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21 octobre 2012

La tension sociale monte d’un cran…

Centre de Relations Clients, Distribution, Studio Canal, i>TELE, Direction Informatique, partout en ce début d’automne ça se tend, ça se fissure, ça craque.  

Personne ou presque n’en parle, mais la bataille qui se déroule en coulisse sur le front social révèle les tensions extrêmes générées par une gestion anachronique des relations sociales. Dans ce contexte, certains font porter aux seuls représentants du personnel la responsabilité de cette dégradation du climat social. Nous pensons plutôt qu’à force de vouloir contraindre, le fil ténu qui nous relie tous pourrait bien rompre…

Question de méthode ?
Nous avions prévenu bien avant l’été que la rentrée serait chaude, que 2013 ne serait pas un long fleuve tranquille. Nous y sommes.

Mais pourquoi donc cette montée brutale de la tension sociale en cette rentrée? C’est tout d’abord  le résultat d’une politique sociale contraignante qui a cours  depuis plusieurs années. Certains de nos dirigeants considèrent encore que les salariés de CANAL+ ne travaillent pas assez, que la file d’attente à la cafeteria serait un indicateur suffisant pour démontrer que la charge de travail n’est pas aussi importante que nous le prétendons, qu’il reste du "gras", de la marge en productivité…

C’est aussi la négation de ces fameux corps intermédiaires, ces représentants du personnel, ces élus au Comité d’Entreprise ou au CHSCT, qui tentent tant bien que mal de remplir leur tâches dans des conditions de plus en plus difficile. Ils ne cessent de batailler depuis des mois pour que le droit social soit à minima appliqué, pour que les salariés soient respectés, pour que le dialogue  l’emporte sur l’oukase ou la contrainte, pour que les business internes qui souffrent par manque de moyens bénéficient d’une attention particulière…

Pour compléter ce tableau un peu sombre, il faut y ajouter la touche de clientélisme indispensable à la réalisation d’objectifs sociaux très éloignés des pratiques vertueuses, celles qui favorisent le débat, et privilégient le collectif sur l’individuel.

Ce sont là quelques éléments explicatifs de cette tension qui prend de l’ampleur. Mais il ne faudrait pas oublier ceux nés de l’apparition d’un challenger aux poches si profondes qu’il peut se permettre de vendre à perte sans contrainte. Sans oublier les incertitudes sur le management de l’entreprise nées de la possible dislocation du Groupe Vivendi, notre actionnaire.

Lorsque les représentants du personnel alertent sur la dégradation de l’environnement social interne, au plus haut niveau de l’entreprise, on considère que ce ne sont là que jérémiades de salariés nombrilistes et éloignés du contexte économique environnant. Pourtant, les représentants des salariés savent combien le burn-out devient réalité dans de nombreux services. Cadre moyen ou supérieur, tout un pan du management est aujourd’hui confronté à cette réalité que nous n’imaginions pas vivre.

Dans ce contexte, plutôt que de favoriser un dialogue social constructif et serein, certains de nos dirigeants ont décidé de l’annihiler. En menant tambour battant les restructurations de nombreux services sans passer par la case échange et dialogue, ils contribuent à déstabiliser les structures sociales internes.

Erreur majeure!
Dans un contexte économique tendu qui retentit sur nos business, il ne saurait y avoir de négation d’un dialogue social respectueux, ouvert et constructif, celui-là même que nous appelons de nos vœux depuis des mois. Contrairement à certaines idées véhiculées ici ou là, les représentants du personnel, ne sont pas des empêcheurs de tourner en rond, mais des contributeurs volontaires à la construction d’un modèle vertueux, basé sur quelques valeurs essentielles comme l’écoute, le respect, l’ouverture au dialogue… au-delà du simple respect des règles sociales fixées par le code du travail ou nos textes internes.

Au lieu de cela, c’est un modèle contraint qui s’affiche avec de plus en plus de fermeté! "Circulez, nous savons ce qui est bon pour tous !"  

Il faut y ajouter un semblant de plan social qui ne dit pas son nom…
Cette tension s’explique aussi par la volonté de maintenir une pression sur les organisations, de recruter avec parcimonie malgré le développement de certaines activités. Pendant que, dans le même temps, ce sont des dizaines de salariés qui quittent l’entreprise, plus de 130 depuis le début de l’année peut être 200 en incluant les CDD.

Etonnant pour CANAL+ de vivre en ce moment une crise sociale de cette ampleur. L’entreprise se porte bien, elle n’a jamais été aussi rentable. Les chiffres, malgré la crise, résistent, l’avenir s’éclairci avec l’arrivée des chaînes de Bolloré… alors… allez comprendre…

Notre syndicat ne comprend pas cette politique. Aborder en toute sérénité cette question du dialogue social est un préalable au retour d’un fonctionnement normalisé et apaisé des instances représentatives du personnel.

Imaginer que les grands, les énormes chantiers sociaux qui nous attendent pourraient se passer d’un dialogue social constructif, c’est tout simplement prendre le risque d’une radicalisation dans l’expression de salariés.

Apple… la référence…
Certains de nos dirigeants, voyageant à l’étranger, découvrent avec beaucoup d’admiration les prouesses réalisées par de grands groupes et les résultats qu’ils engendrent sans soubressauts sociaux apparents. Ces dirigeants sont aujourd’hui persuadés que c’est le modèle social à la française qui cloche. Mais que savent-ils exactement de ce modèle social à l’américaine? Est-il transposable, serait-il plus vertueux, et si oui pour qui…

Chiche…
Invitons dans nos débats collectifs l’un de ces dirigeants pour qu’il nous explique comment l’on peut concilier réussite économique et management contemporain. Nous pourrions alors juger sur pièce.

En attendant, c’est bien la méthode qui dérape… Car des moments de crise, CANAL+ en a déjà vécu. Mais le dialogue n’a jamais été rompu. En 2003, le redressement de CANAL+ s’est opéré grâce à cette alchimie qui a conjugué recapitalisation ET respect des partenaires sociaux. Prétendre affronter les vents mauvais d’aujourd’hui par la contrainte serait une erreur majeure. C’est ensemble que nous gagnerons les futures batailles!

Pour que l’entreprise retrouve un minimum de sérénité, il faut changer de méthode.

 










 

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ha ca oui... ca se dégrade... Et encore vous n'avez rien vu coté OVERSEAS... Car là c'est du délire... Le délirium à l'état pur... vite l'UES

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