fois l'incompréhension générale.

Les véhicules des JRI étaient jusqu’à maintenant mis à leur disposition en permanence. La Direction de CANAL+ a décidé unilatéralement que dorénavant, ces véhicules devraient être rendus chaque jour… Ces Journalistes qui sont sur la route toute la journée, de 6h à 23h, parfois plus, à Paris ou en province, devront ramener leur véhicule de service chaque soir dans un pool, prendre le dernier métro pour rentrer à la maison… puis le premier pour venir rechercher leur véhicule de service le lendemain… !

Comme le remboursement partiel des frais de transport pour de nombreux salariés remis en question du jour au lendemain en début d’année, ou la modification du calcul des temps de pause dans les Centres de la Relation Clients, provoquant au passage 2 journées de grèves à Rennes et à Saint Denis ces dernières semaines, la décision de modifier sans aucune concertation l’organisation du quotidien de nos JRI participe de cette méthode expéditive usitée depuis des mois, "… j’ai le pouvoir, je décide…" !

Résultat de cette absence de dialogue, une Rédaction en ébullition…
Ces JRI sont en permanence sur le terrain à la disposition d’une Direction Parisienne, exigeante et peu regardante sur les conséquences sociales de ses décisions. Certains JRI travaillant sans relâche des journées de 12, 18, 20h… parfois 7 jours sur 7. Seuls dans leurs voitures pour se rendre sur les lieux de reportage, ils réalisent les interviews, montent leurs sujets, les transmettent à la Rédaction Parisienne… et au passage se font "houspiller" parce que BFM vient encore de leur "griller" la politesse sur un évènement jugé important à Paris ou en province…

Ces JRI qui ne déposent jamais, à tort comme les autres salariés de CANAL+, d’heures supplémentaires, qui ne disposent que rarement de WE complet, qui sont parfois… souvent, rappelés pendant leurs congés ou leur temps de repos, et qui n’ont d’autres choix que de se plier aux oukases permanentes, le tout pour un salaire peu enviable.

Dans ces conditions, le code du Travail est souvent ignoré au risque d’une illégalité flagrante dans le non-respect des dispositions légales.  

Cette situation doit bien sur évoluer!
C’est un véritable plan de redressement social que notre syndicat appelle de ses vœux.

Certains Journalistes prennent trop de risques dans l’exercice de leurs missions. Ces salariés ont droit à une vie de famille. Ils ont droit au respect des temps de repos légaux, ils ont droit à des condtions de travail normales, à une perspective de carrière engageante.

Faut-il rappeler que la durée de travail effectif (y compris les éventuelles heures supplémentaires accomplies) ne peut pas dépasser les limites de 10 heures par jour, de 48 heures par semaine, ou de 44 heures par semaine en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives.

Des pauses d'une durée minimale de 20 minutes doivent être accordées aux salariés au moins toutes les 6 heures. Les heures effectuées au-delà de la durée légale sont considérées comme des heures supplémenatires. Tout salarié doit bénéficier d'un repos quotidien d'au moins 11 heures, sauf dérogations auquel s'ajoute un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives minimum !

Toute autre disposition doit faire l’objet d’une négociation collective et être encadré par des accords sociaux.

Ici, non seulement le code du travail n’est pas respecté, non seulement on met en question l’état physique et psychologique de certains collaborateurs, mais on engage la chaîne dans une impasse, car il ne saurait y avoir d’avenir serein dans ces conditions. La fonction de Journaliste n'autorise pas toutes les dérives.

Comble de l’étonnement, BFM, notre alter-ego et néanmoins concurrente fonctionne socialement bien mieux. Les salariés de BFM sont aujourd’hui mieux traités.

Urgence...
Le plus urgent est de ré-ouvrir un dialogue social large et respectueux avec les partenaires sociaux… La résolution du conflit sur la disponibilité des véhicules de service est un préalable. 

Sur le long terme...
Aujourd’hui la Rédaction gronde, la colère monte, elle est prête à se manifester. Il est donc urgent de revenir  à la raison. De se mettre autour de la table et d’aborder l’ensemble des problématiques sociales et d'organisation qui plombent le moral des troupes, de stopper cette course folle à la réduction des coûts, d’embaucher là où les besoins se font le plus criants.

Dans le cas contraire, si rien ne vient rapidement, nous ne répondons plus d’une situation sociale explosive.

Nouvelles orientations, réorganisation, adaptation aux réseaux sociaux, évolution des technologies, évolution des métiers, stress... sur ces sujets, notre syndicat fera dans les prochaines semaines des propositions constructives pour que s'engage avec notre Direction une réflexion sur le moyen et le long terme.  

 

cgc-canalplus@neuf.fr
Tel : 0171351317
 
 

 

 

4 commentaires:

Anonyme a dit…

oui c'est vrai qu'il n'est pas facile d etre journaliste aujourd'hui
i tele une belle chaîne mais un fonctionnement avec 3 francs 6 sous, forcement, ca craque

Anonyme a dit…

Un metier passionnant, des moyens absents, un management délirant

Anonyme a dit…

Bonjour MERCI.

Anonyme a dit…

Sur le sujet des voitures de JRI, à Direct8 - D8, chaque JRI avait un véhicule affecté, mais n'avait pas le droit de rentrer chez lui avec. La direction de Canal+ a donc décidé de d'appliquer les mêmes règles à itélé...

Et aussi des JRI de D8 relégués en simple cadreur possédant une carte de presse, là aussi c'est un scandale !

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