Pour la DR(H) de CANAL+, 3 ans serait une durée acceptable dans un même poste, 5 ans serait le terme idéal pour … passer… d’une entreprise à l’autre...Mais d'où nous viennent ces théories fumeuses?
Certainement pas d'études sociologiques ou de travaux de chercheurs Anglo-Saxons ou Européens... Non, c'est une simple déduction : après 3 ans dans un même poste on se sclérose ! Et 5 ans dans une même entreprise il est temps d'aller voir ailleurs...!
Sclérose, perte de productivité, créativité en berne ... aucune analyse sérieuse ne vient confirmer ces hypothèses… au contraire !
Pourquoi cette approche de la gestion des ressources Humaines nous dérange?
Parce qu’en vérité, elle cache une autre réalité, celle d'une volonté affichée de renouvellement accéléré du corps social de CANAL+. Nous le vivons depuis quelques années à la Distribution, aujourd'hui, l'Edition et la Technique sont concernés, demain c’est l’ensemble des business qui le seront.

Comment cela se traduit-il ?
Dans le discours tout d’abord «Imaginez la disparition de CANAL+, qu’est ce que vous voudriez faire ? », « Avez-vous des envies de mobilité… externe ? Des projets professionnels ?... » « .. Ennui dans votre Job ?... »
Dans les faits ensuite : Mobilité sans période d’essai et donc sans retour possible, Rupture Conventionnelle du contrat de travail en forte progression, modification des organisations, changements de périmètres, non remplacement des postes… Il en faudrait moins pour déstabiliser un bon professionnel !
Pourquoi sommes-nous dubitatifs ?
D’abord sur la méthode !
Au-delà du « traitement humain » de ces affaires et du nécessaire respect du à tout salarié, ce dogme ne peut être appliqué partout de la même façon. La mobilité est un formidable levier lorsqu’il est bien compris et assimilé, lorsqu’il correspond à une évolution professionnelle parfaitement maitrisé, lorsque la RH joue pleinement son rôle pour accompagner le salarié, pour lui fournir les outils adéquats qui lui permettront de vivre cette transition avec succès.Ce n’est malheureusement pas le cas.
Contradiction aussi…
Il y a de plus contradiction avec la nécessaire diversité sociologique de l'entreprise. Une entreprise créative, c'est une entreprise aux contours très divers : des plus vieux et des plus jeunes, des femmes et des hommes, des salariés issus de grandes écoles comme de formations plus basiques... Voilà notre conception de l'entreprise moderne, créatrice de richesses intellectuelles ou matérielles, une entreprise tournée vers l'avenir. C'est également appliquer le dernier accord sur les Seniors négocié en fin d'année pour gérer avec intelligence la carrière des plus anciens...
Au lieu de cela, on nous propose un modèle contraint, alliant uniformité des recrutements et évictions des plus anciens, déstabilisation des organisations, comme si la mise en danger allait mettre en mouvement, par miracle, la créativité collective.
Le véritable enjeu : La réduction des coûts
L'optimisation de la politique de réduction des coûts ne saurait tout justifier. Le rôle d'une DRH devrait d'être bien sur d'attirer les talents mais aussi de retenir les anciens. Au lieu de cela, nous nous séparons de grandes compétences. Les remplacements, quand ils se font, ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions... Des exemples? Trop facile!Une autre politique est possible. Elle ne repose pas seulement sur le court terme !
Comment accompagner la nécessaire transformation de l’entreprise sans fouler aux pieds des principes sociaux de base ?
D’abord en mobilisant la ligne managériale. Les managers ne sont pas sensibilisés à cette nouvelle problématique. Ils ne font que retranscrire dans leur majorité, un discours lénifiant issu de la RH sur « le bougez plus » ! Sans outil, sans véritable réflexion sur le sujet, sans accompagnement, sans analyse des spécificités par business, c’est le même discours qui est distribué, comme si l’approche comptait peu, c’est le résultat qui importe. Les Ressources humaines ne sont pas valorisées à leur juste mesure !Conséquences
Inquiétude de beaucoup de salariés, démotivation, stress, perte de
sens !Et ce n’est pas le « level de la dérision » qui changera le regard, bien au contraire, cette question inopportune et indécente posée ainsi ne fera qu’accroitre le fossé entre un discours volontariste et une réalité de plus en plus difficile à vivre pour beaucoup.














































